Calvados · Domfrontais, Orne
Lemorton · Calvados 1962
Lemorton Calvados 1962
France
70 cl
moped_package Livré entre le et le
Une eau-de-vie de poire du Domfrontais, distillĂ©e en 1962 et laissĂ©e au fĂ»t de chĂȘne pendant des dĂ©cennies.
Le Lemorton Calvados 1962 est le plus ancien millésime de notre sélection normande. Il porte une année et non une mention d'ùge, et la nuance compte : la bouteille ne contient que cette récolte, fermentée puis distillée à Mantilly, dans le bocage du Domfrontais. Rien n'est venu d'une autre saison pour en arrondir les angles.
Plus de soixante annĂ©es sĂ©parent la distillation de cette eau-de-vie du moment oĂč on la sert. Sur une telle durĂ©e, le chĂȘne cesse d'ĂȘtre un arĂŽme que l'on repĂšre : il ne se goĂ»te plus Ă part, il tient l'ensemble. C'est exactement ce que la bouche confirme, avec un boisĂ© parfaitement fondu dans le fruit plutĂŽt que posĂ© dessus.
Le vieillissement sous bois n'ajoute pas seulement des arÎmes, il retire aussi. L'alcool perd son mordant, la matiÚre s'assouplit, et ce qui reste au bout de plusieurs décennies de chai tient dans un mot : la profondeur.
L'assemblage de ce calvados AOC repose sur 70 % de poirĂ© pour 30 % de pommes, quand le cahier des charges de l'appellation d'origine contrĂŽlĂ©e n'en exige que 30 %. Cette proportion, presque personne d'autre ne la pratique, et elle s'entend : elle donne au millĂ©sime sa ligne florale et sa fraĂźcheur lĂ oĂč un calvados de pomme seule joue davantage la puissance.
Les poires viennent de vergers de hautes tiges, ces arbres qui montent parfois à vingt mÚtres. Le moût fermente avant de passer à l'alambic à colonne chauffé au bois, qui rend une eau-de-vie à 68 ou 70 degrés.
Le degré d'alcool final est de 40 % vol., pour une bouteille de 70 cl. C'est le degré habituel des vieux calvados, et il ne se comporte pas ici comme sur un spiritueux jeune : à ce niveau, une eau-de-vie de cette maturité se boit sans que l'alcool ne prenne jamais le pas sur le fruit.
C'est aussi ce qui sĂ©pare une bouteille millĂ©simĂ©e d'une eau-de-vie d'assemblage. Le degrĂ© est le mĂȘme, la fermentation et la distillation sont les mĂȘmes, mais rien ici n'a Ă©tĂ© corrigĂ© par l'apport d'une autre annĂ©e. Ce que le fĂ»t a donnĂ© Ă cette rĂ©colte est ce que l'on goĂ»te, sans filet.
Nous ne décrivons pas la robe de ce millésime. Aucune source fiable n'en publie la couleur, et nous préférons une ligne vide à une teinte empruntée à une autre année : les millésimes voisins de la maison ne se ressemblent pas, et leurs notes non plus. Le nez, la bouche et la finale, eux, sont documentés.
Le premier nez donne la poire et la pomme, puis un registre de fruit cuit qui Ă©voque franchement la tarte Tatin, caramĂ©lisĂ©e et fondante. Des notes florales suivent, et une touche herbacĂ©e vient tendre l'ensemble et l'empĂȘcher de tourner au confit.
Le verre gagne à rester quelques minutes en main avant la premiÚre gorgée. Un calvados de cet ùge se livre par couches, et le fruit du départ laisse progressivement passer les arÎmes plus discrets, ceux que le chai a mis des années à installer.
L'attaque est d'une grande harmonie, et c'est le mot juste pour ce millésime : rien ne dépasse, ni le fruit, ni le bois, ni l'alcool. L'équilibre tient sur toute la longueur et laisse la place à une profondeur que les eaux-de-vie jeunes n'ont pas encore, faute de temps passé au fût.
La finale quitte le verger d'origine et part sur la prune, longue et profonde. C'est la signature de cette annĂ©e prĂ©cise, et elle suffit Ă la distinguer des autres millĂ©simes de la mĂȘme distillerie, qui finissent sur d'autres registres.
