- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Une marque de rhum née d'un pari entre deux Italiens, dont aucun ne venait de la canne : voilà le point de départ. Le premier importe et publie des rhums, le second distille des eaux-de-vie de fruits. Ils se retrouvent à Marie-Galante en 2004, et la méthode qui en sort n'est celle d'aucune rhumerie antillaise. Cette page réunit les bouteilles de la marque et explique pourquoi son alambic, sa distillation et ses étiquettes ne se lisent pas comme celles d'un rhum agricole classique.
Gianni Capovilla est un maître distillateur italien réputé pour ses eaux-de-vie de fruits. C'est un métier qui n'a presque rien de commun avec la production de rhum : on y travaille des matières fragiles, en petits volumes, sur des appareils conçus pour ne rien brusquer. Or le jus de canne fraîchement pressé appartient à cette famille de matières — il fermente vite, il s'oxyde, il ne se garde pas. Appliquer à la canne les gestes de l'eau-de-vie de fruits n'est donc pas une excentricité, c'est un transfert de méthode.
Le premier alambic en bain-marie est installé en 2005 à la distillerie Bielle, à Marie-Galante ; un second suit en 2007. La marque n'a donc pas bâti sa propre rhumerie : elle a implanté son outil chez un producteur existant, ce qui lui donne accès à la canne de l'île sans reprendre les codes de distillation locaux. Ces appareils sont des alambics Müller, du nom de leur constructeur, et ils viennent tout droit du monde des eaux-de-vie européennes.
Le projet part d'une intention explicite. Luca Gargano, patron de la maison génoise Velier, voulait convaincre Capovilla de faire le meilleur rhum agricole du monde. La formule est celle d'un fondateur, pas un verdict de dégustation — mais elle éclaire les choix qui ont suivi. On ne cherche ici ni le rendement, ni la régularité industrielle : on cherche à voir jusqu'où le jus de canne peut aller lorsqu'on le traite comme un fruit rare, avec les contraintes de coût que cela suppose.
Dans un alambic en bain-marie, la cuve ne touche pas la flamme : elle est entourée d'une enveloppe d'eau chauffée qui transmet la chaleur en douceur, sans point chaud. La différence est décisive sur une matière sucrée. Un chauffage direct caramélise ce qui se dépose au fond et laisse des notes de cuit ; le bain-marie l'évite. C'est le procédé employé sur les fruits, où le moindre goût de brûlé ruine le travail du verger, et c'est celui qui a été transposé ici sur du vesou.
La marque distille du jus de canne fraîchement pressé, en double distillation. La plupart des rhums agricoles antillais sortent d'une colonne créole, en une seule passe continue. Repasser deux fois, c'est produire un premier distillat grossier puis le redistiller en séparant plus finement les têtes, le cœur et les queues. On perd du volume et on gagne en précision : le cœur retenu est plus étroit, les composés les plus lourds restent en arrière. Le résultat se rapproche d'une eau-de-vie plus que d'un rhum de colonne.
Les blancs de la marque sont mis en bouteille sans filtration et sans additif. Ne pas filtrer, c'est accepter que le rhum se trouble légèrement au froid ou à l'eau : ce voile vient des composés gras du distillat, exactement ceux qui portent la texture en bouche. La filtration à froid les retire pour obtenir un liquide visuellement net, au prix d'une partie de la matière. Le choix inverse se voit dans le verre, et il s'assume sur l'étiquette plutôt qu'il ne se cache.
Le PMG à l'étiquette orange annonce 56 proof et titre 56 %. À ce degré, un blanc de jus de canne ne se boit pas comme un rhum réduit : la matière est dense, le nez pousse fort, et c'est le format que recherchent ceux qui montent eux-mêmes leurs cocktails, parce qu'il tient devant le sucre et l'acidité sans disparaître. C'est aussi la version qui laisse le plus de matière en bouche, le degré portant les composés les plus volatils.
