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Bière Abita

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La brasserie Abita, pionnière de la bière artisanale en Louisiane

Des sources d'Abita Springs à la brasserie de Covington

Tout commence en 1986 dans le village d'Abita Springs, à une soixantaine de kilomètres au nord de La Nouvelle-Orléans, quand Jim Patton et Rush Cumming décident d'y installer une petite brasserie. Le pari est audacieux : le sud-est des États-Unis ne compte alors aucune brasserie artisanale, et Abita est la première du genre. Le premier brassin sort le 4 juillet 1986, et l'année se solde par 1 500 barils. Le succès dépasse vite les capacités du bâtiment d'origine : en 1994, la production déménage à Covington, dans un outil de brassage plus vaste. Le site historique du bourg n'est pas abandonné pour autant : il est devenu le brew pub de la maison. Elle produit aujourd'hui quelque 160 000 barils par an et reste une figure de proue de la bière locale en Louisiane.

Les brasseurs qui ont ouvert la voie aux brasseries artisanales du Sud

Ce qui frappe chez Abita, c'est la constance d'une ligne : des bières lisibles, pensées pour la table et pour le climat moite du golfe du Mexique. Les brasseurs y déclinent aussi bien des lagers que des ales, et la gamme produite outre-Atlantique déborde largement ce que nous importons : on y trouve par exemple la Purple Haze, une bière de blé aromatisée à la framboise, ou la Wrought Iron IPA. Notre cave à bières en retient quatre références, choisies pour couvrir les quatre robes de la maison. La reconnaissance n'a pas manqué à ce producteur de bière : en 2005, le magazine américain Stuff désignait le Turbodog meilleure bière brassée aux États-Unis, ce qui a beaucoup fait pour la réputation de cette marque de bière.

L'eau artésienne, matière première de chaque brassin

Une bière, c'est d'abord de l'eau, et c'est précisément ce qui a fixé les fondateurs à cet endroit. La brasserie puise dans des puits artésiens profonds alimentés par la nappe d'Abita Springs, réputée pour sa faible teneur en minéraux et sa pureté naturelle. Cette signature ne se voit pas dans le verre mais s'entend au palais : une eau douce laisse le malt et le houblon s'exprimer sans dureté, là où une eau très minéralisée durcit l'amertume. C'est ce qui a fait la renommée des grandes régions brassicoles européennes, où la composition de la source dictait le type de bière que l'on pouvait y brasser. À chaque brassin, elle sert à l'empâtage des céréales puis au rinçage des drêches, qui donne le moût sucré, base de toute fabrication de la bière.

Les quatre bières Abita de notre cave

L'Amber, la bière ambrée de fermentation basse qui a tout commencé

L'Amber est la fondatrice : elle accompagnait le premier brassin de 1986 et n'a jamais quitté la gamme. Il s'agit d'une lager de tradition munichoise, brassée à partir de malts pâles et de malts caramel, houblonnée au Perle allemand et fermentée à basse température. Sa belle robe ambre clair est limpide, couronnée d'une mousse blanc cassé à très bonne tenue. Le nez est discret et souple, sur un caramel léger et une note herbacée sèche. En bouche, l'attaque est nette et maltée, l'amertume basse — 17 IBU seulement —, le caramel franc en milieu de bouche, relevé d'un trait épicé continental. Le corps est moyen-léger, la carbonatation vive, et la finale sèche s'achève sur une pointe de céréale grillée persistante. À 4,5 % d'alcool, c'est une bière désaltérante, taillée pour l'apéritif comme pour la table.

Le Turbodog, une bière brune aux malts torréfiés

Le Turbodog joue la partition inverse. Cette brown ale de fermentation haute est brassée avec des malts pâles, caramel et chocolat, houblonnée au Willamette, et sa robe brune foncée annonce d'emblée le registre : torréfaction douce, chocolat, toffee. C'est la bière brune la plus connue de la maison. Son amertume reste modérée : les malts torréfiés apportent une amertume de torréfaction plutôt qu'une amertume de houblon, avec cette rondeur légèrement sucrée qui rappelle le café au lait et la réglisse. Titrant 5,6 %, son degré d'alcool dépasse celui de l'Amber, ce qui lui donne davantage de matière et de longueur en bouche. C'est la bouteille à ouvrir face à un plat mijoté, à un porc caramélisé ou à un fromage affiné.

La Big Easy IPA et son amertume houblonnée

Surnommée d'après le sobriquet de La Nouvelle-Orléans, la Big Easy IPA apporte l'amertume marquée que l'on attend d'une bière IPA. Sa robe est d'un doré brillant, sa fermentation est haute, et son houblonnage à cru lui donne un profil résolument aromatique, sur les notes d'agrumes, les fruits et la résine de pin caractéristiques des houblons américains ; du zeste de citron entre dans sa recette. Elle se distingue aussi par son format : nous la proposons en fût de 30 litres, en bière pression, servie à la tireuse. À 4,5 % d'alcool, elle reste une IPA de faible teneur en alcool, ce que les brasseurs américains appellent une session IPA : l'amertume et le houblon sont bien là, mais la bière demeure légère et se boit sans fatiguer les papilles, à la pinte comme à la chope.

