{"title":"Rhums A1710","description":"\u003cp\u003eLa Martinique compte une poignée de distilleries, toutes anciennes, toutes bâties autour du même outil. A1710 est l'exception : créée en 2016, elle distille avec un alambic qui ne correspond pas au cahier des charges de l'appellation, et elle a choisi d'assumer cette position plutôt que d'adapter son matériel. Pour l'acheteur, cela se traduit très concrètement : des blancs de canne fraîche à plus de 54 %, des durées de vieillissement données en clair plutôt qu'en sigles, et des assemblages dont la composition est chiffrée. Cette page réunit ces bouteilles et explique ce qui les distingue du reste du rayon martiniquais.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eRhums A1710 : une distillerie née en 2016 à l'Habitation du Simon\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eNeuf ans de démarches avant la première distillation\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eYves Assier de Pompignan reprend l'Habitation du Simon en 2006 avec l'idée d'y refaire du rhum. Il faudra neuf ans de démarches administratives avant d'obtenir l'autorisation de distiller, et la production ne démarre qu'en 2016. \u003cstrong\u003eC'est la première nouvelle distillerie créée sur l'île depuis des décennies\u003c\/strong\u003e, dans un paysage où les maisons existantes se transmettent de génération en génération. Ce point de départ explique beaucoup de la suite : une maison qui repart de zéro n'hérite d'aucun outil, et choisit donc le sien.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa Belle Aline, un alambic charentais coiffé d'une colonne\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'outil retenu porte un nom : La Belle Aline. C'est un alambic charentais en cuivre — le type d'appareil qu'on associe d'ordinaire au cognac — surmonté d'une petite colonne de sept plateaux. La combinaison est inhabituelle sous les tropiques : elle emprunte au monde de l'eau-de-vie de vin la chauffe lente du cuivre, et à la distillation du jus de canne la rectification que permet une colonne. Le distillat qui en sort n'a donc pas le profil d'un rhum de colonne créole.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eDes fermentations de cinq à sept jours\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eAvant l'alambic, la fermentation prend son temps : cinq à sept jours, là où les fermentations de jus de canne se comptent plus souvent en dizaines d'heures. Une fermentation longue laisse aux levures le temps de produire davantage de composés aromatiques, et elle marque le distillat bien avant que le bois n'intervienne. \u003cstrong\u003eTout se fait sur place\u003c\/strong\u003e — la plantation de la canne, le broyage, la distillation et la mise en bouteille — ce qui laisse la maison maîtresse de chaque étape du parcours.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLe choix de produire en dehors du cahier des charges\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003ePourquoi cet alambic ne peut pas entrer dans l'appellation\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'AOC Martinique encadre la distillation et repose sur la colonne créole, l'appareil historique de l'île. Un alambic charentais coiffé d'une colonne courte n'entre pas dans ce cadre : les rhums qui en sortent ne peuvent pas revendiquer l'appellation, quelle que soit la qualité de la canne ou du travail. La maison a tranché dès 2010, avant même de distiller sa première goutte. \u003cstrong\u003eCe n'est donc pas un défaut de conformité, mais une décision prise en connaissance de cause\u003c\/strong\u003e, au prix de l'argument commercial que représente une appellation.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eRhum agricole et AOC Martinique, deux notions distinctes\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa confusion est fréquente, et elle mérite d'être levée. « Agricole » désigne un mode de production : un rhum distillé à partir de jus de canne frais, mention ouverte aux départements d'outre-mer. L'AOC Martinique, elle, vient par-dessus : c'est un cahier des charges qui ajoute des règles de parcelle, de variété, de distillation et de vieillissement. Les rhums d'A1710 relèvent bien du jus de canne frais ; ils portent la mention « hors AOC Martinique » parce qu'ils sortent du second cadre, pas du premier.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eL'âge annoncé en clair, plutôt qu'en mentions d'appellation\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa conséquence la plus visible se lit sur l'étiquette. Les mentions VO, VSOP et XO sont encadrées par l'appellation ; en dehors d'elle, la maison donne des durées chiffrées. Cheval Bondieu annonce dix-huit à trente-six mois de fût, le Tricentenaire assemble des rhums de six à vingt ans, la Nuée Ardente des rhums de six à vingt-deux ans. \u003cstrong\u003eUn intervalle en années dit plus qu'un sigle\u003c\/strong\u003e : il indique à la fois le plus jeune et le plus vieux composant de l'assemblage, ce qu'aucune mention réglementaire ne fait.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes blancs de canne fraîche de la maison\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa Perle, le blanc de référence de la maison\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa Perle est la bouteille par laquelle on entre dans la gamme. Elle sort à 54,5 %, un degré élevé qui correspond à l'usage antillais du blanc : on ne le boit pas sec, on le monte en ti-punch avec du citron vert et du sirop de canne, et le degré compense la dilution. Sur un rhum de jus de canne fermenté longuement, ce niveau d'alcool porte les arômes végétaux et fruités plutôt qu'il ne les écrase.