{"title":"Rhums d’embouteilleurs indépendants","description":"\u003cp\u003eSur beaucoup de bouteilles de rhum, deux maisons se partagent l'étiquette : celle qui a distillé, et celle qui a choisi le fût, l'a gardé puis l'a mis en bouteille. Cette seconde maison ne possède ni champ de canne ni alambic : son travail commence là où la distillation s'arrête, et il pèse sur presque tout ce qui finit dans le verre : le bois, la durée, le degré, et jusqu'au nom imprimé sur la bouteille.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eEmbouteilleur indépendant Rhums : deux signatures sur une même bouteille\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eUn embouteilleur indépendant achète un fût, ou un lot de fûts, à une distillerie qui accepte de vendre une part de ses stocks. Il le laisse vieillir, décide du moment de la mise en bouteille, du degré et de la présentation, puis le commercialise sous son propre nom. Ce qui lui appartient, c'est la \u003cstrong\u003esélection\u003c\/strong\u003e et la fin du parcours.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes maisons écossaises qui embouteillaient déjà du whisky\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe métier s'est structuré autour du whisky bien avant d'atteindre la canne. Wm Cadenhead, fondée en 1842 et installée à Campbeltown depuis 1972, se présente comme le plus ancien embouteilleur indépendant d'Écosse ; ses rhums paraissent sous les étiquettes Green Label et Dated Distillation. Adelphi porte le nom d'une distillerie de Glasgow active de 1826 à 1902 : relancé en 1993 par Jamie Walker, il désigne aujourd'hui un sélectionneur. Kill Devil, la gamme rhum de la maison glaswégienne Hunter Laing, emprunte son nom à l'un des vieux mots du rhum aux XVII\u003csup\u003ee\u003c\/sup\u003e et XVIII\u003csup\u003ee\u003c\/sup\u003e siècles.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLuca Gargano et la maison génoise qui a fait école\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eEntré chez Velier en 1983, Luca Gargano a publié en 2015 une classification devenue la grille de lecture de la catégorie. Le \u003cstrong\u003epure single rum\u003c\/strong\u003e y désigne un rhum entièrement issu d'alambics à repasse d'une seule distillerie ; le single blended rum, un assemblage d'alambic et de colonne d'une même distillerie ; le traditional rum, un distillat de colonne. La gamme Habitation Velier, née la même année, est réservée aux pure single rums et affiche la distillerie, l'année et le mode de distillation. La Maison \u0026amp; Velier prolonge ce travail avec La Maison du Whisky.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes sélectionneurs arrivés au rhum plus récemment\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUne autre génération s'est ajoutée depuis. The Whisky Agency a été fondée en 2008 par Carsten Ehrlich ; Kintra Spirits travaille depuis Deventer. Rasta Morris est la branche rhum d'Asta Morris, la maison du Belge Bert Bruyneel : elle est née en 2018, et ses sélections se revendiquent sans sucre, sans colorant et sans filtration à froid. Decadent Drinks, fondée par Angus MacRaild, numérote ses rhums sous la série Rum Sponge. The Wild Parrot a été créé en 2017 par Stefano Cremaschi et Andrea Ferrari, ce dernier venu de l'embouteilleur italien Hidden Spirits. En France, Le Gus'T signe la série Marrons de la Liberté.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe négociant qui crée sa propre marque de rhum\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCertains achètent du distillat pour bâtir une marque durable. Les Bienheureux, montée en 2013 par Alexandre Sirech et Jean Moueix, édite Embargo, Coro Coro, El Pasador de Oro et Pura Vida, avec un affinage commun en fûts de cognac en Charente. Le négociant italien F. e G. Compagnia di Commercio édite Big Mama à partir de rhums du Guyana. That Boutique-y Rum Company a été lancée en 2018 par Atom Brands. Maison Ferrand édite Canerock à partir de rhums de Clarendon et de Long Pond, et Mezan publie ses millésimes sous son propre nom.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuel nom lit-on sur l'étiquette d'un embouteillage indépendant\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eLe nom le plus visible n'est pas toujours celui de la distillerie : il faut savoir à quoi renvoie chaque ligne.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa distillerie nommée en toutes lettres, ou remplacée par son île\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eBeaucoup d'embouteillages nomment leur origine : Hampden Estate, Foursquare, Worthy Park, Bielle, Savanna. D'autres n'annoncent qu'un territoire — « Jamaïque », « Barbados », « Fiji » — parce que la distillerie n'a pas autorisé la citation de son nom. Restent alors l'année de distillation, la durée de fût, le numéro de barrique et le degré.