{"title":"Whisky Old Fitzgerald","description":"\u003cp\u003eIl arrive qu'une marque de bourbon porte le nom d'un homme qui n'a jamais distillé une goutte. C'est le cas d'Old Fitzgerald, et l'écart entre la légende commerciale et ce que les archives établissent fait partie de l'intérêt de cette maison. Le reste tient en trois éléments : une céréale secondaire inhabituelle, une longue collection de flacons, et un propriétaire qui a repris le nom à la fin du siècle dernier. Cette page réunit ces bouteilles.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eOld Fitzgerald Whisky, une marque de bourbon et son homonyme\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe Old Fitzgerald Whisky n'est pas une distillerie mais une marque, et une marque ancienne. Elle a changé de site de production plusieurs fois sans changer d'identité, ce qui est courant dans le bourbon et déroute souvent les amateurs venus du malt écossais. Avant de parler de recette, il faut donc démêler qui a créé ce nom, et d'où vient le personnage qu'il désigne.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne marque déposée en 1884, sur le marché en 1889\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa chronologie publiée par le propriétaire actuel fait apparaître le nom de John E. Fitzgerald autour de 1870, sur des whiskeys destinés aux paquebots, aux compagnies ferroviaires et aux clubs privés du Sud des États-Unis. La marque est enregistrée en 1884, et le produit arrive sur le marché en 1889. Ces trois dates sont celles que la maison assume aujourd'hui, et elles constituent le socle de ce que l'on peut écrire sans extrapoler sur la période. Tout ce qui vient avant relève du récit de marque, et tout ce qui vient après se documente autrement, par les actes de vente et les registres de distillerie.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eJohn E. Fitzgerald, ce que les archives disent de l'homme\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe récit populaire présente Fitzgerald comme un distillateur, ou parfois comme un gardien de chai. Les travaux d'archives des historiens du bourbon disent autre chose : il était agent du Trésor, seule fonction qui donnait alors accès aux clés d'un entrepôt sous contrôle fédéral, et réputé pour son jugement sur le whiskey autant que pour son goût du prélèvement. \u003cstrong\u003eIl n'a pas fondé de distillerie et n'a pas déposé cette marque\u003c\/strong\u003e, contrairement à ce qu'affirment beaucoup de fiches produit.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCharles Herbst et la distillerie Old Judge, près de Frankfort\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe nom a été créé par Charles Herbst, négociant en vins et spiritueux installé à Milwaukee, propriétaire d'une distillerie du Kentucky que la région appelait Old Judge, sur Benson Creek près de Frankfort. Dans le métier, on qualifiait de Fitzgerald un fût particulièrement réussi, en hommage au palais de l'agent : baptiser une marque de ce mot relevait donc de la plaisanterie d'initiés. La distillerie d'origine, elle, a fermé définitivement pendant la Prohibition. Nous écrivons donc les deux versions côte à côte, celle que la maison publie et celle que les archives établissent, plutôt que de choisir la plus commode.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLe blé d'Old Fitzgerald, ce que change une céréale secondaire\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe cadre fédéral impose au bourbon un moût d'au moins 51 % de maïs et un élevage en fûts de chêne neufs et carbonisés, mais il laisse le producteur libre du reste de sa recette. C'est dans ce reste que se joue l'identité d'Old Fitzgerald, et notre page consacrée au bourbon détaille le cadre commun. Le choix qui a fait la réputation de la marque tient à une seule céréale.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eStitzel-Weller à partir de 1935, la maison qui fixe la recette\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eW. L. Weller et A. Ph. Stitzel fusionnent en 1933 pour former Stitzel-Weller, et la distillerie commence à produire Old Fitzgerald en 1935. C'est là, sous la conduite de Julian P. Van Winkle, entré chez Weller dès 1893, que la recette prend sa forme durable. Stitzel-Weller a produit la marque pendant des décennies, jusqu'à la fermeture du site en 1992, et les bouteilles de cette période sont aujourd'hui recherchées par les collectionneurs américains.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe blé à la place du seigle dans un mash de bourbon\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa plupart des bourbons complètent leur maïs par du seigle et de l'orge maltée. Old Fitzgerald substitue le blé au seigle. Ce n'est pas une catégorie réglementaire : la loi américaine ne connaît pas le bourbon de blé, elle connaît le bourbon, et le blé n'est qu'un choix de recette parmi les céréales autorisées. La différence n'en est pas moins nette, le seigle apportant des notes poivrées et anisées que le blé n'apporte pas. Peu de maisons américaines ont fait ce choix, et celles qui l'ont fait s'en servent comme d'une signature reconnaissable entre toutes.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que ce choix de céréale se garde bien de promettre\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eOn prête au blé un profil plus rond et moins épicé, et la maison a fait de cette idée un argument ancien. Il faut la prendre pour ce qu'elle est : une tendance, pas une garantie. Un bourbon de blé embouteillé à cinquante degrés après six ans de chai chaud n'a rien de tendre, et un bourbon de seigle très âgé peut se montrer plus souple que lui. \u003cstrong\u003eLa céréale secondaire oriente le caractère, elle ne le décide pas seule\u003c\/strong\u003e : l'âge, le degré et le chai pèsent tout autant.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLes décanteurs Old Fitzgerald, du losange de 1951 aux séries actuelles\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003ePeu de marques de bourbon ont autant lié leur nom à leur contenant. Les flacons d'Old Fitzgerald constituent une collection à part entière, avec ses séries, ses raretés et son marché. C'est une dimension à connaître avant d'acheter, parce qu'elle explique une partie de ce que l'on voit passer sous ce nom.