Volaille fermière façon coq au vin
Matys Hoffman
Volaille fermière façon coq au vin
La volaille fermière façon coq au vin est une déclinaison contemporaine du plus emblématique des plats mijotés de la cuisine française. Le coq au vin authentique demande traditionnellement un véritable coq de basse-cour mature de trois à cinq kilos avec une chair ferme et persillée qui supporte la cuisson lente de trois à quatre heures, mais ces coqs adultes sont devenus rares et chers : notre version moderne propose donc une adaptation faisable avec une bonne volaille fermière label rouge ou de Bresse, mijotée deux heures à basse température dans un grand vin rouge de Bourgogne et une garniture aromatique classique (lardons fumés, oignons grelots, champignons de Paris, ail, bouquet garni). Le résultat reste fidèle à l'esprit du plat traditionnel tout en étant accessible à la cuisine familiale contemporaine.
Notre version respecte rigoureusement la tradition bourguignonne authentique avec une volaille fermière label rouge marinée vingt-quatre heures dans le vin rouge (cette macération est essentielle pour la profondeur aromatique signature), longuement mijotée à basse température après une saisie initiale, et finalisée par une réduction de la sauce et un montage au beurre froid pour la brillance ultime. Le tour de main demande deux éléments essentiels : la marinade longue dans un vin rouge de qualité (évidemment, un coq au vin se cuisine et se sert avec le même vin), et la maîtrise de la cuisson lente sans ébullition agressive qui durcirait la chair. Servi avec des pommes vapeur à l'huile d'olive ou des tagliatelles fraîches au beurre, c'est un plat de réconfort hivernal absolu.
Ingrédients pour six personnes
Pour la marinade et la volaille
- 1 belle volaille fermière label rouge ou Bresse de 2 kg coupée en huit morceaux
- 1 bouteille de vin rouge de Bourgogne (idéalement le même que pour le service)
- 2 carottes en gros tronçons
- 2 oignons jaunes en quartiers
- 1 branche de céleri
- 4 gousses d'ail écrasées
- 1 bouquet garni (thym, laurier, persil, romarin)
- 10 grains de poivre noir
- 5 cl de cognac fin
Pour la cuisson
- 200 g de lardons fumés en dés
- 250 g d'oignons grelots épluchés
- 250 g de champignons de Paris en quartiers
- 2 cuillères à soupe de farine
- 3 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 60 g de beurre demi-sel
- 50 cl de bouillon de volaille
- 1 cuillère à soupe de concentré de tomate
- Sel et poivre du moulin
Pour la finition
- 40 g de beurre froid pour le montage final
- 1 cuillère à soupe de gelée de cassis ou de groseille
- 1 bouquet de persil plat ciselé
Préparation
La marinade (la veille)
Disposez les morceaux de volaille dans un grand récipient. Ajoutez les carottes, oignons, céleri, ail écrasé, bouquet garni, grains de poivre et cognac. Versez le vin rouge pour bien recouvrir. Couvrez et laissez mariner au réfrigérateur vingt-quatre heures. Cette macération longue transforme totalement le résultat final, apportant la profondeur aromatique signature du grand coq au vin.
La saisie et la base aromatique
Le jour J, sortez la volaille de la marinade, égouttez sur papier absorbant et séchez bien. Filtrez la marinade en réservant le liquide et les légumes séparément. Salez et poivrez les morceaux de volaille, farinez légèrement. Dans une grande cocotte en fonte, faites chauffer l'huile et la moitié du beurre. Saisissez les morceaux par fournées jusqu'à belle coloration dorée. Réservez. Dans la même cocotte, faites rissoler les lardons fumés cinq minutes, ajoutez les oignons grelots, faites colorer huit minutes. Ajoutez les champignons en quartiers, faites sauter cinq minutes. Réservez la garniture séparément.
