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RECETTE

Rôti de porc aux herbes de Provence et ail confit

Rôti de porc piqué d'ail et romarin, badigeonné d'huile d'olive et rôti à four moyen. Cuisson lente qui garde la chair juteuse et la peau dorée.

Par Matys Hoffman, cavistePublié le 10 juin 20266 min de lectureRecette testée en cuisine
Rôti de porc aux herbes de Provence et ail confit

Rôti de porc aux herbes de Provence et ail confit

Le rôti de porc est l'un de ces classiques de la cuisine française dominicale qu'on croit maîtriser jusqu'au jour où l'on en mange un véritablement réussi : une chair fondante, jamais sèche, parfaitement parfumée, entourée d'une croûte dorée légèrement croustillante et accompagnée d'un jus dense et brillant. Cette précision n'est pas le fruit du hasard. Elle suppose une viande de qualité, un assaisonnement méthodique, une cuisson en deux temps maîtrisée et un repos après cuisson absolument non négociable. Sans ces conditions, le rôti de porc finit sec, fade et triste sur le plat.

Notre version se distingue par un parfumage profond aux herbes de Provence (thym, romarin, sarriette, marjolaine) et par l'ajout d'une garniture d'ail confit dans la graisse de cuisson, qui caramélise lentement pour devenir un condiment fondant en accompagnement. C'est une recette qui se prête bien au repas familial, au déjeuner du dimanche ou à la table d'amis sans chichi, et qui se réchauffe parfaitement le lendemain en tranches fines pour des sandwichs gourmets ou une salade tiède aux pommes de terre.

Ingrédients pour six à huit personnes

Pour le rôti

  • 1,5 kg de filet ou échine de porc fermier (avec une fine couche de gras)
  • 4 cuillères à soupe d'huile d'olive vierge extra de Provence
  • 2 cuillères à soupe d'herbes de Provence séchées de qualité
  • 1 cuillère à soupe de fleur de sel
  • 1 cuillère à café de poivre noir grossièrement concassé
  • 4 branches de romarin frais
  • 4 branches de thym frais

Pour la garniture et le jus

  • 3 têtes d'ail entières non épluchées
  • 2 oignons doux des Cévennes, épluchés et coupés en quartiers
  • 1 verre de vin blanc sec de la Vallée du Rhône
  • 25 cl de bouillon de volaille
  • 1 cuillère à soupe de moutarde de Dijon (pour l'enrobage final)
  • 1 cuillère à soupe de miel de garrigue
  • 1 noix de beurre froid (pour le montage du jus)

Préparation

La marinade aromatique

Sortez le rôti du réfrigérateur deux heures avant la cuisson pour qu'il revienne à température ambiante : une viande froide envoyée au four cuit de façon inégale, l'extérieur surcuit pendant que l'intérieur reste froid. Mélangez dans un bol l'huile d'olive avec les herbes de Provence séchées émiettées, la fleur de sel et le poivre concassé. Badigeonnez généreusement toutes les faces du rôti avec ce mélange, en massant la viande pour faire pénétrer l'assaisonnement. Disposez les branches de romarin et de thym frais sur le dessus et sur les côtés.

La saisie initiale

Préchauffez le four à deux cent vingt degrés en chaleur tournante. Disposez le rôti dans un grand plat allant au four, ajoutez les têtes d'ail coupées en deux dans le sens horizontal autour du rôti, ainsi que les quartiers d'oignon. Enfournez pendant vingt minutes à cette haute température : cette étape de saisie initiale crée une croûte caramélisée qui scelle les sucs et apporte la profondeur aromatique caractéristique du rôti réussi.

La cuisson lente et l'arrosage

Au bout des vingt minutes, baissez le four à cent soixante degrés. Versez le vin blanc et la moitié du bouillon dans le fond du plat, et poursuivez la cuisson une heure et trente minutes en arrosant le rôti toutes les vingt minutes avec son jus de cuisson. Cet arrosage régulier est crucial : il maintient l'humidité de la viande et nourrit la croûte. Ajoutez le reste de bouillon au cours de la cuisson si le fond du plat menace de sécher. Pour vérifier la cuisson, plantez une sonde dans la partie la plus épaisse du rôti : la température à cœur doit atteindre soixante-cinq degrés pour un porc rosé fondant, soixante-dix pour un porc bien cuit selon vos préférences.

Le glaçage final et le repos

Dans les dix dernières minutes de cuisson, mélangez la moutarde et le miel et badigeonnez le dessus du rôti pour un beau glaçage doré. Remontez le four à deux cents degrés pour caraméliser. À la sortie du four, transférez le rôti sur une planche de découpe, couvrez-le souplement d'une feuille d'aluminium et laissez reposer absolument quinze à vingt minutes : ce repos est non négociable, il permet aux jus de se redistribuer dans la viande, sans quoi tout finirait dans le plat à la découpe.

