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  • Potée auvergnate au chou et saucisse de Montbéliard Potée auvergnate Mobile
  • Potée auvergnate au chou et saucisse de Montbéliard

    Matys Hoffman


    Potée auvergnate au chou et saucisse de Montbéliard

    La potée auvergnate est l'un de ces plats du terroir français qui racontent l'histoire d'une région autant que celle de ses habitants. Originaire du Massif central, où elle constituait le repas dominical des familles paysannes, elle marie dans une même cocotte les viandes salées et fumées de la charcuterie locale aux légumes d'hiver généreux du jardin : chou pommé, pommes de terre, carottes, navets, oignons. C'est un plat de réconfort par excellence, qui réchauffe les soirées froides de la montagne d'Auvergne et qui rassemble autour d'une grande tablée familiale toutes les générations dans une convivialité gourmande.

    Pour réussir une grande potée auvergnate, plusieurs principes incontournables. Premièrement, la qualité des charcuteries : la saucisse de Montbéliard (IGP), les saucisses fumées d'Auvergne, le palette de porc demi-sel et le lard fumé doivent être de qualité artisanale, fournis par un charcutier de confiance. Deuxièmement, la cuisson lente à frémissement : minimum deux heures et demie pour que toutes les saveurs se mélangent dans le bouillon parfumé. Troisièmement, l'ajout progressif des légumes selon leur temps de cuisson, pour qu'aucun ne soit trop ferme ou trop défait à la fin. Cette recette respecte la tradition auvergnate dans toute son authenticité paysanne.

    Ingrédients

    Pour les viandes et charcuteries (huit personnes)

    • 1 palette de porc demi-sel de 1 kg
    • 500 g de lard fumé en tranches épaisses
    • 4 saucisses de Montbéliard IGP
    • 4 saucisses fumées d'Auvergne
    • 500 g de jarret de porc (ou jambonneau)
    • 2 saucissons à cuire (Lyon ou Morteau)

    Pour les légumes d'hiver

    • 1 chou pommé moyen (vert ou frisé)
    • 1 kg de pommes de terre Charlotte ou BF15
    • 6 carottes en tronçons
    • 4 navets boules d'or
    • 2 poireaux entiers
    • 1 céleri-rave moyen en cubes
    • 3 oignons jaunes piqués de 2 clous de girofle
    • 1 tête d'ail entière

    Pour le bouquet aromatique

    • 1 bouquet garni (thym, laurier, persil)
    • 2 cuillères à soupe de poivre noir en grains
    • 4 baies de genièvre concassées
    • 3 brins de thym frais
    • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive

    Pour le service

    • 1 pain de campagne au levain
    • 200 g de moutarde forte de Dijon
    • 200 g de cornichons fins
    • 100 g de beurre demi-sel
    • Gros sel et poivre du moulin

    Préparation

    Étape 1 - Préparer les viandes salées (préparation la veille)

    La veille au soir, faites tremper la palette de porc demi-sel et le jarret dans une grande casserole d'eau froide, à changer trois ou quatre fois pendant la nuit. Cette étape de dessalage est essentielle pour éviter que la potée soit trop salée. Égouttez et rincez le matin.

    Étape 2 - Le premier mijotage (deux heures)

    Dans une très grande cocotte (au moins 10 litres), déposez la palette, le jarret et le lard fumé. Couvrez largement d'eau froide. Ajoutez les oignons piqués de clous de girofle, la tête d'ail entière, le bouquet garni, le poivre en grains, les baies de genièvre et le thym frais. Portez doucement à frémissement, écumez régulièrement les impuretés pendant les trente premières minutes pour avoir un bouillon clair.

    Réduisez le feu pour maintenir un frémissement très doux. Couvrez partiellement et laissez mijoter une heure trente à deux heures, jusqu'à ce que les viandes commencent à devenir tendres.

    Étape 3 - Ajouter les légumes longs (vingt minutes)

    Après les deux heures, ajoutez les carottes, les navets, les poireaux ficelés et le céleri-rave. Poursuivez la cuisson vingt minutes à frémissement doux.

    Étape 4 - Ajouter les charcuteries fraîches (vingt-cinq minutes)

    Ajoutez les saucisses de Montbéliard et les saucisses fumées d'Auvergne (qui demandent moins de cuisson que les viandes salées). Si vous utilisez des saucissons à cuire, ajoutez-les également. Poursuivez vingt-cinq minutes de cuisson douce.