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes sigles jamaïcains qu'un embouteilleur recopie sur l'étiquette\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa Jamaïque a sa grammaire propre : chaque distillerie produit plusieurs \u003cstrong\u003emarques\u003c\/strong\u003e, désignées par des sigles qui disent un niveau d'esters. DOK et OWH viennent de Hampden, WPL de Worthy Park, STCE de Long Pond ; MBS et MMW sortent de Clarendon, un seul site également connu sous le nom de Monymusk. L'échelle publiée par les distilleries donne la mesure : OWH est annoncée comme la marque la plus légère de Hampden, entre 40 et 80 grammes d'esters par hectolitre d'alcool pur, DOK comme la plus chargée ; WPL est annoncée entre 60 et 119 grammes. Ces mentions se recopient, elles ne s'attribuent pas.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe nom d'un alambic à la place de celui d'une distillerie\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eAu Guyana, certains noms fameux désignent un outil, pas une adresse en activité. Enmore et Port Mourant étaient des distilleries dont les alambics en bois ont été déménagés à Diamond, dernier site en activité de Demerara Distillers : le premier renvoie à un alambic continu en bois, le second à un double alambic à repasse, lui aussi en bois. Albion n'a jamais eu d'alambic à son nom : ses installations ont fermé, et sa marque de distillation est reproduite à Diamond.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eQuand l'étiquette porte le nom d'une série plutôt qu'un lieu\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eVelier numérote ses Hearts Collection et ses Magnum Series, et confie les étiquettes de la série Villa Paradisetto à l'artiste Warren Khong. La Maison du Whisky signe sa Flag Series, Le Gus'T ses Marrons de la Liberté. Il faut distinguer la série de la collaboration : les Foursquare Patrimonio, Raconteur, Sassafras, Absolutio et Fidelitas portent la mention « collaboration Velier », et c'est bien la distillerie barbadienne qui reste à la manœuvre sur le distillat comme sur l'élevage.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes décisions qui appartiennent à l'embouteilleur\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eEntre l'achat du fût et la mise en bouteille, une poignée d'arbitrages reviennent entièrement à la maison qui signe. Ils expliquent pourquoi deux embouteillages du même distillat, du même âge, peuvent ne pas se ressembler.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe degré inscrit sur l'étiquette, du brut de fût à la réduction lente\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSortir un rhum au degré du fût ou le ramener à un titrage d'usage est un choix de maison. Kill Devil embouteille tantôt à 46 %, tantôt sans réduction du tout. Cadenhead sort un Trinidad 2011 à 46 % en Green Label et un Clarendon 2010 à 55 % en Dated Distillation. Le Gus'T pousse un Demerara 2002 à 65,7 % en full proof, et à l'inverse réduit lentement un Isautier 2010 jusqu'à 58,6 %, un degré qu'il appelle « Optimum ».\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eEmbouteiller un seul fût ou en réunir plusieurs\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn embouteilleur peut tirer une bouteille d'une seule barrique, dont l'étiquette porte le numéro : Adelphi sur un Travellers 2006 sorti du fût n° 14, Rasta Morris sur un Bielle 2015 sorti du fût n° RM030, Kintra Spirits sur un Enmore 1990 sorti du fût n° 34. Il peut aussi en marier plusieurs : l'Albion 1994 de Velier réunit quatre fûts, le Last Ward 2007 en compte treize, un Appleton Hearts douze, un Vieux Sajous 2018 dix-huit.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe second bois posé après le fût d'origine\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eBig Mama fait passer ses Demerara du fût de bourbon au sauternes, au moscatel, au porto, au pedro ximénez, au marsala ou au gewurztraminer d'Alsace. Chez Foursquare, les cuvées menées avec Velier quittent le bourbon pour l'oloroso, le cognac, le marsala, ou de vrais fûts d'adega ayant élevé du porto. Un Vieux Sajous 2017 a terminé son parcours en fûts Lustau remplis le 30 novembre 2017, pour un embouteillage en août 2021.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes mentions de filtration, de colorant et de sucre, cuvée par cuvée\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003e« Non filtré à froid », « sans colorant », « sans additif », « sans sucre ajouté » : ces formules ne valent que pour la cuvée qui les porte, jamais pour une maison entière. Un Kill Devil annonce l'absence de filtration à froid et de colorant ; les fiches Foursquare et Mount Gay menées avec Velier, celles de Mhoba, de Privateer, de Shakara et du Papalin La Réunion affichent un sucre à 0 g\/L ou une déclaration de la maison en ce sens. À l'inverse, un même éditeur peut sortir un rhum infusé à 40 % — Canerock chez Maison Ferrand — sur lequel aucune de ces mentions ne figure.