- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Le Belize occupe une place discrète sur la carte du rhum. Coincé entre le Mexique et le Guatemala, sur la façade caraïbe de l'Amérique centrale, ce petit pays anglophone n'a jamais eu l'aura rhumière de la Jamaïque ou de la Barbade. Il abrite pourtant une distillerie dont les fûts intéressent depuis des années les embouteilleurs européens, au point que les bouteilles vendues en Europe portent le plus souvent le nom de la maison qui les a choisis plutôt que celui du site qui les a produites. Ce rayon rassemble ces embouteillages et donne les repères pour les lire.
L'histoire de la maison ne commence pas par un alambic mais par un comptoir, ce qui explique un nom que rien, dans le vocabulaire du rhum, ne laisserait deviner.
En 1953, Jaime Omario Perdomo ouvre à Belize City un établissement baptisé Travellers. C'est un bar, pas une distillerie, et c'est de ce commerce que naîtra tout le reste. Cette origine mérite d'être rappelée parce qu'elle est souvent compressée : on lit fréquemment que la distillerie aurait été fondée en 1953, alors que cette date est celle du débit de boissons qui lui a donné son nom et sa clientèle. Le passage du comptoir à la production s'est fait bien plus tard, par étapes.
La distillerie est officiellement enregistrée en 1983, trente ans après le bar. Le site de Belmopan, la capitale administrative installée à l'intérieur des terres, est racheté et rééquipé en 1989. C'est cette installation qui produit aujourd'hui le distillat que l'on retrouve dans les bouteilles vendues en Europe. Reconstituer cette chronologie n'est pas un détail d'érudition : elle explique pourquoi les millésimes disponibles à la dégustation commencent bien après la date que la maison met en avant dans son récit.
L'activité est répartie sur deux villes. La distillation a lieu à Belmopan, tandis que les bureaux, les chais de vieillissement et l'embouteillage sont restés à Belize City, sur la côte. Cette séparation entre le lieu de production et le lieu d'élevage est courante dans l'industrie du rhum, et elle a une conséquence pratique : un fût qui vieillit au Belize le fait dans les conditions du littoral caraïbe, chaudes et humides, et non dans celles de l'intérieur.
Ce qui distingue techniquement cette distillerie tient moins à son outil qu'à la façon dont elle conduit l'étape qui précède la distillation.
La matière première est la mélasse locale, issue de l'industrie sucrière du pays, et la fermentation y est menée de façon naturelle, sans recours aux acides accélérateurs employés ailleurs dans la région pour raccourcir le cycle. Le procédé consiste à laisser la cuve travailler à son rythme plutôt qu'à forcer la transformation des sucres. Une fermentation plus longue coûte du temps et de la capacité, mais elle laisse se former davantage de composés aromatiques, ceux-là mêmes qui survivront à la distillation et à des années de fût. C'est un choix que les embouteilleurs indépendants regardent de près lorsqu'ils sélectionnent une origine.
La distillation est conduite sur une colonne continue à trois colonnes. Il faut se représenter un ensemble où le liquide fermenté circule sans interruption et se sépare progressivement au fil des plateaux, chaque colonne affinant le travail de la précédente. Ce type d'installation permet de viser un degré de sortie élevé et un distillat net, très différent de ce que donne un alambic à repasse travaillant par charges. Il ne s'agit pas d'un outil de commodité : le réglage du point de coupe et le nombre de plateaux traversés déterminent directement le caractère du rhum obtenu.
Travellers est la plus ancienne et la plus grande distillerie du Belize. Elle a longtemps été la seule référence rhumière connue du pays, et c'est à travers elle que le Belize est entré dans les catalogues des embouteilleurs européens. Le pays compte depuis une autre production de rhum, plus récente et bâtie sur un modèle différent, ce qui n'enlève rien à l'antériorité ni au volume de Belmopan.
Un point désoriente souvent l'acheteur : les bouteilles présentées ici ne portent pas toutes le même nom sur l'étiquette principale. Elles proviennent pourtant de la même distillerie. La raison est simple : ce sont des embouteillages indépendants, où une maison européenne achète un ou plusieurs fûts, les élève ou les fait élever, puis les met en bouteille sous sa propre marque en indiquant la distillerie d'origine.
