{"title":"Whisky Littlemill","description":"\u003cp\u003eIl existe peu de distilleries dont on ne sache pas dire avec certitude l'année de naissance ni l'année de mort. Littlemill est de celles-là : trois dates se disputent son origine et trois autres son arrêt, et pourtant ce que la maison a fabriqué est parfaitement identifié. Un site des Lowlands, une eau descendue de collines classées Highlands, et des alambics dont personne n'avait le pareil. Cette page réunit ses bouteilles et raconte l'outil qui les a produites.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLittlemill Whisky, une distillerie des Lowlands posée à Bowling\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe whisky Littlemill vient de Bowling, dans le Dunbartonshire, à l'ouest de Glasgow. La distillerie occupait un terrain coincé entre deux voies d'eau, sur la rive nord de la Clyde. Elle relevait de la région protégée des Lowlands, ce qui décrit son adresse et non sa manière : sur ce site précis, l'adresse et la ressource ne racontaient pas la même chose.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eBowling, à la sortie du canal de Forth and Clyde\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eBowling est le point où le canal de Forth and Clyde débouche sur l'estuaire. Le bourg vivait du trafic, et une distillerie posée là n'avait aucun problème pour recevoir son orge ni pour expédier ses fûts. Le domaine d'Auchentorlie, acheté au milieu du dix-huitième siècle par la famille Buchanan, couvrait les terres alentour. C'est dans ce paysage de canal et de chantiers, et non dans une vallée de carte postale, que le nom de Littlemill s'est installé. La proximité de Glasgow comptait autant que l'eau : le marché urbain était à portée immédiate, et les maisons d'assemblage de la ville achetaient sur place.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003e1772, 1773, 1817 : trois dates pour une même origine\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe détenteur actuel de la marque présente Littlemill comme la plus ancienne distillerie licenciée d'Écosse et retient 1772, une première licence étant citée en 1773 au nom de Robert Muir. D'autres relevés situent la première licence en 1817, sous Matthew Clark and Co. \u003cstrong\u003eUne date d'étiquette et une date d'archive ne mesurent pas la même chose\u003c\/strong\u003e : la première dit quand on a distillé sur le site, la seconde quand l'administration l'a enregistré. Nous citons les deux plutôt que d'arbitrer.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne eau prise au-dessus de la ligne des Highlands\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa distillerie captait son eau à une source des Kilpatrick Hills, un massif situé au nord du site. La ligne administrative qui sépare Highlands et Lowlands passe entre les deux, si bien que Littlemill était classée Lowland tout en travaillant une eau venue de l'autre côté. La curiosité est réelle et elle vaut d'être dite pour ce qu'elle est : une question de tracé de frontière, qui ne détermine pas à elle seule ce qu'il y a dans le verre.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLes alambics à colonne rectificatrice du whisky Littlemill\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eC'est l'outil qui rend cette maison singulière, et il ne ressemblait à rien de courant en Écosse. Là où la quasi totalité des distilleries de malt travaillent avec un chapiteau et un col de cygne, Littlemill a fonctionné avec des alambics hybrides, dont la partie haute empruntait au matériel du whisky de grain.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDuncan Thomas et le rachat de 1931\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eDuncan Thomas, homme d'affaires américain, prend le contrôle de la distillerie en 1931 et la conduit pendant quarante ans. Il ne se contente pas de l'exploiter : il en modifie le principe de fonctionnement, avec l'idée qu'un même site doit pouvoir produire plusieurs caractères de distillat sans changer d'alambic. Cette ambition explique la totalité de ce que la maison a laissé derrière elle, y compris ses noms secondaires. Elle explique aussi pourquoi le matériel de Littlemill a survécu à la distillerie : il valait pour lui-même, indépendamment du site qui l'avait accueilli.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn col d'alambic remplacé par une colonne à plateaux\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes alambics installés associaient un corps de cuivre classique à une colonne rectificatrice montée à la place du col. Les plateaux de cette colonne pouvaient être déplacés, ce qui revenait à allonger ou raccourcir virtuellement le col : plus le distillat monte haut avant de condenser, plus il ressort léger. Les corps portaient par ailleurs un revêtement d'aluminium. Les sources ne s'accordent pas sur l'année d'installation de ce matériel, et nous n'en avançons donc aucune.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que la triple distillation a laissé derrière elle\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eAvant cette période, Littlemill distillait trois fois, un usage largement pratiqué dans les Lowlands. La troisième passe monte le degré et affine encore le distillat, au prix d'un rendement inférieur. L'usage s'y est éteint autour de 1929, et la colonne rectificatrice a pris le relais de cette recherche de légèreté par un autre chemin. Le résultat visé restait comparable, la mécanique pour y arriver n'avait plus rien à voir.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLittlemill, Dunglass et Dumbuck, trois noms sortis d'un même site\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eUn alambic réglable ne sert à rien si l'on n'en fait qu'un seul liquide. Littlemill a donc publié plusieurs noms, chacun attaché à une conduite différente. C'est une pratique qui existe ailleurs en Écosse, et elle rappelle qu'un nom d'étiquette ne désigne pas toujours un lieu : ici, les trois sortaient des mêmes murs.