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Rhums Shakara

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La canne à sucre n'est pas née aux Antilles : elle vient d'Asie, et c'est en Asie qu'elle a d'abord été cultivée puis transformée. Shakara joue de ce retour aux origines. Derrière ce nom se tient un rhum thaïlandais de mélasse, distillé en colonne et vieilli douze ans sous le climat du pays avant d'être embouteillé sans additif par La Maison & Velier. Ce rayon rassemble ce qui porte la marque et donne les repères qui permettent de la situer : d'où vient le rhum, comment il a été élevé, et ce que signifient les mentions inscrites sur son étiquette.

Rhums Shakara, un rhum thaïlandais lancé par La Maison & Velier

Shakara n'est pas une distillerie mais une marque, portée par un embouteilleur qui sélectionne un distillat, décide de son élevage et le met en bouteille sous son propre nom. Cette distinction est courante dans les spiritueux et elle mérite d'être posée d'emblée, parce qu'elle explique la façon dont l'étiquette est renseignée.

La coentreprise nouée en 2017 entre Paris et Gênes

La Maison & Velier est née en 2017 du rapprochement de deux acteurs installés de longue date sur le spiritueux de dégustation : La Maison du Whisky, importateur et distributeur parisien, et Velier, la maison génoise dirigée par Luca Gargano. Velier s'est fait connaître des amateurs de rhum par ses embouteillages de distilleries caribéennes, souvent au degré de sortie de fût et sans retouche. La coentreprise a prolongé cette démarche hors des Caraïbes, en allant chercher des distillats dans des pays producteurs rarement représentés sur le marché européen de la dégustation. Shakara relève de cette logique : un rhum d'Asie du Sud-Est proposé au même niveau d'exigence qu'un rhum des Antilles.

Shakar, le mot que la marque fait remonter au sucre

Le nom de la marque renvoie à shakar, un mot que la maison présente comme sanskrit et traduit par « sucre ». L'intention est claire : rappeler que la canne et le sucre sont des inventions asiatiques, et que le mot qui les désigne dans les langues européennes a voyagé depuis l'Orient, de proche en proche, avant de donner notre « sucre ». C'est un choix de nom cohérent avec le projet, puisqu'il s'agit précisément de ramener le rhum vers le berceau de sa matière première.

Une distillerie thaïlandaise que l'étiquette ne nomme pas

Un point mérite d'être signalé avant l'achat : le nom de la distillerie qui produit ce rhum n'est pas communiqué. L'étiquette et la documentation de la marque indiquent le pays, la province et la méthode, mais pas le site de production. Cette discrétion, fréquente lorsqu'un producteur fournit un distillat destiné à être vendu sous une autre marque, n'enlève rien à la traçabilité technique de la bouteille : la matière première, le mode de distillation, la durée d'élevage, le type de fût et le lieu de vieillissement sont tous renseignés. Il faut simplement savoir qu'aucun nom de distillerie ne viendra compléter ce tableau, et se méfier des attributions qui circulent sans être confirmées par la maison.

La mélasse de Nakhon Pathom et la distillation en colonne

La Thaïlande figure parmi les grands pays producteurs de canne à sucre. Elle dispose donc en abondance de la matière première qui alimente la filière traditionnelle du rhum, et d'une industrie sucrière capable de la fournir de façon régulière.

Nakhon Pathom, dans la plaine sucrière à l'ouest de Bangkok

Le rhum vient de la province de Nakhon Pathom, dans la plaine centrale, à l'ouest de Bangkok. C'est une région agricole fertile, irriguée, où la canne côtoie les autres cultures de la plaine, et le climat y est celui de la Thaïlande centrale : chaud toute l'année, avec une saison des pluies marquée et une humidité élevée. Cette donnée climatique n'est pas un décor. Elle intervient directement dans la suite de l'histoire de la bouteille, puisque c'est sur place, dans cet air-là, que le rhum a passé ses années de fût.

La mélasse plutôt que le jus de canne pressé

La matière première est de la mélasse, ce résidu sirupeux qui subsiste une fois le sucre cristallisé extrait du jus de canne. C'est la voie du rhum traditionnel, majoritaire dans le monde, par opposition à la filière agricole qui fait fermenter le jus de canne fraîchement pressé. La mélasse présente un avantage industriel décisif : elle se conserve et se transporte, ce qui déconnecte la distillation du calendrier de la coupe. Sur le plan aromatique, elle oriente le rhum vers des registres plus cuits et plus profonds que le végétal d'un rhum de vesou.

La colonne continue et le profil qu'elle dessine

La distillation est conduite en colonne. Le principe diffère de celui de l'alambic à repasse, qui travaille par charges successives : dans une colonne, le liquide fermenté est introduit en continu et se sépare au fil des plateaux, ce qui permet de viser un degré de sortie élevé et un distillat plus net. Ce mode de production est celui de l'immense majorité des rhums du monde, et il n'a rien d'un procédé au rabais : la finesse recherchée y dépend du réglage des plateaux et du point de coupe, exactement comme la conduite d'un alambic dépend du distillateur.

Douze ans de fût passés sous le climat thaïlandais

C'est probablement ce qui distingue le plus cette bouteille. Un rhum de douze ans n'a rien d'exceptionnel en soi ; un rhum de douze ans dont la totalité de l'élevage s'est déroulée sous un climat tropical, en revanche, n'a pas grand-chose à voir avec un spiritueux du même âge élevé en Europe.