    Étape 5 - Cuire les pommes de terre et le chou (trente minutes)

    Ajoutez les pommes de terre épluchées entières et le chou coupé en gros quartiers (préalablement blanchi cinq minutes dans une grande casserole d'eau bouillante pour éliminer son amertume). Poursuivez la cuisson trente minutes jusqu'à ce que les pommes de terre soient tendres à la pointe d'un couteau.

    Étape 6 - Vérifier les cuissons

    Toutes les viandes doivent être parfaitement tendres et se détacher facilement. Le chou doit être fondant. Les pommes de terre doivent céder sous la pointe d'un couteau. Goûtez le bouillon et rectifiez l'assaisonnement : il devrait être suffisamment salé grâce aux viandes salées, mais peut nécessiter un tour de poivre.

    Étape 7 - Le service traditionnel

    Sortez les viandes et charcuteries à l'aide d'une écumoire et disposez-les sur un grand plat de service chaud : découpez la palette en tranches épaisses, tronçonnez le jarret, présentez les saucisses entières. Disposez les légumes autour : chou en quartiers, pommes de terre, carottes, navets et poireaux.

    Servez le bouillon brûlant à part en premier service, dans de grandes assiettes creuses avec des croûtons de pain grillé. Présentez ensuite le plat de viandes et légumes au centre de la table, accompagné de moutarde forte, cornichons fins et de gros sel pour saupoudrer.

    Accord mets et vin

    Sur cette potée auvergnate généreuse, on cherche un rouge structuré et frais qui apporte de la matière sans dominer le caractère rustique du plat. Notre choix se porte sur le Château Seguin · 2022, un Pessac-Léognan qui exprime tout le savoir-faire bordelais. Cet assemblage à dominante Cabernet Franc et Merlot donne ici un vin élégant, marqué par des notes de fruits noirs, de cèdre fin et d'épices douces, soutenues par une trame tannique fondue caractéristique des Pessac.

    L'accord avec la potée fonctionne grâce à la fraîcheur préservée du Bordeaux qui tranche le gras des charcuteries, à sa structure tannique qui tient face aux viandes longuement mijotées, et à ses notes minérales qui apportent un contraste élégant à la rusticité paysanne du plat. Le Château Seguin propose des vins d'une grande pureté technique. Servez à dix-sept degrés. Pour explorer d'autres profils, parcourez les Vins de Bordeaux ou consultez nos recettes et accords mets-vins.

    Conseils du chef et variations

    • Le dessalage des viandes salées est essentiel : ne sautez jamais cette étape ou la potée sera immangeable.
    • Privilégiez des charcuteries artisanales auvergnates ou franc-comtoises de qualité (IGP saucisse de Montbéliard, IGP jambon d'Auvergne).
    • La potée se bonifie réchauffée le lendemain : préparez-en en grande quantité, elle se conserve cinq jours au réfrigérateur.
    • Pour une version plus moderne, ajoutez quelques lentilles vertes du Puy en fin de cuisson pour la touche locale.
    • Servez avec un Saint-Nectaire ou un Salers (fromages auvergnats AOP) en fin de repas pour rester dans l'esprit du terroir.
    • Le bouillon clarifié et dégraissé fait une excellente soupe le lendemain, agrémenté de petites pâtes ou de croûtons.

    Le mot du sommelier

    L'accord plats du terroir et vins bordelais peut paraître inattendu, mais il fonctionne admirablement quand on choisit des cuvées équilibrées et accessibles. Les Pessac-Léognan, par leur signature aromatique élégante et leur fraîcheur préservée, offrent des accords convaincants sur les plats généreux et longuement mijotés. Le Château Seguin, propriété située sur la commune de Canéjan dans les graves bordelaises, produit des vins de très belle facture à des prix raisonnables comparé aux grands crus classés voisins. Pour les amateurs souhaitant rester dans l'esprit régional, des vins d'Auvergne comme les Côtes d'Auvergne, ou des vins du Lyonnais et du Forez offriront des accords plus traditionnels avec la potée auvergnate. À l'inverse, un Saint-Émilion grand cru ou un Médoc cru bourgeois fera également un superbe accord, dans un registre plus prestigieux. L'essentiel, sur ce plat de tradition, est de chercher un rouge qui combine matière et fraîcheur, sans trop de bois ni de concentration excessive.

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