{"title":"Rhums Dos Maderas","description":"\u003cp\u003eDos Maderas se lit dans son nom : deux bois. Le rhum vient de la Caraïbe, où il passe cinq ans en fûts ayant contenu du bourbon, puis il traverse l'Atlantique pour cinq années de plus à Jerez de la Frontera, dans des fûts de xérès vidés sur place par les bodegas Williams \u0026amp; Humbert. Trois ans de Palo Cortado, deux ans de Pedro Ximénez, et une mise en bouteille à 40 %. La construction est rare : la plupart des rhums vieillissent là où ils sont nés, ou passent quelques mois dans un second fût en fin de parcours. Ici, la seconde moitié de la vie du rhum se déroule dans une maison de vin.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eDeux bois et deux climats pour les Rhums Dos Maderas\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eWilliams \u0026amp; Humbert, une bodega de Jerez fondée en 1877\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eWilliams \u0026amp; Humbert est une bodega andalouse, fondée à Jerez de la Frontera en 1877 par Sir Alexander Williams et Arthur Humbert, et détenue aujourd'hui par la famille Medina. Le point à retenir n'est pas la date mais le métier : c'est une maison de vin, pas une distillerie de rhum. Elle ne produit pas le distillat qu'elle embouteille sous ce nom — elle apporte ce qu'une bodega possède et qu'un producteur de rhum n'a pas sous la main : des fûts de xérès tout juste vidés, et le chai qui va avec. \u003cstrong\u003eLe rhum est l'invité, le fût est la maison.\u003c\/strong\u003e\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eUn espíritu, dos culturas, la devise qui résume la marque\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa marque a été lancée en 2002 autour d'une formule, « un espíritu, dos culturas » — un esprit, deux cultures. Elle dit exactement ce que fait la bouteille : une seule eau-de-vie, deux traditions d'élevage. Celle de la Caraïbe, où le rhum entre en fût de bourbon sous un climat chaud ; celle de l'Andalousie, où l'on élève des vins depuis des siècles dans des fûts qui ne servent qu'à cela. \u003cstrong\u003eLes deux « maderas » sont les deux bois traversés\u003c\/strong\u003e — celui du bourbon d'abord, celui du xérès ensuite — plus que les deux continents, mais les deux lectures se rejoignent.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe rhum arrive de la Caraïbe, le fût l'attend en Andalousie\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe distillat vient de la Caraïbe. La fiche ne nomme pas de pays, et il n'y a pas lieu d'en inventer un : ce qui est établi, c'est la matière première — la mélasse, résidu de la fabrication du sucre de canne, celle qui fait le rhum traditionnel et non le rhum agricole de jus de canne frais — et la durée du premier séjour. Le voyage, lui, se fait à sens unique : le rhum quitte les tropiques pour l'Andalousie et n'en repart pas. \u003cstrong\u003eCe déplacement est le vrai geste de la marque\u003c\/strong\u003e : il engage cinq années entières, là où une finition ordinaire se compte en mois.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eCinq ans sous les tropiques avant cinq ans à Jerez\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe premier séjour, en fûts ayant contenu du bourbon\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCinq ans dans la Caraïbe, en fûts ayant contenu du bourbon. C'est le parcours le plus classique du rhum de mélasse : le chêne américain, déjà vidé de son whiskey, dépose la vanille, la noix de coco et un caramel léger, sans les tanins abrupts d'un bois neuf. Sous un climat tropical, cinq ans accomplissent un travail que le même fût mettrait bien plus longtemps à faire en Europe, parce que l'évaporation est forte et les échanges entre le liquide et le bois rapides. \u003cstrong\u003eEn arrivant à Jerez, le rhum est déjà un rhum vieux\u003c\/strong\u003e — la seconde moitié n'a plus à le construire, seulement à l'orienter.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe second, dans des fûts de xérès vidés sur place\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCinq ans à Jerez, en deux temps : trois années en fûts de Palo Cortado, puis deux années en fûts de Pedro Ximénez. L'avantage d'une bodega tient à la fraîcheur du fût. Un contenant vidé chez celui-là même qui l'avait rempli n'a rien de commun avec un fût acheté, transporté et resté sec pendant des mois : il est encore imprégné, et ce qu'il rend au rhum est franc. \u003cstrong\u003ePersonne ne connaît mieux un fût de xérès que la bodega qui l'a rempli\u003c\/strong\u003e, et c'est ce qui sépare cette construction d'une finition montée avec des fûts trouvés sur le marché.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe rythme du fût change quand le climat change\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn rhum n'avance pas à la même vitesse selon l'endroit où il repose. Sous les tropiques, la part perdue par évaporation est élevée, le bois marque vite, et dix ans peuvent y peser plus lourd que vingt ans ailleurs. En Andalousie, tout ralentit : l'extraction se fait plus lentement et les arômes se fondent au lieu de s'empiler. \u003cstrong\u003eCe ralentissement est l'apport réel de la seconde étape\u003c\/strong\u003e, puisqu'il laisse au rhum le temps d'intégrer le vin plutôt que de simplement le recevoir. Dix années au total, donc, mais dix années qui ne se lisent pas comme dix années passées au même endroit.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLe Palo Cortado puis le Pedro Ximénez, l'ordre compte\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe Palo Cortado, un xérès rare entre l'amontillado et l'oloroso\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe Palo Cortado est le plus rare des vins de Jerez. Il naît d'un écart d'élevage : un vin parti pour devenir amontillado perd le voile de levures qui le protégeait et poursuit son vieillissement au contact de l'air, à la manière d'un oloroso. Le résultat tient des deux — la finesse aromatique du premier, la charpente du second. Un fût qui l'a contenu apporte la noix, l'écorce d'agrume confite et une amertume fine, sans la douceur d'un vin de dessert. \u003cstrong\u003eTrois années dans ce bois posent l'ossature\u003c\/strong\u003e sur laquelle la suite viendra s'appuyer.