{"title":"Whisky Four Roses","description":"\u003cp\u003eUne distillerie qui fabrique dix bourbons différents sous le même toit, puis les combine ou les isole selon la bouteille visée : le procédé est rare, et il se lit sur l'étiquette pour qui connaît le code. Four Roses fait tourner deux mélanges de céréales et cinq levures, ce qui lui donne dix recettes maison. Cette page explique ce système, ce que Lawrenceburg a de particulier et comment le code de quatre lettres se déchiffre.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLe whisky Four Roses et ses dix recettes\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLa plupart des distilleries de bourbon travaillent une recette, parfois deux. Celle-ci en conduit dix en parallèle, obtenues en croisant deux mélanges de céréales avec cinq levures. Aucune n'est un essai ni une série limitée : elles constituent le catalogue interne de la maison, et chaque bouteille de la gamme correspond à une combinaison précise de ces dix éléments. Ce système a une conséquence directe pour l'acheteur : deux flacons de la même maison peuvent reposer sur des recettes qui n'ont en commun que le maïs et le lieu.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDeux mash bills, l'un très chargé en seigle, l'autre moins\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe premier mélange associe 60 % de maïs, 35 % de seigle et 5 % d'orge maltée. Le second en compte 75 % de maïs, 20 % de seigle et 5 % d'orge maltée. Les deux respectent la règle du bourbon, qui impose une majorité de maïs, et les deux emploient la même troisième céréale. Ce qui change est la part du seigle, et l'écart de quinze points entre les deux recettes est important à l'échelle d'un mélange de céréales.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCinq levures, cinq registres aromatiques\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa maison entretient \u003cstrong\u003ecinq levures\u003c\/strong\u003e distinctes, désignées par les lettres V, K, O, Q et F. Chacune conduit la fermentation autrement et produit d'autres composés. Les descripteurs qui leur sont couramment associés dans le négoce spécialisé parlent de fruit délicat, d'épice légère, de fruit riche, de registre floral et de notes herbacées. La maison ne publie pas ce détail sur son propre site, et nous le rapportons donc comme une lecture répandue plutôt que comme une donnée officielle.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLire un code de quatre lettres, de OBSV à OESF\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eChaque recette porte un code de quatre lettres. La première est toujours un O, référence à l'ancien nom du site, Old Prentice. La deuxième indique le mélange de céréales, B pour celui qui contient le plus de seigle, E pour l'autre. La troisième est un S, pour la mention straight. La quatrième désigne la levure. Deux mélanges multipliés par cinq levures donnent donc les dix combinaisons, de OBSV à OESF, et la maison publie cette liste.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLa distillerie Four Roses à Lawrenceburg\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe site de production se trouve à Lawrenceburg, dans le Kentucky, et l'élevage se fait ailleurs, à une heure de route. Cette séparation entre le lieu où l'alcool naît et celui où il vieillit n'a rien d'anecdotique : le second commande une bonne part de ce que la bouteille contiendra vingt ans plus tard, et la maison a fait sur ce point un choix qui la distingue.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn bâtiment de 1910 d'inspiration mission espagnole\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa distillerie occupe un bâtiment construit en \u003cstrong\u003e1910\u003c\/strong\u003e, aux murs jaunes et aux toitures de tuiles, dans un vocabulaire architectural emprunté aux missions espagnoles. La silhouette n'a rien à voir avec les hangars de brique habituels du Kentucky. Le site figure au registre national des lieux historiques américains sous le nom d'Old Prentice Distillery, celui-là même qui donne sa première lettre au code des recettes.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDes chais de plain-pied à Cox's Creek\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes fûts partent vieillir à Cox's Creek, dans des chais à claire-voie de \u003cstrong\u003eplain-pied\u003c\/strong\u003e. La plupart des entrepôts du Kentucky s'élèvent sur plusieurs niveaux, et la température y varie fortement entre le sol et la charpente, si bien que deux fûts remplis le même jour ne rendent pas la même chose selon leur hauteur. Un chai à un seul niveau supprime cet écart. La maison y voit un vieillissement plus régulier d'un fût à l'autre.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDe Seagram à Kirin, puis à Gallo en 2026\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eSeagram achète la marque en 1943 et la retire progressivement du marché américain, où elle ne reste présente que sous forme d'un assemblage de moindre gamme, tandis que le bourbon part à l'export. Le brasseur japonais \u003cstrong\u003eKirin\u003c\/strong\u003e la reprend en février 2002 et rétablit le straight bourbon aux États-Unis. Le 2 avril 2026, le groupe américain Gallo a annoncé avoir finalisé son rachat auprès de Kirin, en indiquant maintenir l'équipe en place, dont le maître distillateur Brent Elliott.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eSmall Batch et Single Barrel, deux lectures du whisky Four Roses\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLes dix recettes ne servent pas toutes de la même façon. Certaines bouteilles en assemblent plusieurs pour obtenir un profil décidé à l'avance, d'autres n'en retiennent qu'une, prélevée dans un seul fût. Ce sont deux logiques opposées, et elles répondent à deux attentes différentes qu'il n'y a aucune raison de classer. La première cherche à reproduire, la seconde à isoler, et le même outil de production sert les deux.