Attention, monument de la Bourgogne ! Ce Chevalier-Montrachet 2008 signé Alain Chavy est une bouteille qui a atteint sa plénitude, prête à offrir une émotion...
RECETTE
La poularde demi-deuil dans la pure tradition lyonnaise : truffe sous la peau, pochage en bouillon, servie avec un suprême crémeux et des légumes glacés.
La poularde de Bresse demi-deuil dans sa version la plus classique de la cuisine lyonnaise est un monument de la gastronomie française, dont la technique a été perfectionnée au fil des décennies par les plus grands chefs (mère Brazier, Bocuse, Blanc). Le principe : insérer des lamelles de truffe noire sous la peau de la poularde et la pocher dans un bouillon parfumé, pour obtenir une chair imprégnée de truffe à cœur, accompagnée d'une sauce suprême au vin de Bourgogne et d'un riz pilaf parfumé. C'est le plat de fête par excellence, celui qu'on prépare pour les grandes occasions familiales, les fêtes de fin d'année ou les dîners de prestige.
Cette version respecte la tradition lyonnaise pure : poularde de Bresse AOP, truffe noire du Périgord, sauce suprême liée aux jaunes d'œufs, pilaf de riz Carnaroli et garniture de légumes glacés. Le secret du grand demi-deuil tient à trois éléments : la qualité absolue des produits, la patience (compter une journée entière de préparation idéalement étalée sur deux), et la précision technique des étapes. Avec ces conditions respectées, vous obtiendrez un plat qui rivalise avec les meilleures tables étoilées de Lyon et qui restera dans la mémoire de tous vos convives pendant longtemps.
Attention, monument de la Bourgogne ! Ce Chevalier-Montrachet 2008 signé Alain Chavy est une bouteille qui a atteint sa plénitude, prête à offrir une émotion...
Brossez la truffe noire fraîche pour retirer la terre adhérente. Tranchez-la en lamelles fines de deux millimètres à la mandoline. Conservez quelques truffes entières pour la râper plus tard.
À l'aide des doigts, décollez délicatement la peau de la poularde sans la déchirer, en travaillant depuis l'ouverture ventrale vers les blancs et les cuisses. Glissez généreusement les lamelles de truffe sous la peau en les répartissant uniformément sur toute la surface (blancs et cuisses). Massez la peau par-dessus pour plaquer la truffe contre la chair.
Salez et poivrez l'intérieur, glissez quelques lamelles de truffe supplémentaires dans la cavité. Bridez la poularde avec de la ficelle. Enveloppez-la dans un linge propre et conservez au réfrigérateur pendant vingt-quatre heures pour permettre aux arômes de truffe de pénétrer profondément la chair par contact direct.
Le jour de la cuisson, sortez la poularde deux heures avant pour qu'elle revienne à température ambiante. Dans une très grande marmite, réunissez le fond de volaille, le vin blanc, les carottes, les oignons piqués, les poireaux, le céleri et le bouquet garni. Portez à frémissement et faites infuser quinze minutes pour parfumer.
Plongez délicatement la poularde dans le bouillon frémissant. Le liquide doit la recouvrir entièrement. Maintenez un frémissement très doux pendant une heure quarante : la chair de poularde demande une cuisson plus longue que celle d'un poulet ordinaire pour devenir fondante à cœur. La température à cœur des cuisses doit atteindre soixante-douze degrés.
Sortez la poularde du bouillon à l'aide de deux grandes spatules. Déposez sur une planche, retirez la ficelle. Couvrez d'aluminium sans serrer. Pendant le repos, préparez la sauce et finalisez la garniture.
Filtrez deux louches de bouillon de cuisson au chinois étamine. Dans une grande casserole, faites réduire ce bouillon avec le vin blanc pendant cinq minutes à feu vif. Ajoutez la crème fraîche et le cognac, laissez réduire encore six à huit minutes jusqu'à ce que la sauce nappe la cuillère.
Dans un bol, fouettez les jaunes d'œufs avec la moutarde et le jus de citron. Versez deux louches de sauce chaude sur les jaunes en fouettant énergiquement, puis reversez le tout dans la casserole hors du feu, en remuant constamment. Cette liaison à l'œuf donne à la sauce sa texture veloutée caractéristique. Hors du feu, montez avec le beurre froid en cubes. Incorporez la truffe râpée et le cerfeuil. Salez, poivrez.
