- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Cimborazo est une marque de rhum équatorien, éditée non pas en Équateur mais en Italie. Le nom vient d'un volcan des Andes, à une lettre près. La bouteille annonce douze ans et un vieillissement en solera, deux mentions qui ne se lisent pas comme sur un rhum de fût ordinaire. Cette page réunit ce qui se sait de cette marque, et dit aussi, sans détour, ce qui ne s'en sait pas.
Derrière l'étiquette, il n'y a pas de distillerie andine qui raconterait son histoire. Il y a un négociant italien, de la mélasse équatorienne et un nom emprunté à un sommet. Commencer par là évite de prêter à cette marque une généalogie qu'elle n'a jamais revendiquée.
La marque est éditée par F. et G. Compagnia di Commercio, société italienne installée à Bruino, dans la province de Turin, fondée et présidée par Graziano Fecchio, présent dans le monde de la boisson depuis 1971. Ce négociant ne distille pas : il importe, crée ses propres marques et les habille. Cimborazo appartient à un ensemble de marques équatoriennes de la maison qui portent toutes le nom d'un sommet du pays, aux côtés de Cotopaxi et de Pichincha.
Le sommet équatorien s'écrit Chimborazo. La bouteille, elle, porte Cimborazo, sans le h. L'écart est constant sur les étiquettes archivées : ce n'est pas une coquille de revendeur, c'est la graphie de la marque. Aucune source publique n'en donne la raison, et les explications qui viennent à l'esprit — dépôt de marque, prononciation, choix graphique — restent des hypothèses. On la reproduit telle quelle, sans la corriger dans un sens ni dans l'autre.
Le Chimborazo culmine à 6 263 mètres et domine tous les sommets d'Équateur. Il détient surtout une curiosité géographique : parce que la Terre est renflée à l'équateur et que ce stratovolcan se dresse à un degré au sud, son sommet est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la planète, environ deux kilomètres plus loin que celui de l'Everest. Le nom prêté à un rhum ne dit rien de son goût, mais il situe un pays qu'on associe rarement à la canne à sucre.
La seule indication de vieillissement portée par cette référence est le mot solera. Ce n'est pas un synonyme d'âge : c'est une manière de conduire le vieillissement, venue du xérès andalou et adoptée par une bonne part des maisons hispanophones du rhum.
Un solera empile des rangées de fûts, de la plus vieille à la plus jeune. On tire une fraction du liquide dans la rangée basse, celle qui part à l'embouteillage, et on la recomplète avec la rangée du dessus, qui se recomplète à son tour, jusqu'en haut où entre le distillat neuf. Aucun fût n'est jamais vidé : la rangée basse conserve toujours une part des passages précédents, ce qui lisse les écarts d'une année sur l'autre.
La conséquence est mécanique : le liquide embouteillé est un mélange perpétuel. Il contient beaucoup de rhum jeune, une part de rhum plus mûr et une trace très minoritaire de rhums anciens. Cette structure explique le profil habituel de la famille — rond, souple, régulier d'une mise en bouteille à l'autre. Elle explique aussi pourquoi un chiffre affiché à côté du mot solera se lit avec précaution : il ne décrit pas une durée traversée par tout le contenu.
Le règlement européen sur les boissons spiritueuses pose le principe : une mention d'âge doit se rapporter au composant alcoolique le plus jeune de l'assemblage. Les aménagements prévus pour les systèmes de criaderas et de solera visent les brandies, pas le rhum. L'administration française a de son côté relevé que l'étiquetage des rhums de solera prête à confusion pour l'acheteur. Cette bouteille est commercialisée sous la mention douze ans, et rien de public ne précise à quoi ces douze ans se rapportent — nous ne le devinerons pas à sa place.
Le reste des informations tient en peu de lignes, et ce qui manque compte ici autant que ce qui figure. Sur une marque sans site officiel ni parole de producteur, l'acheteur averti lit d'abord les cases vides.
Le rhum est fait de mélasse, ce résidu sirupeux qui subsiste après l'extraction du sucre cristallisé. C'est la matière première dominante des rhums d'Amérique du Sud, à l'inverse des pur jus antillais qui partent du jus de canne pressé. La mélasse donne des distillats plus ronds et moins végétaux qu'un pur jus, sur des notes de fruits secs et de caramel que le passage sous bois prolonge ensuite.
La bouteille titre 40 %, degré le plus répandu du rhum et plancher habituel des marques de grande diffusion. Ce niveau ne dit rien de la qualité : il dit que le rhum a été ramené là avec de l'eau après le fût, comme l'immense majorité des références vendues. Il rend la bouteille facile à aborder et autorise aussi bien le verre sec que le mélange, ce qu'un brut de fût ne permet pas avec la même souplesse.
Rien n'est déclaré sur le sucre ajouté. C'est fréquent sur ce style de rhum, et c'est pourtant la donnée que les amateurs cherchent en premier devant un solera d'Amérique latine, où l'ajout reste courant sans être systématique. Une case vide n'est pas une déclaration d'absence : nous ne pouvons ni affirmer que cette bouteille est sucrée, ni écrire qu'elle ne l'est pas. Les maisons qui ne dosent pas l'inscrivent en général sur l'étiquette.
Un rhum rond à 40 %, sans mention de brut de fût ni de fût unique, se sert sans protocole. Voici les repères utiles, valables pour la famille à laquelle il appartient plus que pour lui seul.
Un verre tulipe, à température de la pièce, suffit à ouvrir ce type de rhum. Inutile de le rafraîchir : le froid referme les notes de fruits secs et de bois qui font l'intérêt d'un solera. La fin de repas reste son moment naturel, après le plat, à petites gorgées, seul ou pour accompagner une conversation qui s'étire.
Sa rondeur le pousse vers le sucré. Une tarte aux noix, un flan, un entremets au caramel ou un carré de chocolat au lait lui donnent la réplique sans effort. Le café le supporte très bien, servi à côté plutôt que dedans. Devant un dessert très acide ou un sorbet, en revanche, il perd sa matière et paraît plat.
Un rhum à 40 % venu d'Amérique du Sud tient sa place dans un verre mélangé. Il apporte du corps sans écraser le reste, dans un cocktail court au jus d'agrume comme dans un long drink au soda. Y verser un rhum vieilli n'a rien d'un gâchis : la rondeur du solera pardonne les approximations de dosage, là où un rhum plus sec et plus vif exigerait un équilibre précis.
La marque est éditée par le négociant italien F. et G. Compagnia di Commercio, installé près de Turin, qui achète en Équateur et embouteille sous son propre nom. La distillerie équatorienne d'origine n'est nommée nulle part, ni sur l'étiquette ni dans les documents publics de la maison.
Aucune source ne l'explique. Le volcan s'écrit Chimborazo, la marque Cimborazo : l'écart est constant sur les étiquettes, ce n'est donc pas une erreur isolée. Faute d'explication publique, mieux vaut retenir la graphie de la bouteille, c'est elle qui permet de la retrouver.
Elle désigne un vieillissement conduit par rangées de fûts, où l'on soutire une fraction du plus vieux et où l'on recomplète en cascade. Le liquide obtenu mêle donc plusieurs âges en permanence, et un chiffre placé à côté de ce mot ne décrit pas une durée traversée par l'ensemble du contenu.
Sur Trinquay, dans ce rayon. La fiche produit reprend la matière première, le degré et les mentions de vieillissement telles qu'elles figurent sur l'étiquette, et laisse vides les champs que la marque ne renseigne pas.