{"title":"Whisky Bulleit","description":"\u003cp\u003eBulleit est un bourbon reconnaissable à sa forte proportion de seigle et à sa bouteille aux épaules carrées. La marque a été relancée en 1987, longtemps produite sous contrat, et elle dispose depuis 2017 d'une distillerie construite pour elle dans le Kentucky. Cette page décrit sa recette, son parcours industriel et ce que recouvrent les mentions portées sur ses étiquettes.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eBulleit Whisky Bourbon, un nom repris en 1987\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eAugustus Bulleit et la recette du dix-neuvième siècle\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa marque raconte qu'un certain Augustus Bulleit produisait un whiskey très chargé en seigle dans les environs de Louisville à partir des années 1830, et qu'il disparut vers 1860 alors qu'il convoyait des fûts. Ce récit appartient à la maison plus qu'aux archives publiques, et il vaut d'être présenté comme tel. Il joue néanmoins un rôle précis dans l'identité de la marque : il rattache une recette moderne à une tradition régionale, celle des bourbons où le seigle pèse lourd.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eTom Bulleit, la relance et les premières bouteilles\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eTom Bulleit, avocat de formation, reprend le nom familial en 1987 et lance la marque. La production démarre à la fin des années 1980 dans une distillerie du Kentucky, avant que le whiskey n'atteigne les rayons au milieu des années 1990, le temps que les premiers fûts arrivent à maturité. \u003cstrong\u003eLa marque n'a donc pas commencé par un outil de production\u003c\/strong\u003e : elle commence par une recette, un nom et un contrat de distillation, schéma très courant dans le whiskey américain de cette période.\u003c\/p\u003e\u003cp\u003eLe flacon lui-même fait partie de l'identité. Ses épaules carrées, son verre légèrement teinté et son étiquette au lettrage volontairement irrégulier renvoient aux bouteilles de pharmacie du dix-neuvième siècle américain. C'est un habillage cohérent avec le récit familial que la marque met en avant, et il la rend identifiable de loin sur une étagère de bar.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDe Seagram à Diageo, le changement d'échelle\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eEn 1997, Bulleit est rachetée par Seagram, qui installe sa production à Lawrenceburg, dans le Kentucky. Lorsque le groupe canadien est démantelé au tournant des années 2000, ses activités de spiritueux sont réparties entre plusieurs acquéreurs et la marque rejoint le portefeuille de Diageo, qui la détient depuis. Ce passage sous un groupe mondial explique la diffusion très large du bourbon, bien au-delà de ce qu'une marque indépendante aurait pu atteindre en une quinzaine d'années d'existence.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLe mash bill qui fait la signature de Bulleit\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003e68 % de maïs, 28 % de seigle, 4 % d'orge maltée\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe mélange de céréales annoncé par la maison réunit 68 % de maïs, 28 % de seigle et 4 % d'orge maltée. Le maïs assure le socle sucré exigé par la catégorie, l'orge maltée apporte les enzymes qui transforment l'amidon en sucres fermentescibles, et le seigle occupe une place inhabituellement grande. La plupart des bourbons se contentent d'une part de seigle bien inférieure, ou la remplacent par du blé. C'est ce déséquilibre assumé qui donne à Bulleit son profil identifiable.\u003c\/p\u003e\u003cp\u003eLe mash bill désigne simplement la composition du mélange de céréales avant fermentation, exprimée en pourcentages. Aux États-Unis, c'est l'information la plus parlante qu'un producteur puisse publier, puisqu'elle détermine la catégorie légale du whiskey et une bonne part de son profil. Beaucoup de maisons la gardent pour elles, d'autres l'affichent, et le lecteur y gagne un point de comparaison.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que le seigle apporte à un bourbon\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe seigle amène une tension épicée, un côté poivré et une amertume légère qui viennent contredire la douceur du maïs. Il resserre la texture et rallonge la finale, là où un bourbon très riche en maïs ou en blé paraîtra plus rond et plus sucré. Ni l'un ni l'autre ne vaut mieux, ce sont deux constructions différentes faites pour des attentes différentes. La proportion retenue ici est ce qui rend le profil de la maison reconnaissable dès la première gorgée.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe fût de chêne neuf carbonisé, imposé par la loi américaine\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe bourbon doit vieillir en fût de chêne neuf et carbonisé, sans exception. Cette obligation change tout par rapport au scotch, où les fûts sont presque toujours réutilisés : un bois neuf donne beaucoup et vite, en vanille, en noix de coco et en caramel, et il colore fortement le distillat en quelques années. Le degré de chauffe est chiffré par les tonneliers, et le niveau retenu figure parfois dans les communications de la marque, comme sur son embouteillage de dix ans.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eOù le whisky Bulleit est distillé\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eShelbyville, la distillerie ouverte en mars 2017\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUne distillerie dédiée à la marque entre en service à Shelbyville, dans le Kentucky, en mars 2017, sur un investissement de 115 millions de dollars consenti par son propriétaire. Le site réunit une colonne de distillation en cuivre et laiton de grande hauteur et plusieurs chais de vieillissement. Trente ans après le lancement de la marque, l'outil rejoint enfin le nom : les fûts remplis là depuis 2017 sont les premiers à porter l'ensemble du processus sous une seule enseigne.