{"title":"Whisky Benrinnes","description":"\u003cp\u003eIl existe des distilleries que l'on connaît par leurs propres bouteilles, et d'autres que l'on rencontre presque toujours sous l'étiquette de quelqu'un d'autre. Benrinnes appartient à la seconde famille. Son distillat sort du Speyside, il nourrit l'assemblage depuis deux siècles, et c'est chez les embouteilleurs indépendants qu'il se lit le plus souvent en single malt. Cette page raconte le lieu, le procédé et la façon de lire une étiquette qui porte ce nom.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eBenrinnes whisky, un malt du Speyside qu'on croise surtout chez les embouteilleurs\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eLa distillerie porte le nom de la montagne au pied de laquelle elle travaille, le Ben Rinnes, qui domine cette partie du Speyside au sud d'Aberlour. Elle appartient à Diageo et ne se visite pas. Son rôle historique est celui d'un fournisseur d'assemblage : les fûts partent alimenter des blends, et une part d'entre eux prend la route d'autres maisons qui les mettent en bouteille sous leur propre nom. C'est ce circuit, plus que la gamme officielle, qui a fait la réputation de \u003cstrong\u003eBenrinnes\u003c\/strong\u003e chez les amateurs.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eUne distillerie fondée en 1826 au pied du Ben Rinnes\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003ePeter MacKenzie fonde Benrinnes en 1826 à Whitehouse Farm, près d'Aberlour. Une crue emporte l'installation en 1829, et John Innes la remonte sur le site qu'elle occupe encore, plus bas sur les pentes de la montagne. Un incendie en 1896 impose une remise en état, puis la distillerie est entièrement reconstruite en 1955. En 1966, elle passe de trois à six alambics. Peu de choses subsistent des murs d'origine : ce qui a traversé le temps, ici, tient au procédé.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe Flora and Fauna 15 ans, l'embouteillage officiel qui l'a fait connaître\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe premier embouteillage officiel de la distillerie est un 15 ans paru en 1991 dans la série Flora and Fauna, la collection par laquelle son propriétaire a sorti de l'ombre une série de maisons jusque-là réservées à l'assemblage. La gamme officielle est restée mince depuis. Pour qui veut goûter le distillat sous plusieurs angles, l'essentiel du choix se trouve donc ailleurs, chez ceux qui achètent les fûts.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003ePourquoi tant de fûts de Benrinnes portent une autre étiquette\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn embouteilleur indépendant achète des fûts déjà remplis, les suit jusqu'au moment qui lui convient, puis les met en bouteille sous sa propre marque. Il ne fabrique pas le liquide : il choisit lequel, décide quand l'arrêter et à quel degré le présenter. Une distillerie qui produit d'abord pour l'assemblage laisse mécaniquement plus de fûts disponibles à ce commerce. Benrinnes se lit donc au pluriel, un fût après l'autre, plutôt qu'à travers une gamme construite par la maison elle-même.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLes worm tubs, la marque de fabrique du distillat Benrinnes\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eÀ la sortie de l'alambic, les vapeurs doivent redevenir liquide. La plupart des distilleries écossaises emploient un condenseur tubulaire, un faisceau de tubes de cuivre logé dans une enveloppe. Benrinnes a gardé le dispositif ancien : un long serpentin de cuivre immergé dans une cuve d'eau froide, le worm tub. Le choix n'a rien d'anecdotique. Il décide de la quantité de cuivre que rencontre la vapeur, et le cuivre est ce qui allège un distillat.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eDes serpentins immergés à la place des condenseurs modernes\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLe serpentin offre bien moins de surface de cuivre qu'un faisceau de tubes, et la vapeur y passe vite. Le dispositif occupe de la place, se nettoie mal et se pilote à l'ancienne, ce qui explique qu'il ait presque partout été remplacé. Les maisons qui l'ont conservé l'ont fait pour une raison précise : elles tiennent au caractère qu'il donne, et changer de condenseur reviendrait à changer de whisky.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eCe qu'un refroidissement à l'eau froide laisse dans le distillat\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLes cuves de Benrinnes sont tenues très froides, ce qui écourte encore le contact entre la vapeur et le métal. Le distillat qui en sort est épais, charnu, avec cette matière un peu carnée que les dégustateurs associent au voisinage de Dailuaine, Mortlach ou Cragganmore. Ce n'est pas un défaut à corriger : c'est la matière première que les embouteilleurs viennent chercher, parce qu'elle tient tête à un fût marquant sans se laisser recouvrir.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eSix alambics depuis 1966\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa distillerie travaille avec six alambics depuis son agrandissement de 1966. Leur usage, lui, a changé en cours de route : le schéma mis en place au milieu des années 1970 les répartissait en ensembles de trois, et son abandon en 2007 a rendu leur rôle plus classique, les petits alambics servant désormais tous à la repasse. Les worm tubs, eux, sont restés en place de part et d'autre de cette bascule.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eLa distillation triple partielle de Benrinnes, de 1974 à 2007\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003ePendant plus de trente ans, Benrinnes a pratiqué un schéma inhabituel, que l'on désigne par l'expression de triple distillation partielle. Partielle, parce que tout le liquide ne passe pas trois fois : une partie seulement est renvoyée dans un alambic supplémentaire, et le reste suit le chemin classique en deux passages. Le procédé a été arrêté en 2007, ce qui en fait une date de lecture utile quand on regarde une année de distillation sur une étiquette.