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Rhums Last Ward

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Il arrive qu'un nom de rhum raconte une sortie plutôt qu'une entrée. Last Ward est de ceux-là : la formule désigne le dernier membre d'une famille barbadienne qui a tenu pendant des décennies la plus vieille distillerie de rhum encore en activité, et qui a gardé des fûts pour lui au moment de céder l'affaire. Ce rayon rassemble les embouteillages parus sous ce nom et détaille ce que l'étiquette engage : une paroisse, un millésime, un type d'alambic et un degré laissé tel quel.

Les rhums Last Ward sont nés d'une réserve personnelle à la Barbade

Ce nom n'est ni celui d'une distillerie ni celui d'une marque commerciale bâtie de toutes pièces : c'est un patronyme, et un jeu de mots. La série existe parce qu'un homme a conservé la propriété d'un lot de fûts après avoir vendu l'outil de production, puis a confié leur mise en bouteille à une maison italienne réputée pour ne rien retoucher.

Frank Ward, dernier de sa famille à détenir la distillerie

Frank Ward est le descendant qui a porté la société de production jusqu'à sa cession, en 2014, au groupe Rémy Cointreau. Il était alors le dernier de sa lignée à détenir la Rum Refinery of Mount Gay, la structure qui abritait le vieillissement et l'embouteillage. Le nom de la série joue sur cette position : celui qui ferme la marche, en anglais comme en français, laisse derrière lui ce qu'il a choisi de garder.

Treize fûts distillés en 2007 et gardés à part

Le millésime 2007 repose sur un assemblage de treize fûts, distillés cette année-là et restés la propriété de Frank Ward après la vente. Ce n'est donc ni un fût unique ni un assemblage large : un petit lot homogène, issu d'une même campagne de distillation, ce qui explique la cohérence du profil et le caractère limité de la sortie. L'étiquette porte l'ensemble de ces informations, ce qui reste rare sur un rhum de la Barbade.

L'embouteillage confié à Velier

La mise en bouteille revient à Velier, maison génoise dont la doctrine tient en peu de mots : le degré du fût, aucun additif, aucune couleur ajoutée, et l'énoncé complet des données de production. Appliquée ici, cette règle donne un rhum à 60 %, non réduit, dont l'étiquette annonce l'année, la durée passée en bois, le nombre de fûts et le type d'appareil. Rien n'est laissé à l'interprétation.

Près d'un siècle de famille Ward sur un domaine de Saint Lucy

Le patronyme inscrit sur la bouteille n'a de sens que rapporté à l'histoire du lieu. Le domaine se trouve dans la paroisse de Saint Lucy, à la pointe nord de la Barbade, et il change de nom, de mains et de statut plusieurs fois avant que les Ward ne s'y installent au début du XXe siècle.

Aubrey Fitz-Osbert Ward, acheteur du domaine en 1918

Homme d'affaires barbadien, Aubrey Fitz-Osbert Ward acquiert la propriété en 1918 et installe sa famille à la tête de la maison. Sa signature figurera longtemps sur les étiquettes. La lignée conserve le domaine et son outil pendant des décennies, ce qui fait de l'histoire récente de ce rhum une affaire de succession autant que de distillation.

Mount Gilboa, l'acte de 1703 et le matériel de distillation qu'il mentionne

Avant les Ward, le domaine s'appelle Mount Gilboa et s'étend sur quelque 280 acres. Un acte du 20 février 1703 y atteste l'existence d'un atelier équipé pour distiller : c'est la preuve écrite la plus ancienne dont dispose la maison, et le fondement de sa revendication d'ancienneté. Le domaine prend son nom actuel en 1801, en hommage à Sir John Gay Alleyne, qui l'administrait pour ses propriétaires depuis 1747.

1989 puis 2014, le passage à Rémy Cointreau en deux temps

La bascule ne s'est pas faite d'un coup. En 1989, après la mort du fils du fondateur de la lignée, le groupe français devient actionnaire majoritaire de la marque, tandis que les familles Ward et Hudson conservent une participation dans la société chargée du vieillissement et de l'embouteillage. La seconde étape intervient en 2014, quand Rémy Cointreau rachète cette société à Frank Ward et réunit enfin la marque et l'outil de production sous une même main. Les fûts de 2007, eux, n'ont pas suivi.

Seize ans de tropiques pour un pure single rum

Sur le plan technique, la cuvée relève de l'école barbadienne la plus classique : mélasse, alambic à repasse, chêne américain, et un vieillissement conduit intégralement sur l'île. Ce dernier point pèse davantage que les autres, parce que sous ce climat le fût travaille vite et prélève beaucoup.