Le mijotage
Préchauffez le four à cent cinquante degrés. Dans la cocotte, remettez les légumes filtrés de la marinade et le concentré de tomate, faites suer cinq minutes. Versez le vin rouge filtré et faites réduire de moitié. Ajoutez le bouillon de volaille. Remettez les morceaux de volaille dans la cocotte, ajoutez le bouquet garni. Couvrez et enfournez deux heures à cent cinquante degrés. Ajoutez la garniture lardons-oignons-champignons une heure avant la fin de cuisson.
La sauce finale
Sortez la cocotte du four. Réservez délicatement les morceaux de volaille et la garniture. Filtrez la sauce au chinois, faites réduire à feu vif pendant dix minutes pour concentrer. Ajoutez la gelée de cassis pour adoucir l'acidité. Hors du feu, montez au beurre froid en dés pour la brillance ultime. Goûtez et rectifiez l'assaisonnement. Remettez la volaille et la garniture dans la sauce, réchauffez doucement.
Le service
Servez dans des assiettes creuses préchauffées avec des pommes vapeur à l'huile d'olive ou des tagliatelles fraîches au beurre. Parsemez de persil plat ciselé en finition. Accompagnez du même vin rouge utilisé pour la cuisson.
Accord mets et vin
L'accord prince sur le coq au vin est évidemment avec le même vin que celui utilisé pour la cuisson. Nous proposons la Maison Roche de Bellene · Vieilles Vignes · 2021, un Bourgogne rouge qui apporte la finesse et la matière idéales pour accompagner ce plat traditionnel. La règle d'or du coq au vin : jamais utiliser un vin médiocre pour la cuisson sous prétexte qu'il sera transformé. Le vin de cuisson dépose sa qualité dans le plat fini. Servez le même vin à seize degrés en carafe trente minutes. Pour explorer d'autres cuvées, consultez les Vins de Maison Roche de Bellene.
Conseils du chef et variations
- La marinade longue de vingt-quatre heures est essentielle : ne la sautez jamais sous prétexte de gagner du temps.
- Le vin rouge de cuisson doit être de bonne qualité : la règle veut qu'on serve le même vin avec le plat.
- Pour une variation traditionnelle bourguignonne, utilisez un véritable coq adulte de basse-cour (compter quatre heures de mijotage au lieu de deux).
- La gelée de cassis ou groseille en finition adoucit admirablement l'acidité du vin : signature classique.
- Préparez la veille pour un résultat optimal : le coq au vin se bonifie nettement en repos d'une nuit.
Le mot du sommelier
L'accord coq au vin-Bourgogne rouge est l'accord patrimonial absolu de la gastronomie française. Si vous voulez explorer d'autres pistes prestigieuses, un Pommard, un Volnay premier cru, un Nuits-Saint-Georges ou un Gevrey-Chambertin mature seraient des choix patrimoniaux par leur finesse. Pour les amateurs de styles plus puissants, un grand Mercurey ou un Givry premier cru fonctionnent admirablement. Évitez les vins très tanniques jeunes et les blancs sur ce plat traditionnellement rouge. Une dernière piste audacieuse à connaître pour les amateurs : la version au vin jaune du Jura (coq au vin jaune et morilles) est une variante régionale particulièrement raffinée de la Franche-Comté qui mérite d'être tentée au moins une fois. Le vin jaune du Jura remplace alors le vin rouge bourguignon dans la marinade et le mijotage, créant un plat radicalement différent au caractère oxydatif signature (notes de noix, fenouil sauvage, curry) qui se marie admirablement avec les morilles séchées et la chair fine de la volaille. Cette version est particulièrement adaptée pour une grande occasion gastronomique. Le service du coq au vin classique demande une attention particulière : comme tous les plats mijotés, il se bonifie nettement en repos d'une nuit complète au réfrigérateur, à condition de bien dégraisser la surface du jus avant le réchauffage doux. Servez avec un verre du même vin utilisé pour la cuisson pour respecter la tradition bourguignonne. Pour découvrir d'autres mariages classiques, parcourez nos recettes et accords mets-vins.