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLittlemill, la mise qui ne revendique pas de tourbe\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe nom principal couvre le distillat non fumé de la maison, celui que l'on retrouve aujourd'hui dans les bouteilles âgées. On lui prête un profil léger, sur le fruit blanc et la fleur, ce qui correspond à la conduite d'alambic décrite plus haut. Aucun chiffre de phénols n'est publié pour cette mise, et il n'y aurait aucun sens à en produire un : ces relevés se font sur l'orge maltée, avant brassage, chez le malteur.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDunglass et Dumbuck, deux essais fumés\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes deux autres noms couvraient des distillats tourbés. Dumbuck est décrit de façon concordante comme la version la plus fumée des trois. Dunglass est présenté tantôt comme légèrement tourbé, tantôt comme plus charpenté que fumé, et cette divergence n'est pas tranchée : nous la signalons plutôt que de choisir. Ces mises sont restées confidentielles, et elles témoignent d'une recherche plus que d'une gamme installée. Retenir leur existence évite un contresens fréquent, qui consiste à attribuer au nom principal une fumée qui ne lui a jamais appartenu.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que ces trois noms disent de la conduite d'un alambic\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUn même moût, un même alambic, trois liquides : la démonstration porte sur le point de coupe et sur la hauteur de reflux, deux réglages que la plupart des distilleries fixent une fois pour toutes. Littlemill en avait fait une variable. C'est aussi ce qui rend ses vieilles bouteilles difficiles à ranger dans une case : elles ne décrivent pas un caractère de maison unique, mais un état de réglage à un moment donné.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eCe qu'il reste aujourd'hui du whisky Littlemill\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLa distillerie n'existe plus, ni comme outil ni comme bâtiment. Elle appartient donc à la catégorie des maisons qu'on écrit au passé, à la différence de Brora, de Rosebank ou de Port Ellen, qui ont toutes recommencé à distiller. Ce qui circule vient de fûts remplis avant l'arrêt, et l'histoire de cet arrêt s'est déroulée en plusieurs temps.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDe la mise en sommeil des années quatre-vingt à l'arrêt\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa production est suspendue en 1984, dans une période difficile pour l'ensemble du secteur, puis reprend en fin de décennie. La date du silence définitif varie selon les sources : le détenteur actuel de la marque écrit que la distillerie s'est tue en 1994, d'autres relevés retiennent 1992 ou 1996. La propriété a changé plusieurs fois sur la même période, ce qui explique en partie ces écarts de comptage.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe démantèlement, l'incendie de 2004 et le site rendu au logement\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes installations sont démontées dans la seconde moitié des années quatre-vingt-dix, et les alambics partent chez Loch Lomond. Les bâtiments restants sont détruits par un incendie en 2004. Le terrain a depuis été bâti et accueille du logement. Il n'y a donc plus rien à visiter à Bowling, et aucune reprise de production n'y est envisageable, ce qui distingue ce cas des distilleries simplement mises en sommeil.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLes fûts conservés par le Loch Lomond Group\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe nom et les fûts restants sont détenus par le Loch Lomond Group, qui les entrepose dans ses chais. Le groupe en sort chaque année une mise choisie par son maître de chai, en séries de quelques centaines de flacons, avec des âges élevés qui suivent mécaniquement l'année de distillation. Un anniversaire de deux cent cinquante ans a notamment donné lieu à une édition dédiée.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Littlemill\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eQuatre questions reviennent sur cette maison, et trois d'entre elles portent sur des points que les étiquettes ne clarifient pas. Voici les réponses, avec les divergences de sources signalées quand elles existent plutôt que résolues à la hâte.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa distillerie Littlemill existe-t-elle encore ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eNon. La production s'est arrêtée dans les années quatre-vingt-dix, les installations ont été démontées et les derniers bâtiments ont brûlé en 2004. Le terrain accueille aujourd'hui du logement. Seuls subsistent le nom et les fûts remplis avant l'arrêt, détenus par le Loch Lomond Group, qui embouteille à partir de ce stock.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLittlemill est-elle la plus ancienne distillerie licenciée d'Écosse ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eC'est ce que revendique le détenteur de la marque, sur la base d'une origine fixée à 1772 et d'une licence citée l'année suivante. D'autres relevés donnent 1817 pour la première licence. Nous rapportons la revendication comme telle, sans la valider ni l'écarter : les archives de licences du dix-huitième siècle sont lacunaires, et plusieurs maisons écossaises formulent des revendications comparables.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe whisky Littlemill est-il tourbé ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe nom Littlemill couvre le distillat non fumé de la maison, et ces bouteilles ne revendiquent aucune tourbe. La distillerie a bien produit du distillat tourbé, mais sous deux autres noms, Dunglass et Dumbuck, restés très peu diffusés. Une bouteille portant simplement Littlemill ne relève donc pas des whiskies fumés.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eComment choisir un Littlemill Whisky chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLisez d'abord l'âge et le degré, puis vérifiez si l'étiquette porte le nom du détenteur de la marque ou celui d'une maison indépendante, car la sélection du fût n'a pas été faite par les mêmes mains. Les mises anciennes montrent surtout ce que quarante ans de bois font à un distillat conduit léger. Notre conseil personnalisé vous aide à comparer deux flacons.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-littlemill.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}