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Rhums Dzama

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Le rhum ne s'arrête pas aux Caraïbes ni à l'arc des îles françaises. Madagascar en produit depuis longtemps, et une marque y est plus connue que les autres : Dzama, née au nord-ouest de la Grande Île, sur une petite île réputée pour ses cultures de plantes à parfum. Ce rayon rassemble les bouteilles parues sous ce nom et détaille ce qui les distingue, de la matière première au cadre réglementaire qui s'applique — ou plutôt qui ne s'applique pas.

Nosy Be et Dzamandzar, d'où viennent les rhums Dzama

Deux noms de lieux expliquent l'essentiel de cette marque, et le second se cache dans celui de la société qui l'édite. Les lire dans l'ordre évite les contresens les plus répandus sur ce rhum.

Vidzar, contraction de « vieux rhum de Dzamandzar »

La marque Dzama appartient à la société malgache Vidzar, dont le siège se trouve à Antananarivo. Le nom de cette société n'a rien d'arbitraire : c'est la contraction de Vieux Rhum de Dzamandzar. Dzamandzar est une localité de l'île de Nosy Be, au nord-ouest de Madagascar, où se trouve une sucrerie. Quant à Dzama, c'est simplement le diminutif de ce nom de village. Une marque, une société et un lieu, tous les trois issus de la même racine.

Lucien Fohine et la création de la marque

L'initiative revient à Lucien Fohine, qui installe sa société à proximité de la sucrerie de Nosy Be et donne à son rhum le nom raccourci du village. Le principe est resté : la marque se définit d'abord par son ancrage sur cette île, avant de se définir par un style de production. Les sources publiques divergent sur l'année exacte de fondation ; le fait qui compte ici n'est pas la date mais le lien de la marque à un site sucrier précis.

Une île où la canne pousse avec l'ylang-ylang et la vanille

Nosy Be est surnommée l'île aux parfums, et le surnom n'est pas publicitaire : on y cultive l'ylang-ylang, la vanille, le girofle et le poivre, souvent à proximité immédiate des parcelles de canne. C'est un environnement agricole singulier pour une culture sucrière, et la maison en fait un argument constant. Il faut cependant s'en tenir à ce qui est vérifiable : la coexistence de ces cultures sur la même île est un fait, l'idée qu'elles se transmettraient au distillat relève du discours de marque et non d'une donnée établie.

La mélasse malgache et la distillation en colonne

La matière première est le premier critère de classement d'un rhum, avant l'âge et avant le degré. Chez cette maison, elle se lit à quelques centaines de mètres du lieu de production.

La sucrerie de Nosy Be, fournisseur de la matière première

Le rhum de base part de la mélasse, ce résidu sirupeux qui subsiste une fois le sucre cristallisable extrait du jus de canne. C'est ce qui range ces bouteilles parmi les rhums traditionnels, et non parmi les rhums agricoles, catégorie réservée aux distillats issus de jus de canne frais fermenté peu après la coupe. L'implantation même de l'activité s'explique par là : on ne s'installe pas au hasard près d'une sucrerie quand on distille son résidu.

La fermentation puis le passage en colonne

La mélasse est diluée puis fermentée, opération qui produit un moût faiblement alcoolisé, avant d'être distillée en colonne. Cet appareil continu, rectifiant sur plusieurs plateaux, donne un distillat plus net qu'un alambic à repasse et convient aux volumes suivis. C'est le schéma de production le plus répandu de l'océan Indien, que l'on retrouve aussi bien à Maurice qu'à La Réunion sur les lignes de rhum traditionnel.

Les cuvées dites agricoles et la mention européenne

Certaines cuvées de la maison sont présentées par la distribution comme des rhums agricoles, c'est-à-dire distillés à partir de jus de canne. Le point demande une précision, car il induit régulièrement en erreur : dans la réglementation européenne, la mention rhum agricole est réservée aux rhums produits dans les départements français d'outre-mer et à Madère. Un rhum malgache issu de jus de canne peut donc parfaitement exister — mais il ne peut pas revendiquer cette mention au sens européen du terme. La matière première et la mention réglementaire sont deux choses distinctes, et le raccourci entre les deux est la source d'erreur la plus fréquente sur les rhums de l'océan Indien.

Le vieux rhum dix ans et les autres cuvées de la maison

La gamme couvre plusieurs registres, du rhum de mélange au flacon de dégustation. Trois données permettent de s'y repérer : la durée annoncée, le degré, et la présence ou non d'un aromatisant.

