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Rhums Connexion

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Une marque de rhum née sur la côte bretonne : l'idée surprend moins qu'il n'y paraît, tant le vieillissement européen accompagne le commerce du rhum depuis des siècles. Sous le nom Connexion, la Distillerie du Golfe achète des rhums venus des Caraïbes et d'Amérique centrale, les garde plusieurs années dans ses chais du Morbihan, puis les embouteille origine par origine. Ce rayon en réunit les cuvées et détaille ce que chaque étiquette annonce.

Les rhums Connexion, une sélection vieillie sur le golfe du Morbihan

La maison ne se présente pas comme un producteur de rhum, mais comme une distillerie bretonne qui a ajouté à ses métiers celui de sélectionneur et d'éleveur. La nuance est écrite sur les bouteilles, qui portent chacune le nom d'un pays d'origine.

La Distillerie du Golfe, installée à Plougoumelen depuis 2016

Créée en 2016, la Distillerie du Golfe est établie à Plougoumelen, entre Vannes et Auray, sur les bords du golfe du Morbihan. Elle distille sur place gin, vodka et eaux-de-vie, prépare des macérations, et travaille en circuit court avec des fournisseurs bretons. Le rhum y occupe une place particulière : la canne ne pousse pas en Bretagne, la maison va donc chercher son distillat ailleurs et n'intervient qu'à partir du fût.

Des fûts achetés ailleurs et suivis en Bretagne

Le principe de la gamme Connexion tient en trois gestes : choisir des rhums d'origines caribéennes et centraméricaines, les faire vieillir dans les chais du Morbihan, puis assembler, réduire et mettre en bouteille. Le travail commence donc là où celui d'un distillateur s'arrête. Sélectionner un fût suppose de savoir ce que l'on cherche : un profil, un âge, une matière première, et une trajectoire de bois compatible avec le climat où le rhum finira sa route.

La filtration à froid écartée à la mise en bouteille

La maison embouteille sans filtration à froid, mention que portent plusieurs cuvées de la gamme. Ce traitement consiste à refroidir le rhum avant de le passer sur un filtre fin, pour retenir les composés gras qui le troublent lorsqu'il est servi frais ou allongé d'eau. L'opération améliore la présentation en bouteille, mais elle emporte aussi une part de la texture et des arômes. En y renonçant, la maison accepte qu'un rhum puisse se voiler dans le verre, et garde en échange le gras et la longueur.

Une étiquette par origine, du Guatemala à la Martinique

Chaque cuvée est nommée par son pays, et non par une distillerie. C'est le parti pris de la gamme : donner à goûter des styles nationaux plutôt que des maisons, avec un habillage commun qui invite à la comparaison.

Les origines caribéennes anglophones de la gamme

Les étiquettes jamaïcaine, trinidadienne et barbadienne viennent des Caraïbes de tradition anglaise, où la mélasse est la matière première dominante. Le Jamaïque travaille le style le plus expressif de l'archipel, celui des fermentations longues et des esters fruités. Le Trinidad vient d'une île dont la production repose sur la colonne continue, et offre un profil plus rond et plus sec, et sa fiche porte la mention sans sucre ajouté. Le Barbade, enfin, vient d'une île réputée pour son équilibre entre alambic à repasse et colonne. Trois écoles, une même famille de matière première.

Le Guatemala, une origine d'Amérique centrale

La cuvée guatémaltèque déplace le curseur vers le continent. L'Amérique centrale a bâti sa réputation sur des rhums souples, distillés en colonne et vieillis en altitude, avec une sucrosité perçue plus élevée que dans les Caraïbes anglophones. Cette bouteille est élevée en fûts de chêne américain ayant contenu du bourbon et embouteillée à 40 %, sans filtration à froid. Sa fiche ne précise pas la matière première de départ, information que la maison ne communique pas.

Le Pur Jus Martinique, du jus de canne frais élevé en Bretagne

La dernière cuvée sort du cadre des autres : elle part d'un jus de canne frais, et non de mélasse. La canne est pressée en Martinique, le vesou fermenté puis distillé sur place, mais le vieillissement est conduit intégralement en fût de bourbon, en Bretagne. Le résultat est un rhum de jus de canne au registre végétal reconnaissable, porté par un degré plus élevé que le reste de la gamme, à 50 %.

Le fût, la finition et le degré des cuvées Connexion

Une fois l'origine choisie, trois réglages font le produit fini : le bois, l'éventuelle finition, et le degré retenu à l'embouteillage.

