{"title":"Whisky Imperial","description":"\u003cp\u003eUne distillerie du Speyside qui a passé bien plus de temps à l'arrêt qu'en production, une couronne de fonte posée sur sa malterie pour un jubilé royal, et un terrain rasé en 2013 pour en accueillir une autre : Imperial a disparu du paysage sans que son whisky disparaisse avec elle. Cette page réunit nos bouteilles portant ce nom et explique ce que leur provenance implique, du fût à l'étiquette.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eImperial, la distillerie du Speyside bâtie pour un jubilé\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe nom sonne comme une revendication, et il en était une. Bâtie l'année du jubilé de diamant de la reine Victoria, la distillerie affichait son ambition dans son architecture avant de l'afficher dans ses volumes. Ce point de départ contraste avec ce qui a suivi : une exploitation morcelée, des propriétaires successifs, et une production qui n'a jamais duré assez longtemps pour installer une marque de single malt.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCarron, la Spey et le choix du site\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eImperial est construite en 1897 à Carron, sur les bords de la Spey, dans la zone la plus dense en distilleries de malt d'Écosse, dont notre page consacrée au Speyside détaille les repères. Le site est retenu pour son eau, pour la proximité du chemin de fer, qui sort les fûts et rentre l'orge, et pour le voisinage immédiat d'autres distilleries appartenant aux mêmes intérêts. À cette date, la région vit une vague de constructions qui s'arrête net l'année suivante, quand un grand négociant en whisky fait faillite et gèle le marché.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCharles Doig, l'architecte des distilleries du Speyside\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe bâtiment est dessiné par Charles C. Doig, l'architecte qui a signé une grande partie des distilleries du nord de l'Écosse et à qui l'on doit le toit de séchoir en forme de pagode, devenu la silhouette la plus reconnaissable du métier. Imperial est montée en brique rouge d'Aberdeen sur une ossature de fer, un choix destiné à limiter les risques d'incendie dans des bâtiments où l'on chauffe et où l'on stocke de l'alcool.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa couronne de fonte posée au sommet de la malterie\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003ePour saluer le jubilé de diamant de la reine Victoria, une couronne de fonte est installée au sommet de la malterie. Le détail n'est pas seulement décoratif : \u003cstrong\u003eil inscrit l'année de fondation dans le bâtiment lui-même\u003c\/strong\u003e et il explique le nom retenu, à une époque où une distillerie neuve cherchait d'abord à se faire remarquer d'un négociant en whisky de passage.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eUne distillerie de whisky plus souvent à l'arrêt qu'en production\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eAdditionnées, ses périodes de production tiennent en moins d'un demi-siècle sur un siècle d'existence. Aucune génération d'amateurs n'a donc connu Imperial comme une marque disponible en continu. Ce fonctionnement en à-coups explique à la fois le très petit nombre d'embouteillages officiels et la place qu'occupent aujourd'hui les embouteilleurs indépendants dans ce qui circule encore sous ce nom.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDeux ans d'activité, puis vingt ans de silence\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eImperial ouvre en 1897 et s'arrête dès 1899. Elle reste muette vingt ans, jusqu'à une reprise en 1919 qui ne dure que six ans : la production cesse de nouveau en 1925, cette fois pour trois décennies. Entretemps, la distillerie passe aux mains de Dailuaine-Talisker Distilleries, puis rejoint The Distillers Company. Pendant tout ce temps, le bâtiment tient debout et l'outil reste en place, mais aucune marque de single malt ne se construit sur ce nom, faute de production régulière à laquelle l'adosser.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa malterie Saladin et la reprise des années 1950\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa production repart en 1955, et le site reçoit alors une malterie à caisses Saladin, un procédé où le grain germe dans de longues cuves brassées mécaniquement plutôt que sur une aire retournée à la pelle. Cette période est la plus longue de toute l'histoire du site, puisqu'elle dure jusqu'en 1985. Le nombre d'alambics est porté à quatre en 1964, seule véritable extension que la distillerie ait connue en un siècle, et la production repart alors sur un rythme assez soutenu pour alimenter durablement les assemblages du groupe propriétaire.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003e1998, l'arrêt définitif de la production\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eAprès six ans de silence, la distillerie redémarre en 1991 sous Allied Distillers, puis s'arrête en 1998. Cette fois la fermeture est définitive : elle passe avec Allied Domecq dans le portefeuille de Pernod Ricard en 2005 sans jamais redémarrer. Brora, Rosebank et Port Ellen ont toutes redistillé depuis, ce qui n'est pas envisageable ici : l'outil de production n'existe plus.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eOù le malt d'Imperial est parti\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eUn malt qui n'a presque jamais été embouteillé sous son propre nom part ailleurs. C'est le cas ordinaire de la grande majorité des distilleries écossaises, et ce fut celui d'Imperial pendant toute son exploitation. Savoir où le liquide allait, et par quelle porte il finit par arriver jusqu'à nous, explique la forme que prennent les bouteilles existantes aujourd'hui.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe malt d'Imperial dans les blends de ses propriétaires\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'essentiel de la production partait dans les assemblages de ses propriétaires successifs, qui détenaient chacun plusieurs marques de blended Scotch whisky. Un malt de composant n'a pas besoin d'un nom : il a besoin d'un profil régulier et d'un volume disponible. Le caractère prêté à Imperial va dans ce sens, souple et floral, avec une douceur que les dégustateurs anglophones rapprochent volontiers d'une limonade à la vanille.