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Rhums Swell de Spirits

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Il existe deux façons de mettre son nom sur une bouteille de rhum : distiller soi-même, ou choisir des fûts distillés ailleurs et les embouteiller sous sa propre étiquette. Swell de Spirits relève de la seconde. La maison achète des barriques, les suit, décide du moment de la mise en bouteille, et sort des séries limitées portant chacune un nom et un numéro. Cette page réunit ses embouteillages de rhum et explique comment lire ce type d'étiquette, où l'information essentielle ne se trouve pas au même endroit que sur une bouteille de distillerie.

Derrière les rhums Swell de Spirits, un embouteilleur indépendant français

Swell de Spirits est une maison française créée en 2021. Elle n'exploite ni champ de canne ni alambic : son métier consiste à sélectionner des fûts auprès de distilleries et de courtiers, à les faire vieillir ou attendre selon les cas, puis à les embouteiller. Ce modèle est ancien dans le whisky écossais et il s'est largement diffusé dans le monde du rhum depuis une vingtaine d'années. Il donne accès à des distillats que les producteurs eux-mêmes ne commercialisent pas sous cette forme.

Michael et Kelly, deux fondateurs installés depuis 2021

La maison a été fondée par Michael et Kelly, un couple venu d'un tout autre secteur : Michael Barbaria était ingénieur dans l'aéronautique avant de faire de la sélection de fûts son métier. Cette trajectoire n'a rien d'exceptionnel chez les embouteilleurs indépendants, souvent nés d'une passion d'amateur transformée en activité. Elle explique en partie le positionnement de la maison, tournée vers des eaux-de-vie de caractère plutôt que vers des profils consensuels, et vers des tirages courts assumés comme tels.

L'achat de fûts, un métier distinct de la distillation

Acheter un fût, c'est acheter un distillat déjà fait, dont on ne peut plus modifier ni la fermentation ni la distillation. Le travail de l'embouteilleur se joue donc ailleurs : dans le choix de la barrique, dans la décision du moment où elle sera tirée, et dans l'éventuel séjour supplémentaire qu'on lui fait subir avant la mise en bouteille. C'est un métier de sélection et de patience, où deux fûts issus de la même distillerie et de la même année peuvent donner deux bouteilles très différentes.

Des séries nommées et numérotées plutôt qu'une gamme fixe

La maison n'a pas de gamme permanente au sens classique : elle publie des séries, chacune portant un nom et un numéro d'ordre. That's The Spirit rassemble les rhums de tradition anglaise, Wild Nature les distillats les plus chargés en esters, Easy Peasy les assemblages. Le numéro qui suit le nom situe l'embouteillage dans sa série. Une conséquence pratique pour l'acheteur : deux bouteilles portant le même nom de série ne contiennent pas le même rhum, et il faut lire le numéro, l'origine et l'année pour savoir de quoi il s'agit.

Le brut de fût, une mention portée par les millésimes de la maison

Sur ses embouteillages millésimés, la maison affiche la mention brut de fût. Elle signifie que le rhum est mis en bouteille au degré auquel il se trouvait dans la barrique, sans ajout d'eau pour le ramener à un titre commercial. C'est un choix courant chez les embouteilleurs indépendants et il change la manière d'aborder la bouteille, autant à la dégustation qu'au dosage dans un verre.

Le degré de mise en bouteille donné par la barrique

Un distillat entre en fût à un degré élevé et perd de l'alcool au fil des années, d'autant plus vite que le climat est chaud. Le degré final n'est donc pas une décision commerciale mais le résultat d'un parcours : il enregistre la durée du séjour et les conditions du chai. Deux bouteilles brut de fût du même embouteilleur peuvent ainsi titrer plusieurs degrés d'écart sans que rien n'ait été fait pour les rapprocher, quand un rhum réduit à quarante degrés aura été calibré pour rester identique d'un lot à l'autre.

Les millésimes 2008 et 2014, embouteillés sans réduction

Les embouteillages millésimés réunis ici la portent. Le millésime 2008 de Trinidad titre 63,7 degrés et l'étiquette ajoute qu'il n'a été ni réduit ni filtré ; le millésime 2014 des Fidji atteint 66,1 degrés. Ces degrés ne sont pas un argument de puissance : ils indiquent simplement que rien n'a été retiré ni ajouté après le fût. À la dégustation, ils demandent un service en petite quantité, éventuellement avec quelques gouttes d'eau, que chacun ajuste selon son goût.

Le nombre d'exemplaires annoncé sur l'étiquette

Les séries de la maison sont limitées et le tirage figure sur la bouteille. Le millésime 2014 des Fidji a été tiré à 366 exemplaires, l'assemblage Easy Peasy à 1 400. Ce chiffre n'est pas décoratif : il dit combien de fûts ont été assemblés, donc à quel point la bouteille est reproductible. Un tirage de quelques centaines d'exemplaires vient généralement d'une seule barrique, et il ne sera pas réédité à l'identique une fois épuisé. Un tirage plus large suppose un assemblage de plusieurs fûts.

Les distillats que la maison choisit d'embouteiller

Les rhums réunis ici viennent d'horizons très différents, et c'est la logique même d'un embouteilleur : chaque bouteille est un cas particulier, pas la déclinaison d'un style maison. Des origines caribéennes de tradition anglaise, des distillats du Pacifique et des assemblages multi-origines cohabitent sous la même étiquette.

