{"title":"Whisky Karuizawa","description":"\u003cp\u003eIl existe un nombre fini de bouteilles de Karuizawa, et ce nombre ne remontera jamais. La distillerie a cessé de produire en 2000, le site a été démantelé, et tout ce qui porte ce nom provient d'un stock de fûts que l'on a compté une fois pour toutes. C'est ce caractère borné, plus que n'importe quel argument de dégustation, qui explique la place singulière de ces flacons. Cette page réunit ce qu'il en reste chez nous.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eKaruizawa Whisky, une distillerie de Miyota au pied de l'Asama\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe Karuizawa Whisky vient d'un atelier minuscule installé à Miyota, dans le district de Kita-Saku, préfecture de Nagano, sur les pentes méridionales du mont Asama. La distillerie a fonctionné pendant quarante-cinq ans sans jamais viser le grand public, et l'essentiel de sa production partait à l'assemblage. Trois choix techniques expliquent le caractère de ce que l'on goûte aujourd'hui : la taille de l'outil, la céréale, et le fût.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne fondation de 1955 dans la préfecture de Nagano\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa distillerie est fondée en 1955 à Miyota, dans une région de montagne dont le climat frais et humide ralentit la maturation. Elle passe ensuite sous le contrôle de Mercian, puis, au milieu des années 2000, dans le giron du groupe Kirin. Elle n'a jamais été conçue pour le volume : quatre alambics de petite taille, une équipe réduite, et une production qui alimentait des assemblages plutôt que des bouteilles portant son propre nom. Le nom de la maison est d'ailleurs celui d'une ville voisine, plus connue comme station de villégiature que comme terre de whisky, et non celui de la commune où se trouvait l'atelier.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne orge Golden Promise importée d'Écosse\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa maison importait son orge maltée d'Écosse, et travaillait notamment la variété Golden Promise, connue pour son rendement modeste et pour la densité du moût qu'elle donne. C'est un choix coûteux, que peu de producteurs japonais ont fait aussi durablement. Il place Karuizawa dans une filiation écossaise assumée, jusque dans la matière première, à une époque où la mention Japanese Whisky ne faisait l'objet d'aucun cadre et n'était donc pas un argument commercial. Importer une orge écossaise pour distiller au Japon relevait d'un parti pris technique, à une époque où personne n'y voyait un discours de marque.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDe petits alambics et un élevage en fûts de xérès\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes alambics étaient petits, ce qui augmente mécaniquement le contact entre le distillat et le cuivre et donne un liquide dense. L'élevage se faisait très majoritairement en fûts de xérès, souvent des foudres de grande contenance ayant déjà servi. Cette combinaison, orge écossaise, petits alambics, chêne de xérès et climat de montagne, constitue la signature reconnaissable de la maison, et elle ne se reproduira pas à l'identique. Chacun de ces quatre facteurs pris isolément se retrouve ailleurs, c'est leur combinaison sur ce site précis qui ne se rejouera plus.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eL'arrêt de la production et la disparition du site\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe sort de Karuizawa se joue en trois temps, sur une quinzaine d'années, et il est fréquent de les confondre. La production s'arrête d'abord, l'exploitation ferme officiellement ensuite, et les bâtiments disparaissent enfin. Écrire l'un pour l'autre change le sens de la phrase, et beaucoup de fiches le font.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa mise en sommeil de l'outil en 2000\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa production cesse en 2000. Le marché japonais du whisky traverse alors une période difficile, la demande d'assemblages recule, et une distillerie de cette taille ne trouve plus sa place dans un groupe qui en exploite d'autres. Le site est mis en sommeil sans être démonté : les fûts continuent de vieillir dans les chais, et c'est cette réserve dormante qui fera plus tard toute l'histoire de la marque. Une distillerie à l'arrêt continue de produire du whisky pendant des années, puisque le travail restant est celui du bois et du temps.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eKirin, la fermeture définitive et le démantèlement\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa fermeture devient définitive en 2011, quand le propriétaire renonce à la licence de distillation. Les bâtiments sont ensuite cédés, et le site est démantelé au cours des années suivantes, une partie de son matériel étant revendue à d'autres producteurs. \u003cstrong\u003eIl ne s'agit pas d'une distillerie en sommeil susceptible de rouvrir\u003c\/strong\u003e : l'outil n'existe plus, et cette page se lit donc au passé, contrairement à d'autres maisons longtemps données pour disparues.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe qu'il en reste : des fûts, plus une distillerie\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCe qui subsiste tient dans un stock, pas dans un lieu. Toutes les bouteilles portant ce nom proviennent de fûts remplis avant 2000 et conservés depuis. Chaque embouteillage réduit donc la réserve sans qu'aucune reconstitution soit possible, ce qui est la définition même d'une ressource finie. Un amateur qui ouvre une de ces bouteilles retire une part d'un ensemble dont on connaît la taille exacte, et c'est un fait rare dans le whisky. Cette rareté n'est pas un argument de goût : elle décrit une disponibilité, pas ce que rend le verre, et les deux se jugent séparément.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eNumber One Drinks et les 364 derniers fûts de Karuizawa\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eSans une intervention extérieure, le stock aurait très probablement disparu dans des assemblages, sans jamais porter le nom de la distillerie. C'est une société britannique qui a changé le cours de cette histoire, et sa méthode d'embouteillage explique la forme sous laquelle ces whiskies nous parviennent.