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe flacon en losange de 1951 et ce qu'il inaugure\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eEn 1951, la marque adopte un décanteur de verre en forme de losange. Le geste paraît anodin, il ne l'est pas : il inaugure une pratique que la maison va décliner pendant des décennies, celle du flacon décoratif édité en série limitée. Le whiskey devient un objet à conserver autant qu'à ouvrir, et le contenant se met à porter une part de la valeur, ce qui était alors nouveau sur ce marché. Le losange se prête bien à l'exercice : il tient debout, il se reconnaît de loin sur une étagère, et il se décline sans perdre son identité.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eUne longue suite de flacons décoratifs et leurs collectionneurs\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eSuivront des dizaines de décanteurs aux formes et aux thèmes variés, animaux, arbres, saisons, motifs commémoratifs, produits tout au long des décennies suivantes. Ces flacons circulent aujourd'hui sur un marché de collection où l'état du contenant compte autant que le contenu, et où le niveau du liquide, la capsule et l'étiquette se regardent de près. Une bouteille de cette famille s'achète pour deux raisons à la fois, et il vaut mieux savoir laquelle prime.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa série Bottled in Bond lancée en 2018\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe propriétaire actuel a relancé la tradition en 2018 avec une série de décanteurs répondant au cadre américain du bottled in bond : un seul distillateur, une seule saison de distillation, quatre ans au minimum dans un entrepôt sous contrôle fédéral, et un embouteillage à exactement cent degrés proof, soit 50 %. La série paraît au rythme de deux éditions par an, chacune avec sa propre mention d'âge. Le degré étant fixé par le cadre, l'âge devient la seule variable qui distingue une édition de la précédente, ce qui rend la série lisible d'un coup d'œil.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eOld Fitzgerald chez Heaven Hill depuis 1999\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eUne marque de bourbon survit à ses distilleries, et celle-ci en a changé plusieurs fois. Le dernier changement de main est récent, daté au jour près, et il détermine où le liquide est produit aujourd'hui. C'est l'information la plus utile pour lire une étiquette contemporaine.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe rachat de la distillerie Bernheim en avril 1999\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe 28 avril 1999, Heaven Hill rachète à Diageo la distillerie Bernheim, à Louisville, et les marques qui l'accompagnent, dont Old Fitzgerald. L'opération fait suite à l'incendie qui avait privé Heaven Hill de son propre outil de production quelques années plus tôt. Une distillerie et un portefeuille de marques changent ainsi de main en un seul acte, ce qui est la règle plutôt que l'exception dans l'histoire du bourbon américain.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eOù le bourbon Old Fitzgerald est distillé aujourd'hui\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eOld Fitzgerald est aujourd'hui distillé à la Bernheim Distillery, à Louisville. La marque n'a donc aucun outil de production en propre : elle est une recette et une identité portées par un producteur, ce qui n'enlève rien à sa continuité mais change la façon de la présenter. Parler de la distillerie Old Fitzgerald serait inexact, et parler de la maison Heaven Hill reviendrait à désigner le propriétaire plutôt que la marque.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLire un âge et un degré sur une étiquette Old Fitzgerald\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eDeux mentions font l'essentiel du travail. L'âge, quand il figure, indique le temps passé en fût neuf carbonisé, et la mention straight en garantit au moins deux. Le degré, exprimé en proof sur les étiquettes américaines, se lit en divisant par deux pour obtenir le pourcentage : cent proof valent cinquante degrés. Sur une série bonded, ce degré est fixe par construction, et c'est l'âge qui distingue les éditions entre elles.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes\u003c\/h2\u003e\u003ch3\u003eOld Fitzgerald est-il un bourbon de blé ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa recette remplace le seigle par du blé comme céréale secondaire, à côté du maïs majoritaire et de l'orge maltée. La réglementation américaine ne connaît pas de catégorie bourbon de blé : c'est un choix de recette, pas une mention légale.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQue signifie bottled in bond sur une bouteille Old Fitzgerald ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCette mention américaine impose un seul distillateur, une seule saison de distillation, quatre ans au minimum en entrepôt sous contrôle fédéral, et un embouteillage à cent degrés proof, soit 50 %. C'est un cadre vérifiable, pas un argument de goût.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQui produit le whisky Old Fitzgerald aujourd'hui ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa marque appartient à Heaven Hill depuis avril 1999, et le bourbon est distillé à la Bernheim Distillery de Louisville, dans le Kentucky. Old Fitzgerald n'est pas une distillerie mais une marque.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eComment choisir sa bouteille d'Old Fitzgerald Whisky chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eRegardez d'abord si vous cherchez un flacon de collection ou une bouteille à ouvrir, les deux cohabitent sous ce nom. Puis comparez l'âge et le degré, seules mentions qui distinguent réellement deux éditions. Une bouteille de collection se juge aussi sur l'état de son flacon et de son étiquette. Écrivez-nous, nous faisons le tri avec vous.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-old-fitzgerald.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}