Cette longueur est le meilleur argument de la bouteille. Elle se mesure au temps que le fruit met à quitter le palais une fois le verre reposé, et sur ce millésime elle se compte encore quand la conversation est repartie depuis un moment.
Ce 1962 se sert en fin de repas, en digestif. Ce n'est pas une eau-de-vie d'apĂ©ritif : la longueur et la maturitĂ© de sa bouche demandent un palais dĂ©jĂ installĂ©, et un moment oĂč l'on ne fait rien d'autre que la boire.
La température de service se situe entre 18 et 20 °C, dans un verre tulipe qui resserre les arÎmes vers le nez. Ni glace ni carafage : le froid referme un vieux calvados, et le passage en carafe ne lui apporte rien. Le verre tenu dans la main suffit à le réchauffer.
Les registres de fruit cuit et de prune de ce millésime s'entendent naturellement avec les desserts aux pommes et aux fruits noirs, et un vieux calvados se sert aussi volontiers aprÚs des fromages affinés. Le mieux reste encore de le goûter seul, sans rien pour le couvrir.
Un millésime porte une année, ce qui en fait un cadeau évident quand cette date compte pour la personne qui le reçoit. Le format de 70 cl est celui de toute la série des millésimes mis en bouteille par le domaine.
L'ART DU POIRĂ
On croit le calvados fait de pommes. Dans le Domfrontais, c'est inexact : l'appellation impose au moins trente pour cent de poirĂ©, et les meilleurs producteurs vont bien au-delĂ . La poire ne donne pas la mĂȘme eau-de-vie â moins ronde, plus tendue, avec une finesse florale que la pomme seule n'atteint pas.
Vient ensuite le temps. Un calvados de garde passe des dĂ©cennies en fĂ»t sans ĂȘtre rĂ©duit trop tĂŽt, jusqu'Ă dĂ©velopper le rancio que l'on cherche dans les vieilles eaux-de-vie.
Ă LA DĂGUSTATION
LE VERGER
Le Domfrontais est la seule appellation calvados Ă imposer la poire â trente pour cent au minimum. Les meilleurs producteurs vont bien au-delĂ , sur des poiriers hautes tiges dont certains dĂ©passent le siĂšcle. C'est ce qui donne Ă ces eaux-de-vie leur finesse florale et leur tenue dans le temps.
L'APPELLATION
La Normandie en distille trois, et elles n'obĂ©issent pas aux mĂȘmes rĂšgles. Le fruit, l'alambic et la durĂ©e minimale changent d'une appellation Ă l'autre.
Toute la Normandie
Pommes à cidre. Distillation libre, colonne le plus souvent. Deux ans de fût minimum.
Le cĆur historique
Pommes seules, mais double distillation en alambic charentais obligatoire. Deux ans minimum.
L'Orne bocagĂšre
Au moins 30 % de poiré, sur des poiriers hautes tiges. Colonne, et trois ans de fût minimum.
LE BOIS
Le calvados de garde passe des décennies en fût sans réduction prématurée. Les millésimes anciens sont tirés d'une seule barrique, en trÚs petites quantités.
LE SERVICE
Un calvados se sert à température de la piÚce, dans un verre tulipe qui concentre le fruit. Ni glace, ni eau : le degré est déjà à sa place, et le froid referme les arÎmes que le temps a mis quarante ans à ouvrir.
à température ambiante, jamais glacé : le froid referme les arÎmes de pomme cuite et de fût.
Un verre tulipe plutĂŽt qu'un ballon : il resserre le nez et tient l'alcool Ă distance.
En digestif Ă la fin du repas, ou en trou normand entre deux plats.
Astuce : le trou normand se prend avec un jeune calvados, pas avec un millésime. Une vieille bouteille se garde pour la fin du repas, seule.
LA DISTILLERIE

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Fin de repas · digestif · cadeau
Calvados Domfrontais
1962
LA FICHE
Degré
40.0% vol.
Contenance
70 cl
Appellation
Calvados Domfrontais
Millésime
1962
Ăge
Embouteillage
Officiel
Région
Domfrontais, Orne
Pays
France
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