{"title":"Rhums Rum Nation","description":"\u003cp\u003eCertaines maisons de rhum ne possèdent ni champ de canne, ni alambic, ni chai d'origine. Elles achètent des fûts déjà remplis, les suivent, choisissent le moment de la mise en bouteille et signent le résultat. Rum Nation appartient à cette famille : ce qu'elle vend, c'est une sélection et une série de décisions prises après la distillation. Cette page réunit ses embouteillages, du Pérou au Guyana, et donne les repères qui permettent de les comparer — le second fût, le degré, et ce que l'étiquette nomme ou tait.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eRhums Rum Nation : une sélection née après une gamme de whiskies\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eFabio Rossi et la maison de whiskies Wilson \u0026amp; Morgan\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eRum Nation voit le jour en 1999 sous l'impulsion de Fabio Rossi, fils d'un importateur italien de vins et spiritueux. Il n'arrive pas au rhum par hasard : il a déjà créé Wilson \u0026amp; Morgan, une gamme de whiskies, et c'est cette pratique de la sélection de fûts qu'il transpose à la canne. La distance entre les deux métiers est plus courte qu'il n'y paraît. Dans un cas comme dans l'autre, la maison ne distille pas : elle achète, elle attend, elle tranche. \u003cstrong\u003eUn embouteilleur indépendant vend son jugement, pas son alambic\u003c\/strong\u003e.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eSilvano Samaroli, conseil des premières sélections\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eAux débuts de la maison, Fabio Rossi est conseillé par Silvano Samaroli, une autre signature italienne du monde des spiritueux. Ce compagnonnage éclaire la méthode adoptée ensuite : choisir des fûts pour ce qu'ils sont, publier en séries limitées, et renoncer à reproduire d'une année sur l'autre un profil identique. Chaque sortie devient un objet fini, avec son degré, son âge et sa quantité propres. C'est l'inverse exact du travail d'une marque de distillerie, dont la gamme courante doit rester constante d'un lot au suivant.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe Pérou et le Panama, deux origines portées en Europe dès les débuts\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa maison a été l'une des premières à faire connaître en Europe les rhums péruviens et panaméens, à une époque où le rayon rhum se résumait pour beaucoup aux Antilles et à la Jamaïque. Le Peruano vient de Chiclayo, sur la côte nord du Pérou. Les panaméens, eux, relèvent de la tradition espagnole du rhum de mélasse, celle des colonnes et des élevages en chêne américain. L'un et l'autre montrent ce que la maison est allée chercher hors des routes habituelles, à un moment où personne ne les demandait.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLe second fût, des finitions courtes à la solera panaméenne\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eL'oloroso et le pedro ximénez sur un Worthy Park de cinq ans\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe jamaïcain de cinq ans distillé à Worthy Park illustre le mieux la méthode maison. Il commence par un séjour en fûts ayant contenu du bourbon, puis passe quinze à dix-huit mois en fûts de xérès oloroso ; une part du lot fait en plus un détour par des fûts de pedro ximénez avant l'assemblage final. Les deux xérès ne tirent pas dans la même direction : l'oloroso est sec et oxydatif, du côté de la noix et de l'amande grillée, quand le pedro ximénez, très concentré en sucres, pousse vers le raisin sec et la figue. Le rhum est embouteillé à 50 % et porte la mention pure single rum, d'un alambic à repasse.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe fût de whisky en finition sur les Demerara de 2003 et 2004\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLes guyaniens de la maison portent la même idée avec un autre bois. Le Diamond de 2003 a connu quinze ans de maturation lente en climat continental, dont les quatorze derniers mois en fûts ayant contenu un single malt du Speyside. Le Versailles de 2004 affiche dix-huit ans, une partie sous les tropiques et le reste en climat continental, avec une finition en fût de whisky dont la région n'est pas précisée. \u003cstrong\u003eUn fût de whisky apporte moins de sucre résiduel qu'un fût de vin muté\u003c\/strong\u003e : il travaille sur la céréale, la cire et le fruit blanc plutôt que sur le raisin.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLa solera, un soutirage fractionné entre plusieurs fûts\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe panaméen de dix-huit ans relève d'une autre mécanique. Il est élevé selon la méthode espagnole de la solera : des fûts organisés par étages, dont on prélève une fraction au niveau le plus ancien pour la mise en bouteille, avant de recompléter cet étage avec celui du dessus, et ainsi de suite jusqu'au plus jeune. Le contenu d'une bouteille est donc un mélange de plusieurs passages en fût, et non un lot unique déplacé d'un contenant à un autre. Son élevage se déroule en chêne blanc américain ayant contenu du bourbon, comme celui du panaméen de dix ans qui l'accompagne.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes paliers de la gamme, de 40 à 59 %\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe Peruano et les Panama, embouteillés à 40 et 42 %\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eÀ 40 et 42 %, ces bouteilles demandent le moins d'adaptation : le degré est celui d'un rhum vieux de tradition espagnole, pensé pour être bu tel quel, sans eau ni glace obligatoires. Le Peruano annonce huit ans, le premier panaméen dix ans, le second dix-huit. C'est le palier par lequel un amateur entre le plus naturellement dans la sélection, parce que rien n'y demande d'ajustement : ni le degré, ni le boisé, ni la charge en esters d'un rhum d'alambic jamaïcain.