{"title":"Rhums Long Pond","description":"\u003cp\u003eLong Pond est de ces distilleries que l'on boit souvent sans le savoir. Son nom figure rarement en façade sur une bouteille : ce que l'on lit à la place, c'est une suite de lettres — STCE, TECA, TECC, VRW — ou le nom d'une distillerie voisine fermée depuis longtemps. Ces sigles ne désignent ni des cuvées ni des séries commerciales, mais des recettes de production, chacune définie par sa charge en congénères. Cette page explique ce vocabulaire, montre comment il s'applique à un rhum jamaïcain de dix-huit ans, et donne les repères de service d'un distillat aussi chargé.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eRhums Long Pond, une distillerie jamaïcaine qui signe rarement en son nom\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLong Pond, une distillerie de la paroisse de Trelawny\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa distillerie est installée dans la paroisse de Trelawny, sur l'île de la Jamaïque, et sa réputation tient à un point précis : elle produit des rhums très chargés en esters, c'est-à-dire parmi les plus expressifs qui soient. \u003cstrong\u003eTrelawny est au rhum lourd ce qu'une appellation est à un vin de garde : un nom qui annonce un style avant même la marque.\u003c\/strong\u003e Long Pond y travaille la mélasse, matière première de tous ses distillats, et son nom circule surtout chez les amateurs avertis plutôt que sur les linéaires.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eNational Rums of Jamaica, propriétaire de la distillerie\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLong Pond appartient à National Rums of Jamaica, un groupe qui détient également plusieurs marques héritées de distilleries jamaïcaines aujourd'hui fermées. Il arrive donc que le propriétaire embouteille lui-même, sous son propre nom, un rhum produit dans l'une de ses distilleries. \u003cstrong\u003eSur une étiquette jamaïcaine, le nom du producteur, celui de la marque et celui de l'embouteilleur peuvent être trois entités distinctes.\u003c\/strong\u003e C'est une source de confusion permanente pour l'acheteur, et la première chose à démêler avant de comparer deux bouteilles.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa marque d'esters, une spécification de production\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSTCE, TECA, TECC ou VRW ressemblent à des noms de cuvées, mais ce sont des spécifications techniques. Chacune correspond à une fourchette de congénères précise, obtenue par une conduite de fermentation et de distillation donnée, et reproductible d'une année sur l'autre. \u003cstrong\u003eUne marque d'esters décrit une recette, pas un lot ni un assemblage particulier.\u003c\/strong\u003e Deux bouteilles de même marque et d'années différentes partagent donc un caractère de fond, là où deux marques de la même distillerie peuvent tout opposer.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eCambridge, une distillerie fermée dont la marque a survécu\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa marque STCE et la distillerie dont elle porte le nom\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCambridge était une distillerie voisine, fermée depuis. National Rums of Jamaica en a repris les marques et les produit désormais à Long Pond, avec les mêmes spécifications de congénères. Un rhum estampillé Cambridge STCE sort donc aujourd'hui des installations de Long Pond. \u003cstrong\u003eLe nom sur l'étiquette dit ce qui a été fait, pas où les cuves se trouvent.\u003c\/strong\u003e C'est un fonctionnement propre à l'industrie jamaïcaine, où le patrimoine de recettes a été préservé après la fermeture des sites qui les avaient créées.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eUne étiquette qui nomme la recette plutôt que le lieu\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003ePour l'acheteur, la conséquence est concrète : chercher « Cambridge » dans un catalogue ne conduit pas à un lieu de production, mais à un profil. Le sigle qui suit le nom apporte l'information décisive, celle de la charge en esters visée. \u003cstrong\u003eSur ce type de bouteille, les quatre lettres en disent davantage que la marque qui les précède.\u003c\/strong\u003e Un amateur qui a repéré la fourchette qui lui convient retrouvera ainsi le même terrain d'un embouteilleur à l'autre, chez plusieurs sélectionneurs différents.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eReconnaître un rhum de Long Pond sous un autre nom\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eTrois indices permettent de rattacher une bouteille à cette distillerie : la mention de la paroisse de Trelawny, le nom de National Rums of Jamaica comme propriétaire ou embouteilleur, et le sigle de marque lui-même. \u003cstrong\u003eAucun de ces indices n'est obligatoire sur une étiquette, ce qui rend l'exercice moins évident qu'il n'y paraît.\u003c\/strong\u003e Sur nos fiches, nous rattachons chaque référence à sa distillerie de production plutôt qu'au nom commercial imprimé, précisément pour que la comparaison reste possible.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eL'alambic à repasse à double retorte et la charge en esters\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa double retorte, une particularité jamaïcaine\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe Cambridge STCE 2005 a été distillé dans un alambic à repasse à double retorte. Une retorte est un récipient intermédiaire placé entre l'alambic et le condenseur : les vapeurs le traversent et s'y enrichissent au passage. Avec deux retortes en série, une seule chauffe équivaut à plusieurs concentrations successives. \u003cstrong\u003eC'est cet appareil, plus que la levure ou le fût, qui donne aux rhums de l'île leur densité caractéristique.