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Rhums Saint James

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Peu de maisons de rhum peuvent faire remonter leur histoire aussi loin. Saint James naît en 1765 sur les hauteurs de Saint-Pierre, change de site après une éruption volcanique, dépose une bouteille carrée qui la rend reconnaissable au premier coup d'œil, et se retrouve aujourd'hui à la tête de la production de rhum agricole sous appellation. Ce rayon en donne toute l'étendue : des blancs de canne aux très vieux millésimes, en passant par une série de fûts vieillis sans ouillage et par les rhums arrangés de la maison.

Saint James Rhums : une maison née en 1765 à Saint-Pierre

1765, l'année inscrite sur les étiquettes de la maison

1765 est la date que porte l'étiquette, et elle renvoie à un tafia distillé par un religieux à l'habitation sucrière Trou-Vaillant, sur les hauteurs de Saint-Pierre. Le tafia est l'ancêtre roturier du rhum, tiré des résidus de la fabrication du sucre, longtemps réservé à la consommation locale. Le rhum agricole tel qu'on l'entend aujourd'hui viendra bien plus tard, quand le jus de canne frais remplacera ces sous-produits, mais la date situe la maison parmi les plus anciennes des Antilles françaises.

Pourquoi une maison martiniquaise porte un nom anglais

Le nom ne doit rien au hasard ni à la fantaisie. Il est emprunté à un amiral anglais installé à Saint-Pierre, et il a été choisi pour une raison strictement commerciale : vendre plus facilement le rhum aux colons de Nouvelle-Angleterre, gros acheteurs de l'époque, qui se méfiaient des marchandises françaises. C'est l'un des rares cas où une marque martiniquaise s'est donné une sonorité étrangère pour franchir une frontière douanière, et cela deux siècles avant le marketing moderne.

De Saint-Pierre à Sainte-Marie, après l'éruption de 1902

La maison s'installe à Sainte-Marie vers 1860 puis, après l'éruption de la Montagne Pelée qui détruit Saint-Pierre en 1902, y transfère l'intégralité de son outil de production. Cette catastrophe a redessiné la carte du rhum martiniquais : plusieurs distilleries du nord-ouest ont disparu ce jour-là, et celles qui avaient déjà un pied ailleurs ont survécu. Sainte-Marie, sur la côte atlantique, est depuis le siège de la production et des chais.

La bouteille carrée, repère visuel du rayon

Paulin Lambert rachète le domaine entre 1882 et 1885 et dépose deux choses : le nom, et la bouteille carrée devenue la signature visuelle de la marque. Un contenant déposé, à cette époque, est autant une protection juridique qu'un repère pour l'acheteur : sur un linéaire, la silhouette identifie la maison avant l'étiquette. Elle est restée, et elle reste l'un des flacons les plus reconnaissables du monde du rhum.

Saint James, premier producteur de rhum agricole AOC Martinique

Une AOC unique au monde dans l'univers du rhum

L'AOC Martinique, reconnue en 1996, est à ce jour la seule appellation d'origine contrôlée qui existe dans l'univers du rhum : la Guadeloupe et La Réunion relèvent d'indications géographiques, bien plus souples. Elle encadre les variétés de canne autorisées, les rendements à l'hectare, la durée de fermentation, la distillation en colonne créole et les mentions de vieillissement. Elle ne garantit pas un goût, elle garantit un procédé — et la maison en est le premier producteur.

Ce que le cahier des charges interdit : le sucre ajouté

L'appellation interdit tout ajout de sucre après distillation, et plafonne le caramel colorant à 2 % d'obscuration. La portée de cette règle se mesure quand on la compare au reste du monde du rhum, où l'ajout de sucre est fréquent et rarement déclaré, et où le caramel E150a sert couramment, sans plafond chiffré, à uniformiser la robe. Sous appellation martiniquaise, la rondeur en bouche d'un rhum vieux ne vient que du temps passé en fût. C'est vérifiable, et c'est ce qui donne son sens à la mention sur l'étiquette.

Le plus grand parc de fûts de l'île, revendiqué par la maison

La maison revendique le plus grand parc de fûts de la Martinique. Un tel stock ne change pas seulement l'échelle de production : il autorise des choix qu'une petite structure ne peut pas faire, comme immobiliser des fûts isolés pendant quinze ou vingt ans pour une série confidentielle, ou constituer un XO à partir de rhums de six à dix ans. Le volume, ici, finance la rareté au lieu de la contredire.

Les Éphémères, des millésimes vieillis sans ouillage

Le fût qu'on ne remplit jamais : sans ouillage, sans réduction

L'ouillage consiste à recompléter un fût à mesure que l'évaporation le vide. Les Éphémères s'en passent : le niveau baisse, la surface de contact avec l'air augmente, et le rhum s'oxyde lentement au lieu de rester protégé. Il n'y a pas non plus de réduction à l'embouteillage, ce qui donne des degrés compris entre 51 et 56 %. C'est une prise de risque assumée — un fût mené ainsi peut décevoir, et c'est précisément pourquoi chaque sortie est jugée fût par fût.