\u003c\/p\u003e\u003cp\u003eLe propriétaire exploite par ailleurs un second site dans le Kentucky, ce qui rappelle une évidence souvent oubliée : une marque de whiskey américain peut être alimentée par plusieurs distilleries au fil du temps, sans que rien de visible ne change sur l'étiquette. La date de remplissage compte donc autant que le nom porté sur le flacon.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe Kentucky, sans monopole légal sur le bourbon\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe bourbon n'est pas réservé au Kentucky, contrairement à une idée répandue. La réglementation fédérale autorise sa production partout aux États-Unis, et des maisons en distillent dans de nombreux États. Le Kentucky concentre néanmoins l'essentiel des volumes et la majorité des grandes maisons, pour des raisons d'histoire, d'eau et de climat. La mention Kentucky straight bourbon, elle, engage bien l'État : elle indique que le whiskey y a été distillé et y a vieilli au moins deux ans.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eBulleit Rye, une recette qui n'est pas celle du bourbon\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eÀ côté du bourbon, la marque propose un rye whiskey, catégorie distincte qui réclame au moins 51 % de seigle dans le mélange de céréales. Celui de Bulleit est bâti sur une proportion de seigle bien plus élevée encore et il est distillé dans l'Indiana, pas au Kentucky. Confondre les deux gammes est facile puisqu'elles partagent le même habillage : la mention portée sur l'étiquette, bourbon d'un côté, rye de l'autre, est ce qui tranche.\u003c\/p\u003e\u003cp\u003eLa recette de ce rye repose sur une part de seigle voisine de 95 %, complétée par de l'orge maltée. Un tel mélange laisse très peu de place au maïs et donne un whiskey sec, poivré et tendu, à des années de ce que produit une base de bourbon. Les deux bouteilles se ressemblent, leur contenu beaucoup moins.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLa gamme Bulleit et son bourbon de dix ans\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eL'assemblage de cœur de gamme et son degré selon les marchés\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe bourbon de base est embouteillé à 45 %, soit 90 proof, sur la plupart des marchés, et à 40 % dans quelques pays. Ce n'est pas un détail : cinq points d'alcool changent la perception des épices et la longueur en bouche. Il vaut donc mieux vérifier le degré porté sur le flacon plutôt que de se fier à une note de dégustation trouvée ailleurs, qui peut porter sur une version différente de celle que vous tenez en main.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe dix ans, une décennie en fût neuf à chauffe numéro quatre\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'embouteillage de dix ans provient d'une sélection de fûts de chêne blanc américain portant la chauffe la plus forte du barème usuel, dite numéro quatre. La maison annonce dix années au minimum, certains fûts allant au-delà, et une mise en bouteille à 45,6 %. Dix ans dans un contenant neuf est une durée longue pour un bourbon : le bois y prend beaucoup de place, ce qui donne une couleur soutenue et une trame boisée plus sèche que sur la version courante.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eRepères pour choisir une bouteille Bulleit\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCommencez par lire la catégorie, bourbon ou rye, car les deux recettes n'ont presque rien en commun. Vérifiez ensuite le degré, puis la présence d'une mention d'âge. Ces trois informations suffisent à situer n'importe quelle bouteille de la marque, y compris les versions embouteillées au degré du fût. Une note prise sur le bourbon de base ne vaut donc pas pour le dix ans, et une note prise sur le rye ne vaut pour aucun des deux.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Bulleit\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eBulleit est-il un bourbon du Kentucky ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe bourbon de la marque relève bien de la mention Kentucky straight bourbon, ce qui suppose une distillation et un vieillissement d'au moins deux ans dans cet État. Une distillerie dédiée y fonctionne à Shelbyville depuis mars 2017. Il faut en revanche distinguer le rye de la maison, produit dans l'Indiana : porter le même nom et le même habillage ne signifie pas partager l'origine ni la recette.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003ePourquoi le whisky Bulleit est-il dit riche en seigle ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eParce que son mélange de céréales contient 28 % de seigle, une proportion nettement supérieure à celle de la plupart des bourbons, où cette céréale n'occupe qu'une place minoritaire quand elle n'est pas remplacée par du blé. Cette part élevée se sent immédiatement : elle amène du poivre, une amertume légère et une finale plus tendue. Le reste de la recette réunit 68 % de maïs et 4 % d'orge maltée.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eBulleit Bourbon et Bulleit Rye sont-ils le même whiskey ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eNon. Ce qui les sépare est la céréale dominante, et la catégorie légale qui en découle. Le bourbon repose sur au moins 51 % de maïs, celui de la maison en contient 68 %. Le rye whiskey réclame au moins 51 % de seigle, et celui de la marque va bien au-delà. Les deux vieillissent en fûts de chêne neufs et carbonisés, mais ils ne sont ni distillés au même endroit ni construits sur le même équilibre. L'étiquette porte la mention en clair.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eComment choisir un whisky Bulleit chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eChoisissez la catégorie avant la version. Le bourbon convient si vous cherchez la signature épicée de la maison sur une base de maïs, le rye si vous voulez la céréale au premier plan. Passez ensuite à l'âge et au degré, puisque le dix ans offre une trame boisée plus marquée que la version courante. Nos fiches reprennent les mentions publiées par la maison, et notre équipe répond à vos questions avant l'achat.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-bulleit.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}