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Une bouteille de cette maison porte un nombre bien visible sur son étiquette, et ce nombre est l'une des choses les plus mal lues sur une étiquette de rhum : il ne dit pas l'âge du rhum, il dit l'âge de la marque. Le reste mérite tout autant d'attention — un système de vieillissement que la maison décrit comme continu, des chais installés à distance du lieu de production, et des matières premières qui ne se limitent pas à la mélasse. Cette page réunit les étiquettes de la marque et donne les repères pour les lire sans se tromper de chiffre.
La marque naît en 1985 au Costa Rica, à l'initiative de Gabriel Diez. C'est une date récente à l'échelle du rhum, où beaucoup de maisons revendiquent le XVIIIe ou le XIXe siècle, et il vaut mieux le savoir avant de lire une étiquette qui contient le mot « centenario ». Le nom de la marque évoque un centenaire qui n'est pas le sien : il appartient au registre lexical du rhum hispanophone, où les mots d'ancienneté et de solennité servent de vocabulaire commercial commun, sans toujours renvoyer à une date précise.
Depuis 2016, la marque appartient au groupe UDG. Ce type de rachat est devenu banal dans le rhum d'Amérique latine, où les marques nationales rejoignent des ensembles capables de financer la distribution internationale. Pour l'acheteur, l'information a une utilité concrète : elle explique la présence de ces bouteilles en Europe, et elle invite à vérifier les données d'étiquette d'une édition à l'autre, les recettes et les habillages évoluant souvent après un changement de propriétaire.
Les rhums de la maison sont élaborés à la Fábrica Nacional de Licores. La marque et le lieu d'élaboration sont donc deux entités distinctes, une configuration fréquente dans le rhum, où posséder une marque et posséder un outil de production sont deux choses différentes. Cela ne dit rien de la qualité du produit : cela dit seulement où le chercher quand on veut remonter la chaîne, et cela explique que plusieurs marques costariciennes puissent partager des installations.
Le site d'élaboration se trouve à Grecia, dans la province d'Alajuela, au centre du pays. Le Costa Rica n'a pas la notoriété rhumière de la Jamaïque ou de la Martinique, mais il cultive la canne et distille, et ses rhums relèvent de l'école hispanique du continent : des distillats de colonne, un profil plutôt souple, et un vocabulaire d'étiquette hérité de l'Espagne. Situer la production permet de replacer ces bouteilles dans une géographie qui n'est pas celle des Caraïbes insulaires.
Le vieillissement, lui, se déroule ailleurs : dans les chais de Curridabat. Cette séparation entre le lieu d'élaboration et le lieu de vieillissement n'a rien d'anecdotique, car un rhum ne vieillit pas de la même façon selon l'altitude, la température et l'hygrométrie du chai qui l'abrite. Deux rhums identiques logés dans deux chais différents donnent deux bouteilles différentes, et c'est l'une des variables que les maisons maîtrisent le plus finement.
La maison travaille des mélasses et des miels de canne locaux. Les deux matières ne sont pas équivalentes : la mélasse est ce qui reste une fois les cristaux de sucre extraits, tandis que le miel de canne est un jus concentré prélevé plus tôt dans le processus, donc plus riche et moins épuisé. Attention toutefois à ne pas généraliser d'une bouteille à l'autre — la fiche de la cuvée réunie ici porte la mélasse, et c'est elle qui vaut pour cette référence précise.
La maison décrit sa méthode comme un vieillissement continu, explicitement inspiré du système solera. Le principe est celui d'un empilement de niveaux : on prélève dans les fûts les plus anciens, dits solera, que l'on recomplète avec le niveau au-dessus, les criaderas, elles-mêmes recomplétées par des rhums plus jeunes. Aucun fût n'est jamais vidé complètement. Le résultat est un assemblage permanent, où chaque bouteille contient une fraction de tous les âges présents dans le système.
Les fûts employés sont en chêne blanc américain, et la maison précise qu'ils ont auparavant contenu du whisky écossais. Ce détail mérite d'être relevé, car il est souvent transformé en « fût de bourbon » par les fiches qui recopient sans vérifier — le chêne américain étant, il est vrai, le bois du bourbon. Un fût ayant porté un whisky écossais est cependant un fût de seconde vie au moins, souvent plus grand et déjà épuisé d'une partie de ses composés extractibles, ce qui n'est pas sans conséquence sur l'échange.
La maison précise la fraction qu'elle soutire : un quart seulement du liquide contenu dans le niveau le plus ancien. Ce chiffre est la donnée la plus parlante du dispositif, puisque c'est lui qui fixe la vitesse de renouvellement du système. Plus la fraction prélevée est faible, plus la moyenne d'âge du contenu reste élevée et plus le profil se stabilise dans le temps. C'est aussi ce qui rend impossible l'attribution d'un âge unique à ce type de rhum.
Voici le point qu'il faut lire attentivement. Cette cuvée a été élaborée en 2005 pour célébrer le vingtième anniversaire de la marque, fondée en 1985. Le nombre inscrit sur l'étiquette compte donc les années de la maison, et non les années passées en fût par le liquide. La maison le dit elle-même dans sa présentation du produit, en toutes lettres. Le mot « aniversario » figure d'ailleurs sur la bouteille, et c'est lui qui donne la clé de lecture du chiffre qui le précède.
La maison publie la composition de l'assemblage : des rhums allant de six à vingt ans. Le plus jeune élément a donc six ans, et c'est cette borne basse qui compte pour qui veut comparer avec un rhum portant une mention d'âge classique — la règle générale, dans les pays qui l'encadrent, voulant que l'âge affiché soit celui du plus jeune composant. La borne haute de vingt ans existe bien dans le fût, mais elle ne caractérise qu'une fraction du contenu de la bouteille.
Cette référence a reçu une médaille d'or aux Meininger's International Spirits Awards en 2023, ainsi que quatre-vingt-quatorze points et une médaille d'or au Beverage Testing Institute. Les concours de spiritueux sont nombreux et leur valeur inégale, mais ces deux-là comptent parmi les plus suivis. Une précision utile : les distinctions se lisent toujours cuvée par cuvée, et une récompense obtenue par une autre bouteille de la même maison ne vaut jamais pour celle-ci.
Le vingtième anniversaire de la marque, fondée en 1985 : la cuvée a été élaborée en 2005 pour cette occasion. Ce nombre ne correspond donc pas à une durée de vieillissement. L'assemblage réunit selon la maison des rhums de six à vingt ans, le plus jeune composant ayant six ans.
L'élaboration a lieu à Grecia, dans la province d'Alajuela, au centre du pays. Le vieillissement se déroule dans un autre lieu, les chais de Curridabat. La bouteille réunie ici est embouteillée à 40 %.
C'est l'établissement costaricien où les rhums de la maison sont élaborés, à Grecia. Marque et lieu d'élaboration sont deux entités distinctes : la première signe la bouteille, le second la produit. C'est une configuration courante dans le rhum.
Sur Trinquay. Cette page de collection réunit les étiquettes de la maison, avec leur degré, leur matière première et le détail de leur vieillissement. Chaque fiche produit reprend ensuite les données de la bouteille, en distinguant ce que la maison publie de ce qui n'est qu'une lecture d'étiquette.