Le millésime 2006 a été retenu par Adelphi Selection et embouteillé à partir du fût numéro 14, après dix-neuf ans passés en bourbon hogshead, ce format de fût d'environ deux cent cinquante litres reconstruit à partir de barriques de bourbon. Il sort à 61 %, sans réduction, sans filtration à froid et sans colorant. C'est la définition même de l'embouteillage de fût unique : ce qui est dans la bouteille correspond au contenu d'une seule barrique, identifiée par son numéro.
Le millésime 2007 a été choisi par Kill Devil, la ligne consacrée au rhum par la maison Hunter Laing. Le distillat a été produit en colonne en juin 2007, puis élevé quatorze ans avant d'être embouteillé à la main en Écosse, à 67,3 %. Ce degré, très au-dessus des habitudes du marché, s'explique par le refus de toute réduction : le rhum part en bouteille au titre alcoométrique auquel il est sorti du bois.
Le millésime 2008 est signé Mezan, qui l'a embouteillé à 46 % en portant explicitement sur l'étiquette la mention de la distillerie Travellers, la colonne continue et la fermentation naturelle. Cette bouteille se distingue des deux autres par son parcours d'élevage et par une déclaration précise sur le sucre, sur laquelle il faut s'arrêter.
Les mentions techniques inscrites sur ces bouteilles ne sont pas décoratives : chacune correspond à un engagement vérifiable, et surtout, elles ne s'appliquent pas toutes aux mêmes flacons.
Les millésimes 2006 et 2007 portent tous deux les mentions single cask et brut de fût. La première signifie qu'une seule barrique est à l'origine de l'embouteillage, sans assemblage destiné à lisser le résultat ; la seconde, que le degré de mise en bouteille est celui du fût, sans ajout d'eau. Les deux vont souvent ensemble, mais elles disent des choses distinctes : on peut réduire un fût unique, et on peut embouteiller au degré du fût un assemblage de plusieurs barriques.
Les mêmes bouteilles indiquent qu'elles n'ont été ni filtrées à froid ni colorées. La filtration à froid consiste à refroidir le liquide pour en retirer les composés qui le troublent lorsqu'il descend en température ; elle rend la bouteille visuellement stable mais retire au passage une partie de la matière. Le colorant, lui, est du caramel ajouté pour uniformiser la teinte d'un lot à l'autre. Renoncer aux deux, c'est accepter qu'une bouteille se trouble dans un verre glacé et que sa couleur varie, en échange d'un contenu intact.
Le millésime 2008 suit un parcours différent des deux autres, et cette différence lui appartient en propre. Il a passé trois ans au Belize, en fûts de bourbon américain à forte chauffe, avant de connaître un réélevage en Europe dans des fûts de chêne blanc ayant contenu d'autres rhums caribéens. Deux climats, donc deux vitesses de maturation, et un bois de seconde phase déjà imprégné de rhum plutôt que de whiskey. C'est également la seule des trois bouteilles à déclarer un dosage en sucre, mesuré à 0 g/L, et à porter la mention sans sucre ajouté.
Au Belize, en Amérique centrale. La distillation est installée à Belmopan, la capitale administrative située à l'intérieur des terres, tandis que les bureaux, les chais de vieillissement et l'embouteillage sont restés à Belize City, sur la côte caraïbe.
Parce qu'il s'agit d'embouteillages indépendants. Une maison européenne achète un ou plusieurs fûts à la distillerie, en assure ou en fait assurer l'élevage, puis les met en bouteille sous sa propre marque en indiquant l'origine du distillat. Adelphi, Kill Devil et Mezan procèdent ainsi, ce qui explique que trois étiquettes différentes renvoient au même site de production.
Les deux. Il a passé trois ans au Belize en fûts de bourbon américain à forte chauffe, puis a été réélevé en Europe dans des fûts de chêne blanc ayant contenu d'autres rhums caribéens. Ce parcours en deux climats lui est propre : les millésimes 2006 et 2007 ne le partagent pas.
Les rhums Travellers sont disponibles sur Trinquay, cave en ligne spécialisée dans le vin, le champagne et les spiritueux. Chaque bouteille y est présentée avec son millésime, son degré, son embouteilleur et les mentions portées par son étiquette.