Dix ans de fût annoncés sur l'étiquette

La référence de ce rayon porte la mention vieux rhum et une durée de dix ans. Dans un pays sans cadre d'appellation, cette durée relève de la déclaration du producteur et non d'un contrôle extérieur : elle n'en est pas fausse pour autant, mais elle ne s'appuie sur aucun cahier des charges opposable. Comme partout, si le contenu résulte d'un assemblage, le chiffre inscrit doit correspondre au composant le plus jeune du lot.

Un titrage de 45 %, servi sans glace pilée

La bouteille titre 45 %, bien au-dessus du plancher réglementaire européen de 37,5 % applicable au rhum. Ce degré la situe du côté de la dégustation plutôt que du cocktail : un verre resserré vers le haut, une température ambiante, éventuellement quelques gouttes d'eau pour ouvrir le nez. La glace pilée, elle, dilue trop vite et efface l'apport du bois — un glaçon unique remplit mieux le même office si l'on cherche de la fraîcheur.

Du blanc aux cuvées vanillées, l'étendue de la gamme

La maison propose un rhum blanc, des vieux de plusieurs durées et des cuvées aromatisées, notamment à la vanille, produit emblématique de la région. Ces dernières relèvent d'une logique différente : un rhum auquel on ajoute un ingrédient après distillation n'est plus jugé sur les mêmes critères qu'un vieux rhum nu. Il est utile de vérifier, cuvée par cuvée, laquelle des deux familles on a devant soi, car les noms se ressemblent beaucoup au sein de la gamme et une durée identique peut coiffer deux produits très différents.

Madagascar, un pays de rhum sans appellation

Le dernier repère est réglementaire, et il change la façon de lire toutes les mentions précédentes. Il tient en une phrase : rien ne les encadre officiellement.

Ni AOC ni IGP sur une bouteille malgache

Aucune appellation d'origine contrôlée ni indication géographique protégée ne couvre le rhum de Madagascar. Rappelons au passage que l'AOC Martinique reste la seule appellation d'origine contrôlée du monde du rhum. En l'absence de tout cadre, les mentions portées par une étiquette malgache — durée de vieillissement, dénomination, style revendiqué — engagent la maison et elle seule. Ce n'est pas un jugement de valeur sur la qualité du produit, c'est une information sur le niveau de garantie attaché à ce qui est écrit.

Maurice et La Réunion encadrées, Madagascar non

La comparaison régionale est parlante. L'île Maurice dispose d'une indication géographique consacrée à son rhum, et La Réunion d'une IGP qui couvre aussi bien son rhum traditionnel de mélasse que son rhum agricole de pur jus. Madagascar, voisine immédiate des deux, n'a pas d'équivalent. Trois territoires proches, deux cadres officiels et une absence : c'est le contexte réel dans lequel s'inscrit une bouteille malgache, et il explique pourquoi la réputation d'une maison y pèse plus lourd qu'ailleurs.

Un rhum de mélasse à table et après le repas

Reste l'usage. Un vieux rhum de mélasse de ce type trouve sa place après le repas, sur un café ou un dessert peu sucré, où le passage sous bois s'exprime sans concurrence. Servi seul, il gagne à être ouvert quelques minutes avant d'être goûté. Il supporte enfin la comparaison directe avec un rhum traditionnel réunionnais ou mauricien, exercice utile pour situer ce que l'océan Indien fait de la mélasse.

Questions fréquentes sur les rhums Dzama

Où est fabriqué le rhum Dzama ?

À Madagascar. La marque est née à Nosy Be, île du nord-ouest du pays, près de la sucrerie de Dzamandzar qui fournit la mélasse. La société qui l'édite, Vidzar, a son siège à Antananarivo.

Qu'est-ce que la société Vidzar ?

C'est la société malgache propriétaire de la marque Dzama. Son nom est la contraction de « Vieux Rhum de Dzamandzar », du nom du village de Nosy Be où se trouve le site sucrier à l'origine du rhum de base.

Tous les rhums Dzama sont-ils vanillés ?

Non. La maison propose des cuvées aromatisées à la vanille, produit emblématique de la région, mais elles ne représentent qu'une partie de la gamme : les rhums blancs et les vieux rhums nus n'en comportent pas. Il faut vérifier la mention sur chaque référence, les noms étant proches d'une cuvée à l'autre.

Où acheter un rhum Dzama en ligne ?

Sur Trinquay, dans ce rayon consacré à la marque. Chaque fiche indique la durée de vieillissement annoncée, le degré de mise en bouteille et la présence éventuelle d'un aromatisant, afin de distinguer sans ambiguïté un vieux rhum nu d'une cuvée aromatisée portant la même durée.