Recette de Saucisse de Morteau aux Pommes de Terre
Matys Hoffman
Quand l'hiver s'installe et que l'on cherche une bonne recette pour se réchauffer, les spécialités de montagne s'imposent souvent comme une évidence. Si la raclette ou le gratin dauphinois sont des classiques, il existe un plat encore plus simple et tout aussi savoureux : la saucisse de Morteau aux pommes de terre. C'est une recette rustique, économique et incroyablement parfumée qui ne demande que très peu de préparation.
Contrairement à une potée qui demande beaucoup d'eau, nous vous proposons ici une méthode de cuisson à l'étouffée, dans une cocotte ou une marmite fermée. Les ingrédients cuisent lentement dans leur propre vapeur et dans le gras parfumé de la saucisse, rendant les pommes de terre fondantes comme du beurre. C'est un véritable délice qui changera vos habitudes et fera dire miam à tous vos convives, des plus petits aux plus grands.
Les secrets du terroir franc-comtois pour un plat familial réussi
Pour obtenir un résultat savoureux, le choix des produits est primordial. La cuisine du terroir ne triche pas : elle repose sur la qualité brute des ingrédients.
Bien choisir la véritable saucisse de Morteau IGP et son fumage traditionnel
La star du plat, c'est elle. La véritable saucisse de Morteau bénéficie d'une Indication Géographique Protégée (IGP). Elle se reconnaît à sa cheville de bois à une extrémité et à sa couleur ambrée. Fumée lentement au bois de résineux dans des tuyés traditionnels, elle développe des arômes puissants qui vont parfumer tout le plat. Ne la confondez pas avec la saucisse de Montbéliard, plus petite et courbée, ou un cervelas standard. Bien que des saucisses fumées classiques puissent dépanner, seule la Morteau offre cette texture moelleuse et ce goût typique.
Si vous ne mangez pas de porc, vous pouvez adapter ce type de cuisson avec des saucisses de volaille fumées ou du veau, mais le résultat sera moins onctueux car ces viandes sont plus maigres. Pour les amateurs de charcuterie, sachez que ce plat est bien plus parfumé qu'un simple jambon purée ou que des saucisses lentilles classiques.
Pommes de terre à chair ferme ou fondante : quelle variété privilégier ?
Le choix de la pomme de terre est crucial. Il faut éviter les variétés farineuses qui finiraient en purée ou en soupe. Privilégiez des pommes de terre à chair ferme comme la Charlotte, l'Amandine ou la Roseval. Elles doivent tenir à la découpe tout en devenant fondantes en fin de cuisson. Si vous utilisez des pommes de terre nouvelles, nul besoin de les éplucher, il suffit de bien les laver. Pour les autres, prenez le temps de les peler et de les laver sous l'eau froide avant de les couper en rondelles ou en cubes réguliers.
Oignons et aromates : les indispensables pour parfumer la cocotte
Les oignons jouent un rôle de liant aromatique. En fondant, ils apportent une sucrosité qui balance le sel de la charcuterie. Il faut les émincer finement ou les couper en rondelles. N'hésitez pas à ajouter de l'ail : quelques gousses d'ail en chemise ou une gousse hachée apporteront du relief. Pour les herbes, un bouquet garni classique avec thym, laurier et romarin est idéal. Vous pouvez aussi ajouter un peu de persil haché ou de ciboulette ciselée au moment de servir pour la fraîcheur.
La préparation étape par étape pour une cuisson mijotée parfaite
La méthode que nous préconisons est celle de la cuisson par couches successives, sans noyer les ingrédients dans l'eau bouillante. C'est le secret pour concentrer les saveurs.
Ingrédients pour 4 personnes :
- 1 belle saucisse de Morteau (ou 2 saucisses de Montbéliard)
- 800g de pommes de terre à chair ferme
- 2 gros oignons jaunes
- 1 gousse d'ail
- Poivre du moulin, thym, laurier
- Un filet d'huile ou une noisette de beurre pour le fond
Préparer les ingrédients et alterner les couches dans la marmite
Commencez par éplucher les pommes de terre et les oignons. Coupez les pommes de terre en tranches assez épaisses (environ 1 cm) ou en gros cubes, et les oignons en fines lamelles. Coupez également la saucisse de Morteau crue en rondelles. Attention, ne retirez pas la peau avant cuisson, elle tient la chair. Si vous préférez, vous pouvez la piquer légèrement, mais coupée en rondelles, elle libérera mieux ses sucs.
Dans une grande casserole ou une cocotte en fonte, faites chauffer un filet d'huile d'olive ou de tournesol. Déposez une première couche d'oignons, puis une couche de pommes de terre, et enfin une couche de rondelles de saucisse. Répétez l'opération jusqu'à épuisement des ingrédients, en terminant par des pommes de terre. Salez très légèrement (la saucisse l'est déjà) et poivrez généreusement. Ajoutez le thym et la feuille de laurier.
