{"title":"Rhums Beenleigh","description":"\u003cp\u003eL'Australie ne vient pas spontanément à l'esprit quand on parle de rhum, et pourtant l'île-continent produit du sucre de canne à grande échelle depuis le XIX\u003csup\u003ee\u003c\/sup\u003e siècle. Une distillerie y travaille sans interruption depuis 1884, sur les rives d'une rivière du Queensland. Ses fûts sortent aujourd'hui en millésimes, portés par des embouteilleurs européens, et c'est ce que ce rayon rassemble.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes rhums Beenleigh, la plus ancienne distillerie de rhum d'Australie\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eLa maison revendique un titre rare : celui de plus ancienne distillerie enregistrée du pays encore en activité. Derrière cette formule, il y a une date, un document administratif et une histoire de naufrage.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003e1884, l'année de la licence numéro un australienne\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eBeenleigh détient la \u003cstrong\u003elicence de distillation numéro un\u003c\/strong\u003e délivrée en Australie, obtenue en 1884. D'autres distilleries ont ouvert avant elle sur le continent, mais aucune de celles-là n'a traversé le siècle sans s'arrêter. Le rhum a longtemps occupé une place à part dans l'histoire coloniale australienne, au point de servir de monnaie d'échange dans les premières décennies de la colonie de Nouvelle-Galles du Sud, et la maison a compté parmi les fournisseurs historiques de la Royal Navy britannique.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eL'épave du SS Walrus et l'alambic en cuivre débarqué sur l'Albert\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'origine de la distillerie tient à un accident. En 1884, un vapeur baptisé \u003cstrong\u003eSS Walrus\u003c\/strong\u003e s'échoue près d'une propriété sucrière nommée Beenleigh, sur les bords de l'Albert River, dans le Queensland. À son bord se trouve un imposant alambic en cuivre. L'appareil ne repart pas : il est débarqué, installé à terre, et sert à distiller la canne cultivée sur place. Peu de maisons peuvent faire remonter leur outil de production à une épave.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eJohn Davy et Francis Gooding, deux planteurs devenus distillateurs\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLes deux hommes à l'origine de l'aventure, \u003cstrong\u003eJohn Davy et Francis Gooding\u003c\/strong\u003e, étaient planteurs de canne avant d'être distillateurs. Ils cultivaient et broyaient, et l'alambic échoué leur a offert le moyen de transformer eux-mêmes leur matière première plutôt que de la vendre. Ce passage du champ à la bouteille est le schéma classique des habitations sucrières caribéennes, rejoué ici à l'autre bout du monde et avec un décalage d'un siècle et demi.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLa mélasse du Queensland et les cuves de pin kauri\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eLe style de la maison repose sur trois éléments simples et anciens : une matière première locale, un alambic en cuivre, et un bois de vieillissement que l'on ne rencontre nulle part ailleurs dans le monde du rhum.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eUne mélasse achetée à la dernière sucrerie familiale du pays\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa distillerie travaille la \u003cstrong\u003emélasse\u003c\/strong\u003e, ce sirop résiduel issu de la cristallisation du sucre, et la fait venir de la dernière sucrerie encore aux mains d'une famille en Australie. Le Queensland concentre l'essentiel de la production sucrière du pays, ce qui place la distillerie au milieu de son approvisionnement. Travailler la mélasse range ces rhums dans la famille des rhums traditionnels, celle des Caraïbes anglophones, et non parmi les rhums de jus de canne frais.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eL'alambic à repasse en cuivre, encore en service\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'atelier a conservé une partie de son matériel de cuivre d'origine et distille toujours à l'alambic à repasse, par charges successives. Ce mode de distillation garde davantage de congénères qu'une colonne continue et livre un distillat plus épais, plus chargé, dont le caractère survit au fût. Certaines cuvées associent d'ailleurs le travail de l'alambic à celui d'une colonne, chacun apportant sa part au liquide final.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLes foudres de pin kauri du chai d'Eagleby\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa singularité la plus marquante du chai tient à ses grands contenants de \u003cstrong\u003epin kauri\u003c\/strong\u003e, un conifère austral, dont certains ont plus de cent vingt ans. Le rhum n'y séjourne pas comme dans une barrique de chêne : ce bois ne cède presque rien en tanins ni en vanille, il sert plutôt de contenant de repos et d'assemblage. Le passage laisse une empreinte résineuse discrète, impossible à obtenir avec du chêne, et il explique une partie du profil de la maison.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes millésimes embouteillés avec La Maison \u0026amp; Velier\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eLongtemps confidentielle hors d'Australie, la distillerie s'est fait connaître des amateurs européens par une série d'embouteillages millésimés menés avec la maison génoise Velier et son partenaire français.