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDavid Croll et Marcin Miller, importateurs devenus embouteilleurs\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eNumber One Drinks est fondée en 2006 par David Croll et Marcin Miller, deux professionnels britanniques qui importent alors des whiskies japonais encore méconnus en Europe. Leur travail porte d'abord sur des distilleries fermées, Karuizawa et Hanyu, puis sur des maisons naissantes comme Chichibu. Ce sont donc des sélectionneurs et des embouteilleurs, pas des producteurs : ils choisissent des fûts, décident du moment de la mise en bouteille, et signent l'étiquette.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe rachat du stock restant et son embouteillage au compte-gouttes\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eQuand il apparaît que les stocks restants doivent partir à l'assemblage, la société acquiert la totalité de ce qui reste, soit 364 fûts. Ce chiffre est le seul décompte qui vaille sur cette maison, et il ne bougera pas. Les embouteillages sortent depuis au compte-gouttes, le plus souvent fût par fût, ce qui donne des tirages très courts et une grande diversité de profils d'une bouteille à l'autre, y compris à millésime identique. Deux fûts remplis la même semaine, rangés dans le même chai, peuvent rendre après trente ans deux whiskies que personne ne rapprocherait à l'aveugle.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eAsama, l'assemblage de fûts de xérès de 1999 et 2000\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eToutes les bouteilles ne sont pas des fûts uniques. La série Asama, du nom du volcan qui domine le site, réunit des fûts de xérès remplis en 1999 et 2000, réassemblés puis remis dans leurs propres foudres avant embouteillage. \u003cstrong\u003eAsama est un nom de série, pas une distillerie\u003c\/strong\u003e : le liquide est bien du Karuizawa, et l'étiquette le dit. Des lots de la même période sont également sortis au degré du fût, numérotés par batch.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLire une étiquette de whisky Karuizawa\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eSur une maison disparue, l'étiquette est la seule source d'information disponible, et chaque mention y compte davantage qu'ailleurs. Trois points méritent l'attention avant d'acheter, dont un qui n'existait pas il y a cinq ans.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eMillésime, âge et numéro de fût sur un embouteillage unique\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUne bouteille de fût unique porte en général l'année de distillation, l'âge atteint à la mise en bouteille et le numéro du fût. Les trois informations ne disent pas la même chose : le millésime situe le liquide dans l'histoire de la distillerie, l'âge mesure le temps passé en bois, et le numéro de fût n'est qu'une identité. Deux fûts d'une même année peuvent donner deux whiskies très différents, et c'est particulièrement vrai ici.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa norme japonaise de 2021 et les bouteilles qui la précèdent\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eDepuis le 1er avril 2021, les producteurs membres de l'association professionnelle japonaise appliquent des critères d'étiquetage pour la mention Japanese Whisky, avec une période de transition close le 31 mars 2024. C'est une norme professionnelle et volontaire, sans force de loi. Les bouteilles de Karuizawa lui sont antérieures par construction, et notre page consacrée au whisky japonais détaille ce cadre pour les productions actuelles. Sur une distillerie arrêtée en 2000, la question ne se pose donc pas dans les mêmes termes que sur un producteur en activité.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa distillerie ouverte en 2022, un homonyme à ne pas confondre\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUne distillerie portant le nom de Karuizawa a ouvert en décembre 2022, dans la ville de Karuizawa elle-même et non à Miyota, à quelques kilomètres de l'ancien site. Elle a été construite par un autre porteur de projet, avec des alambics fabriqués en Écosse sur le modèle des anciens, et ses premiers whiskies ne sont pas attendus avant le début des années 2030. C'est un projet distinct : aucune bouteille de cette page n'en provient. La confusion est facile puisque le nom est identique et la région la même, et elle ira en s'aggravant à mesure que le nouveau site sortira ses premières bouteilles.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eLa distillerie Karuizawa existe-t-elle encore ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'ancienne distillerie de Miyota n'existe plus : production arrêtée en 2000, fermeture définitive en 2011, site démantelé ensuite. Une distillerie neuve portant le même nom a ouvert en décembre 2022 dans la ville de Karuizawa, mais c'est un projet différent, sur un autre site.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003ePourquoi ne produit-on plus de whisky Karuizawa ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eParce que l'outil de production a disparu. Tout ce qui porte ce nom provient de fûts remplis avant 2000, dont les 364 derniers ont été rachetés par un embouteilleur britannique. Chaque mise en bouteille réduit un stock qu'aucune production ne renouvelle.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe whisky Karuizawa est-il tourbé ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes références que nous suivons ne revendiquent pas de tourbe, et la maison n'en faisait pas un argument. Dire qu'un producteur ne revendique pas de tourbe est un fait ; affirmer qu'un whisky n'est pas tourbé supposerait une mesure que personne ne publie.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eComment choisir sa bouteille de Karuizawa Whisky chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eRepérez d'abord s'il s'agit d'un fût unique ou d'un assemblage de la série Asama, les deux ne se comparent pas. Regardez ensuite le millésime et l'âge, seules mentions qui situent la bouteille. Écrivez-nous, nous détaillons chaque étiquette avec vous.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-karuizawa.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}