{"title":"Whisky Tullamore D.E.W.","description":"\u003cp\u003eUne ville des Midlands irlandais, les initiales d'un homme mort en 1921, une distillerie fermée pendant soixante ans et une autre rouverte à quelques rues de la première : le whisky Tullamore a une géographie que peu de marques irlandaises peuvent raconter. Cette page réunit nos flacons de la maison et donne les clés pour lire une étiquette où se croisent trois types de whiskey irlandais.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eWhisky Tullamore, les initiales d'un homme sur une marque irlandaise\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLe nom complet de la marque tient en deux morceaux : celui d'une ville du comté d'Offaly, et trois lettres qui sont les initiales d'une personne réelle. Rien n'y relève de la trouvaille marketing. Reconstituer l'ordre dans lequel ces deux moitiés se sont assemblées éclaire ce que l'étiquette raconte aujourd'hui, et évite de prendre un sigle pour une abréviation technique.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eMichael Molloy et la distillerie ouverte en 1829\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa distillerie d'origine est fondée à Tullamore en \u003cstrong\u003e1829 par Michael Molloy\u003c\/strong\u003e, dans un comté d'Offaly alors bien pourvu en tourbières, en orge et en canaux. L'emplacement n'est pas anodin : le Grand Canal reliait la ville à Dublin et permettait d'expédier les fûts sans passer par la route. Une distillerie irlandaise du dix-neuvième siècle se lisait d'abord sur une carte de voies d'eau.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eDaniel Edmund Williams, d'employé à propriétaire\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003e\u003cstrong\u003eDaniel Edmund Williams\u003c\/strong\u003e, né en 1848 et mort en 1921, entre à la distillerie comme employé et en devient le directeur général, puis le propriétaire. Son influence dépasse le seul atelier : il apporte l'électricité à Tullamore en 1893 et y fait installer la première ligne téléphonique. Ce sont ses initiales que la famille ajoute au nom du whiskey après sa mort, en manière d'hommage.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que les trois lettres D.E.W. annoncent sur l'étiquette\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUn acheteur francophone lit volontiers ces trois lettres comme le mot anglais désignant la rosée, et la marque a longtemps joué de cette coïncidence. Sur le fond, elles ne disent rien du liquide : ni un procédé, ni une catégorie, ni une durée. Elles nomment un homme. Ce qui engage réellement la bouteille se lit ailleurs sur l'étiquette, dans la mention de catégorie et dans l'âge éventuellement annoncé.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eSoixante ans hors de la ville, puis le retour du whisky Tullamore\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eUne marque peut survivre à la disparition de son outil de production, et celle-ci en donne un cas d'école. Entre l'arrêt de la distillerie d'origine et l'ouverture d'un site neuf dans la même ville, le whiskey a continué d'être vendu sans interruption, tout en étant fabriqué à plus de deux cents kilomètres de là. Cette parenthèse dure environ soixante ans, assez longtemps pour qu'une génération entière d'acheteurs ait connu la marque sans jamais pouvoir la relier à un atelier visitable.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eL'arrêt de 1954 et la survie de la marque\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa distillerie d'origine cesse de produire en \u003cstrong\u003e1954\u003c\/strong\u003e. Le whiskey irlandais traverse alors une longue contraction, et la ville perd son atelier. La marque, elle, n'est pas liquidée : elle change de mains et poursuit sa carrière commerciale. C'est une distinction qui compte pour lire une étiquette ancienne, car le nom sur le flacon cesse à ce moment de désigner un lieu de fabrication. Il devient une marque au sens strict, adossée à des stocks vieillissants puis à un contrat de production passé avec un tiers.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eMidleton, dans le comté de Cork, comme lieu de production\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa marque passe dans les années 1960 chez John Powers \u0026amp; Son, puis la production est transférée dans les années 1970 à \u003cstrong\u003eMidleton, dans le comté de Cork\u003c\/strong\u003e, à la suite du regroupement des grands distillateurs irlandais. En 1994, Irish Distillers cède la marque au groupe C\u0026amp;C. Nous consacrons une page distincte au site de Midleton, qui a fabriqué pendant des décennies un whiskey vendu sous le nom d'une autre ville.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLa distillerie ouverte en 2014 entre Ballard et Clonminch\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eWilliam Grant \u0026amp; Sons rachète la marque en 2010, puis ouvre en 2014 une distillerie neuve à Tullamore même, entre les townlands de Ballard et de Clonminch. Le premier chantier porte sur la distillation de pot still et de malt. Un second investissement, en 2017, ajoute une distillerie de grain et une ligne d'embouteillage : les trois composants de l'assemblage sont dès lors fabriqués sur une seule adresse.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLe triple assemblage, signature du whisky Tullamore\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eLa maison revendique un assemblage des trois types de whiskey irlandais, ce qui la distingue de la plupart des blends de l'île, généralement construits sur deux composants. Comprendre ce que chacun apporte suppose de savoir ce que le cahier des charges irlandais reconnaît, sujet que notre page consacrée au whiskey irlandais traite en détail.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003ePot still, malt et grain réunis dans une même bouteille\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eUn whiskey de grain sort d'un alambic à colonne et repose sur des céréales autres que l'orge maltée. Un whiskey de malt naît d'orge maltée en alambic à repasse. Le single pot still, lui, tient une place à part. Réunir les trois dans une seule bouteille donne un assemblage à trois voix, là où un blend classique en compte deux, et c'est ce que la maison met en avant. Aucun de ces composants ne vaut mieux qu'un autre : ils répondent à des attentes différentes, et leur intérêt tient précisément à ce qu'ils ne se ressemblent pas.