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eCe que ces maisons ont fait entrer dans le rayon\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eCes maisons ont fait circuler des distillats que personne d'autre n'aurait mis en bouteille, et ouvert le marché européen à des maisons que l'on ne connaissait pas.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes distillats sortis de sites aujourd'hui arrêtés\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCaroni, à Trinité-et-Tobago, a cessé de tourner ; ses fûts continuent pourtant de sortir, chez Velier avec les séries Trespassers, Paradise et 31st Release, chez Kill Devil et chez Decadent Drinks. Albion a fermé, et sa marque de distillation est reproduite à Diamond. Au Japon, Nine Leaves a fermé ses portes en 2023 : son dernier distillat est paru sous étiquette Velier.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes assemblages composés par un embouteilleur\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003ePapalin, chez Velier, est l'exemple le plus net d'une bouteille née de plusieurs distilleries. Le Jamaïque 7 ans marie Worthy Park et Hampden, chaque composante ayant vieilli dans le chai de la distillerie qui l'a produite. Le High Ester 5 ans réunit 63 fûts des marques WPL, STCE et C\u0026lt;\u0026gt;H. Le Haïti 4 ans marie des clairins Vaval, Sajous, Casimir et Le Rocher à un rhum de la Distillerie de Port-au-Prince. Le La Réunion 10 ans mêle un grand arôme de onze ans à des rhums traditionnels de dix, douze et quinze ans.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes distilleries que ces étiquettes ont fait connaître en Europe\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eMhoba en Afrique du Sud, Renegade à la Grenade, Privateer dans le Massachusetts, Takamaka aux Seychelles, Providence à Port-au-Prince : ces maisons ont trouvé le chemin de l'Europe sous les étiquettes Habitation Velier ou La Maison \u0026amp; Velier. Le Providence Ex-Caroni Cask 2019 est présenté comme le premier rhum vieux de sa distillerie, trois ans passés dans 25 fûts ayant contenu du rhum de Trinité-et-Tobago.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes fûts qui traversent l'Atlantique avant la mise en bouteille\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eKill Devil fait venir ses barriques en Écosse, où elles sont embouteillées à la main. La Flag Series de La Maison du Whisky affiche le partage cuvée par cuvée : un Foursquare 2006 compte quatorze ans à la Barbade avant deux ans en Europe, un Clarendon 2010 huit ans en Jamaïque avant quatre ans de maturation continentale. Les Caroni Paradise de Velier ont quitté le bois en 2019 pour des dames-jeannes de verre, en région de Cognac, où le rhum n'évolue plus.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur les embouteilleurs indépendants de rhum\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eQu'est-ce qu'un embouteilleur indépendant de rhum ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eC'est une maison qui achète des fûts à une distillerie sans lui appartenir, les fait vieillir, choisit le degré et la date de mise en bouteille, puis les commercialise sous sa propre étiquette. Velier, Cadenhead, Kill Devil, Rasta Morris ou Le Gus'T travaillent de cette façon.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003ePourquoi certaines bouteilles ne nomment-elles pas la distillerie ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eParce que la distillerie n'a pas toujours autorisé la citation de son nom au moment de la vente du fût. L'étiquette se rabat alors sur le pays ou la région — « Jamaïque », « Barbados », « Fiji » — voire sur le nom d'un alambic. L'année de distillation, la durée de fût, le numéro de barrique et le degré restent, eux, presque toujours indiqués.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eUn embouteillage indépendant est-il toujours un fût unique ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eNon. Le fût unique, ou single cask, donne une bouteille tirée d'une seule barrique, dont le numéro figure sur l'étiquette. Beaucoup d'embouteillages réunissent pourtant plusieurs fûts pour tenir un profil, et certains assemblent des rhums venus de distilleries différentes.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eOù acheter un rhum d'embouteilleur indépendant en ligne ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eTrinquay réunit dans ce rayon les rhums dont l'embouteilleur diffère de la maison qui distille, du fût unique écossais aux assemblages signés à Gênes. Chaque fiche indique la distillerie d'origine lorsqu'elle est nommée, l'année de distillation, la durée de fût, le degré et les mentions portées par l'étiquette.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/rhum-embouteilleurs-independants.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}