\u003c\/strong\u003e Il travaille par charges, à l'inverse d'une colonne qui distille en continu.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eDe 550 à 700 g\/hlAP sur le Cambridge STCE 2005\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa teneur en esters de ce rhum est annoncée entre 550 et 700 grammes par hectolitre d'alcool pur — c'est ce que signifie l'abréviation g\/hlAP. Le chiffre mesure la quantité de composés aromatiques produits pendant la fermentation et concentrés à la distillation. \u003cstrong\u003eUne fourchette située à ce niveau place la bouteille dans le registre des rhums franchement expressifs, sans atteindre les extrêmes de l'île.\u003c\/strong\u003e Comme il s'agit d'une spécification et non d'une mesure ponctuelle, elle décrit une cible de production tenue sur plusieurs années.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes esters, nés de la fermentation avant le fût\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn ester est une molécule issue de la rencontre d'un acide et d'un alcool, formée pendant la fermentation puis emportée dans le distillat. C'est de là que viennent les notes fruitées et vernissées associées aux rhums jamaïcains, souvent décrites comme un parfum de banane mûre ou de fruits confits. \u003cstrong\u003eCes arômes sont donc antérieurs au fût : ils naissent en cuve, pas dans le bois.\u003c\/strong\u003e Le vieillissement les enrobe et les prolonge, mais il ne les fabrique pas, ce qui distingue radicalement ce style d'un rhum construit au chai.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eDix-huit ans de vieillissement tropical à 60 %\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe millésime 2005 embouteillé par National Rums of Jamaica\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa bouteille porte l'année de distillation, 2005, et un âge de dix-huit ans. Elle a été embouteillée par National Rums of Jamaica, propriétaire de la distillerie, à 60 %. La mention pure single rum figure également sur l'étiquette : elle indique un rhum issu d'une seule distillerie et distillé à l'alambic à repasse, sans mélange avec un distillat de colonne. \u003cstrong\u003eMillésime, âge et mode de distillation figurent donc tous les trois, ce qui reste rare sur une bouteille de rhum.\u003c\/strong\u003e Rien n'indique en revanche de dosage en sucre, et nous n'en supposerons aucun.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe fût ayant contenu du bourbon sous climat jamaïcain\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLes dix-huit années se sont déroulées sous climat tropical, en fûts ayant contenu du bourbon. Sous cette chaleur, les échanges entre le bois et le liquide s'accélèrent et la part des anges devient considérable : ce qui reste au bout de dix-huit ans est une fraction de ce qui avait été mis en fût. \u003cstrong\u003eUn dix-huit ans tropical n'a pas d'équivalent européen en termes d'extraction, quel que soit le nombre d'années.\u003c\/strong\u003e Le fût ex-bourbon, lui, laisse le distillat s'exprimer plutôt que de le recouvrir, ce qui se comprend sur un rhum aussi chargé.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eServir un rhum lourd de dix-huit ans\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eÀ 60 %, ce rhum se sert en petite quantité, dans un verre tulipe, et gagne à respirer quelques minutes avant la première gorgée. Une goutte d'eau ajoutée progressivement fait tomber la brûlure de l'alcool et laisse remonter les esters. \u003cstrong\u003eUn rhum de ce profil se boit sec, en fin de repas, jamais en cocktail long où sa puissance dominerait tout le reste.\u003c\/strong\u003e Il supporte en revanche très bien un accord avec un chocolat noir intense ou un dessert aux fruits exotiques rôtis.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur les rhums Long Pond\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eOù se trouve la distillerie Long Pond ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eDans la paroisse de Trelawny, en Jamaïque. Elle appartient au groupe National Rums of Jamaica et distille de la mélasse à l'alambic à repasse. Sa notoriété repose sur ses rhums très chargés en esters, un style dont Trelawny est la région de référence.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003ePourquoi une bouteille Cambridge est-elle rangée en Long Pond ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eParce que Cambridge est une distillerie fermée dont National Rums of Jamaica a repris les marques, et qu'il les produit désormais à Long Pond. Le rhum sort donc physiquement de Long Pond, même si l'étiquette affiche le nom de la marque d'origine. Nous classons ces bouteilles à leur distillerie de production, pour qu'elles se comparent à ce qui leur ressemble.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eUn rhum Long Pond est-il un rhum de mélasse ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eOui. Long Pond distille de la mélasse, le résidu sirupeux de la fabrication du sucre de canne, comme l'ensemble des distilleries jamaïcaines. Ce sont des rhums traditionnels au sens du règlement européen, et non des rhums de jus de canne frais.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eOù acheter un rhum Long Pond en ligne ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur Trinquay. Notre cave en ligne rassemble les rhums produits par la distillerie de Trelawny, y compris ceux qui portent en façade le nom d'une marque reprise, avec pour chacun le millésime, l'âge, le degré, la teneur en esters lorsqu'elle est annoncée et le nom de l'embouteilleur. Nos conseillers répondent par message pour orienter un premier achat sur les rhums lourds de la Jamaïque.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/rhum-long-pond.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}