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eSmall Batch, quatre recettes assemblées\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe Small Batch réunit quatre des dix recettes maison, deux issues de chaque mélange de céréales. L'assemblage vise un équilibre entre la part de seigle et le caractère apporté par les levures retenues. Un lot y gagne en constance ce qu'il perd en singularité, puisque les écarts entre fûts se compensent au moment du mélange. C'est la démarche d'un assembleur qui vise une cible, et non celle d'un sélectionneur qui isole une réussite.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eSingle Barrel, une seule recette et un seul fût\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe Single Barrel retient une recette unique, celle codée OBSV, c'est-à-dire le mélange le plus chargé en seigle associé à la levure V. Chaque bouteille provient d'un seul fût, sans mélange avec d'autres. Deux fûts de la même recette ne donneront donc jamais exactement le même résultat, ce que la démarche assume : c'est même son objet. La maison publie ce code, ce qui permet de savoir précisément quelle recette on tient.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQuarante-cinq degrés d'un côté, cinquante de l'autre\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe Small Batch sort à \u003cstrong\u003e45 %\u003c\/strong\u003e et le Single Barrel à 50 %, soit respectivement 90 et 100 proof. Cet écart de cinq points n'est pas un détail de présentation : il change la concentration de tout ce que le fût a cédé. Sur deux bouteilles issues du même site et des mêmes céréales, le degré devient l'un des rares repères qui séparent nettement les deux objets, avec la recette et le nombre de fûts employés.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eChoisir un whisky Four Roses\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eDevant une étagère où toutes les bouteilles portent le même nom, trois lectures suffisent. Aucune ne passe par la marque, qui est commune à toute la gamme et ne sépare donc rien. Deux d'entre elles se lisent en un coup d'œil sur la face avant, la troisième demande de savoir ce qu'un code ne dit pas.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que la mention bourbon impose au Four Roses\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa mention bourbon impose une part majoritaire de maïs dans le mélange de céréales, un élevage en fût de chêne neuf et carbonisé, et un degré d'embouteillage d'au moins 40 %. La mention straight y ajoute une durée minimale de deux ans dans ce fût neuf. Rien dans ces règles n'impose le Kentucky, où se concentre pourtant l'essentiel de la production. Notre page consacrée au bourbon détaille ces exigences et leurs limites.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que le taux de seigle change dans le verre\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe seigle est la céréale qui apporte le plus de tension à un bourbon, et c'est précisément ce que la maison fait varier d'une recette à l'autre. Passer de 20 % à 35 % de seigle sur une même base de maïs revient à déplacer le curseur entre rondeur et relief. C'est pour cette raison que les deux mélanges coexistent, et non par tradition : ils servent à composer deux familles de résultats à partir du même outil.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn code sur l'étiquette n'est pas un âge\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes quatre lettres décrivent une recette, jamais une durée. Elles ne disent ni le temps passé en fût, ni la position du fût dans le chai, ni l'année de remplissage. Un numéro de fût ne le dit pas davantage : il identifie un contenant. Sur une bouteille sans mention d'âge, seule cette mention, quand elle existe, renseigne sur la durée, et son absence ne se remplace par aucun autre chiffre imprimé.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Four Roses\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eFour Roses est-elle une distillerie ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eOui. C'est une distillerie en activité, installée à Lawrenceburg dans le Kentucky, dont les chais et l'embouteillage se trouvent à Cox's Creek. Elle fabrique le liquide qui porte son nom, ce qui n'est pas le cas de toutes les marques de bourbon. Le nom désigne donc à la fois un lieu de production, une équipe et un système de recettes propre à la maison.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQue veulent dire les quatre lettres d'un Four Roses ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eElles identifient l'une des dix recettes maison. La première renvoie au site, la deuxième au mélange de céréales, la troisième à la mention straight et la quatrième à la levure employée. Un code comme OBSV se lit donc ainsi : site historique, mélange le plus chargé en seigle, whiskey straight, levure V. C'est une information de composition, publiée par la maison, et non un code de traçabilité interne.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQui possède Four Roses aujourd'hui ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe groupe américain Gallo, qui a annoncé le 2 avril 2026 avoir finalisé le rachat de la marque auprès de Kirin Holdings. Le brasseur japonais la détenait depuis février 2002, après l'avoir reprise à Seagram. Gallo a annoncé maintenir l'équipe en place, dont le maître distillateur. Une page qui écrirait encore Kirin au présent décrirait donc une situation périmée depuis le printemps 2026.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQuel whisky Four Roses choisir chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eTout dépend de ce que vous voulez lire dans la bouteille. Un assemblage de quatre recettes donne un profil composé et reproductible d'un lot à l'autre. Un fût unique d'une recette identifiée donne l'inverse, un objet daté qui ne se rejouera pas. Notre équipe vous aide à situer les deux et répond à vos questions sur les recettes et les degrés.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-four-roses.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}