Un heavy Trinidad de mélasse distillé en 2008

Un premier embouteillage vient de Trinité-et-Tobago, distillé en 2008 par Trinidad Distillers Ltd, et porte la mention heavy Trinidad rum. Ce terme désigne les rhums de mélasse trinidadiens les plus chargés, à l'opposé des distillats légers de colonne que l'île produit également. Cette bouteille appartient à la série That's The Spirit, celle que la maison consacre aux rhums de tradition anglaise, c'est-à-dire aux rhums de mélasse des anciennes colonies britanniques des Caraïbes.

Un pure single rum des Fidji distillé en 2014

Un autre vient des Fidji, de la région de Lautoka, et il est distillé en 2014. Il porte deux mentions qui se complètent : pure single rum, qui désigne un rhum issu d'une seule distillerie et distillé intégralement à l'alambic à repasse, et 100 % alambic à repasse, qui le confirme. Les rhums fidjiens sont recherchés par les amateurs de profils estérés, ces distillats fruités et intenses que la fermentation et l'alambic à repasse produisent ensemble. Il appartient à la série Wild Nature, réservée par la maison à ce registre.

Un assemblage de quatre origines chez Easy Peasy

L'Easy Peasy Series #1 est d'une autre nature : un blended rum, assemblage de quatre origines, réunissant des distillats de jus de canne frais et de mélasse. Il titre 51 degrés et a passé jusqu'à deux ans sous climat tropical. Aucune origine unique ne lui est attribuée, ce qui est cohérent avec sa catégorie : un assemblage se juge sur son équilibre, pas sur la provenance d'un seul fût. C'est la série Easy Peasy, celle que la maison consacre aux assemblages, et le tirage annoncé est de 1 400 bouteilles.

Deux climats successifs dans la vie d'un fût

Une particularité revient sur les millésimes de la maison : le fût n'a pas passé toute sa vie au même endroit. Il a d'abord vieilli sous les tropiques, près de son lieu de distillation, puis a été rapatrié en Europe pour y poursuivre sa maturation en climat continental. Les deux phases n'ont pas le même effet, et leur enchaînement se lit dans le détail de l'étiquette.

Le millésime 2008 de Trinidad et ses quatorze ans de fût

Ce rhum a passé onze ans à Trinidad, dans un fût ayant contenu du bourbon, puis trois ans en climat continental européen. Le total, quatorze ans, est celui qui figure dans le nom de la bouteille. Le premier séjour, sous un climat chaud, fait perdre beaucoup de volume et marque vite le distillat par le bois ; le second, plus frais, ralentit le mouvement et laisse le chêne se fondre. Onze ans de tropiques ne se comparent pas à onze ans d'Écosse ou de Charente.

Le millésime 2014 des Fidji, vieilli sur deux continents

Même principe pour le fidjien, avec un partage inverse : deux ans seulement sous climat tropical aux Fidji, puis sept ans en climat continental, soit neuf ans de fût au total. La proportion change tout. Un fût qui quitte tôt les tropiques garde davantage du caractère de son distillat de départ, quand un fût qui y reste longtemps se laisse marquer par le bois. Deux bouteilles du même embouteilleur peuvent donc raconter deux histoires de vieillissement opposées.

L'âge d'une bouteille, somme de ses deux séjours

Pour ce type d'embouteillage, l'âge affiché correspond au cumul des durées passées en fût, où qu'elles se soient déroulées. C'est pourquoi le détail du parcours a autant d'importance que le nombre lui-même : deux rhums de quatorze ans, l'un vieilli intégralement aux tropiques, l'autre partagé entre deux climats, n'auront ni la même concentration ni la même couleur. Une étiquette d'embouteilleur qui précise les deux séjours donne à l'acheteur de quoi comparer, là où un simple âge laisse la question ouverte.

Questions fréquentes sur les rhums Swell de Spirits

Comment lire l'âge d'un rhum Swell de Spirits ?

L'année inscrite sur l'étiquette est l'année de distillation, pas une durée. L'âge se lit dans le détail du vieillissement, qui additionne le séjour tropical et le séjour européen : onze ans à Trinidad et trois ans en Europe donnent les quatorze ans du millésime 2008.

Pourquoi certains rhums Swell de Spirits titrent-ils plus de 60 degrés ?

Parce qu'ils sont embouteillés brut de fût, c'est-à-dire au degré atteint dans la barrique, sans ajout d'eau. Le millésime 2008 de Trinidad titre 63,7 degrés, celui des Fidji 66,1. Les embouteillages qui ne portent pas cette mention peuvent titrer nettement moins.

Swell de Spirits embouteille-t-il d'autres spiritueux que le rhum ?

Oui. La maison achète et embouteille aussi des fûts de whisky, d'armagnac et de cognac, selon la même logique de séries limitées. Notre catalogue lui consacre également un rayon de cognac.

Où acheter un rhum Swell de Spirits en ligne ?

Sur Trinquay. Notre rayon consacré à Swell de Spirits réunit les embouteillages de rhum de la maison, aux côtés des autres sélections indépendantes du catalogue. Chaque fiche précise l'origine, le millésime, le degré et le détail du vieillissement.