Un fût mis en 2001, vidé en 2021 : dix-neuf ans de tropiques

La série donne les dates au jour près, ce qui permet de tout recalculer. Un fût rempli le 24 novembre 2001 a été embouteillé le 13 avril 2021, soit dix-neuf ans sous climat tropical ; un autre, mis en mars 2007, a été vidé en avril 2022 après quinze ans. Chaque numéro de la série correspond à un millésime précis — 2001, 2005, 2006, 2007 — et à un lot dont on connaît l'entrée et la sortie. Le rayon compte aussi un single cask de 2003, vieilli dix-huit ans puis reposé plus de deux ans en cuve avant l'embouteillage.

Chêne américain et chêne français, deux bois pour la série

Les Éphémères ne vieillissent pas toutes dans le même bois. La plupart séjournent en chêne américain, en fûts de 190 ou 200 litres, dont les douelles à grain large donnent vanille et noix de coco. L'une d'elles a été élevée en chêne français de 320 litres, un bois plus tannique dans un contenant plus grand : moins de bois par litre de rhum, mais un apport de nature différente. Comparer les deux sur une même série est un exercice rare, et le rayon le permet.

Du blanc Fleur de Canne aux arrangés de Sainte-Marie

Fleur de Canne, une canne récoltée en saison sèche

Le blanc Fleur de Canne, à 50 %, est issu de cannes récoltées en saison sèche, quand la plante concentre ses sucres et ses arômes faute d'eau. Il ne connaît aucun élevage sous bois : ce qu'on goûte est le distillat, sans intermédiaire. C'est la référence du ti-punch classique — un trait de sirop de canne, un morceau de citron vert, pas de glace — et une base solide pour un planteur ou un daiquiri.

Le blanc bio parcellaire des Piquets à Bœufs

Le blanc bio pousse la démarche plus loin : cannes issues des parcelles Piquets à Bœufs et Palmiste, récoltées en saison très sèche, embouteillées à 56,5 %. La conduite biologique de la canne engage plusieurs campagnes et ne se décide pas à l'embouteillage. Le degré élevé n'en fait pas un rhum réservé aux cocktails : servi frais, en petite quantité, il montre une intensité végétale et florale que la réduction à 40 % efface toujours un peu.

La gamme vieillie, du VSOP au XO

Sur les rhums vieux, la maison suit les mentions consacrées : VSOP à 43 %, un 9 ans, un XO issu de rhums de six à dix ans avec un minimum de six ans en fût, et des millésimes comme un 2001. Le vieillissement se fait sous climat tropical dans les chais de Sainte-Marie, où l'évaporation est bien plus rapide qu'en Europe. Un magnum de 2010 signé avec Velier complète cette partie du rayon, sélectionné et cosigné par le partenaire italien mais distillé et vieilli à la distillerie.

Les rhums arrangés, hors appellation et sucrés

La maison propose enfin des rhums arrangés à 35 % : ananas Victoria et vanille Bourbon, mangue et maracudja, gingembre et citron vert, banane flambée et vanille. Ils partent d'un rhum agricole de la maison, macéré plusieurs mois avec les fruits. Deux points doivent être clairs : ils contiennent du sucre, en quantité non communiquée, et ils ne relèvent pas de l'appellation, dont ils sortent dès qu'un ingrédient est ajouté. Ce sont des apéritifs à servir très frais, pas des rhums de dégustation.

Questions fréquentes sur les rhums Saint James

De quelle partie de la Martinique viennent les rhums Saint James ?

À Sainte-Marie, sur la côte atlantique de la Martinique. La maison naît en 1765 sur les hauteurs de Saint-Pierre, s'installe à Sainte-Marie vers 1860, puis y transfère la totalité de son outil de production après l'éruption de la Montagne Pelée en 1902. Les chais de vieillissement s'y trouvent également.

D'où vient la bouteille carrée de Saint James ?

Elle a été déposée par Paulin Lambert, qui rachète le domaine entre 1882 et 1885 et protège dans le même mouvement le nom de la marque et la forme du flacon. Cette silhouette carrée est depuis la signature visuelle de la maison, et l'une des plus reconnaissables du monde du rhum.

Un rhum arrangé Saint James est-il un rhum AOC ?

Non. L'arrangé part d'un rhum agricole de la maison, mais l'ajout de fruits et de sucre le fait sortir de l'appellation, qui interdit le sucrage comme l'aromatisation. Nos fiches l'indiquent clairement : les arrangés portent du sucre, en quantité non communiquée, et titrent 35 %, contre 40 % et plus pour les rhums sous appellation.

Où acheter un rhum Saint James en ligne ?

Chez Trinquay, dans ce rayon. Nous y réunissons les blancs, la gamme vieillie, les millésimes de la série Les Éphémères et les rhums arrangés de la maison, avec pour chacun le degré, l'âge ou le millésime et le détail du vieillissement. Nos cavistes vous orientent selon l'usage — ti-punch, dégustation ou cadeau — et répondent à vos questions avant l'achat.