L'alambic à repasse à double retort, appareil barbadien par excellence

Le distillat sort d'un alambic à repasse équipé d'une double retort, configuration héritée de la tradition anglaise dans laquelle deux chambres intermédiaires concentrent le cœur de chauffe en un seul passage. Cet appareil laisse passer davantage de composés lourds qu'une colonne continue : c'est lui qui donne au rhum sa texture épaisse et ses notes de fruits secs, et c'est aussi ce qui autorise la mention pure single rum.

Le chêne de bourbon et le chêne blanc pendant seize ans

Le rhum a passé seize années en fûts, partagées entre des barriques ayant contenu du bourbon et des fûts de chêne blanc. Ce type de bois apporte la vanille, la noix de coco et les épices douces qui signent les vieux barbadiens. Aucune finition en fût de vin n'intervient ici : le profil est celui du chêne américain seul, sans le voile aromatique qu'apporterait un passage en xérès, en porto ou en cognac.

Une part des anges qui a emporté 70 % du volume

C'est le chiffre le plus parlant de la fiche. Sur seize ans passés sous le climat de la Barbade, l'évaporation a fait disparaître 70 % du volume initial : de dix litres mis en fût, il en reste trois. Cette concentration explique à la fois la densité de la matière, l'intensité du bois et la rareté de ce genre de lot. Elle rappelle aussi qu'un âge tropical et un âge continental ne se comparent pas terme à terme.

Les mentions portées par l'étiquette, et le verre qui suit

La contre-étiquette d'un embouteillage de ce type se lit comme une fiche technique. Trois familles d'informations y figurent, et chacune se vérifie : ce que le rhum est, ce qu'on n'y a pas ajouté, et à quelle force il a été mis en bouteille.

Une seule distillerie et un seul type d'alambic

La mention pure single rum n'est pas décorative : dans la classification proposée par Luca Gargano, elle désigne un rhum issu d'une seule distillerie et distillé exclusivement à l'alambic à repasse, sans apport de distillat de colonne. Elle exclut donc l'assemblage entre origines et l'assemblage entre appareils. Sur une île où la plupart des maisons combinent colonne et alambic, l'information est un vrai discriminant.

Le dosage affiché à zéro et l'absence de colorant

Deux mentions accompagnent la précédente : sans sucre ajouté, avec un dosage déclaré à zéro gramme par litre, et sans colorant. La couleur ambrée soutenue vient donc uniquement du bois et de la durée. Ces deux déclarations ne sont pas obligatoires en Europe, où l'ajout de sucre reste toléré dans certaines limites : les afficher est un choix, et il rend la bouteille comparable à d'autres sur une base honnête.

Ouvrir un brut de fût à soixante degrés

À 60 %, le rhum arrive au verre tel qu'il est sorti du bois. Le service demande un peu d'attention : quelques minutes de repos dans un verre à ouverture resserrée, puis, si l'alcool domine encore, une addition d'eau goutte à goutte, qui déploie les arômes sans diluer la matière. Un tel degré se boit pur, en fin de repas ; il n'a pas été pensé pour le mélange.

Questions fréquentes sur les rhums Last Ward

Qui était Frank Ward ?

Le dernier membre de la famille Ward à détenir la Rum Refinery of Mount Gay, la société barbadienne chargée du vieillissement et de l'embouteillage, cédée en 2014 à Rémy Cointreau. Les fûts qui composent cette série lui appartenaient encore après la vente.

Last Ward est-il un rhum Mount Gay ?

Le distillat vient bien de la distillerie de Saint Lucy, mais la bouteille ne paraît pas sous la marque commerciale de la maison : elle est embouteillée par Velier et porte le nom de la famille. C'est la même origine, lue sous un autre angle.

Pourquoi ce rhum réunit-il plusieurs fûts d'un même millésime ?

Parce que l'évaporation sous les tropiques laisse peu de liquide dans chaque barrique après seize ans. Rassembler les fûts d'une même année permet d'obtenir un volume embouteillable tout en conservant l'homogénéité du millésime.

Où acheter un rhum Last Ward en ligne ?

Trinquay réunit ici les embouteillages parus sous ce nom, avec le millésime, la durée annoncée en fût, le nombre de barriques assemblées, le degré et les mentions de l'étiquette. Chaque fiche détaille le parcours de la bouteille et son profil.