Maîtriser la cuisson à feu doux pour des saveurs confites et fondantes
Couvrez hermétiquement votre cocotte. C'est ici que la magie opère. Laissez cuire à feu doux, voire très doux, pendant environ 35 à 45 minutes. Il n'est pas nécessaire d'ajouter de bouillon de volaille ou d'eau bouillante salée, car les oignons et la saucisse vont rendre suffisamment de jus et de gras pour cuire les pommes de terre à l'étouffée. Cela va confire doucement.
Si vous craignez que cela n'attache, vous pouvez ajouter un tout petit fond de verre d'eau ou de vin blanc sec au départ, mais surveillez surtout l'intensité du feu. De temps en temps, secouez la cocotte sans l'ouvrir pour mélanger délicatement sans écraser les légumes. Vérifiez la tendreté des patates avec la pointe d'un couteau ou une fourchette : elles doivent être tendres à cœur.
Variantes gourmandes : ajouter du chou, du comté ou gratiner au four
Cette recette de base est déclinable à l'infini. Pour une version plus complète type potée, vous pouvez ajouter des carottes coupées en rondelles, du poireau émincé ou des quartiers de chou vert (préalablement blanchis à l'eau bouillante pour les rendre plus digestes). Certains y ajoutent même des navets ou du céleri pour un goût plus pot au feu.
Si vous êtes un inconditionnel du fromage, pourquoi ne pas transformer ce plat en gratin ? Une fois la cuisson terminée, transférez le tout dans un plat à four, recouvrez de crème fraîche épaisse, saupoudrez de comté râpé ou de cancoillotte, et faites gratiner quelques minutes sous le grill. C'est une variante délicieuse, proche de la tartiflette mais avec le goût fumé de la Morteau. Pour une touche originale, une pincée de cumin ou de curry peut réveiller les légumes, tout comme une cuillère de moutarde à l'ancienne mélangée au jus de cuisson en fin de parcours.
Accords mets et vins et accompagnements pour sublimer ce plat d'hiver
Bien que ce plat soit complet (viande et féculent), quelques accompagnements bien choisis peuvent équilibrer le repas et apporter de la fraîcheur.
Salade verte, cancoillotte ou légumes : que servir avec votre potée ?
La richesse de la saucisse et des pommes de terre appelle une touche de verdure. Une belle salade verte (laitue, frisée ou endives), servie avec une vinaigrette bien relevée à la moutarde et au vinaigre de vin, est l'accompagnement idéal pour nettoyer le palais. Vous pouvez y ajouter quelques noix ou noisettes pour le croquant.
Si vous servez ce plat pour une occasion spéciale comme Pâques (pour changer de l'agneau traditionnel) ou un repas de famille, vous pouvez proposer en entrée des crudités légères : carottes râpées, salade de concombre ou tomates cerises. Évitez les entrées trop riches comme le foie gras, la charcuterie ou les feuilletés. Si vous souhaitez varier des classiques viandes rouges comme le boeuf ou le canard, ou des produits de la mer comme le saumon fumé ou les crevettes, cette saucisse est une excellente alternative terroir qui ravira vos convives. Et si vous aimez partager vos créations, une photo de votre cocotte fumante fera un superbe avatar pour vos réseaux sociaux culinaires !
L'accord régional d'exception : le Château d'Arlay Côtes du Jura Corail
Pour accompagner ce monument de la gastronomie franc-comtoise, il faut rester local. Oubliez les Bordeaux tanniques ou les vins de Provence trop légers. L'accord parfait se trouve dans le Jura. Le Château d'Arlay Côtes du Jura Corail est un vin unique qui sublime ce plat. Ce vin rouge singulier, souvent qualifié de rosé foncé (d'où son nom Corail), est issu d'un assemblage de cépages anciens locaux (Pinot Noir, Trousseau, Poulsard, et parfois des cépages blancs).
Sa robe légère cache une grande complexité aromatique. Il offre des notes de petits fruits rouges, d'épices douces et une légère touche fumée ou de pierre à fusil typique du terroir jurassien, qui répond en écho au fumage de la saucisse. Sa fraîcheur et son acidité naturelle permettent de trancher le gras du plat tout en respectant la douceur des pommes de terre confites. Servez-le légèrement frais, autour de 12-14°C. C'est un mariage harmonieux et authentique, bien loin des standards habituels, qui garantit un moment de dégustation mémorable. Bisous gourmands à tous les amateurs de bonne chère !
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En savoir plus sur le producteur : consultez notre fiche Château d'Arlay - Vins du Jura.