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Trinidad Distillers est la distillerie des rhums Angostura, installée à Laventille, aux portes de Port of Spain. C'est aujourd'hui la seule adresse de production encore en activité sur l'île. Elle travaille la mélasse en colonne continue, pour un rhum net et sec, plus léger que ceux de la Jamaïque voisine. Une part régulière de ses fûts part chez des embouteilleurs indépendants, qui ne sont pas toujours autorisés à inscrire le nom du producteur sur l'étiquette : le mot « Trinidad » y remplace alors celui de la distillerie. Cette page explique ce que recouvre ce mot quand on le lit sur une bouteille.
Trinidad Distillers Limited est installée à Laventille, en périphérie de Port of Spain, la capitale de Trinité-et-Tobago. C'est de cette adresse unique que sortent aujourd'hui les rhums de l'île, qu'ils soient vendus sous le nom de la maison ou sous celui d'un embouteilleur étranger. L'échelle est industrielle et la production largement tournée vers l'export, ce qui explique qu'on croise du rhum de Trinité dans beaucoup de gammes indépendantes européennes, souvent sans savoir précisément d'où il sort. La réponse est pourtant simple, et c'est ce qui rend cette origine particulière.
Trinidad Distillers est la distillerie des rhums Angostura, la marque la plus connue de l'île. Le nom d'Angostura est surtout familier au grand public pour ses bitters, mais la maison est aussi un producteur de rhum de premier plan, et c'est bien de rhum qu'il s'agit ici. Un amateur qui découvre un « Trinidad Rum » chez un embouteilleur indépendant tient donc un distillat issu de la même distillerie que les bouteilles Angostura. Le nom porté par l'étiquette change, la source ne change pas.
Trinité a compté d'autres distilleries, dont Caroni, arrêtée depuis. Trinidad Distillers est aujourd'hui la seule encore en activité sur l'île, ce qui donne au mot « Trinidad » une précision que peu de noms de pays possèdent sur une étiquette de spiritueux. Écrire « rhum de la Jamaïque » ou « rhum de la Barbade » laisse le choix entre plusieurs producteurs ; écrire « rhum de Trinidad » sur une production récente ne laisse aucune ambiguïté. C'est une singularité de cette origine, et elle mérite d'être expliquée avant tout le reste.
La distillerie travaille la mélasse, ce sirop brun qui subsiste une fois les cristaux de sucre extraits. C'est la matière première du rhum traditionnel, par opposition au jus de canne frais qui définit le rhum agricole des Antilles françaises. Trinité a longtemps été une grande île sucrière, et son industrie du rhum s'est bâtie sur ce sous-produit, comme partout dans les Caraïbes anglophones. La mélasse offre un avantage décisif à cette échelle : elle se stocke et se transporte, ce qui permet de distiller toute l'année sans dépendre du calendrier de la coupe.
La distillation se fait en colonne continue. Une colonne fonctionne sans interruption et sort un distillat plus pur, moins chargé en composés lourds, là où un alambic à repasse travaille par charges et en conserve davantage. Ce choix d'appareil est le premier facteur du profil de la maison, avant même le passage en fût. Il rapproche ces rhums des productions de colonne d'Amérique latine plus que de l'école jamaïcaine, alors même que Trinité relève historiquement de la tradition anglaise de la mélasse.
Le style de la maison est net, sec, et plus léger que celui des rhums jamaïcains. Il ne faut pas le confondre avec le « heavy Trinidad », ce profil lourd, goudronné et fumé qui a fait la réputation de Caroni : ce style appartenait à l'autre distillerie de l'île, celle qui a fermé. Les deux ont coexisté sous le même nom de pays pendant des décennies, et la confusion est fréquente. Un rhum de Trinité distillé aujourd'hui est un rhum de colonne, droit et propre ; un heavy Trinidad provient d'un stock ancien qui ne se renouvelle plus.
Une part régulière de la production part en fûts vers des maisons d'embouteillage indépendantes, souvent européennes. Ces maisons achètent du rhum déjà distillé, le laissent vieillir ou le reprennent tel quel, puis le mettent en bouteille sous leur propre nom. Le circuit est ancien et parfaitement établi dans le monde des spiritueux, calqué sur ce que le whisky écossais pratique depuis longtemps. La distillerie y trouve un débouché régulier, et l'embouteilleur une matière qu'il n'aurait pas les moyens de produire lui-même.
