{"title":"Whisky Cu Bocan","description":"\u003cp\u003ePresque toute l'année, l'orge qui entre chez Tomatin n'a jamais vu de tourbe. Une semaine fait exception, en plein hiver, et le distillat qui en sort ne ressemble à rien de ce que la distillerie produit le reste du temps. Ce lot annuel a fini par mériter une étiquette et un nom à lui, Cù Bòcan, emprunté à une bête que la légende locale fait rôder autour du village. Voici ce que ce nom recouvre, et ce qu'il ne recouvre pas.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eCu Bocan Whisky, une semaine de fumée par an à Tomatin\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eL'idée est simple à énoncer et coûteuse à mettre en œuvre : interrompre une production régulière pour introduire une matière première différente, puis tout nettoyer avant de reprendre le cours normal. Un malt fumé laisse des traces dans les installations, et la remise en route demande des précautions. C'est le prix d'une campagne annuelle, et c'est ce qui explique qu'elle reste courte et que son volume soit connu d'avance.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa décision de 2005 et le lot d'orge Optic\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa décision remonte à 2005. Pour la dernière semaine de production de cette année-là, la distillerie retient un lot d'orge de la variété \u003cstrong\u003eOptic\u003c\/strong\u003e, séchée sur un feu de tourbe. Le choix n'a rien d'un essai improvisé : la variété, le taux de fumage et la fenêtre de production sont arrêtés en amont. Vingt ans plus tard, la campagne s'est répétée chaque année, ce qui lui donne une profondeur de stock que peu d'essais isolés atteignent.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn hiver, soixante mille litres\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCette première semaine produit environ soixante mille litres de distillat légèrement fumé, aussitôt répartis dans des fûts de types différents. Ce fractionnement dès le remplissage est le vrai point de départ de la gamme actuelle : plutôt que de tout confier au même bois, la maison s'est donné des matériaux variés à observer au fil des années. Le volume annuel visé est resté du même ordre de grandeur depuis, ce qui borne mécaniquement le nombre de bouteilles que la gamme pourra proposer chaque année.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003e2013, le nom sort du chai\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eIl faut attendre septembre 2013 pour que ce distillat soit commercialisé sous un nom propre, à 46 %. Huit années de fût séparent donc la décision de la première bouteille, ce qui laisse le temps de vérifier que la matière tient ses promesses. La maison a présenté cette sortie comme la reconnaissance de la qualité d'un lot annuel devenu trop intéressant pour se dissoudre dans des embouteillages sans mention particulière.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eD'où vient le nom Cu Bocan\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eUn nom de marque emprunté au folklore local est un choix banal dans le whisky écossais. Celui-ci a ceci de particulier qu'il n'a pas été inventé pour l'occasion et qu'il circule dans le village bien avant la bouteille. La maison le raconte elle-même dans son dossier de lancement, avec une précision de conteur qui indique assez clairement qu'elle assume la part de récit, sans la faire passer pour de l'histoire documentée.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe chien fantôme des landes de Tomatin\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa créature, dit la maison, hante depuis des siècles les abords du village de Tomatin, dans les Highlands au sud d'Inverness. Le récit de lancement rapporte le cas d'un homme poursuivi par une bête noire imposante, laquelle finit par se dissiper en ne laissant derrière elle qu'un silence complet et un nuage sombre. C'est une légende, elle est présentée comme telle, et elle a donné son nom à une étiquette plutôt qu'à un lieu.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne marque distincte pour un distillat distinct\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eSéparer le nom était cohérent : le liquide n'a pas le même profil que la production courante de la maison, et le vendre sous la même étiquette aurait brouillé les deux lectures. Le nom fonctionne donc comme une campagne de production identifiée, pas comme une entité de fabrication autonome. Aucun bâtiment, aucun alambic, aucune adresse ne lui appartient en propre, et il ne faut pas chercher de site de production derrière lui, pas plus qu'une équipe ou une eau qui lui seraient propres.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe qui figure sur la bouteille, et ce qui n'y figure pas\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'étiquette annonce un single malt écossais des Highlands, un degré, un traitement de fût, et rien sur l'âge dans la gamme permanente. Cette absence n'est pas un oubli : elle laisse la liberté de composer avec des remplissages de plusieurs campagnes annuelles. On y lit aussi deux mentions constantes, l'absence de filtration à froid et la couleur naturelle, qui valent pour toutes les références de la gamme.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLa fumée de Cu Bocan Whisky, mesurée sur l'orge\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe mot fumé recouvre des intensités très différentes, et il vaut mieux savoir de quoi l'on parle avant d'ouvrir la bouteille. Ici, la fumée vient du séchage de l'orge sur un feu de tourbe pendant le maltage, en amont de tout le reste. Elle ne vient ni du fût, ni d'un additif, ni d'un artifice de production, ce qui n'a rien d'évident sur un marché où le mot est employé de façon très large.