Épaule d'agneau confite aux herbes de garrigue
Matys Hoffman
Matys Hoffman
L'épaule d'agneau confite aux herbes de garrigue est un grand classique de la cuisine provençale, où la viande mijote longuement jusqu'à devenir tendre. C'est un plat de fête, généreux et parfumé, qui sent bon le Sud et la chaleur du four.
Servie autour d'un plat de service partagé, cette épaule rassemble les convives. Les herbes de Provence, l'ail et l'huile d'olive l'enveloppent d'arômes méditerranéens irrésistibles. C'est une recette savoureuse qui se cuisine sans précipitation, dans la tradition des grandes tablées du Sud.
L'agneau élevé en Provence pâture parmi les herbes de garrigue, ce qui parfume naturellement sa viande. Thym, romarin et aromates sauvages se retrouvent jusque dans la chair, fondante et savoureuse.
Cette viande d'agneau de saison, traditionnellement à l'honneur à Pâques, se prête à merveille à la cuisson confite. L'épaule, plus persillée que le gigot d'agneau, reste moelleuse même après un long temps de cuisson. Là où un gigot demande une cuisson rosée, l'épaule s'épanouit dans la lenteur du four chaud.
Les herbes de garrigue (thym, romarin, branches de thym fraîches, un bouquet garni) subliment l'agneau rôti. Leur parfum résineux répond à la richesse de la viande sans jamais la masquer.
Quelques gousses d'ail en chemise, un filet d'huile d'olive et une tête d'ail entière suffisent à transformer ce plat en un régal provençal. C'est la simplicité des bons produits qui fait toute la différence.
Le secret d'un agneau confit réside dans une cuisson à feu doux et lente. La viande cuit longuement, arrosée de son jus de cuisson, jusqu'à devenir si fondante qu'elle se détache à la cuillère.
On commence par bien colorer et dorer l'épaule, puis on la laisse cuire à couvert, parfois sous papier aluminium. On arrose régulièrement la viande de son bouillon pour qu'elle ne se dessèche pas. Cette patience garantit une viande tendre, moelleuse et délicieuse à cœur, à la tendreté incomparable.
Place à la pratique. Voici les ingrédients et les étapes pour réussir cette épaule d'agneau confite, fondante et parfumée, à partager entre convives.
Pour 6 personnes, rassemblez des produits simples et de qualité avant de préchauffer le four.
Commencez par préparer la marinade. Émincez l'ail, hachez le persil et mélangez le tout avec l'huile d'olive, le thym et le romarin.
Laissez reposer l'agneau au moins une heure pour que les aromates pénètrent la viande. Pendant ce temps, épluchez et coupez les carottes et les pommes de terre, puis émincez le second oignon. Réservez ces légumes de saison au frais le temps de la marinade.
Préchauffez le four à 150 °C en chaleur tournante. Dans une cocotte allant au four, faites chauffer un filet d'huile d'olive et faites dorer l'épaule sur toutes ses faces à feu moyen.
En fin de cuisson, retirez le couvercle quelques minutes pour faire colorer la surface. La viande confite doit alors se défaire sans effort. Laissez reposer 10 minutes avant de découper.
Voici venu le moment de dresser et de déguster. Un agneau confit aussi savoureux mérite une garniture provençale et un grand vin rouge pour l'accompagner.
Déposez l'épaule sur un plat de service chaud et découpez-la en morceaux généreux. Disposez autour les pommes de terre, les carottes confites et quelques olives, puis nappez de jus de cuisson.
Une pincée de fleur de sel et un tour de poivre du moulin réveillent les saveurs. Parsemez de persil et de coriandre hachés pour la fraîcheur et la couleur.
Sur cet agneau confit aux herbes de garrigue, c'est un Bandol rouge qui s'impose : le Domaine du Gros Noré, dans ses millésimes 2013, 2015 et 2020. Dominé par le Mourvèdre, ce vin de Provence partage avec le plat le même langage de garrigue, de thym et de cuir.
Ses tanins fermes et structurés, assouplis par l'âge, embrassent la richesse de la viande d'agneau sans l'écraser. Les notes de fruits noirs mûrs, d'épices et de réglisse font écho aux aromates du plat, tandis que sa fraîcheur méditerranéenne nettoie le palais entre deux bouchées fondantes.
La finale longue et épicée de ce rouge taillé pour la garde prolonge le régal, bouchée après bouchée. Un accord de terroir évident, où le vin et le plat parlent la même langue provençale.
Servez ce Bandol rouge autour de 16-17 °C, dans de grands verres, après une légère aération en carafe. La robe grenat sombre aux reflets tuilés annonce un vin mûr, profond et brillant.
Au nez comme en bouche, le Mourvèdre déploie sa garrigue, ses fruits noirs et son cuir, en parfaite harmonie avec l'agneau rôti. Régalez vos convives de ce duo généreux, et savourez la tendreté d'une viande confite sublimée par un grand vin de Provence.
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