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eUn schéma en trois passages, abandonné en 2007\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eDans ce dispositif, les petits alcools issus du premier passage étaient séparés en deux fractions selon leur degré. La fraction la plus faible repartait dans un alambic intermédiaire, d'où sortait à son tour une part forte conservée et une part faible remise au brassin suivant. Cette part forte rejoignait ensuite le distillat le plus riche du premier alambic pour un dernier passage. Le résultat n'est ni un double ni un triple classique : c'est un assemblage de chemins.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eCe que la distillerie a conservé après l'arrêt\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'abandon du schéma en 2007 n'a pas emporté ce qui donne son épaisseur au distillat. Les worm tubs sont restés, la conduite très froide de l'eau aussi, et le caractère charnu de la maison ne s'est pas dilué avec le changement. Une distillerie peut modifier son parcours d'alambics et garder sa signature, à condition de ne pas toucher à ce qui règle le contact avec le cuivre : c'est exactement ce qui s'est joué ici.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLire une année de distillation à la lumière de cette date\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eSur une étiquette d'embouteilleur, l'année de distillation devient donc une information de procédé. Un fût rempli en 2003 vient du régime en trois passages, un fût rempli en 2009 ou en 2011 vient du schéma qui lui a succédé. Comparer deux bouteilles installées de part et d'autre de 2007 revient à comparer deux façons de conduire la même distillerie, avec la même eau, le même bâtiment et les mêmes serpentins.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eChoisir un whisky Benrinnes\u003c\/h2\u003e\n\u003cp\u003eFace à une étiquette d'embouteilleur, trois informations font le tri avant même la dégustation : l'année de distillation, la durée d'élevage et le fût. Le degré vient ensuite, car beaucoup de ces bouteilles sortent sans réduction. Rien de tout cela ne se devine sur le nom de la distillerie, qui reste le même d'une maison à l'autre. C'est la ligne du bas de l'étiquette qui distingue deux Benrinnes, jamais celle du haut.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eMillésime, âge et numéro de fût sur une étiquette d'embouteilleur\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eL'âge annoncé compte les années passées en bois, et il s'arrête au jour de la mise en bouteille. Le numéro de fût, lui, n'est pas un âge : il identifie un contenant unique et signale qu'aucun assemblage n'a été fait pour lisser le résultat. Une année seule, sans mention d'âge, demande de la prudence : selon les maisons, elle désigne la distillation ou l'embouteillage, et seul le reste de l'étiquette permet de trancher.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eArchives, Cadenhead's, Adelphi, Elixir Distillers et Douglas Laing\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCes maisons achètent aux mêmes distilleries et ne sortent jamais la même bouteille. Cadenhead's est l'une des plus anciennes d'Écosse, Adelphi travaille au fût unique, Douglas Laing signe ses fûts uniques sous le nom Old Particular, Elixir Distillers publie ses sélections sous The Single Malts of Scotland et ses séries habillées, Mossburn Distillers numérote les siennes. Le distillat vient de Benrinnes, la lecture appartient à celui qui a choisi le fût.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eFût de xérès et fût de bourbon face au même distillat\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eUn élevage en ancien fût de bourbon laisse le distillat en avant : la matière grasse, la céréale et le fruit cuit se lisent sans écran. Un fût de xérès ajoute le raisin sec, l'écorce d'orange confite et une amertume de noix qui répond bien à un distillat épais. Sur une maison comme celle-ci, aucun des deux ne se contente d'habiller : le bois dialogue avec une matière qui ne se laisse pas effacer.\u003c\/p\u003e\n\n\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Benrinnes\u003c\/h2\u003e\n\u003ch3\u003eOù se trouve la distillerie Benrinnes ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eDans le Speyside, sur les pentes basses du Ben Rinnes, près d'Aberlour. Elle a été fondée en 1826 à Whitehouse Farm, déplacée après la crue de 1829, reconstruite en 1955 et agrandie à six alambics en 1966. Elle appartient à Diageo, fonctionne aujourd'hui et n'ouvre pas ses portes au public, ce qui explique qu'elle soit moins connue du grand public que ses voisines de la vallée.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eLe whisky Benrinnes est-il tourbé ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eLa distillerie ne revendique pas de tourbe sur ses embouteillages. Le caractère qu'on lui prête ne vient pas du maltage mais de la conduite de la distillation et des worm tubs, qui donnent un distillat épais et charnu. Il faut donc chercher ici une profondeur de matière, une texture grasse et des notes carnées, pas de la fumée. Un fût passé par un bois marquant peut ajouter du grillé, ce qui n'est pas la même chose.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003ePourquoi Benrinnes est-il rare en embouteillage officiel ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eParce que sa production est d'abord destinée à l'assemblage. Une distillerie qui alimente des blends met peu de choses en bouteille sous son nom, et son propriétaire n'a ouvert cette porte qu'avec le 15 ans Flora and Fauna paru en 1991. Le reste du chemin passe par les embouteilleurs indépendants, qui achètent des fûts et les publient sous leur étiquette. C'est là que se trouve la diversité des millésimes et des bois.\u003c\/p\u003e\n\u003ch3\u003eQuel whisky Benrinnes choisir chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\n\u003cp\u003eCela dépend de ce que vous voulez observer. Un fût élevé en ancien fût de bourbon montre le distillat presque à nu, et convient si vous découvrez la maison. Un élevage en xérès en donne une version plus dense, à réserver aux amateurs de matière. Une année antérieure à 2007 permet de goûter le régime en trois passages. Notre équipe vous oriente selon l'année, la durée d'élevage et le degré qui vous intéressent.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-benrinnes.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}