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  • Épaule de sanglier confite sept heures au thym Épaule de sanglier confite mobile
  • Épaule de sanglier confite sept heures au thym

    Matys Hoffman


    Épaule de sanglier confite sept heures au thym

    L'épaule de sanglier confite sept heures au thym est l'une des plus belles expressions de la cuisine de gibier français, transposition de la fameuse technique du confit sept heures (initialement inventée pour l'agneau) à la viande noble du sanglier. Plus puissante en goût que l'agneau, plus typée, plus rustique, l'épaule de sanglier supporte admirablement les longues cuissons à basse température qui transforment ses fibres dures en une chair fondante presque crémeuse, baignée d'une sauce concentrée aux notes de garrigue et de fruits noirs. Le résultat est un plat de chasse magistral, idéal pour les grandes tablées familiales d'automne et d'hiver.

    La maîtrise du sanglier demande de respecter quatre étapes spécifiques. La marinade longue – minimum 24 heures, idéalement 48 – qui assouplit les fibres et tempère la puissance gustative parfois trop sauvage du gibier ; le vin rouge corsé, les baies de genièvre et le zeste d'orange sont les compagnons traditionnels. La saisie patiente sur toutes les faces qui apporte la coloration acajou indispensable. La cuisson basse à cent vingt degrés pendant sept heures, qui transforme le collagène. Enfin, la liaison de la sauce au chocolat noir et à la gelée de cassis, signature du gibier qui équilibre la sauce sans la masquer. Pour l'accord vin, parcourez notre sélection Châteauneuf-du-Pape AOC.

    Ingrédients pour 8 personnes

    La marinade (la veille ou 48h avant)

    • 1 belle épaule de sanglier de 2,5 kg avec os
    • 1 bouteille (75 cl) de vin rouge corsé (Côtes du Rhône Villages, Cahors, Madiran)
    • 10 cl de cognac ou marc de Bourgogne
    • 5 cuillères à soupe d'huile d'olive vierge extra
    • 3 carottes en rondelles
    • 3 oignons jaunes en quartiers
    • 1 branche de céleri en tronçons
    • 10 gousses d'ail écrasées en chemise
    • 1 zeste d'orange en bandes larges
    • 1 grand bouquet de garrigue : 5 brins de thym, 3 de romarin, 2 de sarriette, 4 feuilles de laurier
    • 20 baies de genièvre concassées, 12 grains de poivre noir, 4 clous de girofle

    La cuisson

    • 3 oignons en gros quartiers
    • 3 carottes en gros tronçons
    • 2 branches de céleri en tronçons
    • 1 tête d'ail entière coupée en deux
    • 20 cl de fond brun de gibier (à défaut, fond brun de veau corsé)
    • 2 cuillères à soupe de concentré de tomate
    • 2 cuillères à soupe de gelée de cassis ou de groseille
    • 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
    • 50 g de beurre demi-sel
    • Sel fin, poivre du moulin

    La sauce de finition

    • 30 cl de jus de cuisson filtré et dégraissé
    • 10 cl de Banyuls grand cru
    • 2 cuillères à soupe de gelée de cassis
    • 40 g de chocolat noir 70%
    • 40 g de beurre froid en parcelles
    • 1 cuillère à café de jus de citron

    Préparation

    Mariner le sanglier (la veille ou 48 h avant)

    Disposez l'épaule dans une grande terrine ou un grand récipient en grès. Recouvrez avec carottes, oignons, céleri, ail, zeste d'orange, baies de genièvre, poivre, clous de girofle et le bouquet de garrigue. Versez le vin rouge, le cognac et l'huile d'olive. Mélangez délicatement, couvrez d'un film alimentaire au contact, et laissez mariner vingt-quatre heures, idéalement quarante-huit au réfrigérateur. Retournez l'épaule deux fois par jour.

    Préparer la cuisson

    Le jour J, sortez l'épaule deux heures avant pour la tempérer. Égouttez-la, séchez méticuleusement. Récupérez le vin de marinade et la garniture séparément. Préchauffez le four à cent vingt degrés en chaleur tournante.

    Saisir l'épaule

    Faites chauffer le beurre et l'huile d'olive dans une grande cocotte en fonte qui passe au four (ou un grand plat à four). Saisissez l'épaule sur toutes les faces, environ cinq minutes par face, jusqu'à obtenir une coloration acajou foncé. Cette saisie est essentielle : c'est elle qui apporte la couleur et la première couche de saveur. Réservez l'épaule.

    Bâtir le fond

    Dans la même cocotte, ajoutez les nouveaux oignons, carottes, céleri et la tête d'ail. Faites suer dix minutes à feu doux. Ajoutez le concentré de tomate, faites torréfier deux minutes. Versez le vin de marinade filtré, déglacez en grattant les sucs, faites réduire de moitié à feu vif, environ huit minutes.

