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  • Cornish pasty britannique au bœuf et légumes racines Recette Cornish Pasty Mobile
  • Cornish pasty britannique au bœuf et légumes racines

    Matys Hoffman


    Cornish pasty britannique au bœuf et légumes racines

    Le cornish pasty est l'un des emblèmes culinaires les plus identifiables de la cuisine britannique populaire. Né au dix-huitième siècle dans les mines d'étain de Cornouailles, ce chausson de pâte brisée garni de bœuf, de pommes de terre, de navets et d'oignons était à l'origine le repas portable du mineur : la croûte, robuste et bien fermée par une cordelette torsadée, permettait de tenir le contenu chaud plusieurs heures et de le manger d'une main, sans couverts, en gardant les doigts à distance des aliments noircis par la poussière du fond. Tradition encore si vivante qu'en 2011, l'Union européenne a accordé au cornish pasty le statut d'Indication géographique protégée : seuls les chaussons fabriqués en Cornouailles selon la recette traditionnelle peuvent porter le nom.

    Le secret de la réussite tient dans deux gestes précis. D'abord la découpe au couteau de la viande et des légumes en petits dés – jamais hachés au mixeur, jamais émincés finement : la texture rustique en bouchées identifiables est le signe distinctif du vrai pasty. Ensuite la pâte brisée riche au saindoux et au beurre, plus rustique qu'une pâte feuilletée, qui doit tenir à la cuisson sans détremper. La cuisson, longue et progressive, permet à la viande crue de cuire doucement dans son propre jus à l'intérieur de la croûte, formant une sauce naturelle goûteuse. Pour cette association anglaise, nous proposons un accord original avec un rouge de Loire, terroir voisin spirituellement : parcourez nos recettes et accords mets-vins pour d'autres alliances cuisine du monde.

    Ingrédients pour 6 pasties

    La pâte brisée riche

    • 500 g de farine T55
    • 125 g de beurre froid en cubes
    • 125 g de saindoux ou suet (graisse de rognon de bœuf, à défaut beurre)
    • 2 cuillères à café de sel fin
    • 15 cl d'eau glacée
    • 1 œuf battu pour la dorure

    La garniture traditionnelle

    • 500 g de bœuf (gîte, paleron ou rumsteak), coupé au couteau en dés de 7 mm
    • 400 g de pommes de terre fermes (charlotte ou agata), pelées et coupées en dés de 7 mm
    • 200 g de navets ou rutabagas, pelés et coupés en dés de 7 mm
    • 200 g d'oignons jaunes hachés finement
    • 2 cuillères à soupe de persil plat ciselé
    • 1 cuillère à café de thym frais effeuillé
    • 2 cuillères à soupe de beurre fondu
    • Sel fin (généreusement), poivre noir du moulin (généreusement aussi)

    Préparation

    Confectionner la pâte brisée

    Versez la farine et le sel dans un grand cul-de-poule. Ajoutez le beurre et le saindoux très froids en cubes. Du bout des doigts, sablez le mélange : frottez la matière grasse dans la farine jusqu'à obtenir une texture de chapelure grossière, sans laisser fondre le beurre. Cette étape se fait en cinq minutes maximum : au-delà, la chaleur des mains attendrirait trop le gras.

    Ajoutez l'eau glacée d'un seul jet. Mélangez à la main, à peine, sans pétrir, juste jusqu'à ce que la pâte commence à se rassembler. Versez sur un plan de travail, formez une boule grossière, aplatissez en disque, filmez et réfrigérez deux heures minimum. Cette pâte rustique demande absolument un long repos pour se détendre et durcir.

    Préparer la garniture

    Coupez la viande au couteau en dés réguliers de sept millimètres. Bannissez le mixeur et la viande hachée du commerce : la texture en bouchées identifiables est l'âme du pasty. Coupez les pommes de terre, les navets et l'oignon de la même taille pour une cuisson homogène.

    Mélangez tous les éléments dans un grand saladier avec le persil, le thym, le beurre fondu, deux cuillères à café de sel et une cuillère à café de poivre. Salez et poivrez généreusement : la pâte absorbe une partie de l'assaisonnement à la cuisson, et un pasty fade est un pasty raté. Mélangez sans excès pour ne pas faire rendre l'eau aux légumes.

    Façonner les pasties

    Préchauffez le four à cent quatre-vingt-cinq degr��s en chaleur tournante. Sortez la pâte du frais, divisez-la en six pâtons égaux d'environ cent quarante grammes. Sur un plan fariné, abaissez chaque pâton en disque de vingt à vingt-deux centimètres de diamètre, environ trois millimètres d'épaisseur.

    Déposez chaque disque sur une feuille de papier sulfurisé. Au centre, disposez environ cent cinquante grammes de garniture en boudin légèrement ovale, en laissant deux centimètres de bordure tout autour. Badigeonnez les bords à l'œuf battu pour aider la soudure.

