{"title":"Whisky Mannochmore","description":"\u003cp\u003eIl existe en Écosse une poignée de sites où deux distilleries partagent la même cour, la même eau et parfois les mêmes équipes. Mannochmore est de celles-là : elle a été bâtie dans l'enceinte de Glenlossie, à quelques pas de sa voisine, et elle a passé l'essentiel de sa vie à fournir des assemblages plutôt qu'à signer des bouteilles. Cette page rassemble les malts sortis de cet atelier.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eMannochmore Whisky, une distillerie bâtie dans la cour de sa voisine\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe Mannochmore Whisky vient d'un atelier du Speyside installé au sud d'Elgin, dans le Moray, sur un terrain que Glenlossie occupait déjà depuis près d'un siècle. Ce voisinage n'est pas anecdotique : il explique la date de construction, la taille de l'outil et le rythme de production des deux maisons pendant des décennies. Voici ce qui distingue la plus jeune des deux.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne fondation de 1971 près d'Elgin, sur le site de Glenlossie\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eMannochmore est construite en 1971 par DCL, par l'intermédiaire de sa filiale Scottish Malt Distillers, et son exploitation est confiée sous licence à John Haig \u0026amp; Co. Le choix du terrain est pragmatique : Glenlossie y dispose déjà de l'eau, des accès et des chais, et bâtir à côté revient moins cher et plus vite que repartir de zéro ailleurs, avec des permis à obtenir et une source à sécuriser. La distillerie appartient aujourd'hui à Diageo, après un passage par United Distillers dans les années 1980 et 1990. Elle appartient donc à la vague de constructions et d'agrandissements que l'industrie écossaise a menée au tournant des années 1970, quand la demande mondiale d'assemblages paraissait sans limite.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eSix alambics dès l'origine, trois fois la taille de Glenlossie\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'atelier est équipé dès l'ouverture de six alambics, trois de première distillation et trois de repasse. Cette configuration donne à Mannochmore une capacité environ trois fois supérieure à celle de sa voisine, ce qui indique clairement l'intention : produire du volume pour l'assemblage, pas une petite série de collection. La capacité a été relevée depuis, à la faveur de travaux menés au début des années 2010. Six alambics placent d'emblée Mannochmore parmi les ateliers de taille sérieuse du Speyside, loin des deux ou quatre alambics qui suffisent à la plupart des distilleries de la région.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDeux distilleries, des équipes qui passent de l'une à l'autre\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003ePendant longtemps, les deux ateliers n'ont pas tourné en même temps : ils ont fonctionné en alternance, exploités par les mêmes équipes qui passaient d'un bâtiment à l'autre selon la période. \u003cstrong\u003eCette organisation explique une part de la confusion qui entoure les deux noms\u003c\/strong\u003e, y compris chez des amateurs avertis. Ce sont pourtant deux distilleries distinctes, avec deux outils différents et deux distillats que les dégustateurs ne confondent pas. Partager une adresse ne rend pas deux maisons interchangeables, pas plus en Écosse qu'ailleurs.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eUn malt Mannochmore d'abord destiné à l'assemblage\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eUne distillerie construite pour l'assemblage ne se comporte pas comme une distillerie construite pour son propre nom. Elle ajuste son volume à la demande d'un groupe, elle s'arrête quand cette demande baisse, et elle n'a pas besoin d'une gamme en propre. Mannochmore a suivi cette trajectoire de bout en bout, et son histoire industrielle se lit dans les dates.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eHaig et Dimple, les assemblages que la distillerie alimente\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe malt de Mannochmore part principalement dans les assemblages du groupe, au premier rang desquels les marques Haig et Dimple. C'est la raison pour laquelle un amateur peut avoir bu de ce distillat des dizaines de fois sans jamais avoir vu le nom sur une étiquette. Une distillerie d'assemblage travaille dans l'ombre par construction : sa réussite se mesure à la régularité qu'elle apporte, pas à la notoriété qu'elle acquiert. Ce statut a une conséquence heureuse pour l'amateur curieux : le prix d'une bouteille ne porte aucune prime de marque, puisqu'il n'y a pas de marque à faire vivre.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa mise en sommeil de 1985 et la relance de 1989\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe milieu des années 1980 est une période noire pour l'industrie écossaise, et Mannochmore en fait les frais : la distillerie est mise en sommeil en 1985, quand la demande d'assemblages recule. Elle redémarre quatre ans plus tard, en 1989, et n'a plus cessé de fonctionner depuis. \u003cstrong\u003eElle est aujourd'hui en activité\u003c\/strong\u003e, précision qui a son importance : une mise en sommeil ancienne se lit trop souvent comme une fermeture définitive, et ce n'en était pas une.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn distillat léger et floral, distinct de celui de Glenlossie\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes descriptions publiées par les sources spécialisées s'accordent sur un malt de corps léger, marqué par des notes florales et des fruits délicats, qui gagne en complexité avec les années de fût. Glenlossie, à quelques mètres de là, rend un distillat décrit comme plus gras. Deux ateliers voisins, la même eau, deux liquides différents : c'est la démonstration la plus nette de ce que la forme des alambics et la conduite de la distillation apportent au résultat. Ce contraste entre deux voisines immédiates est plus parlant que bien des comparaisons entre régions éloignées.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eOù trouver du Mannochmore en single malt\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe paradoxe d'une distillerie d'assemblage est là : elle produit beaucoup et se laisse peu goûter sous son propre nom. Trois voies existent pour la découvrir en single malt, et elles ne racontent pas la même histoire. L'une est officielle, l'autre indépendante, la troisième est un objet de curiosité que les collectionneurs se disputent encore.