    Ajoutez le fond brun de gibier, la gelée de cassis et un nouveau bouquet de garrigue frais. Mélangez et portez à frémissement.

    Cuire sept heures

    Replongez l'épaule dans la cocotte au-dessus du fond aromatique. Le liquide doit arriver aux trois quarts de la viande. Couvrez avec un papier sulfurisé en cartouche pressé contre la viande, puis avec le couvercle (ou de l'aluminium bien pressé).

    Enfournez et cuisez sept heures à cent vingt degrés. À mi-cuisson (vers trois heures et demie), retournez délicatement l'épaule pour assurer une cuisson homogène. Au bout de sept heures, la chair doit se défaire à la fourchette sans aucun effort.

    Caraméliser la croûte

    Sortez la cocotte du four. Retirez le couvercle et le papier sulfurisé. Augmentez le four à deux cents degrés mode grill. Cuisez quinze minutes en surveillant à vue : la peau doit caraméliser en croûte ambrée. Si elle commence à brûler, baissez le four.

    Reposer la viande

    Sortez l'épaule sur un grand plat de service. Couvrez sans serrer d'aluminium et laissez reposer vingt minutes.

    Préparer la sauce

    Filtrez le jus de cuisson au chinois fin, dégraissez en surface. Versez trente centilitres dans une casserole, ajoutez le Banyuls et la gelée de cassis. Faites réduire dix minutes à feu vif pour concentrer.

    Ajoutez le chocolat noir râpé : il fond instantanément et apporte profondeur, brillance et amertume noble à la sauce. Hors du feu, montez la sauce au beurre froid en parcelles, terminez par le jus de citron. Goûtez et rectifiez sel et poivre.

    Servir à table

    Présentez l'épaule entière à la table : l'effet visuel est saisissant. Avec deux cuillères à soupe, défaites la chair en gros morceaux qui se détachent presque seuls de l'os. La découpe au couteau est inutile.

    Disposez sur des assiettes préchauffées, nappez généreusement de sauce. Accompagnez de spätzles à l'alsacienne, de chou rouge braisé aux pommes, de marrons glacés, ou d'une polenta crémeuse au parmesan. Une compote de coings ou de pommes apporte la note sucrée-salée traditionnelle.

    Accord mets et vin

    Sur cette épaule de sanglier confite, le Vieux Télégraphe 2021, Châteauneuf-du-Pape rouge, propose un accord d'exception. Cette cuvée mythique de la Vallée du Rhône, en assemblage classique grenache-syrah-mourvèdre, livre une palette aromatique magistrale : fruits noirs concentrés, garrigue, poivre, réglisse, cuir, épices fines, avec une trame tannique noble et une puissance solaire qui équilibre la richesse du sanglier. La complexité du Châteauneuf-du-Pape dialogue avec les saveurs profondes du gibier, ses notes de garrigue répondent au thym et au romarin du plat. Servez-le à seize degrés, en grande carafe ouverte deux heures avant. Pour explorer plus largement la richesse de cette appellation prestigieuse, parcourez notre sélection Châteauneuf-du-Pape AOC : Vieux Télégraphe, Beaucastel, Rayas, ou domaines plus accessibles offrent tous des expressions différentes mais magistrales du terroir des galets roulés.

    Conseils du chef et variations

    • Variante au cerf : même technique, épaule de cerf de 2,5 kg. Plus délicate, plus typée. Marinade un peu plus courte (24 h).
    • Variante au chevreuil : l'animal est plus petit, comptez 1,5 kg d'épaule. Cuisson réduite à six heures.
    • Sans gelée de cassis : 1 cuillère de miel de garrigue + 1 cuillère de vinaigre balsamique réduit.
    • Variante à la bière brune : remplacez la moitié du vin par une bière brune corsée (Trappiste, Chimay). Plus rustique.
    • Préparation à l'avance : l'épaule peut être cuite la veille, gardée dans son jus au frais. Réchauffage doux le lendemain. Souvent meilleur réchauffé.
    • Restes : parfait en hachis parmentier de gibier, en farce de raviolis, ou en feuilletés individuels.

    Le mot du sommelier

    Le sanglier, par sa chair puissante et typée, demande des rouges aristocratiques matures, capables de tenir tête à la palette aromatique du gibier sans s'écraser. Les Châteauneuf-du-Pape et Hermitage matures sont les compagnons les plus naturels par leur puissance solaire et leur palette d'épices. Les Bordeaux matures de Saint-Émilion, Pomerol ou Médoc offrent une voie plus aristocratique et tannique. Les vins du Sud-Ouest – Madiran, Cahors, Saint-Mont – tiennent l'accord par tradition régionale et puissance. Plus rarement, un grand Pinot noir bourguignon (Nuits-Saint-Georges, Vosne-Romanée mature) peut surprendre par sa finesse contrastée. Évitez les vins jeunes, trop tanniques ou trop boisés. Carafez systématiquement deux heures avant. Servez à seize-dix-sept degrés.

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