Médaillons de filet mignon de porc saisis en cocotte
Matys Hoffman
Matys Hoffman
Le filet mignon de porc est l'une des pièces les plus tendres du porc, à la fois économique et raffinée, qui mérite une attention particulière à la cuisson pour ne pas perdre son moelleux caractéristique. Découpé en médaillons épais d'environ trois centimètres, saisi à la cocotte sur le feu puis terminé à four doux, il offre une chair rosée, fondante, qui se découpe à la fourchette. Cette recette élégante, accompagnée d'une sauce courte à la moutarde à l'ancienne et au cidre, joue sur le contraste entre la douceur du porc fermier et la vivacité du cidre brut. Un plat de bistrot moderne, à la portée du cuisinier amateur, qui peut se préparer en quarante-cinq minutes top chrono.
Le choix de la pièce est ici déterminant. Préférez un filet mignon de porc fermier label rouge, dont la chair persillée et goûteuse n'a rien à voir avec les filets sous vide de la grande distribution. Demandez à votre boucher de ne pas trop dégraisser la pièce : les petits filets de gras qui restent vont fondre à la cuisson et apporter du moelleux à la chair. Cette recette se sert idéalement avec un écrasé de pommes de terre au beurre demi-sel ou des pommes Anna fondantes, qui équilibreront la finesse de la viande et la rondeur de la sauce.
Sortez les filets mignons du réfrigérateur quarante-cinq minutes avant la cuisson. Coupez chaque filet en médaillons de trois centimètres d'épaisseur, soit environ six médaillons par filet. Salez et poivrez généreusement. Mélangez les deux moutardes dans un bol et badigeonnez généreusement chaque face des médaillons. Laissez reposer une heure à température ambiante, recouvert d'un torchon.
Épluchez les pommes de terre et coupez-les en gros cubes. Plongez-les dans une casserole d'eau froide salée, portez à frémissement et cuisez vingt minutes jusqu'à ce qu'elles soient tendres à la pointe d'un couteau. Égouttez et écrasez à la fourchette ou au presse-purée, sans mixer pour garder de la texture. Ajoutez le beurre demi-sel coupé en cubes, la crème, la moutarde à l'ancienne, du sel et du poivre blanc. Mélangez à la spatule pour obtenir une consistance crémeuse mais encore texturée. Réservez au chaud.
Faites chauffer l'huile d'olive et la moitié du beurre dans une grande cocotte en fonte sur feu vif. Quand le beurre mousse joliment sans noircir, déposez les médaillons en plusieurs fois sans surcharger la cocotte. Saisissez-les deux minutes par face, jusqu'à ce qu'ils prennent une belle coloration dorée. Cette étape de Maillard est essentielle pour développer les arômes. Réservez les médaillons sur une assiette chaude. Ne les surcuisez pas : ils termineront leur cuisson plus tard.
Dans la même cocotte, ajoutez le reste du beurre. Faites suer les échalotes ciselées trois minutes, jusqu'à ce qu'elles deviennent transparentes. Ajoutez les gousses d'ail en chemise et le thym. Déglacez avec le cidre brut, grattez les sucs avec une cuillère en bois. Laissez réduire de moitié sur feu vif, environ quatre minutes. Versez le fond de veau et le miel, poursuivez la réduction trois minutes. Ajoutez la crème fraîche et laissez frémir doucement deux minutes jusqu'à ce que la sauce nappe le dos d'une cuillère.
Préchauffez le four à cent quatre-vingts degrés. Remettez les médaillons dans la cocotte avec leur jus, en les enfonçant légèrement dans la sauce. Couvrez et enfournez pour six minutes. Les médaillons termineront leur cuisson en restant rosés à cœur, c'est-à-dire à soixante-deux degrés au thermomètre. Sortez la cocotte du four, ajoutez l'estragon ciselé, rectifiez l'assaisonnement.
Dans une grande poêle, faites revenir les lardons sur feu moyen pendant cinq minutes, jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés. Égouttez l'excédent de graisse. Ajoutez l'oignon rouge et faites-le suer deux minutes. Versez les petits pois, le beurre et le sucre. Mélangez bien et cuisez encore trois minutes à couvert. Ajoutez la menthe ciselée en fin de cuisson, salez et poivrez.
Sur des assiettes chaudes, déposez une généreuse cuillère d'écrasé de pommes de terre à la moutarde, disposez trois médaillons par personne en éventail, nappez généreusement de sauce. Servez les petits pois à part dans un petit bol pour ne pas mélanger les saveurs.
Sur ces médaillons de porc à la sauce moutarde-cidre, le filet mignon appelle un vin frais, structuré, doté d'une belle acidité capable de contrebalancer le gras de la crème. Notre choix se porte sur Loïc Mahé Vigneron Equilibre, un Chenin sec d'Anjou issu d'une viticulture en biodynamie pratiquée avec une grande rigueur. Ce vin offre une expression remarquable du Chenin Blanc : tendu, minéral, marqué par des notes de coing mûr, de fleurs blanches et de pierre à fusil typique des schistes ardoisés du terroir angevin.
Sur ce porc, l'accord est élégant : l'acidité naturelle du Chenin coupe le gras de la sauce et nettoie le palais entre deux bouchées, tandis que sa complexité aromatique épouse les notes de moutarde à l'ancienne et de cidre. Servez le vin à dix degrés dans des verres tulipes. Pour découvrir d'autres expressions du Chenin angevin, parcourez les Vins Loire IGP, dont certaines cuvées de Savennières ou de Saumur fonctionneront tout aussi bien.
L'Anjou produit certains des plus grands vins blancs secs de France, et pourtant ces cuvées restent dans l'ombre des grands bourgognes ou pessacs. C'est dommage, car le Chenin Blanc d'Anjou possède une combinaison unique de tension, de fruit et de minéralité qui le rend particulièrement adapté à la gastronomie. Loïc Mahé, vigneron en biodynamie depuis plus de quinze ans, signe ici des vins qui expriment pleinement la singularité du terroir angevin, avec ce supplément de précision technique qui vient récompenser un travail acharné à la vigne et au chai. Sur ce porc à la moutarde, l'accord met en valeur les deux produits sans qu'aucun n'écrase l'autre. Si vous cherchez à explorer plus avant le Chenin angevin, jetez un œil aux producteurs comme Mark Angeli, Olivier Cousin ou Patrick Baudouin, qui travaillent dans le même esprit. Et n'oubliez pas que ces vins se gardent magnifiquement quinze à vingt ans, en gagnant en complexité aromatique tout en conservant leur tension caractéristique.
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