Le jus de finition

Pendant que la viande repose, posez le plat de cuisson sur le feu, ajoutez deux cuillères de bouillon ou de vin, grattez bien les sucs au fond avec une spatule. Filtrez le jus dans une petite casserole, faites réduire de moitié à feu vif, puis montez au beurre froid hors du feu en fouettant pour obtenir un jus brillant et nappant. Rectifiez l'assaisonnement. Découpez le rôti en tranches d'un demi-centimètre, dressez sur un plat de service avec les têtes d'ail confites et les oignons, nappez généreusement de jus.

Accord mets et vin

Le rôti de porc parfumé aux herbes de Provence demande un vin lui-même typé sud, capable de répondre à la richesse de la viande sans lourdeur. Nous proposons le Paul Jaboulet Aîné · Incognito H · 2017, une cuvée confidentielle de la Vallée du Rhône qui offre un fruit noir mûr, une structure tannique fondue par quelques années de garde et des notes de garrigue qui dialoguent admirablement avec les herbes de Provence du rôti. Servez à seize degrés, dans des verres bourguignons ou de bonne ampleur, carafé une heure avant le service pour libérer le bouquet aromatique.

Conseils du chef et variations

  • L'échine est nettement supérieure au filet pour cette recette : son persillage naturel garantit une viande moelleuse et savoureuse, là où le filet trop maigre risque de sécher.
  • Évitez le porc industriel sans goût : choisissez un porc fermier label, idéalement Bigorre, Bayonne ou Mangalica, dont la chair persillée fait toute la différence.
  • Le repos de quinze à vingt minutes après cuisson n'est jamais facultatif. Sans lui, vous perdez le quart de la juteuse à la découpe.
  • Servez avec des pommes de terre rôties à la graisse de canard ou un gratin dauphinois traditionnel pour un repas dominical complet.
  • Le lendemain, tranchez les restes finement et utilisez-les en sandwich ouvert avec moutarde, cornichons et roquette : un délice.

Le mot du sommelier

L'accord rôti de porc-Côtes du Rhône est l'un des grands classiques du déjeuner dominical français, et la cuvée Incognito H de Paul Jaboulet Aîné en est une expression particulièrement élégante. Maison historique de Tain-l'Hermitage fondée en 1834, Jaboulet a connu plusieurs vies (rachetée par la famille Frey en 2006) et propose aujourd'hui un éventail de cuvées allant des grands Hermitages aux Côtes du Rhône abordables. La cuvée Incognito H, comme son nom l'évoque, est une expression discrète qui révèle toute la richesse aromatique du Rhône méridional : garrigue, fruits noirs, épices douces, sans la puissance brute des grands crus du nord. Si vous voulez tester d'autres pistes, un Saint-Joseph souple, un Costières de Nîmes ou un Bandol jeune fonctionnent également très bien. Évitez les rouges trop tanniques type Madiran jeune ou les bordeaux puissants qui écraseraient la délicatesse du porc fermier. Une dernière piste audacieuse : un rosé de Provence haut de gamme type Bandol ou Tavel structurés peuvent également surprendre agréablement sur un rôti de porc aux herbes, particulièrement en saison estivale en repas en terrasse. Pour explorer d'autres mariages réussis autour des viandes blanches mijotées, parcourez nos recettes et accords mets-vins.

Trois bouteilles pour cette recette

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QUESTIONS

Questions fréquentes

Faut-il un bon vin pour cuisiner ?

Un vin buvable, oui, un grand vin non : la cuisson efface la finesse et concentre le reste, donc une bouteille fatiguée se retrouve telle quelle dans l'assiette. Une bouteille de 8 à 12 € que vous boiriez volontiers fait exactement le travail.

Peut-on remplacer le vin de la recette par un autre ?

Oui, en gardant la couleur et le profil : un blanc sec se remplace par un autre blanc sec, jamais par un moelleux qui sucrerait la sauce. Le rosé passe partout où un blanc est prévu. Sans alcool, un bouillon relevé d'un trait de vinaigre approche le résultat sans le tenir tout à fait.

Que faire du reste de la bouteille ?

Rebouchée et au frais, elle tient trois jours en blanc, quatre à cinq en rouge. Au-delà, elle passe en cuisine plutôt qu'au verre. Elle se congèle aussi en bac à glaçons pour les déglaçages : c'est la seule façon de ne rien jeter.

Quel vin boire avec ce plat ?

Celui qui est en carte dans l'article : on met une bouteille en stock qui va au plat, pas une référence choisie au hasard du catalogue. Si elle ne vous convient pas, le lien de collection ouvre les autres bouteilles du même rayon.