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa Perle Rare Cristalline, bio et monovariétale\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa Cristalline monte à 54,7 % et ajoute deux mentions à l'étiquette : bio et monovariétal. La première renvoie à la conduite de la canne, la seconde signifie qu'une seule variété entre dans la bouteille, sans assemblage de cannes différentes. Un blanc monovariétal se goûte pour ce qu'il isole : le caractère propre d'une variété, que l'assemblage a justement pour rôle d'arrondir. C'est une lecture plus exigeante, et plus démonstrative.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa canne roseau, la variété qui donne son nom à une cuvée bio\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa Perle Rare Canne Roseau Bio pousse cette logique un cran plus loin en nommant la variété sur l'étiquette : la canne roseau, conduite en bio. Le degré de cette cuvée n'est pas communiqué par la maison, et nous ne l'inventons pas : la fiche produit le mentionnera dès que l'information sera confirmée. \u003cstrong\u003eNommer la variété est une prise de position\u003c\/strong\u003e — cela engage la maison sur ce qu'il y a dans la bouteille, et permet de comparer deux blancs autrement que par leur degré.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes rhums de garde et leurs assemblages chiffrés\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eCheval Bondieu, dix-huit à trente-six mois de chêne\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCheval Bondieu est l'ambré de la maison, embouteillé à 51,5 %. Il assemble des rhums élevés de dix-huit à trente-six mois en fûts de chêne français et de chêne américain. Les deux bois ne disent pas la même chose : le chêne américain apporte de la vanille et de la douceur, le chêne français un grain plus serré et des épices. À ce degré, l'ambré garde la tension d'un blanc tout en ayant pris la couleur et la rondeur du bois.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eTricentenaire, onze rhums de six à vingt ans\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe Tricentenaire réunit onze rhums vieillis de six à vingt ans, puis affinés dix-sept mois en fûts de chêne français, pour un embouteillage à 43,9 %. Deux informations méritent d'être lues ensemble : le nombre de composants, qui dit un travail d'assemblage large, et la durée d'affinage final, qui dit combien de temps l'ensemble a été laissé à se fondre. \u003cstrong\u003eUn assemblage de onze rhums ne se refait pas à l'identique\u003c\/strong\u003e : chaque lot dépend des fûts disponibles au moment de la composition.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eNuée Ardente, un affinage en fût ayant contenu du cognac\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa Nuée Ardente joue dans le même registre avec un intervalle plus large : onze rhums passés de six à vingt-deux ans en fûts de bois, puis affinés en fûts de chêne français ayant contenu des eaux-de-vie à cognac. Elle sort à 44,7 %. Le fût de cognac n'est pas un choix anodin pour une maison qui distille avec un alambic charentais : c'est la même filiation, prolongée jusque dans le chai. C'est la cuvée la plus élaborée du rayon en termes d'assemblage.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur les rhums A1710\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003ePourquoi les rhums A1710 ne portent-ils pas l'AOC Martinique ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eParce que leur alambic n'entre pas dans le cahier des charges de l'appellation, qui repose sur la colonne créole. La maison distille avec un alambic charentais surmonté d'une petite colonne, et elle a fait ce choix en 2010, en sachant qu'il l'excluait de l'AOC. Ce n'est pas une question de qualité de canne ni de conduite du vieillissement : c'est l'outil de distillation qui décide.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eQu'est-ce que La Belle Aline ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eC'est le nom donné à l'alambic de la distillerie : un alambic charentais en cuivre, du type utilisé pour le cognac, surmonté d'une colonne de sept plateaux. Baptiser son alambic est une habitude ancienne chez les distillateurs, et cela signale ici une machine unique plutôt qu'un modèle standard. C'est elle qui distingue le profil des rhums de la maison de celui des rhums de colonne créole.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eComment servir un rhum blanc à 54 % ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eDe la façon dont il a été conçu : en ti-punch, avec une rondelle de citron vert et un trait de sirop de canne, sans glace ou avec très peu. Le degré n'est pas là pour être bu sec, il est là pour tenir face aux ajouts. Si vous voulez le goûter pur pour juger du distillat, servez une petite quantité dans un verre étroit et laissez-le s'ouvrir quelques minutes avant de le porter au nez.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eOù acheter un rhum A1710 en ligne ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur cette page. Trinquay est une cave en ligne indépendante, et chaque cuvée A1710 y est présentée avec son degré lorsqu'il est communiqué, sa catégorie, le détail de son passage en fût et les mentions portées par l'étiquette. Chaque référence renvoie à sa fiche produit, où figurent les caractéristiques complètes de la bouteille et les repères de service.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/rhum-a1710.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}