La Maison Blanc, une blonde de fermentation haute entre bière et vin

La Maison Blanc est la curiosité de la gamme, et la plus originale de notre cave. C'est un hybride assumé entre bière et vin : la moitié des sucres fermentescibles provient du moût de sauvignon blanc, l'autre moitié des céréales maltées, orge pilsner et blé. Le houblon retenu est le Hallertau Blanc allemand, dont les arômes de raisin muscat blanc, de groseille à maquereau, d'agrumes et de sureau prolongent naturellement le cépage. Le résultat est une blonde de fermentation haute à la robe très pâle, souple et sèche, dans l'esprit d'un vin blanc de maison : caractères vifs du sauvignon, corps proche du vin, et une amertume quasi absente, à 8 IBU. Elle titre 6,5 %, la plus forte des quatre, et se propose elle aussi en fût de 30 litres. Elle fut créée pour le tricentenaire de La Nouvelle-Orléans.

Du malt d'orge au verre : le brassage des bières Abita

Les malts et les céréales qui dessinent la robe

La couleur d'une bière ne se corrige pas après coup : elle se décide au choix des céréales, et les quatre bières Abita en font une démonstration presque scolaire. Le malt d'orge pâle constitue la base de toutes ; ce sont les malts spéciaux qui font le reste. Ajoutez du malt caramel et vous obtenez la robe cuivrée et la douceur toffee de l'Amber ; poussez la torréfaction jusqu'au malt chocolat et vous tenez la robe brune du Turbodog. À l'inverse, un moût de malt pilsner additionné de blé donne la couleur blonde très pâle et la légèreté de la Maison Blanc, le froment apportant en prime cette tenue de mousse que les amateurs de bière blanche connaissent bien. Ces mêmes malts fournissent les sucres que la levure convertira en alcool : une bière foncée est rarement une bière légère.

Les houblons qui donnent leur amertume et leurs arômes aux bières Abita

Le houblon remplit deux rôles distincts, et la gamme les illustre l'un et l'autre. Ajouté tôt dans l'ébullition, il libère son amertume et équilibre le sucre du moût ; ajouté tard ou à froid, il ne laisse presque plus d'amertume mais tous ses arômes. L'Amber s'en tient au Perle allemand, un houblon noble aux notes herbacées et épicées, dosé avec retenue puisque la bière plafonne à 17 IBU. La Maison Blanc mise sur le Hallertau Blanc, variété aromatique choisie pour son registre fruité de raisin blanc et de groseille à maquereau. La Big Easy IPA se situe à l'autre extrémité de l'échelle, avec un houblonnage à cru généreux qui lui vaut son amertume marquée et ses notes d'agrumes. Cette sélection couvre donc un spectre d'amertume inhabituellement large pour une seule brasserie.

Les levures et les deux voies de la fermentation

Reste la levure, le brasseur invisible. Deux grandes familles se partagent le travail. La fermentation basse, menée à froid par des levures qui travaillent dans le bas de la cuve, donne des bières nettes, propres, où le malt et le houblon parlent sans ornement : c'est la voie de l'Amber, et celle de toutes les lagers. La fermentation haute, conduite à température plus élevée, laisse au contraire la levure produire des esters fruités et parfois des notes épicées qui participent pleinement au goût : c'est la voie du Turbodog, de la Big Easy IPA et de la Maison Blanc. Trois de nos quatre références sont donc des bières de fermentation haute. Dans les deux cas, la levure consomme les sucres du moût et rejette alcool et gaz carbonique, ce dernier donnant les bulles et la mousse du verre de bière.

La bière Abita face aux grandes traditions brassicoles

Les bières américaines et les bières belges d'abbaye

Situer une bière artisanale américaine aide à comprendre ce qu'elle n'est pas. La Belgique a construit sa réputation sur des familles très codifiées : les bières d'abbaye et les bières trappistes, encore brassées ou concédées sous le contrôle de communautés de moines, souvent blondes ou brunes, généreuses en alcool et parfois poussées jusqu'à la quadruple. Elle a aussi donné le lambic, obtenu par fermentation spontanée à l'air libre, ses assemblages de gueuze à l'acidité tranchante et ses krieks aux fruits. Une bonne bière belge se juge sur cette complexité-là. Les bières américaines d'Abita ne relèvent d'aucune de ces catégories : ni bière trappiste, ni fermentation spontanée, ni sucre candi. Elles s'inscrivent dans le mouvement craft né dans les années 1980, qui a réinterprété les classiques européens avec des houblons du Nouveau Monde.

