Shochu · Kumamoto (Mizukami, en amont de la rivière Kuma)
Ohishi · Resena
Ohishi Resena
Japon
72 cl
Shochu de riz (kome-jochu), distillé sous pression réduite, koji blanc et levure KF7
moped_package Livré entre le et le
Chez Ohishi, ce shochu porte le prénom de la fille du dirigeant, et la maison dit l'élever comme son propre enfant.
La maison est installée à Mizukami, dans la préfecture de Kumamoto, au sud du Japon. Elle se présente comme la distillerie la plus proche de la source de la rivière Kuma, et fait de cette proximité un argument : l'eau qui descend de ces montagnes compte parmi les plus pures de l'archipel. La région a donné son nom à toute une famille d'alcools, le kuma-shochu, dont le Resena fait partie.
Deux ingrédients entrent dans cette bouteille, et deux seulement : du riz à saké de Kumamoto et du koji de riz. Le koji est un champignon cultivé sur le grain cuit, dont le rôle est de convertir l'amidon en sucres fermentescibles, une conversion que le riz ne sait pas mener seul. Sans lui, ni saké ni shochu n'existeraient. La maison, familiale depuis 1872, cultive elle-même une partie de son riz.
Resena est la romanisation de 礼世奈, et ce n'est ni un nom de gamme ni une invention d'importateur : c'est le prénom de la fille du dirigeant. La maison explique élever ce shochu comme son propre enfant, et la formule dit assez bien la place qu'occupe la cuvée dans un catalogue qui compte peu de références. Le syndicat des producteurs de kuma-shochu le résume d'un mot : parfumé et doux. Rares sont les maisons à baptiser ainsi une cuvée, et le geste en dit plus long sur la place du produit que n'importe quel argument commercial.
Le Resena est distillé sous pression réduite. En abaissant la pression dans l'alambic, on abaisse du même coup la température à laquelle le liquide entre en ébullition, et cette différence change tout : les composés les plus volatils, ceux qui portent le fruit et la fraîcheur, traversent la distillation sans être cuits. C'est le choix des shochus élégants, contre la puissance que donne une distillation à pression atmosphérique.
Trois familles de koji se partagent la production japonaise, et le Resena emploie le blanc, le shiro-koji. C'est celui qui produit le plus d'acide citrique, et qui donne des distillats souples, doux, aux contours arrondis. Le koji noir signerait un shochu plus dense et plus terrien, le jaune tirerait vers le saké. Ce seul choix explique une bonne part de ce que l'on trouve ensuite dans le verre.
La maison emploie par ailleurs la levure KF7, et c'est elle que l'on retrouve au nez. Là où le koji prépare le sucre, la levure décide de la palette aromatique qui naîtra de la fermentation, avant même que l'alambic n'entre en jeu. Sur le Resena, elle pousse vers la pomme et les fruits mûrs, avec cette sensation d'umami qui surprend souvent ceux qui abordent le shochu pour la première fois.
Le malentendu est courant, et il vaut la peine d'être levé. Un saké est brassé : la fermentation s'achève, on presse, on met en bouteille. Un shochu part d'un moût comparable, puis passe par l'alambic, ce qui concentre la matière et monte le degré. Le Resena voisine avec nos sakés dans le rayon japonais, mais il en est le cousin distillé, pas une variante. La confusion tient sans doute à la matière commune, le riz, et au fait que les deux passent par le koji : c'est pourtant l'alambic qui décide de tout ce qui suit.
La comparaison au whisky vient vite, puisque les deux naissent d'une céréale distillée. Elle s'arrête là : le whisky tire l'essentiel de son caractère des années passées sous bois, quand un shochu se boit le plus souvent tel qu'il sort de l'alambic, après un simple repos. Face à une eau-de-vie de fruit, la différence est ailleurs : la matière n'apporte ici aucun sucre, il faut le fabriquer, et c'est tout le travail du koji.
Le Resena titre 25 % vol, en 72 cl. C'est peu pour un distillat, et beaucoup pour qui vient du saké. Ce niveau intermédiaire explique son usage : il supporte la dilution sans se défaire, ce qu'un spiritueux à 40 % ne fait pas aussi bien, et il accompagne un repas entier là où un alcool plus fort se réserverait à la fin. C'est aussi ce qui explique que le Japon le serve volontiers allongé, sans que personne y voie une façon de l'affaiblir.
