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Famille Ricci est une maison d'assemblage installée à Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Elle ne distille pas : elle achète des rhums déjà vieillis, les marie au verre, puis les remet au bois dans des fûts faits sur mesure. Cette page réunit ce qui se lit sur Dynasty L'Origine, sa cuvée d'entrée, et donne les repères pour comprendre ce que fait un embouteilleur quand il n'a ni canne, ni colonne, ni pays d'origine à revendiquer.
La maison est jeune et tient à peu de personnes. Elle est née d'un parcours dans le commerce des spiritueux plutôt que d'une plantation héritée, ce qui explique sa manière de travailler : tout se joue à la sélection, à l'assemblage et au choix du bois.
Morgan Ricci a grandi autour du bar de nuit que tenait son père à Cannes, un homme passionné de spiritueux. Il y a travaillé, puis a tenu une cave à Antibes avec son épouse avant de se former à l'école des spiritueux de Cognac. Son frère Esteban est associé au projet. Ce chemin explique le positionnement de la maison : elle vient du commerce et de la dégustation, pas de la production.
La structure est fondée en 2019 et les premières bouteilles arrivent en juillet 2020, après plusieurs années de préparation et d'achats de fûts. La maison s'est fait connaître vite sur ce segment : elle a été désignée meilleur embouteilleur indépendant de l'année 2024 par le vote des utilisateurs d'une application de référence du rhum. C'est une reconnaissance d'amateurs, pas un concours professionnel, et elle se lit comme telle.
La cuvée Dynasty rend hommage au père du fondateur : son visage est dessiné sur l'étiquette et sert d'emblème à la gamme. Le nom dit ce que la maison revendique, une transmission familiale, alors même qu'elle n'a ni distillerie ni héritage agricole. La dynastie est ici celle d'un goût, pas d'un domaine — la nuance est assumée par la maison elle-même.
L'ordre des opérations est l'inverse de celui d'une distillerie. Ici, on part de rhums déjà faits et déjà vieillis, achetés à des producteurs, on les met ensemble, et c'est l'assemblage obtenu qui repart au bois pour un second séjour.
Dynasty L'Origine assemble des rhums venus de quatre aires : l'Amérique latine, les Caraïbes, l'Asie et l'Océanie. C'est un spectre inhabituellement large pour une seule bouteille, et c'est le parti pris de la cuvée — montrer, dans un même verre, ce que ces écoles ont en commun. La maison ne nomme aucune distillerie pour cette cuvée, et ne détaille pas non plus les pays : elle s'en tient aux régions.
L'assemblage mêle des rhums de mélasse et des rhums de jus de canne frais, distillés les uns en colonne, les autres en alambic à repasse. Ces deux familles se croisent rarement dans une même bouteille : elles n'ont ni la même matière première, ni le même profil, l'une allant vers le fruit sec et le caramel, l'autre gardant une trame végétale. Les réunir est un choix de style, pas une facilité de sourcing.
Les rhums achetés ont déjà passé plusieurs années sous le bois, chez eux, sous un climat le plus souvent tropical. C'est là que se fait l'essentiel de l'extraction, et c'est ce que la maison achète : un travail déjà accompli. Le second séjour à Mougins ne rattrape pas un rhum jeune, il le prolonge et l'oriente. La distinction est utile pour lire n'importe quelle finition annoncée sur une étiquette.
Les fûts ne dorment pas dans un entrepôt industriel mais dans la maison familiale de Mougins, propriété de la famille depuis des décennies. L'échelle est artisanale et elle se voit dans les volumes proposés. Elle explique aussi la variété des cuvées : quand un lot tient en quelques fûts, on peut multiplier les essais de bois et de chauffe sans immobiliser un stock considérable.
Le second vieillissement est la signature de la maison, et il repose sur un partenaire précis : une tonnellerie charentaise qui fabrique des fûts à sa demande, dans des formats et des chauffes qu'on ne trouve pas sur catalogue.
La Tonnellerie Navarre est installée à Val-de-Cognac, en Charente, au cœur du vignoble de cognac. Créée en 2001 par Didier Navarre, elle produit environ mille fûts neufs par an et travaille surtout le chêne français, mais aussi le chêne américain et l'acacia. Elle a mis au point un procédé de chauffe breveté, et c'est autour de ce savoir-faire que les fûts de finition de Famille Ricci ont été définis avec le tonnelier.