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eFlora \u0026amp; Fauna 12 ans, l'embouteillage officiel le plus courant\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa gamme Flora \u0026amp; Fauna a été créée par le propriétaire pour donner une existence en single malt à des distilleries qu'il exploitait sans les commercialiser. Mannochmore y figure avec un douze ans, qui reste l'embouteillage officiel le plus facile à croiser. Ce n'est pas le seul : quelques versions plus âgées sont sorties dans les séries limitées annuelles du groupe, à dix-huit puis vingt-cinq ans, en tirages courts. Ces séries limitées ont fait connaître le nom bien au-delà du cercle des chasseurs de distilleries discrètes.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe rôle des embouteilleurs indépendants sur cette distillerie\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eL'essentiel de ce que l'on goûte en single malt vient donc de maisons indépendantes qui achètent des fûts et les embouteillent sous leur propre étiquette. On croise Mossburn, The Single Malts of Scotland, gamme de la maison Elixir Distillers, et Thompson Bros., l'enseigne d'embouteillage de la distillerie de Dornoch. Chacune travaille à sa manière, en fût unique ou en petit assemblage de quelques fûts, le plus souvent sans filtration à froid ni colorant. Ces maisons ne produisent pas le liquide, elles le choisissent : leur travail consiste à repérer un fût qui mérite d'être embouteillé seul, puis à décider du moment où il doit l'être. C'est une signature de sélection, pas une signature de distillation.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLoch Dhu, le malt presque noir de 1996\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eEn 1996 sort sous le nom Loch Dhu un dix ans issu de Mannochmore, d'une couleur presque noire, qui reste l'un des embouteillages les plus commentés de la fin du siècle. L'étiquette l'attribuait à des fûts fortement brûlés ; les analystes du secteur l'attribuent plutôt à un usage généreux de caramel de coloration. \u003cstrong\u003eLes deux versions coexistent dans la documentation\u003c\/strong\u003e, nous n'en tranchons aucune. Retiré rapidement de la vente, il est devenu un objet de collection.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eChoisir un whisky Mannochmore chez Trinquay\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eSur une distillerie que l'on découvre presque toujours par des embouteilleurs indépendants, l'étiquette porte plus d'informations qu'ailleurs, et il faut savoir lesquelles comptent. Trois repères suffisent : la date, le degré et le mode de sélection.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eMillésime et âge, ce que dit l'étiquette d'un indépendant\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUn indépendant affiche en général l'année de distillation et l'âge au moment de la mise en bouteille, deux informations que l'officiel résume souvent en un seul chiffre. Une année sur une étiquette n'est pas toujours un millésime de distillation : elle peut désigner l'année d'embouteillage, et seule la mention explicite tranche. Quand les deux figurent, l'écart entre elles donne l'âge exact, sans avoir à faire confiance à un arrondi.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eBrut de fût, ce que change un degré non réduit\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eBeaucoup de ces bouteilles sortent au degré du fût, sans réduction à l'eau. Un malt à plus de cinquante-cinq degrés ne se goûte pas comme le même malt ramené à quarante-trois : la matière est plus dense, les arômes plus concentrés, et l'ajout de quelques gouttes d'eau au verre permet d'explorer plusieurs états du même liquide. C'est un choix technique de l'embouteilleur, pas une garantie de qualité.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUn fût unique et son numéro\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eToutes les bouteilles d'indépendant ne viennent pas d'un fût unique. Certaines séries, dites de lot ou de parcelle, réunissent plusieurs fûts pour obtenir un volume et un équilibre donnés, et elles portent alors un numéro de lot et non de fût. Quand un numéro de fût figure bien à l'étiquette, il désigne une identité et rien d'autre : ni un âge, ni un millésime, ni un rang de qualité. Il sert surtout à retrouver, chez l'embouteilleur, le détail du parcours de la bouteille que l'on a dans la main.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eOù se trouve la distillerie Mannochmore ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eElle est installée au sud d'Elgin, dans le Moray, sur le site qu'elle partage avec Glenlossie. Elle relève de la région protégée du Speyside, dont notre page dédiée détaille le cadre.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe whisky Mannochmore est-il tourbé ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes références que nous suivons ne revendiquent aucune tourbe, et la distillerie n'en fait pas un argument. Dire qu'un producteur ne revendique pas de tourbe est un fait ; affirmer qu'un whisky n'est pas tourbé supposerait une mesure que personne ne publie.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQu'est-ce que le Loch Dhu ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eC'est un dix ans issu de Mannochmore, sorti en 1996, d'une couleur presque noire. Son procédé exact fait débat, entre fûts fortement brûlés et caramel de coloration. Retiré rapidement du marché, il est aujourd'hui recherché par les collectionneurs.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eComment choisir sa bouteille de Mannochmore Whisky chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eChoisissez l'officiel douze ans pour une première approche du distillat, et un embouteillage indépendant pour explorer un fût précis à son degré naturel. Regardez ensuite si la bouteille vient d'un fût unique ou d'un lot de plusieurs fûts, l'étiquette le précise presque toujours. Écrivez-nous, nous comparons les étiquettes avec vous.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-mannochmore.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}