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003e15 ppm sur l'orge maltée de 2005\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe lot d'orge de la campagne inaugurale de 2005 était tourbé à quinze parties par million de phénols. Ce nombre décrit l'orge après touraillage, avant que le grain soit concassé et brassé, et il ne dit rien de ce qui se retrouvera dans le verre. Sur l'échelle usuelle du maltage, quinze se situe dans le registre léger : on est loin des spécifications qui gouvernent les malts fortement fumés.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que la distillation laisse de ces phénols\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'essentiel des phénols disparaît entre le grain et le distillat. Une part se perd au brassage, une autre à la fermentation, et la seconde distillation en retient encore une bonne partie dans les résidus. Un chiffre relevé au maltage n'est donc jamais transposable au liquide fini, et écrire qu'un whisky titre tant de parties par million revient à confondre la matière première avec le produit.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eL'hiver, l'eau froide et le gras du distillat\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa campagne se déroule au cœur de l'hiver, ce qui n'est pas neutre du point de vue technique. L'eau de refroidissement est alors à son plus bas, la condensation des vapeurs s'opère plus vite, et la maison attribue à cette rapidité une texture plus grasse en bouche sur le nouveau distillat. La saison n'est donc pas seulement une contrainte de planning : elle fait partie de la recette.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eSignature et Creations, deux façons de lire Cu Bocan\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLa gamme se divise en deux registres qui ne poursuivent pas le même but. Le premier propose une référence permanente, reproductible d'un lot à l'autre, qui sert de point de repère. Le second rassemble des sorties limitées et numérotées, chacune construite autour d'un bois ou d'un traitement particulier. L'une donne une base de comparaison, l'autre teste les bords du profil, et les deux sortent à 46 % sans filtration à froid.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eBourbon, oloroso et chêne vierge dans la Signature\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa référence permanente repose sur trois familles de fûts : du chêne ayant contenu du bourbon, du chêne ayant contenu de l'oloroso, et du chêne nord-américain neuf. Cette recette à trois voix reprend le fractionnement décidé dès 2005 au remplissage. Le bois neuf apporte l'épice et la vanille, l'oloroso les fruits secs, le bourbon la ligne claire, et la fumée légère circule entre les trois sans dominer aucun d'eux.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLes Creations, une série d'essais numérotés\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes Creations forment une série d'éditions limitées, numérotées dans l'ordre de leur sortie, présentée par la maison comme un terrain d'expérimentation sur les nuances de la fumée et sur le travail du fût. Chaque numéro isole une variable et la pousse. La série a aussi une fonction documentaire : elle constitue au fil du temps un relevé public de ce que la campagne annuelle supporte comme traitements de bois.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa Creation numéro 5 et son chêne des Andes\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa cinquième de la série a été distillée en décembre 2011, élevée d'abord en hogsheads de chêne américain de second remplissage, puis transvasée en juin 2021 dans des fûts de chêne des Andes colombien, dont elle est ressortie un peu plus d'un an après. La maison estime qu'aucun single malt écossais n'avait été élevé dans ce bois avant elle, et présente le résultat comme herbacé et floral. Elle sort à 46 %, couleur naturelle.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Cu Bocan\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eCu Bocan est-il une distillerie ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eNon. C'est le nom d'une campagne de production annuelle menée chez Tomatin, dans les Highlands, et de la gamme qui en découle. Aucun site de fabrication ne porte ce nom, aucun alambic ne lui est réservé en propre. Chercher une distillerie derrière l'étiquette conduirait à une impasse : ce qui existe, c'est un lot d'orge fumée distillé chaque hiver dans les installations d'une maison qui produit surtout du malt non fumé.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCu Bocan est-il un whisky fortement tourbé ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eNon, la maison le décrit comme légèrement fumé et la spécification d'orge de la campagne inaugurale, quinze parties par million, le confirme sur l'échelle du maltage. Rappelons que ce chiffre se relève sur le grain avant brassage et non sur le liquide en bouteille, et que la distillation en fait disparaître une bonne partie. La fumée est ici une composante parmi d'autres, pas l'axe autour duquel tout est construit.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQue sont les Creations de Cu Bocan ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCe sont des éditions limitées numérotées, chacune consacrée à un bois ou à un traitement particulier, à côté de la référence permanente de la gamme. Elles ne remplacent pas cette dernière et ne cherchent pas la constance : leur intérêt tient précisément à ce qu'elles ne se rejoueront pas. La cinquième, par exemple, explore un chêne colombien que le whisky écossais n'employait pas avant elle.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eComment choisir son Cu Bocan chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003ePrenez la référence permanente si vous voulez d'abord situer le profil de la campagne annuelle, fumée légère comprise, avec un assemblage de trois bois qui sert de base de comparaison. Tournez-vous vers une Creation si c'est un bois précis qui vous intéresse et que la singularité prime sur la répétition. Notre équipe peut vous dire ce que chaque numéro de la série a cherché à mettre en avant.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-cu-bocan.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}