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  • Gigot d'agneau de lait des pyrénées confit sept heures Recette Gigot d'agneau de lait Mobile
  • Gigot d'agneau de lait des pyrénées confit sept heures

    Matys Hoffman


    Gigot d'agneau de lait des pyrénées confit sept heures

    L'agneau de lait des Pyrénées IGP (Pyrénéen, Manex tête noire, Basco-béarnais) est l'un des trésors gastronomiques des massifs pyrénéens. Abattu jeune (de quarante-cinq à soixante jours maximum), nourri exclusivement au lait maternel des brebis, élevé en transhumance dans les hauts pâturages, il offre une chair d'une finesse extraordinaire : couleur rose-blanche, texture ultra-tendre, parfums lactés très doux, absence totale d'odeur "ovine" prononcée. C'est un produit d'exception, principalement consommé dans le Sud-Ouest et en Pays Basque, qui ne pèse à l'âge adulte que 5-7 kg (le gigot représente alors environ 1,2-1,5 kg).

    Cette version confite sept heures est volontairement adaptée à un agneau plus jeune et plus petit que le gigot d'agneau classique. La cuisson basse température (130°C) est plus douce et la durée légèrement réduite (5 heures pour un petit gigot de 1,5 kg, 6 heures pour 2 kg) pour préserver la finesse de la chair de lait. Cette technique permet de magnifier les arômes lactés-noisette de l'agneau de lait, accompagnés d'une garniture délicate : ail nouveau du Tarn-et-Garonne, thym citron, romarin frais, et un vin blanc sec d'Irouléguy (vignoble pyrénéen) pour le déglaçage. C'est une recette de fête de printemps (les agneaux de lait sont en saison de février à mai).

    Ingrédients pour 4 personnes

    Pour le gigot

    • 1 gigot d'agneau de lait des Pyrénées IGP de 1,5 à 2 kg (avec os)
    • 4 gousses d'ail nouveau du Tarn-et-Garonne ou rose de Lautrec
    • 3 cuillères à soupe d'huile d'olive vierge extra
    • 30 g de beurre demi-sel
    • 300 ml de vin blanc sec d'Irouléguy ou Jurançon sec
    • 400 ml de fond brun de volaille
    • 1 oignon grossièrement émincé
    • 2 carottes en gros tronçons
    • 2 cuillères à soupe de tomates concentrées
    • Gros sel, poivre noir du moulin

    Pour la garniture aromatique

    • 4 brins de thym citron frais
    • 3 brins de romarin frais
    • 1 cuillère à café de baies de genièvre
    • 1 zeste de citron jaune
    • 2 feuilles de laurier

    Préparation

    Étape 1 — Préparer le gigot (15 minutes)

    Sortez le gigot du réfrigérateur une heure avant cuisson. Piquez la chair avec un couteau pointu en 8-10 endroits et insérez une demi-gousse d'ail nouveau et un brin de thym citron à chaque trou. Frottez le gigot avec deux cuillères à soupe d'huile d'olive, salez généreusement au gros sel et poivrez. Laissez reposer trente minutes à température ambiante.

    Étape 2 — Saisir le gigot (10 minutes)

    Préchauffez le four à 220°C. Dans une grande cocotte en fonte allant au four, faites chauffer une cuillère à soupe d'huile d'olive et le beurre demi-sel. Quand le mélange mousse, saisissez le gigot sur toutes ses faces pendant six-huit minutes au total. La chair de l'agneau de lait étant très fine, restez vigilant pour ne pas trop colorer (juste une dorure légère, pas une croûte épaisse).

    Étape 3 — Préparer la base aromatique (8 minutes)

    Réservez le gigot. Dans la cocotte avec les sucs, ajoutez l'oignon et les carottes. Faites suer quatre minutes à feu vif. Ajoutez les tomates concentrées, torréfiez une minute. Déglacez avec le vin blanc d'Irouléguy, laissez réduire trois minutes pour évaporer l'alcool. Ajoutez le fond brun de volaille, les aromates (thym citron, romarin, baies de genièvre, zeste de citron, laurier).

    Étape 4 — Cuire à basse température (5 à 6 heures)

    Remettez le gigot dans la cocotte. Le liquide doit recouvrir la viande aux deux tiers. Baissez le four à 130°C, couvrez la cocotte, et enfournez. Cuisez 5 heures pour un gigot de 1,5 kg, 6 heures pour 2 kg. À mi-cuisson, retournez délicatement et arrosez. Vérifier aux 4/5 du temps : la chair doit se détacher facilement. Ne pas dépasser : la chair de lait étant fine, elle se déliterait totalement avec une cuisson trop longue.