Dans une cocotte, faites suer l'oignon ciselé dans le beurre pendant trois minutes. Ajoutez le riz Carnaroli et faites-le nacrer deux minutes en remuant. Versez le vin blanc et laissez s'évaporer. Ajoutez le bouillon de volaille chaud, salez. Portez à frémissement, couvrez et cuisez à feu très doux dix-huit minutes. Laissez reposer cinq minutes hors du feu, puis incorporez le parmesan râpé en remuant à la fourchette.
Faites blanchir les asperges, navets et carottes nouvelles séparément dans l'eau bouillante salée jusqu'à ce qu'ils soient juste cuits (2-3 minutes selon le légume). Rafraîchissez à l'eau glacée pour fixer la couleur. Faites blanchir les petits pois deux minutes.
Au moment du service, faites fondre le beurre dans une grande poêle avec le miel et le thym. Réchauffez tous les légumes deux minutes en remuant délicatement pour qu'ils prennent une belle brillance.
Présentez la poularde entière à table sur un grand plat de service. Le contraste visuel entre la chair claire et les motifs noirs des truffes est saisissant. Découpez devant vos convives en huit morceaux. Sur des assiettes chaudes, dressez une portion généreuse de pilaf de Carnaroli, un morceau de poularde par convive nappé de sauce suprême à la truffe, et la garniture de légumes glacés en bouquet coloré.
Sur la poularde demi-deuil traditionnelle, l'accord avec un Grand Cru bourguignon s'impose comme une évidence. Notre choix se porte sur le Chevalier Montrachet Alain Chavy 2008, un Grand Cru blanc de Puligny-Montrachet, sur la Côte de Beaune. Ce Chardonnay à la robe or intense s'ouvre sur la noisette grillée, le miel d'acacia, la truffe blanche et la pierre à fusil ; la bouche est ample et onctueuse, tenue par une acidité parfaitement intégrée, et s'étire sur une finale saline.
L'accord avec la poularde demi-deuil est sublime : la texture riche du vin épouse la chair délicate de la volaille, ses notes de truffe blanche font écho aux truffes glissées sous la peau, et sa fraîcheur minérale tranche la richesse de la sauce suprême crémée. Le millésime 2008, après plus de quinze ans de bouteille, est à un beau stade de maturité. Servez entre 12 et 14 degrés, après une demi-heure de carafe douce. Pour explorer d'autres profils, parcourez les Vins Côtes du Rhône et leurs alternatives en blancs gras.
Le Chevalier-Montrachet est l'un des Grands Crus blancs les plus prestigieux de Bourgogne : il s'étend sur la commune de Puligny-Montrachet, sur la Côte de Beaune, juste au-dessus du Montrachet, et donne des Chardonnays d'une tension et d'une minéralité remarquables. Installé à Puligny-Montrachet, le Domaine Alain Chavy en produit une cuvée confidentielle. Le millésime 2008, après plus de quinze ans en cave, exprime maintenant toute sa complexité aromatique tertiaire : noisette grillée, miel, truffe blanche et pierre à fusil, des notes qui dialoguent admirablement avec les truffes sous la peau de la poularde. Pour les amateurs souhaitant explorer d'autres grands blancs, des cuvées comme Corton-Charlemagne ou Bâtard-Montrachet offrent des accords proches sur ce plat emblématique. À l'inverse, un grand rouge de la Côte de Nuits comme Latricières-Chambertin, Mazis-Chambertin ou Charmes-Chambertin fera également un superbe accord, dans un registre différent mais tout aussi convaincant.
QUESTIONS
Un vin buvable, oui, un grand vin non : la cuisson efface la finesse et concentre le reste, donc une bouteille fatiguée se retrouve telle quelle dans l'assiette. Une bouteille de 8 à 12 € que vous boiriez volontiers fait exactement le travail.
Oui, en gardant la couleur et le profil : un blanc sec se remplace par un autre blanc sec, jamais par un moelleux qui sucrerait la sauce. Le rosé passe partout où un blanc est prévu. Sans alcool, un bouillon relevé d'un trait de vinaigre approche le résultat sans le tenir tout à fait.
Rebouchée et au frais, elle tient trois jours en blanc, quatre à cinq en rouge. Au-delà, elle passe en cuisine plutôt qu'au verre. Elle se congèle aussi en bac à glaçons pour les déglaçages : c'est la seule façon de ne rien jeter.
Celui qui est en carte dans l'article : on met une bouteille en stock qui va au plat, pas une référence choisie au hasard du catalogue. Si elle ne vous convient pas, le lien de collection ouvre les autres bouteilles du même rayon.