Dynasty L'Origine termine son élevage dans des fûts ayant contenu du bourbon, du pineau, du cognac et du sauternes. Chacun laisse une empreinte différente : le bourbon pousse la vanille et la noix de coco, le cognac apporte du fruit et de la rondeur, le pineau et le sauternes des notes de fruits confits et de miel. Aucun d'eux n'est un fût neuf : ce qui compte est ce que le bois a bu avant.
Les fûts de finition retenus par la maison sont de petits contenants de cinquante litres, très loin des barriques de deux cents litres qui font l'ordinaire du vieillissement. Le rapport entre la surface de bois et le volume de liquide y est bien plus élevé. L'échange s'en trouve accéléré : quelques mois dans un fût de cette taille marquent autant qu'un séjour bien plus long dans une barrique classique, et le risque de sur-boiser augmente d'autant.
Mougins n'est ni les tropiques ni un chai écossais. Le fondateur décrit un climat hybride, avec des étés chauds et secs et des hivers doux, qui fait travailler le bois plus vite qu'en climat continental sans atteindre le rythme caribéen. La maison annonce des pertes de six à dix pour cent par an, un ordre de grandeur intermédiaire qui situe assez bien ce que subit un fût sur la Côte d'Azur.
Quatre informations figurent sur cette bouteille, et chacune demande une clé de lecture. C'est le propre des rhums d'assemblage : l'étiquette dit moins qu'elle n'en a l'air, et ce qu'elle dit se lit à l'envers de l'intuition.
La cuvée annonce des rhums de trois à sept ans. Le règlement européen est clair sur la manière de lire une fourchette de ce genre : une mention d'âge se rapporte toujours au composant le plus jeune de l'assemblage. Sur cette bouteille, l'âge qui engage est donc trois ans, et non sept. La borne haute décrit ce que contient le mélange, pas ce qu'on peut lui opposer comme garantie.
La bouteille titre 40 %, le degré de mise en marché le plus répandu du rhum. Sur une cuvée d'assemblage destinée à faire découvrir une maison, ce niveau se comprend : il rend le verre abordable et laisse la place aux arômes de bois sans que l'alcool prenne le dessus. Les cuvées plus confidentielles de la maison montent nettement plus haut, jusqu'aux blancs embouteillés à degré fort.
C'est le point le plus délicat de cette cuvée, et il mérite d'être dit franchement. Le premier lot de Dynasty L'Origine annonçait un ajout de sucre bio, revendiqué publiquement par la maison comme un choix de porte d'entrée ; un lot ultérieur a été présenté sans sucre ajouté. Le dosage dépend donc du lot, et l'étiquette est le seul juge. Nous n'écrirons ni l'un ni l'autre sans l'avoir sous les yeux.
Un assemblage fini dans des bois qui ont porté du vin doux tire vers les fruits confits, le miel et la pâtisserie. Une tarte aux fruits jaunes, un dessert au caramel ou un fromage à pâte persillée lui donnent la réplique. Le café le suit sans difficulté. À ce degré, la bouteille supporte aussi le glaçon pour qui préfère un verre plus long, sans que le profil s'effondre.
La maison ne le dit pas pour cette cuvée. Elle achète des rhums déjà vieillis à des producteurs de quatre aires géographiques et n'en nomme aucun. C'est une pratique courante chez les embouteilleurs, souvent pour des raisons contractuelles : une distillerie qui vend en vrac n'autorise pas toujours l'acheteur à se servir de son nom.
De quatre aires annoncées par la maison : l'Amérique latine, les Caraïbes, l'Asie et l'Océanie. Les pays précis ne sont pas communiqués de façon fiable, et nous ne les reprenons pas de sources tierces non confirmées.
C'est le nom de la première expression de la gamme Dynasty, celle par laquelle la maison a démarré. Le mot renvoie au commencement du projet, pas à une origine géographique unique : la cuvée est au contraire un assemblage de plusieurs continents.
Sur Trinquay, dans ce rayon. La fiche produit reprend le degré, la fourchette d'âge et les bois de finition tels que la maison les annonce, et laisse vides les champs qu'elle ne renseigne pas.