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLes rares embouteillages officiels d'Imperial\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUn seul embouteillage officiel a existé, un quinze ans paru au milieu des années 1990 sous l'étiquette d'Allied Distillers, dans une série qui réunissait plusieurs malts du groupe. C'est très peu pour un siècle d'existence, et cela tient à l'usage fait du liquide : personne n'avait intérêt à bâtir une marque de single malt sur une distillerie dont la production s'interrompait aussi régulièrement.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLes embouteilleurs indépendants, la voie qui reste\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eTout le reste vient d'embouteilleurs indépendants. Gordon \u0026amp; MacPhail détient par exemple des fûts de plusieurs campagnes, de 1979 à 1998, qu'il publie au fil des ans dans ses gammes. Notre page consacrée aux embouteilleurs indépendants explique ce métier en détail. Sur une distillerie disparue, il ne s'agit plus d'un choix éditorial parmi d'autres : c'est la seule façon dont le liquide peut encore paraître.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eDalmunach et ce qu'il reste du whisky Imperial\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe terrain n'est pas resté vide. Une distillerie neuve y produit depuis 2015, et son existence complique un peu la lecture : elle occupe l'adresse d'Imperial sans en être la continuation. Ce qui reste d'Imperial tient donc entièrement dans des fûts déjà remplis, dont le nombre ne peut que décroître au fil des embouteillages successifs.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa démolition de 2013 et la distillerie qui a pris la place\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe site est rasé en 2013, quinze ans après l'arrêt de la production, et Chivas Brothers y bâtit Dalmunach, mise en service en 2015. Des matériaux de l'ancienne distillerie ont été repris dans la construction. Dalmunach reste néanmoins une distillerie distincte, avec ses propres alambics et son propre distillat : elle n'embouteille pas d'Imperial et n'en produira jamais.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn stock clos, que rien ne vient renouveler\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCe qui existe aujourd'hui a été distillé en 1998 au plus tard. Aucun fût neuf ne viendra s'ajouter, et chaque mise en bouteille prélève sur un ensemble fini. C'est cette mécanique, et non une politique commerciale ou une stratégie de rareté, qui gouverne la disponibilité du nom, et elle vaut pour toutes les distilleries dont l'outil a disparu. Elle a une conséquence pratique pour qui lit une étiquette : les âges annoncés ne peuvent que grandir, puisque le point de départ est figé.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe qu'on lit sur une bouteille d'Imperial\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eTrois mentions comptent. L'année de distillation situe la campagne, l'année de mise en bouteille donne l'âge réel, le numéro de fût identifie le lot. Un exemple : un fût de 1993 embouteillé en mars 2022 à vingt-huit ans, un puncheon de premier remplissage ayant contenu du xérès, publié à 57,6 % dans la gamme Connoisseurs Choice de Gordon \u0026amp; MacPhail, tiré à 544 exemplaires. Chacun de ces éléments décrit ce fût, et lui seul.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Imperial\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eQuatre questions reviennent sur ce nom du Speyside : l'existence actuelle de la distillerie, la catégorie exacte de son whisky, la raison pour laquelle il paraît presque toujours chez des tiers, et le choix d'une bouteille quand il n'y a plus de gamme. Les réponses s'appuient sur les registres des éditeurs spécialisés et sur ce que publient les maisons qui en détiennent encore des fûts.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa distillerie Imperial existe-t-elle encore ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eNon. Elle a cessé de produire en 1998 et son site a été démoli en 2013. La distillerie Dalmunach occupe le terrain depuis 2015, mais c'est un outil neuf et distinct, qui élabore son propre distillat. Plusieurs distilleries écossaises fermées ont été remises en service ces dernières années : ce n'est pas possible ici, puisque les bâtiments et les alambics d'Imperial n'existent plus.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe whisky Imperial est-il un single malt du Speyside ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eOui. Le liquide a été distillé à Carron, dans le Speyside, à partir d'orge maltée et dans une seule distillerie : il relève du single malt Scotch whisky, l'une des cinq catégories reconnues par la réglementation écossaise. Le Speyside est par ailleurs l'une des régions protégées du scotch, et notre page consacrée à la région détaille ce que cette appellation recouvre exactement.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003ePourquoi trouve-t-on surtout des Imperial chez les embouteilleurs ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eParce que la distillerie n'a connu qu'un seul embouteillage officiel, un quinze ans des années 1990. Sa production alimentait des assemblages, et sa propriété a changé plusieurs fois sans qu'aucun détenteur ne construise de marque de single malt autour d'elle. Les fûts vendus à des tiers pendant ces décennies constituent donc ce qui subsiste, et ce sont eux qui paraissent aujourd'hui.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQuel whisky Imperial choisir chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe choix se fait sur le fût plutôt que sur le nom, puisqu'il n'existe plus de gamme. Un élevage en bois ayant contenu du xérès donne un profil confit et épicé, un élevage en bois ayant contenu du bourbon laisse davantage parler le côté floral prêté à la distillerie. Chaque fiche indique l'année de distillation, le fût, le degré et l'embouteilleur, de sorte que la comparaison se fait sur des éléments précis plutôt que sur une réputation. Notre conseil personnalisé vous aide à trancher entre deux bois.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-imperial.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}