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eCe que le single pot still doit à l'orge non maltée\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe \u003cstrong\u003esingle pot still\u003c\/strong\u003e est la catégorie propre à l'Irlande, reconnue par le fichier technique de l'indication géographique déposé en 2014. Elle se distille à partir d'un mélange d'orge maltée et d'orge non maltée, dans une même distillerie. Cette part de grain cru donne une matière dense et poivrée que ni un malt ni un grain ne fournissent, et c'est elle qui donne au troisième composant sa raison d'être.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eTrois passages en alambic, un usage et non une obligation\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLa maison annonce une triple distillation, et l'usage est effectivement très répandu en Irlande. Il ne s'agit pourtant pas d'une obligation légale : le cahier des charges de l'indication géographique n'impose aucun nombre de passages. D'autres producteurs de l'île distillent deux fois, y compris sur des whiskeys fumés. Lire cette mention comme une exigence réglementaire serait donc une erreur, même quand elle figure sur presque toute une gamme.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eLire une bouteille de whisky Tullamore\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eTrois références portent une mention d'âge ou de fût suffisamment précise pour se lire ligne à ligne. Une remarque vaut pour toutes : l'âge annoncé sur une bouteille irlandaise désigne le composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne, et la maturation légale se compte en fûts de bois de sept cents litres au maximum, sur l'île d'Irlande, condition posée par le fichier technique de l'indication géographique.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe 12 ans Special Reserve, bourbon et xérès\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe douze ans Special Reserve reprend l'assemblage à trois composants et l'élève en fûts ayant contenu du bourbon et en fûts de xérès. Ces deux bois tirent dans des directions différentes : le premier apporte de la vanille et du bois clair, le second des fruits secs et une texture plus épaisse. Un âge de douze ans sur un assemblage irlandais engage donc les trois composants à la fois.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe 14 ans single malt et sa rotation de quatre bois\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLe quatorze ans est un single malt, donc issu d'une seule distillerie et de la seule orge maltée. Il passe l'essentiel de son élevage en fûts ayant contenu du bourbon, puis termine par une rotation entre quatre bois : bourbon, oloroso, porto et madère. Il sort à 41,3 %. Point d'arithmétique utile : un quatorze ans mis en bouteille aujourd'hui a été distillé avant l'ouverture du site de 2014.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eLe XO Caribbean Rum Cask Finish et le fût de Demerara\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCette bouteille ne porte pas de mention d'âge et repose sur une finition : l'assemblage termine son élevage dans des fûts de premier remplissage ayant contenu du rhum Demerara, embouteillé à 43 %. Une finition ne rallonge pas le vieillissement, elle superpose une couche. Le rhum de Guyane laisse un registre de fruits mûrs et de sucre cuit, très différent de ce qu'un fût de xérès dépose sur le même liquide.\u003c\/p\u003e\u003ch2\u003eQuestions fréquentes sur le whisky Tullamore\u003c\/h2\u003e\u003cp\u003eQuatre questions reviennent régulièrement sur cette maison irlandaise : la signification des initiales, le lieu de fabrication actuel, la nature exacte des bouteilles de la gamme et le flacon par lequel commencer. Nous répondons avec ce que les sources publiques établissent, sans combler par une hypothèse ce que la maison ne publie pas.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQue veulent dire les initiales D.E.W. ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eCe sont celles de Daniel Edmund Williams, employé puis directeur général et propriétaire de la distillerie d'origine, né en 1848 et mort en 1921. Sa famille les a ajoutées au nom du whiskey après sa mort. La ressemblance avec le mot anglais qui désigne la rosée est une coïncidence heureuse, largement exploitée depuis, mais les lettres renvoient bien à une personne.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eOù est distillé le whisky Tullamore aujourd'hui ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eÀ Tullamore, dans le comté d'Offaly, sur un site ouvert en 2014 entre les townlands de Ballard et de Clonminch. Depuis l'ajout d'une distillerie de grain en 2017, les trois composants de l'assemblage y sont produits, et l'embouteillage s'y fait également. Les stocks plus âgés que le site lui-même viennent nécessairement d'ailleurs, ce que l'arithmétique des mentions d'âge suffit à établir.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eTullamore D.E.W. est-il un assemblage ou un single malt ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003eLes deux existent dans la gamme, et la mention légale tranche au cas par cas. L'Original, le douze ans Special Reserve et le XO sont des \u003cstrong\u003eblended Irish whiskey\u003c\/strong\u003e, assemblages des trois types de whiskey irlandais. Le quatorze ans et le dix-huit ans sont des single malts, issus d'une seule distillerie et de la seule orge maltée. Aucun des deux registres ne se juge à l'aune de l'autre.\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eQuel whisky Tullamore choisir chez Trinquay ?\u003c\/h3\u003e\u003cp\u003ePour comprendre l'assemblage à trois composants qui fait la marque, le douze ans Special Reserve le donne à lire avec une mention d'âge. Pour un travail de fût plus démonstratif, le XO et sa finition en fût de rhum Demerara conviennent mieux. Pour le seul malt de la maison, le quatorze ans et sa rotation de quatre bois. Notre équipe répond à vos questions par message avant l'achat.\u003c\/p\u003e","products":[],"url":"https:\/\/trinquay.fr\/collections\/whisky-tullamore-d-e-w.oembed","provider":"Trinquay","version":"1.0","type":"link"}