Gin · Amuerte
Amuerte · Blue Edition
Amuerte Blue Edition
Belgique
70 cl
moped_package Livré entre le et le
Un gin belge à 43 degrés où la figue bleue du Brésil et les herbes officinales se disputent le verre à parts égales.
De toutes les bouteilles de la maison, la Blue Edition est celle qui joue le plus finement. Elle ne cherche ni la tension de la White ni l'exubérance de la Black : elle installe une tension entre un fruit doux et une amertume végétale, et elle la tient du début à la fin du verre.
La figue bleue brésilienne apporte à ce gin un fruit blanc mûr, à la pulpe tendre, très éloigné du registre agrume auquel la catégorie nous a habitués. C'est une matière ronde, presque confite, qui donne du volume sans donner du sucre. Peu de distillateurs travaillent la figue, parce qu'elle résiste mal à l'alambic et qu'elle demande un dosage précis. Ici, elle reste parfaitement identifiable au nez comme en bouche.
La feuille de coca du Pérou est la botanique signature commune aux cinq bouteilles de la maison. Elle est infusée puis passée à l'alambic, et la marque explique que le procédé ne conserve que les arômes de la plante. Dans cette édition, elle s'inscrit dans le registre herbacé qui répond à la douceur du fruit. C'est ce dialogue, et non le fruit seul, qui donne sa complexité au spiritueux.
La maison revendique un bouquet d'herbes officinales et balsamiques, sans en publier le détail ni le nombre. C'est un choix courant chez les distillateurs, et il vaut mieux décrire ce que ces plantes produisent au verre que spéculer sur une liste.
Trois registres cohabitent, dans cet ordre d'intensité : fruité, herbacé, agrume. Le fruité vient de la figue, l'herbacé du bouquet de plantes aromatiques et de la coca, l'agrume travaille en arrière plan pour maintenir de la fraîcheur. Cette architecture explique pourquoi ce gin supporte des tonics très différents : selon ce qu'on lui ajoute, on met en avant l'un ou l'autre de ses trois visages.
Les baies de genièvre restent obligatoires pour qu'un produit puisse s'appeler gin, et ce n'est pas ici une formalité réglementaire. Le genièvre donne la ligne résineuse qui empêche la figue de virer à la confiture. Sans lui, on obtiendrait une eau-de-vie parfumée ; avec lui, on obtient un gin dont l'amertume et la douceur se répondent au lieu de s'additionner.
La fabrication d'un gin passe par deux gestes complémentaires. La macération laisse les botaniques infuser dans l'alcool pour en extraire les composés lourds, puis la distillation à l'alambic sélectionne les fractions volatiles. Un temps d'infusion trop long extrait des tanins, trop court laisse le spiritueux creux. La justesse de cette bouteille suggère un travail attentif sur ce point, même si la maison n'en détaille pas les paramètres.
Le service conseillé est simple : 5 cl dans un verre ballon rempli de glace, allongés de 15 cl de tonic neutre ou de ginger beer. Mais avant de l'allonger, il vaut la peine de goûter ce gin pur, à température ambiante, pour saisir sa construction.
Le premier nez donne un fruit blanc mûr à la pulpe tendre, immédiatement encadré par les herbes officinales et balsamiques. Les agrumes arrivent en troisième position, discrets, et le genièvre ferme la marche. C'est un nez dense, qui gagne beaucoup à l'aération : quelques minutes dans le verre suffisent à séparer nettement les registres qui semblaient d'abord fondus.
La bouche est complexe et remarquablement équilibrée. La douceur de la figue et l'amertume herbacée se tiennent à parts égales, sans que l'une prenne le pas sur l'autre à aucun moment. Cet équilibre est difficile à obtenir et c'est la vraie réussite de cette édition. L'acidité reste basse, ce qui donne une sensation de rondeur là où la plupart des gins contemporains misent sur la tension.
La finale est longue, chaude et perçue comme sucrée, alors que le spiritueux ne contient pas de sucre ajouté. Cette impression vient du fruit et de la chaleur des 43 degrés. Elle reste bien après que le verre est reposé, ce qui en fait un gin de fin de repas autant que d'apéritif, dans un rôle que remplissent d'ordinaire les liqueurs.
Situer une bouteille dans le paysage des alcools aide à savoir ce qu'on achète. Ce qui suit décrit les familles voisines à titre éducatif, et ne dit rien du contenu de ce flacon.
Vodka et gin partent fréquemment du même alcool neutre. La vodka le purifie par filtrations successives et vise la netteté ; le gin l'aromatise par infusion et distillation de botaniques et vise le relief. Un dry martini illustre bien la différence : à la vodka il devient une affaire de texture et de froid, au gin il devient une affaire de plantes. La base est commune, le résultat n'a rien à voir.
Le whisky se construit dans le bois. L'orge, le malt, puis des années en fût de chêne qui apportent la vanille, la noix de coco grillée et la couleur : un single malt doit beaucoup à ses barriques. Le gin ne connaît pas cette étape, il sort de l'alambic et part en bouteille. Comparer les deux éclaire deux méthodes opposées d'obtenir de la complexité, l'une par le temps, l'autre par la plante.
Le génépi, la gentiane ou la chartreuse sont des liqueurs : une base alcoolisée, des plantes, et du sucre ajouté qui leur donne leur texture sirupeuse. Les eaux-de-vie de fruits, kirsch ou poire williams, distillent directement un fruit fermenté. Un gin à la figue n'appartient à aucune de ces deux familles : il reste sec, et son fruit vient d'une infusion, pas d'une fermentation ni d'un sirop.
Cette bouteille est l'une des plus polyvalentes de la gamme en mixologie, parce que son amertume herbacée donne prise à des préparations que les gins très agrumes supportent mal.
Le service de référence tient en trois éléments : un verre ballon rempli de glace, 5 cl de gin, 15 cl de tonic neutre bien froid. Un zeste d'orange suffit à garnir. La variante à la ginger beer est plus intéressante encore : le gingembre relance l'amertume et le piquant vient chercher la figue. C'est un long drink d'apéritif très rafraîchissant, à servir sans sirop supplémentaire.
Le bramble se monte sur glace pilée : le gin, du jus de citron, un peu de sirop de sucre, puis la liqueur de mûre versée en dernier pour qu'elle descende dans le verre en traînée sombre. Le fruit noir de la liqueur prolonge la figue au lieu de la concurrencer, et l'acidité du citron réveille l'ensemble. C'est le cocktail que nous conseillons pour découvrir cette bouteille en version travaillée.
Pour exploiter le registre herbacé, un fizz aux herbes fonctionne remarquablement : le gin, du jus de citron, un sirop de thym maison, allongé d'eau gazeuse et garni d'un brin de romarin. Le shaker n'est utile que pour la partie acide, l'eau gazeuse s'ajoute ensuite directement dans le verre. Le résultat est sec, aromatique et très peu sucré, une alternative bienvenue aux cocktails fruités.
LE GIN D'UN CAVISTE
À LA DÉGUSTATION
Fruit blanc mûr à la pulpe tendre, herbes officinales et balsamiques, agrumes et genièvre.
Complexe et équilibrée : la douceur de la figue et l'amertume herbacée se tiennent à parts égales.
Longue, chaude et sucrée ; elle reste bien après le verre.
LE PROFIL
LES BOTANIQUES
LES COCKTAILS
Chaque gin de la cave porte ses trois verres, avec la liste exacte de ce qu'il faut mettre dedans. Ce ne sont pas des recettes génériques : elles changent d'une bouteille à l'autre.