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes Small Batch Rare Rums du Guyana, à 58 et 59 %\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe registre change complètement. Les Small Batch Rare Rums sont des sorties confidentielles du Guyana, embouteillées à 58 et 59 %, la seconde portant la mention brut de fût. Le Diamond de 2003 vient d'un lot de quatre barriques, numérotées 5245 à 5248, et porte la marque de fût SXG ; le Versailles de 2004 affiche dix-huit ans. À ces degrés, la matière est dense et le bois très présent. Une goutte d'eau modifie réellement l'équilibre du verre, et c'est un geste courant sur ce type d'embouteillage.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eEmbassy n°1, un assemblage jamaïcain de vingt-cinq ans\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'Embassy n°1 est un assemblage jamaïcain de vingt-cinq ans, embouteillé à 51 %. Sa composition est publiée dans le détail, ce qui reste rare : 65 % d'un Monymusk de 1991 élevé en fût de xérès oloroso, 20 % d'un Hampden de 1992 vieilli en fût de bourbon, et 15 % d'un Long Pond de 1985-1986. \u003cstrong\u003eTrois distilleries jamaïcaines dans une seule bouteille\u003c\/strong\u003e, avec une part largement majoritaire donnée au Monymusk et une pointe de Long Pond dont le rôle est celui d'un assaisonnement.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eRepères pour choisir une bouteille Rum Nation\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eQuand l'étiquette nomme la distillerie d'origine\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur une partie des bouteilles, le nom de la distillerie passe devant celui de l'embouteilleur : Worthy Park pour le jamaïcain de cinq ans, Diamond et Versailles pour les guyaniens. C'est le signe d'un rhum venu d'une source identifiée, et cela permet d'aller comparer avec d'autres embouteillages du même lieu. Sur les autres, l'étiquette ne porte que le pays — Peruano, Panama, Jamaïque. L'absence de nom ne dit rien de la qualité du contenu : elle dit seulement que la source n'est pas rendue publique sur cette bouteille.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLes mentions de finition, un séjour court en fin de parcours\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUne finition, qu'elle s'annonce en sherry finish ou en whisky cask finish, désigne un transfert dans un second fût pour les derniers mois de l'élevage. Ce n'est pas un vieillissement complémentaire de même nature : c'est une couche ajoutée, dont l'intensité dépend du temps passé et du type de bois. Les durées sont parfois données — quinze à dix-huit mois d'oloroso sur le Worthy Park, quatorze mois de fût de Speyside sur le Diamond. Quand elles manquent, la mention seule ne permet pas de savoir si le passage a duré six mois ou trois ans.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eLe numéro de fût et la marque de distillation SXG\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur les sorties les plus confidentielles, l'étiquette descend au niveau du fût. Le Diamond de 2003 indique les numéros 5245, 5246, 5247 et 5248, soit les barriques réunies pour ce lot, et une marque de fût : SXG. Au Guyana, ces marques identifient un profil de distillation précis plutôt qu'un simple lieu, si bien que deux bouteilles issues du même site peuvent porter des sigles différents et se ressembler assez peu. Retenir le sigle est le moyen le plus sûr de retrouver un caractère que l'on a aimé.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur les rhums Rum Nation\u003c\/h2\u003e\n\n\u003ch3\u003eQui distille les rhums embouteillés par Rum Nation ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eDes distilleries tierces, réparties sur quatre pays : la Jamaïque, le Pérou, le Panama et le Guyana. La maison ne possède pas d'outil de production ; elle achète des fûts, suit leur élevage, décide de l'embouteillage et signe la bouteille. Quand la distillerie est nommée sur l'étiquette — Worthy Park, Diamond, Versailles — on sait exactement d'où vient le rhum. Sinon, seul le pays d'origine est indiqué.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eQu'est-ce qu'une finition en fût de xérès oloroso ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eC'est le transfert d'un rhum déjà vieilli dans un fût ayant contenu de l'oloroso, un xérès sec élevé au contact de l'air. Le séjour est court au regard du vieillissement principal — quinze à dix-huit mois sur le Worthy Park de cinq ans — et vise à ajouter une couche de noix, d'amande grillée et d'écorce d'orange sans effacer le rhum de départ. Un fût de pedro ximénez, beaucoup plus sucré, pousse au contraire vers le raisin sec et le pruneau.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eQu'est-ce qu'un Small Batch Rare Rums chez Rum Nation ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eC'est la ligne que la maison réserve à ses sélections les plus rares, tirées d'un petit nombre de fûts et embouteillées à haut degré. Les guyaniens de la sélection en relèvent : un Diamond de 2003 à 58 % et un Versailles de 2004 à 59 %, ce dernier brut de fût. Ces sorties portent leur année de distillation, leur durée d'élevage et, quand ils existent, leurs numéros de fût — trois informations qu'une gamme courante ne donne presque jamais.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch3\u003eOù acheter un rhum Rum Nation en ligne ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur Trinquay. Notre cave en ligne rassemble les sélections de la maison à côté de celles d'autres embouteilleurs indépendants et des embouteillages signés par les distilleries elles-mêmes. Chaque fiche indique l'origine, la matière première, l'âge ou le millésime, le type de fût et le degré, de quoi comparer deux bouteilles sans se fier au seul nom de la série.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/rhum-rum-nation.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}