    Étape 5 — Finir la sauce (15 minutes)

    Sortez délicatement le gigot avec deux grandes spatules (il est très fragile) et réservez sur un plat chaud couvert d'aluminium. Filtrez le jus à travers une passoire fine. Faites réduire à feu vif dans une casserole pendant 8-10 minutes jusqu'à obtenir une sauce nappante et concentrée. Rectifiez sel et poivre. Pour plus de brillance, montez au beurre froid hors du feu.

    Étape 6 — Dresser et servir (5 minutes)

    Disposez le gigot sur un grand plat. Décorez de brins de thym citron, romarin frais, quelques zestes de citron. Service à la cuiller : la chair se détache d'elle-même. Accompagnez d'un gratin dauphinois crémeux, de haricots cocos de Pamiers, ou de petits pois à la française. Nappez de sauce réduite. Servez immédiatement avec un grand rouge bordelais ou un rouge d'Irouléguy.

    L'agneau de lait des Pyrénées, joyau du Sud-Ouest

    L'agneau de lait des Pyrénées IGP est produit dans les massifs pyrénéens (Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, et une partie de l'Ariège), bénéficiant d'une Indication Géographique Protégée européenne depuis 2007. Le cahier des charges est strict : seules trois races autochtones sont autorisées (Manex tête noire, Manex tête rousse, et Basco-béarnaise), abattage avant soixante jours d'âge, nourriture exclusivement au lait maternel (pas de fourrage, pas d'aliment composé), élevage en bergerie ou en transhumance estivale dans les hauts pâturages.

    Le résultat est une chair rose-blanche très claire, à la texture ultra-tendre, au goût très doux (presque lacté), sans l'odeur "ovine" prononcée des agneaux plus âgés. C'est l'agneau préféré des grands chefs français pour les recettes raffinées : filet d'agneau de lait poché, carré d'agneau de lait rôti au sel et au thym, épaule confite à la fleur d'oranger. La saison court de février à mai (les brebis agnèlent à la fin de l'hiver). Hors saison, on trouve l'agneau de Pâques (mars-avril) qui est plus jeune, ou l'agneau de printemps (mai-juin) plus grand.

    Accord mets et vin

    L'agneau de lait des Pyrénées confit sept heures appelle un rouge élégant et bien structuré, qui respecte la finesse de la chair sans la couvrir. Les vins du Château Cantenac Brown sont d'excellents compagnons : ces Margaux bordelais en cabernet-merlot offrent l'élégance aromatique et la finesse tannique qui répondent à la délicatesse de l'agneau de lait, leurs notes de fruits rouges, graphite et tabac dialoguent subtilement avec le thym citron, et leur équilibre acide-tannique permet une harmonie parfaite. Choisissez de préférence un millésime de cinq à dix ans pour une harmonie optimale avec les arômes confits.

    Pour un accord d'exception, nous proposons le Château Cantenac Brown · 2017, un grand cru classé margalais dont la finesse tannique et l'élégance aromatique accompagnent admirablement la chair délicate de l'agneau de lait des Pyrénées.

    Conseils du chef et variations

    • L'agneau de lait IGP : essentiel. Saison février-mai. Commandez chez votre boucher 4 jours à l'avance. Évitez les "agneaux de lait" hors IGP, souvent juste des agneaux jeunes mais nourris au fourrage.
    • L'ail nouveau : printemps (mars-juin). Plus doux et plus parfumé que l'ail sec d'hiver. À défaut, ail rose de Lautrec.
    • La cuisson : impérativement réduite par rapport au gigot d'agneau classique. 5h pour 1,5 kg, 6h pour 2 kg, jamais 7h ou plus.
    • Variante "au lait d'amande" : remplacez 100 ml du fond par 100 ml de lait d'amande pour une note plus douce.
    • Variante "à la fleur d'oranger" : ajoutez 1 cuillère à soupe d'eau de fleur d'oranger en fin de cuisson, version méditerranéenne.
    • Erreur à éviter : ne jamais surcuire l'agneau de lait, sa chair fine deviendrait sèche et se déliterait totalement.

    Le mot du sommelier

    L'agneau de lait des Pyrénées confit sept heures appelle des rouges fins et bien équilibrés. Les Margaux et Médoc bordelais en cabernet-merlot sont les compagnons par excellence par leur élégance qui ne couvre pas la chair fine. Les Saint-Émilion sur merlot dominant offrent des accords plus généreux. Les rouges d'Irouléguy en tannat-cabernet sont les partenaires régionaux par tradition pyrénéenne. Les rouges du Roussillon en grenache-syrah (Côtes du Roussillon Villages) tiennent l'accord par cousinage méridional. Évitez les rouges trop puissants (Châteauneuf-du-Pape, Hermitage) qui couvriraient l'agneau de lait. Servez à seize-dix-sept degrés en carafe.

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