    La cordelette torsadée signature

    Soulevez les deux côtés de la pâte et rabattez-les pour les rejoindre au-dessus de la garniture, en formant une demi-lune debout. Pincez fermement le bord pour souder. La cordelette torsadée traditionnelle (crimp), signature visuelle du pasty cornouaillais, se forme ainsi : prenez l'extrémité d'un côté, rabattez-la vers l'intérieur en pinçant et tournant légèrement, créant une boucle ; refaites-le avec la portion suivante en chevauchant la précédente, et continuez tout le long du bord. Le résultat ressemble à une corde torsadée massive sur le sommet du pasty.

    Si la technique vous échappe, optez pour un crimp plus simple à la fourchette : pincez le bord à la main, puis appuyez avec les dents d'une fourchette tout du long pour marquer un motif strié et garantir l'étanchéité.

    Dorer et cuire

    Disposez les pasties sur deux plaques recouvertes de papier sulfurisé. Pratiquez une petite incision en croix au sommet de chaque pasty pour évacuer la vapeur. Badigeonnez généreusement à l'œuf battu pour la coloration.

    Enfournez et cuisez quarante-cinq à cinquante minutes. Les pasties sont prêts quand la croûte est dorée acajou foncé, ferme au toucher, et qu'à la pointe d'un couteau plantée par l'incision, la viande et les légumes opposent une résistance moelleuse. Si la coloration arrive trop vite, baissez à cent soixante-dix degrés en cours de cuisson.

    Reposer et servir

    Sortez les pasties du four et laissez-les reposer dix minutes sur une grille avant de servir. Ce repos est crucial : la chaleur intérieure se redistribue, les jus se figent, et la croûte affermit. Dégustez tels quels, à la main, accompagnés d'une salade verte au vinaigre balsamique pour la fraîcheur, ou plus traditionnellement avec un bol de pickles et une bonne moutarde anglaise.

    Accord mets et vin

    L'accord d'un pasty avec un vin demande de la précision : la viande, la pâte beurrée, les légumes terreux et l'assaisonnement poivré construisent un plat rustique mais subtil. Notre choix audacieux se porte sur la Cuvée Magloire 2018 du Domaine des Huards, un AOC Cour-Cheverny en 100% Romorantin biologique, ce cépage ligérien rare planté à la Renaissance par François 1er. Mature à sept ans de garde, ce vin blanc complexe et minéral déploie une palette de coing confit, miel d'acacia et pierre à fusil, soutenue par une fraîcheur saline persistante. Servi à dix à douze degrés dans un verre à vin blanc ample, il accompagne le pasty avec une élégance inattendue : la tension minérale tranche dans le gras du saindoux et de la pâte beurrée, la matière dense du Romorantin mature tient face au bœuf et aux légumes racines, et ses notes évoluées dialoguent avec la rusticité de la viande braisée. Le Domaine des Huards est l'une des références biologiques de la Loire centrale, en culture organique depuis 1998. Pour explorer plus largement la richesse ligérienne, parcourez notre sélection vins de Loire.

    Conseils du chef et variations

    • Sans saindoux : pure pâte au beurre, mais le résultat est moins authentique. Le saindoux apporte un croustillant inimitable.
    • Variante d'agneau : épaule d'agneau en dés, romarin frais, et pommes de terre. Très bon en hiver.
    • Variante végétarienne (Cornish cheese pasty) : cheddar mature en dés, poireaux, pommes de terre, oignon. Cuisson plus courte (35 minutes).
    • Pour un buffet : faites des mini-pasties à six centimètres de diamètre, garniture proportionnelle, cuisson trente minutes. Comptez deux par convive.
    • Préparation à l'avance : les pasties non cuits se congèlent parfaitement : cuisson directe au four sans décongélation, plus longue de dix minutes.
    • Restes : les pasties cuits se réchauffent au four à cent soixante degrés pendant vingt minutes, jamais au micro-ondes qui détrempe la pâte.

    Le mot du sommelier

    La cuisine britannique populaire et le vin entretiennent une relation timide en France : on connaît mal ses accords, on les imagine difficiles. En réalité, ces plats robustes peuvent rencontrer des partenaires inattendus du côté des blancs de garde. Les Cour-Cheverny mûrs (100% Romorantin, cépage rare ligérien) ou les Chenin secs d'Anjou et de Saumur offrent une combinaison rare de matière dense, de minéralité tranchante et de complexité aromatique évoluée qui répond à la rusticité du pasty. L'accord plus classique reste avec un rouge moyennement corsé : pinots noirs de Loire (Sancerre rouge, Reuilly), gamays beaujolais de cru (Morgon, Fleurie), cabernets francs de Saumur ou Bourgueil. Évitez les rouges trop tanniques (Bordeaux jeunes, Madiran) qui durciraient le contact avec la pâte et la viande. Servez votre blanc mature à dix à douze degrés, vos rouges légers à quinze degrés.

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