Amuerte Blue, tonic neutre ou ginger beer, verre ballon rempli de glace, zeste d'orange

Amuerte Blue, jus de citron, sirop de sucre, liqueur de mûre versée en fin de verre sur la glace pilée

Amuerte Blue, jus de citron, sirop de thym, eau gazeuse, un brin de romarin pour garnir
LE SERVICE
Un gin contemporain se sert frais, allongé ou en cocktail court. La règle qui change tout tient au garnish : un zeste exprimé relance les agrumes de la distillation, là où une rondelle noyée les dilue.
Sur glace, avec un tonic premium et un zeste d'agrume. C'est le service que la maison met en avant.
Très froid, un trait de vermouth dry et un zeste de citron. Le gin y est nu, il n'a rien pour se cacher.
Citron vert, menthe fraîche et sirop de sucre, secoué. La version longue et végétale.
Un verre à pied bien froid, jamais rempli de glace pilée qui fond trop vite.
Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Aromatisé
Gin belge élaboré à partir de feuilles de coca du Pérou, issues de fermes durables. L'infusion puis la distillation retirent l'alcaloïde et ne conservent que les arômes de la plante. Chaque édition ajoute son fruit sud-américain signature. Bouteille finie à la feuille d'or 24 carats.
5 cl en verre ballon rempli de glace, allongés de 15 cl de tonic neutre ou de ginger beer, avec une figue fraîche ouverte en deux
LA MAISON

LA FICHE
Degré
43% vol.
Contenance
70cl
Type
Aromatisé
Botaniques
3 botaniques signatures
Service
5 cl en verre ballon rempli de glace, allongés de 15 cl de tonic neutre ou de ginger beer, avec une figue fraîche ouverte en deux
Distillation
Gin belge élaboré à partir de feuilles de coca du Pérou, issues de fermes durables. L'infusion puis la distillation retirent l'alcaloïde et ne conservent que les arômes de la plante. Chaque édition ajoute son fruit sud-américain signature. Bouteille finie à la feuille d'or 24 carats.
Pays
Belgique
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