Le même rhum blanc existe à l'étiquette verte, annoncée 41 proof et embouteillée à 41 %. Quinze points d'écart avec l'orange, ce n'est pas un détail : à 41 %, le rhum se donne immédiatement, l'alcool s'efface derrière la canne, et la bouteille se boit pure sans préparation. L'une et l'autre partagent la même méthode — double distillation en bain-marie, aucune filtration, aucun additif — et se distinguent par leur seul degré de mise en bouteille.
Deux repères simples. Le premier : un blanc de jus de canne se sert frais, pas glacé, car un froid excessif referme le nez et efface le végétal qui fait tout l'intérêt de ce style. Le second : sur un embouteillage à 56 %, l'eau n'est pas une faiblesse mais un réglage, et quelques gouttes suffisent à déplier le nez. Si le rhum se voile légèrement quand on l'allonge, c'est normal — c'est précisément le signe qu'il n'a pas été filtré à froid.
La cuvée Libération porte le nom d'une variété, la B47.259, dite canne rouge, coupée à la main. La coupe manuelle n'est pas un argument nostalgique. Une machine ramasse aussi la terre, les feuilles et les bouts de tige, tandis qu'un coupeur choisit la tige mûre et écarte le reste. Sur un rhum de jus de canne, où tout ce qui entre au moulin se retrouve dans la cuve de fermentation, la propreté de la matière première décide d'une bonne part du résultat final.
C'est la mention la plus inattendue de la fiche : la canne est transportée en charrette à bœufs. Le geste a l'air folklorique, il est d'abord pratique. Un attelage tasse moins le sol qu'un engin lourd, circule dans des parcelles étroites, et impose un rythme qui garde le trajet court. Une canne coupée doit rejoindre le moulin vite, sinon son jus commence à fermenter dans le champ ; à l'échelle d'une petite parcelle, l'attelage règle la question sans matériel.
Le Libération annonce neuf ans et sort à 45 %, en rhum vieux agricole. Neuf ans, c'est un séjour long pour un rhum de jus de canne, où le bois prend rapidement le dessus sur le végétal si on le laisse faire. Le type de fût n'est pas communiqué par la maison ; cette page s'en tient donc à ce qui est établi — la durée, le degré, la variété de canne et le mode de récolte. C'est une cuvée qui se raconte par le champ plus que par le chai.
Deux hommes. Luca Gargano, patron de la maison génoise Velier, à l'origine du projet ; et Gianni Capovilla, maître distillateur italien venu des eaux-de-vie de fruits, qui a conçu et installé les alambics. La marque est née de leur voyage à Marie-Galante en 2004. Ses alambics ont d'abord été installés à la distillerie Bielle, avant de rejoindre la distillerie Poisson, celle du Père Labat, où elle travaille aujourd'hui sur ses propres appareils.
C'est un alambic dont la cuve n'est pas chauffée par une flamme mais par une enveloppe d'eau qui l'entoure. La chaleur arrive de façon régulière, sans point chaud, ce qui évite de caraméliser les sucres au fond de la cuve et les notes de cuit qui vont avec. Le procédé vient du monde des eaux-de-vie de fruits, où il est courant ; il reste peu employé dans le rhum, où la colonne créole et l'alambic à repasse dominent largement.
Le degré. L'étiquette orange est embouteillée à 56 %, la verte à 41 %. Les deux sont des rhums blancs agricoles de Marie-Galante, distillés deux fois en alambic en bain-marie, non filtrés et sans additif. Le choix se fait donc sur l'usage : l'orange pour un cocktail qui doit tenir devant le sucre et l'acidité, la verte pour un verre pur ou un service plus doux.
Sur Trinquay. Notre cave en ligne réunit les bouteilles de la marque à côté des autres rhums de jus de canne de Marie-Galante et des Antilles françaises. Chaque fiche indique la matière première, le mode de distillation, le degré et les mentions portées par l'étiquette, de quoi situer un blanc distillé en bain-marie parmi les rhums agricoles plus classiques.