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Trinquay est d'abord une cave. Le rayon sucré qui l'accompagne tient en trente-cinq références et six maisons, choisies une à une : deux nougateries, un confiseur d'Aix-en-Provence, un caramélier de l'Oise, un homme de fruits et une distillerie du Lot. C'est court, et c'est voulu.
Cinq familles se partagent ce rayon, et leur poids respectif raconte mieux que n'importe quelle promesse ce qu'il est réellement. Les confitures et les pâtes à tartiner arrivent en tête avec dix références, les guimauves suivent avec neuf, les caramels avec sept, les confiseries avec six, les chocolats avec trois. Aucune famille n'est assez large pour donner son nom à l'ensemble, et c'est pour cette raison que la page s'appelle simplement nos douceurs.
Huit guimauves sortent de la fabrique Arnaud Soubeyran, à Montélimar : framboise, vanille, anis, myrtille, fleur d'oranger, citron, cola, plus une fleur d'oranger enrobée de lait vendue sous le nom de Guimochoc. La maison André Boyer, à Sault, complète la famille avec ses guimauves à l'ancienne. C'est la seule famille du rayon où l'on peut composer un assortiment de sept parfums sans changer de maison, et la plus simple à poser sur une table où il y a des enfants.
Cinq caramels viennent de Mon Pari Gourmand, artisan confiseur depuis 1957, et portent les noms de la maison : Girafine, Robby, sel et mirabelle, fruit du Sud, avec un dernier au lait cru. Les deux autres sont signés Brémond, à Aix-en-Provence, l'un à la fleur de sel, l'autre à la pistache. Dans les deux ateliers, la cuisson est menée lentement, à basse température et par petits volumes : c'est ce qui donne au caramel sa tendreté plutôt que sa cassure. Ce sont des bouchées qui se glissent aussi bien dans une poche que dans un coffret, et qui ne réclament ni couvert ni assiette.
Dix références, deux maisons, deux façons de faire. Brémond y met ses confitures de melon de Cavaillon et de framboise ainsi que ses crèmes à tartiner, du lemon curd à la crème de marrons et au suprême de pistache. Alain Milliat, lui, n'apporte que trois pots, mais trois pots qui portent chacun un nom de variété : myrtille sauvage, cerise griotte, framboise Mecker. C'est la famille la plus fournie du rayon, et la seule qui s'ouvre au petit-déjeuner plutôt qu'au dessert.
Six confiseries se partagent la page : un nougat blanc de Sault, les calissons de Provence d'Arnaud Soubeyran, une crème de calisson, un macaron au citron de Forcalquier, des mini navettes au citron et des nonettes au miel. Il n'y a donc qu'un seul calisson dans ce rayon, et il vient de Montélimar. Les chocolats, eux, ne sont que trois, et autant le dire franchement : ce rayon n'est pas un rayon de chocolat. Tous les trois tournent d'ailleurs autour d'un alcool, ce qui les rattache davantage à la cave qu'à la chocolaterie.
Aucune de ces maisons n'est un groupe. Ce sont des ateliers installés dans une ville, souvent depuis plus d'un siècle, et dont la spécialité tient à ce qui pousse autour. Suivre le rayon revient à traverser la Provence, puis à remonter beaucoup plus au nord et beaucoup plus à l'ouest.
À Sault, sur les pentes du mont Ventoux, la maison André Boyer travaille depuis 1887. Son nougat blanc se fait au miel de lavande récolté sur place, sur une recette que la maison n'a pas changée depuis l'origine, et l'atelier est classé Entreprise du Patrimoine Vivant. Sault est un plateau de lavande avant d'être un village de confiseurs : le nougat y est la suite logique de la ruche, pas une spécialité plaquée. Du rayon, cette maison signe le nougat blanc, la crème de calisson, les nonettes et des guimauves à l'ancienne.
Quatre-vingts kilomètres plus au nord, Arnaud Soubeyran est la plus ancienne nougaterie de Montélimar encore en activité. Elle est née en 1837 de l'association de monsieur Arnaud, confiseur, et de madame Soubeyran, et la fabrication y est restée artisanale, en chaudrons de cuivre chauffés au bain-marie. La famille Honoré a repris la fabrique en 2000 et y a ouvert un musée du nougat, installé au cœur même de l'atelier. Le nougat de Montélimar est protégé par une indication géographique européenne depuis novembre 2024, une reconnaissance que le calisson n'a jamais obtenue. De cette maison viennent nos guimauves et nos calissons de Provence.
Brémond ouvre son atelier de confiseur cours Mirabeau en 1830 : biscotins, calissons, dragées, confitures et fruits confits. Un incendie le pousse rue d'Italie en 1836, et la maison s'y tient toujours, près de deux siècles plus tard ; c'est Olivier Baussan, fondateur de L'Occitane en Provence et d'Oliviers & Co, qui l'a reprise en 2015. C'est la maison la plus présente de notre rayon, avec douze références. Le calisson reste son métier historique, mais ce n'est pas ce que nous lui prenons : chez nous, Brémond signe des confitures et des crèmes à tartiner, deux caramels, des raisins enrobés de chocolat, un macaron au citron et des navettes.