Ces maisons ne sont pas toujours autorisées à faire figurer le nom de la distillerie sur l'étiquette. Quand la mention est écartée par contrat, le nom du pays prend sa place : « Trinidad Rum » devient une désignation d'origine suffisante, puisqu'il ne reste qu'un producteur sur l'île. La pratique existe partout où une distillerie protège sa marque tout en vendant ses fûts. Ce qui rend le cas trinidadien particulier, c'est que la contrainte ne masque plus rien : le nom du pays et celui du producteur désignent la même adresse.
Face à une bouteille qui n'annonce qu'un pays, quelques repères permettent de se situer. L'année de distillation, la durée de fût et le nom de l'embouteilleur suffisent le plus souvent à savoir ce qu'on achète. S'y ajoute le degré, qui indique si le rhum a été réduit avant la mise en bouteille. Sur une origine à producteur unique, l'absence du nom de la distillerie ne prive donc d'aucune information réelle, contrairement à ce qui se passe sur une île qui en compte plusieurs et où le silence de l'étiquette laisse un vrai doute.
Le Green Label porte son année de distillation, 2011, et sort à 46 %. La fiche ne mentionne pas de brut de fût : le degré a donc été arrêté avant la mise en bouteille, et non hérité tel quel du bois. Quarante-six pour cent est un palier bien identifié dans le whisky comme dans le rhum, souvent retenu parce qu'il permet de se passer de filtration à froid tout en restant confortable à la dégustation. Aucun dosage en sucre n'est déclaré sur cette bouteille, le champ étant vide.
La bouteille annonce onze ans de vieillissement. Ni le type de fût ni le lieu de l'élevage ne sont précisés : rien ne dit si ces onze années se sont déroulées sous les tropiques, en Europe, ou pour partie dans chacun des deux. La distinction compte, parce qu'un rhum vieilli à Trinité perd beaucoup plus au fût qu'un rhum vieilli dans un chai écossais, et qu'onze ans ne recouvrent donc pas la même réalité selon le climat. Cette page ne comblera pas la donnée manquante : elle se contente de la signaler.
Cadenhead compte parmi les plus anciens embouteilleurs indépendants écossais, et Green Label désigne l'une de ses lignes. Chez un embouteilleur, le nom de la ligne renseigne sur la façon dont la bouteille a été traitée avant la mise, davantage que sur son origine. C'est donc la signature de l'embouteilleur qui engage ici la démarche, puisque celle du producteur ne figure pas sur l'étiquette. Le millésime, l'âge et le degré font le reste : sur une origine à distillerie unique, cela suffit à savoir ce que l'on ouvre.
À Laventille, aux portes de Port of Spain, la capitale de Trinité-et-Tobago. C'est la distillerie des rhums Angostura, et la seule encore en activité sur l'île. Elle travaille la mélasse en colonne continue, pour un rhum net et sec, plus léger que les rhums jamaïcains. Tout rhum trinidadien produit aujourd'hui en sort, quel que soit le nom porté par l'étiquette.
Parce que les embouteilleurs indépendants ne sont pas toujours autorisés par contrat à inscrire le nom du producteur, et que le nom du pays prend alors sa place. Comme il ne reste qu'une distillerie en activité sur l'île, la mention suffit à désigner l'origine sans rien dissimuler : « Trinidad Rum » et « Trinidad Distillers » renvoient au même endroit.
Non, c'est un rhum traditionnel. La matière première est la mélasse, résidu de la fabrication du sucre, et non le jus de canne frais qui définit le rhum agricole. La distinction ne dit rien de la qualité : elle indique le point de départ. Trinité relève de l'école anglaise de la mélasse, comme la Barbade, la Jamaïque et le Guyana.
Trinquay réunit les rhums de Trinidad sur cette page, avec le millésime, l'âge, le degré et le nom de l'embouteilleur tels qu'ils sont déclarés. Les données absentes des étiquettes, comme le type de fût ou le lieu de vieillissement, sont signalées comme telles et jamais reconstituées par déduction.