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Rhums El Pasador

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El Pasador de Oro n'a jamais eu de distillerie. La marque est née en France, dans les chais d'une maison de négoce charentaise, à partir de rhums achetés au Guatemala et déjà vieillis là-bas. Ce qu'elle y ajoute tient en une étape : six mois passés dans des fûts ayant contenu du cognac, avant la mise en bouteille. C'est peu à l'échelle d'un vieillissement, et c'est pourtant la signature de la gamme. Cette page réunit les bouteilles El Pasador de Oro référencées chez Trinquay et donne les repères pour les lire : qui les édite, d'où vient le rhum, ce que les mentions d'âge recouvrent réellement, et ce que la marque n'a pas communiqué.

Rhums El Pasador de Oro, une marque française bâtie sur un rhum du Guatemala

Les Bienheureux, la maison de Jean Moueix et d'Alexandre Sirech

Les Bienheureux est une société française créée en 2013 par Jean Moueix, négociant bordelais, et Alexandre Sirech, passé par la direction d'une grande maison de rhum cubain. On la connaît surtout pour les whiskies Bellevoye, assemblés en France à partir de distillats de plusieurs régions ; elle édite aussi le rhum Embargo. El Pasador de Oro est sa gamme guatémaltèque. Le fil commun de la maison est l'assemblage et la finition, jamais la distillation : elle achète des eaux-de-vie faites ailleurs et les termine à sa façon, dans ses propres chais.

Une rencontre à Cuba à l'origine du projet

Les deux fondateurs se rencontrent à Cuba, dans un pays où le rhum se pense en assemblage et en vieillissement lent plutôt qu'en fût unique. Cette culture se retrouve dans la gamme : des degrés modérés, des profils ronds, une recherche d'équilibre plus que de puissance. Le projet guatémaltèque naît quelques années après la création de la société, et il garde un nom espagnol quand tout le reste — les chais, l'affinage, la mise en bouteille — se passe en France.

Le relais passé à Pura Vida en septembre 2024

En septembre 2024, Les Bienheureux a annoncé l'arrêt de la gamme El Pasador de Oro au profit d'une nouvelle marque, Pura Vida, dont le rhum ne vient plus du Guatemala mais du Costa Rica. La maison a expliqué ce changement par une volonté de reprendre la main sur sa production, en s'appuyant sur un partenariat direct avec une sucrerie costaricienne. Les bouteilles El Pasador de Oro appartiennent donc à une gamme close, embouteillée avant ce basculement.

Du Guatemala à la Charente, le trajet d'un rhum d'assemblage

Des rhums vieillis au Guatemala avant leur arrivée en France

Le rhum d'El Pasador de Oro a fait l'essentiel de sa vie au Guatemala. Il y a été distillé, puis vieilli sur place pendant des années, sous un climat qui accélère les échanges entre le bois et l'alcool. Ce n'est qu'ensuite qu'il traverse l'Atlantique. La marque n'a jamais publié le nom des distilleries qui la fournissent, et nous ne les inventerons pas. Sur la matière première, les sources divergent : notre fiche produit parle de mélasse, plusieurs publications spécialisées parlent de miel de canne, ce jus de canne concentré situé à mi-chemin entre le vesou et la mélasse. Dans les deux cas il s'agit d'un rhum traditionnel, par opposition au rhum de pur jus.

Six mois de plus dans un fût ayant porté du cognac

Arrivé en Charente, le rhum passe six mois dans des fûts qui ont contenu du cognac. La durée est courte au regard des années déjà écoulées sous les tropiques, et c'est délibéré : il ne s'agit pas de vieillir davantage mais de poser une couche aromatique de plus. Le chêne charentais a déjà cédé une partie de ses tanins au cognac ; ce qu'il rend ensuite au rhum est moins boisé qu'un fût neuf. Cette étape est la seule que la maison réalise elle-même, et c'est donc la seule sur laquelle elle signe.

Le bois charentais sur un rhum guatémaltèque

Un fût de cognac ne se comporte pas comme un fût de bourbon. Le bourbon laisse derrière lui de la vanille et de la noix de coco ; le cognac laisse plutôt des notes de fruits à noyau, d'abricot sec et de raisin, avec une amertume fine en finale. Posées sur un rhum d'Amérique centrale déjà rond, ces notes tirent l'ensemble vers le registre pâtissier plus que vers le sec. C'est ce contraste qui donne à la gamme son caractère, et il se retrouve, à des degrés divers, sur chacune des cuvées.

Une base guatémaltèque commune aux cuvées de la marque

Le XO et sa mention 8 ans minimum

Le XO est la porte d'entrée des vieux de la maison. Son étiquette porte la mention 8 ans minimum, à 40 %. Cette mention n'a pas la valeur d'un âge d'assemblage écossais : la marque revendique un vieillissement en solera au Guatemala, une méthode où des fûts de générations différentes se remplissent en cascade, si bien que le chiffre annoncé décrit une fourchette de composants plutôt qu'un plancher garanti. D'autres sources donnent d'ailleurs pour ce XO une amplitude de six à quinze ans, ce qui ne dit pas la même chose. Nous reprenons la mention portée sur la bouteille.