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe millésime 2006, distillé en novembre sur alambic et sur colonne\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe millésime le plus ancien de la sélection a été distillé en novembre 2006, à la fois sur colonne et sur alambic à repasse. Son parcours de bois est inhabituel : d'abord des fûts ayant contenu du brandy, puis des fûts de chêne américain ayant contenu du bourbon, avant un passage final dans les grands contenants de pin kauri de la distillerie. La bouteille titre 59 %, et cette succession de trois bois explique un profil à la fois vineux, vanillé et résineux.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe millésime 2013 et son vieillissement tropical\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe millésime 2013 est sorti après dix années passées dans les chais du Queensland, sous la mention \u003cstrong\u003eTropical Ageing\u003c\/strong\u003e apposée par l'embouteilleur. Il titre 59 %. Cette étiquette insiste sur le point qui distingue ces bouteilles des embouteillages d'Europe du Nord : le rhum n'a pas quitté son lieu de naissance et a vieilli dans le climat où il a été distillé, avec tout ce que cela implique d'évaporation et d'extraction rapide.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe millésime 2015 de la Magnum Series\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa deuxième Magnum Series est une collection d'embouteillages millésimés dont les étiquettes sont confiées à un artiste. Le distillat date de 2015 et affiche huit ans de fût. La série existe en bouteille classique et en \u003cstrong\u003emagnum\u003c\/strong\u003e, format sur lequel la maison italienne a bâti l'identité de la collection, ce dernier étant embouteillé à 60 %.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLe degré, le format et le climat d'un rhum du Queensland\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eTrois indications suffisent à situer une bouteille de cette maison avant même de l'ouvrir : où elle a vieilli, dans quel contenant elle est vendue, et à quel degré elle a été mise en bouteille.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eUn vieillissement tropical loin des Caraïbes\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe sud-est du Queensland offre un climat chaud et humide, proche par ses effets de celui des Antilles : l'échange entre le bois et le liquide s'accélère, la couleur vient vite, et la part des anges est nettement supérieure à celle d'un chai européen. Un rhum de huit ou dix ans élevé sur place n'a donc rien d'un rhum jeune, et se compare plutôt à des bouteilles continentales bien plus âgées.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe magnum d'un litre et demi\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe format magnum, soit un litre et demi, reste rare dans le rhum alors qu'il est courant en vin. Il présente un avantage œnologique réel une fois la bouteille ouverte : le volume d'air au contact du liquide progresse plus lentement par rapport au contenu, ce qui limite l'évolution du rhum entre deux services. C'est aussi un objet de collection, souvent tiré à peu d'exemplaires.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eDes degrés proches de 60 %\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLes titrages relevés sur ces embouteillages tournent autour de 59 et 60 %. On est loin des 40 % d'un rhum de mélange : ces bouteilles s'adressent à la dégustation, éventuellement avec quelques gouttes d'eau pour ouvrir le nez. Le degré élevé porte aussi les notes de pin et de fruits confits, que la réduction aurait tendance à aplatir.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur les rhums Beenleigh\u003c\/h2\u003e\n\u003ch3\u003eBeenleigh produit-elle du rhum ou du whisky ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eDu rhum. La distillerie travaille la mélasse de canne à sucre du Queensland, ce qui la range sans ambiguïté dans la famille du rhum traditionnel. La confusion vient parfois du profil de ses embouteillages millésimés, très proches par leur présentation des single casks de whisky, et du fait qu'elle produit aussi d'autres spiritueux.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eOù se trouve la distillerie Beenleigh ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur les bords de l'Albert River, à Eagleby, dans le sud-est du Queensland australien, entre Brisbane et la Gold Coast. Le nom vient de la propriété sucrière voisine, qui a donné le sien à la ville comme à la distillerie.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe rhum Beenleigh est-il fait à partir de mélasse ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eOui. La maison distille de la mélasse issue de la cristallisation du sucre de canne, achetée à une sucrerie familiale australienne. Elle ne relève donc pas de la catégorie des rhums de jus de canne frais, qui suppose de presser la canne et de fermenter le vesou dans la foulée de la coupe.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eOù acheter un rhum Beenleigh en ligne ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eTrinquay réunit dans ce rayon les embouteillages millésimés de la distillerie. Chaque fiche précise l'année de distillation, la durée de fût annoncée, le format et le degré, de quoi comparer un millésime classique et une bouteille de la Magnum Series.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/rhum-beenleigh.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}