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe Pedro Ximénez sur les deux dernières années\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eViennent ensuite deux ans en fûts de Pedro Ximénez. Le PX est un xérès de raisin passerillé au soleil, épais et très concentré, et c'est lui qui donne son nom à la cuvée. Un fût qui l'a contenu laisse le raisin sec, la figue, le pruneau et une impression de rondeur en bouche. Sur un rhum déjà charpenté par le Palo Cortado, cette couche arrive en dernier et se remarque aussitôt. \u003cstrong\u003eC'est la signature que l'on identifie au premier nez\u003c\/strong\u003e, et c'est bien pour cela qu'elle figure en tête du nom de la bouteille.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003ePourquoi le dernier fût est aussi le plus doux\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'ordre n'a rien d'indifférent. Placé en premier, le Pedro Ximénez aurait été recouvert par trois années de Palo Cortado et une bonne part de son apport se serait fondue. Placé en dernier, il reste au premier plan. C'est la logique de toute fin de parcours : le bois qui parle le plus fort passe en dernier, celui qui structure passe avant. \u003cstrong\u003eUn rhum se construit dans un ordre, comme un accord\u003c\/strong\u003e, et une fiche qui publie cet ordre en dit bien plus qu'une liste de fûts sans chronologie. Ici, les deux durées et leur enchaînement sont donnés : c'est une information rare.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuarante degrés, et un profil qui doit autant au vin qu'au rhum\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eServir un rhum très marqué par le fût de xérès\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eQuarante pour cent, c'est le degré le plus répandu du rhum du commerce, et il rend cette bouteille immédiatement accessible : rien à ajouter, rien à attendre. Un verre resserré vers le haut, la température de la pièce, et le rhum se donne sans détour. La glace, elle, lui va mal : le froid referme un rhum dont tout l'intérêt tient au fût, et la dilution efface d'abord ce qui a mis cinq années à se poser. \u003cstrong\u003eC'est une bouteille de fin de repas plutôt qu'une base de mélange\u003c\/strong\u003e, même si son degré modéré pourrait laisser croire le contraire.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe fromage bleu, la datte et le chocolat au lait\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn rhum fini au xérès s'accorde à ce qui joue sur le fruit sec et le sucre cuit. La datte et la figue séchée prolongent l'apport du Pedro Ximénez ; le chocolat au lait, moins amer qu'un noir intense, accompagne sans concurrencer ; l'amande et la noisette grillées répondent au Palo Cortado. Reste le rapprochement le plus surprenant : \u003cstrong\u003eun fromage bleu à pâte persillée, dont le sel vient trancher la rondeur du rhum\u003c\/strong\u003e comme il le fait de longue date avec les vins doux de Jerez. L'idée ne sort pas de nulle part — elle vient du terroir même où la bouteille a fini son parcours.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eOffrir une bouteille dont l'histoire tient en deux lieux\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003ePour offrir, cette bouteille a un avantage réel : elle se raconte en une phrase. Cinq ans dans la Caraïbe, cinq ans en Andalousie, deux bois successifs — l'histoire tient debout sans qu'il faille connaître le rhum pour la suivre. Elle convient à quelqu'un qui aime déjà le xérès, le porto ou les vins mutés, autant qu'à quelqu'un qui aborde le rhum vieux, puisque son degré ne réclame aucune habitude. \u003cstrong\u003eRien ne se joue plus après la mise en bouteille\u003c\/strong\u003e : le verre n'est pas un fût, et une bouteille rangée dix ans de plus rendra exactement ce qu'elle rend aujourd'hui.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur les rhums Dos Maderas\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eD'où viennent les rhums Dos Maderas ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe distillat vient de la Caraïbe, sans que la fiche nomme un pays précis, et le second vieillissement se déroule à Jerez de la Frontera, en Andalousie, chez les bodegas Williams \u0026amp; Humbert. C'est donc une marque espagnole assise sur un rhum caribéen : la maison de Jerez n'est pas une distillerie mais une maison de vin, qui prête ses fûts et son chai. La mention « 5 ans Caraïbe + 5 ans Jerez » portée par la bouteille résume ce partage.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eQue signifie PX 5+5 sur une bouteille Dos Maderas ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003ePX est l'abréviation de Pedro Ximénez, le xérès dont les fûts accueillent le rhum sur ses deux dernières années. Le 5+5 désigne les deux moitiés du vieillissement : cinq ans dans la Caraïbe en fûts ayant contenu du bourbon, puis cinq ans à Jerez, dont trois années en fûts de Palo Cortado et deux années en fûts de Pedro Ximénez. Le nom de la cuvée est donc une notice de fabrication, ce qui reste peu fréquent sur une étiquette de rhum.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eQu'est-ce qu'un fût de Palo Cortado ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn fût ayant contenu du Palo Cortado, le plus rare des vins de Jerez. Ce vin apparaît lorsqu'un futur amontillado perd le voile de levures qui le protégeait et achève son élevage au contact de l'air, à la manière d'un oloroso : il garde la finesse du premier et la structure du second. Un fût qui l'a contenu apporte au rhum de la noix, de l'écorce confite et une amertume fine, sans la douceur des xérès de dessert.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eOù acheter un rhum Dos Maderas en ligne ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur cette page de collection. Trinquay est une cave en ligne indépendante et chaque bouteille y dispose de sa fiche : le degré, le détail des fûts successifs, la durée de chaque étape et la matière première. Le conseil s'écrit référence par référence, et les commandes se font à l'unité comme par lot.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/rhum-dos-maderas.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}