Un vieillissement tropical conduit du premier au dernier jour sur place

L'étiquette porte la mention vieillissement tropical intégral. Elle signifie que le fût n'a pas été rapatrié en zone tempérée pour y finir sa maturation, pratique pourtant courante chez les embouteilleurs européens, qui achètent un distillat jeune et l'élèvent ensuite dans leurs propres chais. Ici, les douze années se sont déroulées en Thaïlande. C'est une information utile à l'achat, car la mention d'âge seule ne dit rien du lieu : deux bouteilles affichant le même nombre d'années peuvent avoir connu des maturations très différentes.

Le bois qui avait d'abord servi au whiskey

Le rhum a séjourné dans des fûts ayant contenu du bourbon. C'est le bois le plus répandu dans le monde du rhum, pour une raison réglementaire : le bourbon doit vieillir en fûts de chêne neufs, si bien que les distilleries américaines revendent en continu des barriques n'ayant servi qu'une fois. Un fût de ce type a déjà cédé au whiskey une partie de ses composés les plus violents ; il apporte au rhum des registres de vanille, de coco et d'épices douces, sans dominer le distillat comme le ferait un chêne neuf.

Une évaporation que la chaleur et l'humidité accélèrent

Sous les tropiques, les échanges entre le bois et le liquide sont bien plus rapides qu'en cave continentale, et l'évaporation annuelle atteint des niveaux sans commune mesure avec ceux d'un chai écossais ou français. Une part importante du contenu de chaque fût disparaît ainsi au fil des années. La conséquence est double : le volume final est restreint, ce qui pèse sur le prix, et le rhum atteint en douze ans un degré d'extraction que le même fût mettrait beaucoup plus longtemps à donner sous un climat tempéré.

Un hors d'âge embouteillé à 45,7 % sans additif

Restent les mentions qui figurent sur l'étiquette elle-même, celles qui décrivent non plus la production mais le contenu exact de la bouteille.

Le degré de 45,7 %, au-dessus des 40 % les plus courants

Le rhum est embouteillé à 45,7 %. C'est sensiblement au-dessus des 40 % qui restent le degré de référence de la grande distribution, sans atteindre le brut de fût, où le rhum part en bouteille au degré exact où il sort du bois. Ce niveau intermédiaire est un choix de dégustation assez répandu chez les embouteilleurs indépendants : il conserve davantage de matière et de longueur qu'une réduction à 40 %, tout en restant abordable sans ajout d'eau dans le verre.

Sans additif ni sucre ajouté, une revendication de la maison

L'étiquette porte la mention sans additif, et la maison revendique l'absence de sucre ajouté après distillation. C'est un sujet sensible dans le rhum, où la réglementation européenne tolère un édulcorage qui n'a pas à être déclaré, et où certaines marques très sucrées se vendent comme des rhums de dégustation. Il faut lire cette information pour ce qu'elle est : une revendication de la maison, non un contrôle indépendant. Elle reste précieuse, parce qu'elle engage l'embouteilleur et qu'elle donne à l'acheteur un critère de comparaison objectif face à des bouteilles qui, elles, restent silencieuses sur la question.

Servir un rhum de mélasse de douze ans

Un rhum de cet âge et de ce degré se sert pur, à température ambiante, dans un verre resserré vers le haut qui rassemble les arômes. Le glaçon est à éviter : le froid ferme le nez et la dilution rapide écrase le travail du bois. Quelques gouttes d'eau, à l'inverse, peuvent être ajoutées progressivement pour ouvrir le verre, méthode empruntée à la dégustation du whisky et parfaitement transposable ici. Une bouteille entamée se garde debout, bouchon en place, à l'abri de la lumière et de la chaleur.

Questions fréquentes sur les rhums Shakara

Qui produit le rhum Shakara ?

Shakara est une marque de La Maison & Velier, la coentreprise formée en 2017 par La Maison du Whisky et la maison génoise Velier. Le rhum est distillé en Thaïlande, dans la province de Nakhon Pathom, mais le nom de la distillerie qui le produit n'est pas communiqué par la maison.

Le Shakara 12 ans a-t-il vieilli en Europe ?

Non. L'étiquette porte la mention de vieillissement tropical intégral : les douze années de fût se sont déroulées en Thaïlande, sans rapatriement en zone tempérée pour la fin de la maturation. Sous ce climat, l'évaporation et les échanges avec le bois sont nettement plus rapides qu'en cave continentale.

Le rhum Shakara contient-il du sucre ajouté ?

La maison revendique l'absence de sucre ajouté après distillation, et l'étiquette porte la mention sans additif. Il s'agit d'une déclaration de l'embouteilleur : la réglementation européenne n'impose pas de déclarer l'édulcorage d'un rhum, ce qui rend cette prise de position d'autant plus utile à l'acheteur.

Où acheter un rhum Shakara en ligne ?

Les rhums Shakara sont disponibles sur Trinquay, cave en ligne spécialisée dans le vin, le champagne et les spiritueux. Chaque bouteille y est présentée avec son degré, sa matière première, son type de fût et les mentions portées par son étiquette.