Dans le verre, il se présente clair et brillant, d'une grande limpidité. Le nez s'ouvre sur la pomme et les fruits mûrs, relevés d'une pointe d'umami, avec la fraîcheur que laisse une distillation menée à basse température. La bouche est ronde et souple, sans agressivité malgré le degré, et la finale se termine nette et fruitée, sans lourdeur.
Quatre services lui vont, et aucun n'est un pis-aller. Pur, il se lit d'un trait. Sur un gros glaçon, la matière se resserre et la finale s'allonge. En oyuwari, allongé d'eau chaude, les arômes montent et le nez s'ouvre. En mizuwari, allongé d'eau froide, il se fait discret et tient tout un repas. Il fait enfin une base de cocktail moins alcooleuse qu'un spiritueux classique.
Sushis, sashimis et makis viennent en tête : allongé d'eau froide, il se retire et laisse le poisson cru s'exprimer. Sur des yakitoris et des plats riches en umami, sa rondeur de riz tient tête à une sauce tare, et le service à l'eau chaude lui donne l'ampleur nécessaire. En fin de repas, sa douceur fruitée répond à l'amertume d'un chocolat de forte teneur. Chez Trinquay, nous le conseillons à qui veut explorer le Japon des spiritueux au-delà du saké.
L'ESPRIT DU SHOCHU
Le shochu part de la même matière qu'un saké, du riz et un champignon nommé kōji, mais il ne s'arrête pas à la fermentation : il passe par l'alambic. C'est un distillat, et la loi japonaise en plafonne le degré.
Ce n'est donc ni une variante du saké ni un spiritueux occidental. L'étape qui décide de son goût n'est pas le meulage du grain, c'est la distillation, puis le fût quand la maison le pratique.
À LA DÉGUSTATION
LA MATIÈRE
La même base qu'un saké : du riz, de l'eau, et le kōji qui transforme l'amidon en sucre. C'est ce qui vient après, l'alambic, qui les sépare.
CE QUI FAIT LE SHOCHU
Un shochu commence comme un saké, avec du riz et du kōji, puis s'en sépare à l'étape que le saké ne connaît pas : la distillation.
La même base qu'un saké, avant que les chemins ne se séparent.
Le kōji convertit l'amidon, les levures font le reste. Jusqu'ici, tout ressemble à un saké.
L'étape que le saké ne connaît pas, et qui décide du style.
Quand la maison le pratique : c'est de là que vient la couleur.
LE SERVICE
Un shochu ne se sert pas comme un saké. Les deux dilutions japonaises, à l'eau chaude et à l'eau froide, sont des usages courants au Japon, pas un compromis.
Straight pour lire les fûts, ou sur un gros glaçon : la matière se resserre et la finale s'allonge.
Allongé d'eau chaude : l'umami monte et la chaleur ouvre le nez.
Allongé d'eau froide : il se fait discret et accompagne tout un repas.
Base japonaise moins alcooleuse qu'un spiritueux classique, elle ne couvre pas les autres ingrédients.
Astuce : la dilution ne l'affaiblit pas, elle ouvre la matière. C'est ainsi qu'il se boit chez lui, à table, tout au long du repas.
Choisi et validé par le caviste Trinquay.
Distillat de riz, à table comme en digestif.
Kumamoto (Mizukami, en amont de la rivière Kuma)

À TABLE
Distillé puis vieilli en fût, il se boit aussi bien à table qu'en fin de repas, et supporte la dilution sans se défaire.



LA FICHE
Degré
25.0% vol.
Contenance
72cl
Catégorie
Shochu de riz (kome-jochu), distillé sous pression réduite, koji blanc et levure KF7
Préfecture
Kumamoto (Mizukami, en amont de la rivière Kuma)
Riz
Riz à saké de Kumamoto
Distillation
Sous pression réduite
Service
Se déguste pur ou sur glace, allongé d'eau chaude (oyuwari) ou froide (mizuwari), ou en cocktail.
Pays
Japon
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