Le chêne américain ayant contenu du bourbon, socle de la gamme

Le fût de bourbon revient sur toutes les fiches, et ce n'est pas un hasard : la réglementation américaine impose au bourbon un chêne neuf, ce qui libère chaque année un volume considérable de barriques utilisées une seule fois. Ce bois, déjà déchargé de ses tanins les plus durs, apporte au rhum la vanille, la noix de coco et le caramel blond qui font le fond commun de la gamme, sans écraser l'origine du distillat.

La finition en fût d'Amarone sur la cuvée barbadienne

Le Barbade reçoit, lui, un second bois : il termine son parcours dans un fût ayant contenu de l'amarone, ce vin rouge de Vénétie élaboré à partir de raisins passerillés, puissant et sec malgré sa concentration. Cette finition apporte une note de fruits noirs et une amertume fine en fin de bouche, et explique le degré supérieur retenu pour cette bouteille, à 45,2 %.

Le degré d'embouteillage, cuvée par cuvée

La gamme ne cherche pas la puissance. Les cuvées jamaïcaine, trinidadienne et guatémaltèque sont réduites à 40 %, un niveau taillé pour le cocktail long et pour une première approche. Le Barbade monte à 45,2 % et le pur jus martiniquais à 50 %, deux degrés qui tiennent mieux la dégustation sèche. Lire ce chiffre avant d'ouvrir la bouteille reste le moyen le plus rapide de deviner l'usage auquel elle se destine.

Vieillir un rhum sous le climat breton

Le lieu du vieillissement compte autant que la durée. Un même fût ne se comporte pas de la même façon sur la côte atlantique et sous un chai antillais, et la gamme Connexion repose entièrement sur ce déplacement.

L'écart de température entre le Morbihan et les tropiques

Le Morbihan connaît un climat océanique doux, aux amplitudes limitées et à l'hygrométrie élevée. Un chai antillais, lui, travaille toute l'année dans la chaleur. La température commande les échanges entre le bois et le liquide : plus elle est haute, plus l'alcool pénètre le bois, en extrait ses composés et s'évapore. Un rhum vieilli en Bretagne avance donc lentement, et livre au bout de plusieurs années un boisé plus discret qu'un rhum du même âge élevé sous les tropiques.

Une part des anges plus lente loin de l'équateur

La part des anges désigne le volume perdu par évaporation pendant le séjour en fût. Sous les tropiques, elle peut atteindre plusieurs dizaines de pour cent en quelques années seulement, ce qui concentre le rhum et l'épuise vite. Sous un climat tempéré, la perte est bien plus faible et le fût peut travailler longtemps sans que le rhum se dessèche. C'est ce qui permet à un vieillissement continental de donner des rhums patinés, souvent plus fins que puissants.

L'appellation martiniquaise et le rhum qui quitte l'île

Un point mérite d'être précisé sur la cuvée martiniquaise. Le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée Rhum de la Martinique impose que la récolte de la canne, sa transformation, la distillation et le vieillissement soient tous réalisés sur le territoire des communes du département. Un rhum de jus de canne martiniquais élevé en Bretagne se situe donc hors de ce cadre : il reste un rhum de pur jus distillé en Martinique, sans relever de l'appellation.

Questions fréquentes sur les rhums Connexion

La Distillerie du Golfe produit-elle elle-même les rhums Connexion ?

Elle distille plusieurs spiritueux à Plougoumelen, mais les rhums de la gamme Connexion sont sélectionnés à l'étranger. La maison intervient sur le vieillissement, conduit en Bretagne, puis sur l'assemblage, la réduction et la mise en bouteille.

Le Pur Jus Martinique est-il un rhum AOC Martinique ?

Non. L'appellation exige un vieillissement mené en Martinique, or cette cuvée est élevée intégralement en Bretagne. La mention pur jus renvoie à la matière première, le jus de canne frais, pas à l'appellation.

Pourquoi ces rhums ne sont-ils pas filtrés à froid ?

Parce que la filtration à froid retire, avec le trouble, une partie des composés gras qui portent la texture et les arômes. En y renonçant, la maison conserve cette matière et accepte qu'un voile puisse apparaître dans un verre très froid ou après ajout d'eau. Le phénomène est visuel et sans conséquence sur le goût.

Où acheter un rhum Connexion en ligne ?

Trinquay réunit les cuvées de la gamme dans ce rayon. Chaque fiche indique le pays d'origine, le type de fût, l'éventuelle finition et le degré d'embouteillage, de quoi comparer une mélasse caribéenne et un pur jus martiniquais élevés dans les mêmes chais bretons.