Le Gran Reserva, de dix à dix-huit ans annoncés

Le Gran Reserva monte d'un cran. Sa mention annonce dix à dix-huit ans, toujours à 40 %, et sa fiche précise que le rhum a connu plusieurs types de fûts au Guatemala avant les six mois charentais. Le passage par plusieurs bois est ce qui sépare les deux vieux sur le papier : le XO annonce une fourchette resserrée, le Gran Reserva une amplitude plus large et un parcours de fûts plus varié. Le degré, lui, est identique, et le fût de finition aussi.

Le Pasión, une infusion de fruits de la passion

Le Pasión quitte le registre des vieux. C'est un rhum infusé : la base, elle aussi affinée en fût de cognac en Charente, reçoit ensuite une infusion de fruits de la passion, et la bouteille sort à 38 %. L'infusion apporte une acidité tropicale que le rhum seul n'a pas, et elle abaisse le degré. Un rhum infusé se boit autrement qu'un vieux : plus frais, plus court, volontiers à l'apéritif ou sur un dessert. Ni la quantité de fruit ni celle de sucre ne sont communiquées, et nous ne les supposerons pas.

Lire une bouteille El Pasador de Oro avant de la servir

Entre le XO et le Gran Reserva, une question de fourchette d'âge

Le XO et le Gran Reserva sortent au même degré et du même chai charentais. Ce qui les sépare tient dans la fourchette annoncée : huit ans au minimum d'un côté, dix à dix-huit ans de l'autre. Dans un système de solera, une fourchette plus haute signifie surtout qu'une part plus ancienne entre dans l'assemblage, pas que la bouteille entière porte cet âge. C'est le premier réflexe à avoir devant une étiquette d'Amérique centrale : lire le chiffre comme une indication d'assemblage plutôt que comme une durée.

Le dosage en sucre, que la marque n'a pas publié

C'est le point sur lequel nous ne pouvons pas être affirmatifs. La marque n'a jamais publié de dosage référence par référence, et aucune de nos fiches ne porte de valeur mesurée. Des relevés indépendants ont circulé sur certaines versions de la gamme, mais ils ne portent pas sur les bouteilles réunies ici. Nous n'écrirons donc ni « sans sucre ajouté » ni un chiffre. Ce qu'on peut affirmer sans se tromper : un produit vendu dans l'Union européenne sous la dénomination rhum reste sous le plafond de vingt grammes de sucre par litre fixé pour cette dénomination.

Le service, du café de fin de repas au verre d'apéritif

Les vieux se servent purs, à température ambiante, dans un verre resserré vers le haut ; à 40 %, ils supportent mal la glace, qui écrase le fruit apporté par le fût de cognac. Ils trouvent leur place en fin de repas, sur un café ou un dessert au chocolat. Le Pasión, lui, se sert frais et se prolonge volontiers en cocktail, avec un jus d'agrume ou un tonic. Aucune de ces bouteilles n'est faite pour le ti-punch, qui appelle un blanc de jus de canne et non un vieux d'assemblage.

Questions fréquentes sur les rhums El Pasador de Oro

El Pasador de Oro possède-t-elle une distillerie ?

Non. C'est une marque éditée par Les Bienheureux, société française qui achète des rhums déjà vieillis au Guatemala, les affine six mois en fûts de cognac dans ses chais de Charente, puis les met en bouteille. Les distilleries d'origine n'ont pas été rendues publiques par la maison.

Qu'apporte un séjour de six mois en fût de cognac ?

Un fût de cognac a déjà cédé une partie de ses tanins, et il rend au rhum des notes de fruits à noyau et de raisin plutôt que la vanille d'un fût de bourbon. Sur six mois, il pose une couche aromatique supplémentaire sans bouleverser la structure de l'eau-de-vie.

Pourquoi la marque parle-t-elle de solera pour annoncer un âge ?

Parce que ses rhums guatémaltèques sont vieillis, selon elle, par un système de solera, où des fûts d'âges différents se remplissent en cascade. Dans ce système, aucune bouteille ne contient un rhum d'un seul âge : le chiffre annoncé décrit l'amplitude de l'assemblage et se lit autrement qu'un âge minimum garanti.

Où acheter un rhum El Pasador de Oro en ligne ?

Trinquay réunit sur cette page les bouteilles de la marque, avec pour chacune son degré, sa mention d'âge ou d'infusion et le détail de son parcours de fût. La gamme ayant été close en 2024, ce qui porte encore ce nom a été embouteillé avant ce changement.