Trois maisons échappent au triangle provençal. Mon Pari Gourmand est née à Paris en 1957 sous le nom de Paris-Caramels et fabrique aujourd'hui dans l'Oise ; elle porte le label Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2018 et la certification Origine France Garantie, et fournit ici les caramels et les bouchées liqueur. La distillerie Louis Roque, installée à Souillac dans le Lot depuis 1905 et connue pour sa Vieille Prune, prolonge son eau-de-vie en confiserie avec ses perles de prune. Alain Milliat, enfin, fils et petit-fils d'agriculteurs, a repris la ferme familiale de la région lyonnaise au début des années 1980 et travaille le fruit variété par variété.
Un rayon sucré ne se range pas par famille dans la vraie vie : il se range par moment de la journée. Voici comment ces trente-cinq références se répartissent une fois sorties du carton, du petit matin jusqu'aux tables de décembre.
C'est le domaine des confitures et des crèmes à tartiner, qui représentent à elles seules près d'un tiers du rayon. Une confiture d'un seul fruit se garde pour les matins où le pain est bon ; une crème de marrons ou un suprême de pistache passent mieux à seize heures, sur une tranche de brioche. Les guimauves, elles, tiennent le goûter des enfants sans discussion possible, et ce sont les seules références du rayon qu'on achète à l'unité.
Après un repas, on cherche une bouchée, pas un dessert. Le calisson, le caramel, le macaron au citron et les bouchées liqueur remplissent exactement ce rôle : une pièce, deux au maximum, posée à côté du café. C'est aussi le moment où le rayon sucré rejoint la cave, puisque plusieurs de ces bouchées ont été pensées autour d'un alcool et se servent naturellement avec le verre correspondant.
Le nougat blanc et le calisson appartiennent tous les deux à la tradition des treize desserts provençaux, servis au soir de Noël. C'est la période où un rayon comme celui-ci se lit d'un coup : un nougat, une boîte de calissons, un macaron au citron et un assortiment de guimauves suffisent à composer un plateau. Ces confiseries ont en outre l'avantage de voyager, ce qu'une pâtisserie ne fait jamais bien.
La question est légitime : rien n'oblige une cave à tenir un rayon sucré, et beaucoup s'en passent. Voici les trois raisons pour lesquelles nous le gardons, et pourquoi il ressemble à ce qu'il est plutôt qu'à un catalogue de confiserie.
Un confiseur qui cuit au chaudron de cuivre, une nougaterie qui n'a pas changé sa recette depuis 1887, un caramélier qui travaille par petits volumes : ce sont exactement les critères que nous appliquons à un domaine viticole. Nous cherchons la même chose des deux côtés du magasin, une maison identifiable, une adresse, une main. Aucune de ces six maisons n'est anonyme, et chacune peut être racontée sans passer par un service marketing.
Trois références du rayon sortent directement de la logique d'une cave : des raisins enrobés au Beaumes de Venise, des perles de prune nées d'une distillerie, des bouchées à cœur liqueur. À l'inverse, un nougat blanc ou un calisson appellent un vin doux naturel comme peu de desserts savent le faire. Le rayon sucré et la cave se répondent plutôt qu'ils ne se juxtaposent, et c'est l'argument le plus solide pour les tenir ensemble.
Trente-cinq références, ce n'est pas une confiserie en ligne, et nous ne prétendons pas l'être. Nous préférons six maisons suivies de bout en bout à quarante marques survolées, quitte à ce que certaines familles se réduisent à trois références. Un rayon court se relit facilement, se vérifie facilement, et évite surtout de vendre sous une même bannière un artisan et un industriel.
Le rayon compte trente-cinq références réparties en cinq familles : les confitures et pâtes à tartiner en tête avec dix références, puis les guimauves, les caramels, les confiseries et les chocolats. On y trouve notamment du nougat blanc de Sault, les calissons de Provence d'Arnaud Soubeyran, des guimauves de Montélimar en sept parfums, des caramels tendres et des confitures qui portent un nom de variété.
Six maisons, toutes françaises : André Boyer à Sault depuis 1887, Arnaud Soubeyran à Montélimar depuis 1837, Brémond à Aix-en-Provence depuis 1830, Mon Pari Gourmand depuis 1957, Alain Milliat pour les confitures et la distillerie Louis Roque à Souillac pour ses perles de prune.
Mieux vaut une pièce qui voyage bien et se partage : un nougat blanc, une boîte de calissons de Provence ou un assortiment de guimauves remplissent ce rôle sans risque. Si la personne aime les eaux-de-vie, les bouchées liqueur et les perles de prune font un cadeau plus pointu, qu'on peut associer à une bouteille prise dans la cave.
Sur Trinquay, dans cette collection, qui rassemble les trente-cinq références avec leur maison et leur origine ; le détail réglementaire de chaque produit figure sur sa fiche. Notre catalogue de vins, de champagnes et de spiritueux permet d'y associer directement la bouteille qui va avec.