Les lagers allemandes et tchèques, de la pils à l'Oktoberfest

C'est du côté germanique qu'il faut chercher la parenté la plus directe. L'Amber se réclame de la tradition munichoise, celle des lagers ambrées bavaroises que l'on associe aux grandes fêtes de la bière et à l'Oktoberfest. Cette famille repose sur la fermentation basse et une longue garde au froid, dont elle tire sa netteté. Les bières allemandes et tchèques ont donné la pils, blonde, filtrée, sèchement houblonnée, devenue le type de bière le plus imité de la planète, mais aussi les blanches de blé et les bières de Noël. Abita ne prétend pas être une brasserie allemande : elle emprunte une méthode et un houblon noble, le Perle, puis les acclimate à la Louisiane. La différence tient moins à la recette qu'à l'eau, au climat et à la façon de servir la bière bien fraîche.

Les bières anglaises et irlandaises, du stout aux pubs

Le Turbodog, lui, descend d'une lignée britannique. Les bières anglaises ont légué les ales de fermentation haute, la pale ale, la brown ale et la bitter, servies à la pression dans les pubs à une température plus élevée que sur le continent. L'Irlande, de son côté, a imposé le stout, cette bière noire aux malts fortement torréfiés — parfois additionnés d'avoine pour la texture crémeuse — dont Guinness reste l'exemple universel. Le Turbodog partage avec cette école le goût des malts torréfiés, mais sa robe brune et son amertume modérée le placent du côté des brown ales plutôt que des bières noires irlandaises. Quant à la Big Easy IPA, elle vient d'une invention anglaise, l'India Pale Ale, que les brasseurs américains ont réécrite en poussant le houblon et les notes fruitées.

Les bières françaises et bretonnes, de la bière de garde aux microbrasseries

La France n'est pas en reste, et nos clients comparent souvent. La bière de garde du Nord, ambrée ou blonde, ronde et maltée, descend d'une tradition de ferme ; la Bretagne a bâti en trente ans un réseau dense de microbrasseries dont les bières bretonnes jouent volontiers sur le sarrasin, le seigle ou l'algue ; partout, les brasseries artisanales multiplient les bières spéciales, les bières bio, les bières sans gluten et les versions sans alcool. On revient de loin : le mot cervoise désignait la bière avant l'usage du houblon. Abita relève de la même logique de micro brasserie devenue grande, mais dans un autre pays et avec d'autres céréales. Comparer ces bières du monde n'a de sens qu'en gardant en tête l'histoire locale de chacune.

Questions fréquentes sur la bière Abita

Qu'est-ce qui caractérise la bière Abita ?

Abita est une brasserie artisanale américaine fondée en 1986 à Abita Springs, en Louisiane, et installée depuis 1994 à Covington. Elle fut la première brasserie craft du sud-est des États-Unis et brasse aujourd'hui environ 160 000 barils par an. Sa signature tient à l'eau artésienne peu minéralisée qu'elle puise sur place, et à des bières lisibles et désaltérantes, aussi bien de fermentation basse que de fermentation haute.

Quelle bière Abita choisir selon sa robe et son amertume ?

Les quatre références couvrent quatre robes. Pour une bière ambrée douce et maltée, l'Amber et ses 17 IBU. Pour une bière brune sur les malts torréfiés et le chocolat, le Turbodog. Pour une amertume marquée et des notes d'agrumes, la Big Easy IPA. Pour une blonde très pâle, sèche et proche du vin blanc, la Maison Blanc, brassée pour moitié à partir de moût de sauvignon blanc. Les deux dernières sont disponibles en fût de 30 litres.

À quelle température servir et avec quels plats déguster une Abita ?

Servez ces bières entre 6 et 8 °C, dans un verre tulipe qui concentre les arômes et préserve la mousse. Elles conviennent à l'apéritif, entre amis comme à table. L'Amber accompagne volontiers les grillades et les plats épicés, le Turbodog les viandes mijotées, le porc et les fromages affinés, la Big Easy IPA les fritures et les plats relevés, tandis que la Maison Blanc, sèche et fruitée, se comporte comme un vin blanc de repas sur les poissons et les crustacés.

Où acheter de la bière Abita en ligne ?

La vente de bière Abita se fait directement sur Trinquay, notre cave à bière en ligne. Nous proposons les quatre références de la maison — Amber, Turbodog, Big Easy IPA et Maison Blanc — en bouteille comme en fût de 30 litres, expédiées partout en France avec la livraison offerte dès 100 euros en point relais. Ajoutez-les à votre panier depuis cette page pour découvrir cette brasserie artisanale américaine.