DISTILLERIE
Direction la Flandre et la Distillerie Filliers, maison familiale belge du genièvre depuis 1880. De ses alambics de cuivre naît le célèbre Dry Gin 28, créé en 1928 et toujours fidèle à ses vingt-huit botaniques. Histoire, savoir-faire et dégustation d'une distillerie hors normes.
La Distillerie Filliers distille le genièvre belge depuis 1880, sur les bords de la Leie en Flandre. Trinquay vous emmène à la rencontre de cette maison familiale de Bachte-Maria-Leerne, où cinq générations de distillateurs ont fait naître l'un des gins les plus singuliers d'Europe, le célèbre Dry Gin 28 aux vingt-huit botaniques.
L'histoire de la Distillerie Filliers commence en 1880, lorsque Karel Lodewijk Filliers obtient sa licence pour installer sa brûlerie de genièvre à Bachte-Maria-Leerne, en remplacement d'une distillerie agricole détruite par un incendie en 1863. De ce geste fondateur naît une dynastie : depuis cent quarante ans, le savoir-faire se transmet de père en fils, et ce sont aujourd'hui cinq générations de maîtres distillateurs qui se sont succédé aux commandes des alambics. La recette de genièvre familiale, jalousement gardée, demeure le socle d'une maison qui n'a jamais cédé à la production de masse.
La distillerie est ancrée dans son village de Bachte-Maria-Leerne, en Flandre-Orientale, le long de la rivière Leie. Ce terroir flamand, terre de céréales et d'eau, offre le cadre idéal à la distillation des grains qui font la base des genièvres et des gins de la maison. Comme un domaine viticole tient à sa parcelle, la Distillerie Filliers tient à ce lieu où l'eau, l'orge et le seigle nourrissent depuis toujours son art. Le génie de Filliers est d'avoir fait de cet héritage rural un terroir spiritueux reconnu bien au-delà des frontières belges.
Avant d'être une maison de gin, Filliers est d'abord une maison de genièvre, ce jenever qui constitue le grand classique des spiritueux flamands et néerlandais. C'est de cette tradition du genièvre belge qu'est né, plus tard, le gin de la maison. Le genièvre, distillat de céréales aromatisé à la baie de genévrier, est en effet l'ancêtre direct du gin moderne. En passant de l'un à l'autre, la Distillerie Filliers n'a pas changé de famille de spiritueux : elle a prolongé un savoir-faire de plus d'un siècle, où la baie de genévrier reste la signature centrale du flacon.
Au cœur de la gamme proposée par Trinquay figure le Filliers Dry Gin 28, embouteillé à 46° et présenté ici en coffret. Ce gin de facture London Dry doit son nom et son chiffre à ses vingt-huit botaniques, savamment assemblées autour du genièvre. La recette, créée en 1928 par Firmin Filliers, n'a jamais été modifiée : elle marie l'angélique, le houblon belge, les oranges fraîches d'Espagne, la lavande et le piment de la Jamaïque. Au nez comme en bouche, ce gin déploie des notes de genièvre sec, d'agrumes, de fleurs et d'épices, sur un fond légèrement malté qui signe son origine flamande. C'est un gin de caractère, aussi à l'aise en dégustation qu'en gin tonic.
Le Filliers Tribute, embouteillé à 48°, est l'hommage rendu par la maison à Firmin Filliers, créateur du Dry Gin 28 et figure marquante de la troisième génération. Reprenant le format de bouteille et l'étiquetage des années 1920, ce London Dry explore l'essence même de la recette originelle de 1928. Il met l'accent sur les plantes et les herbes maîtresses du gin : le malt, le houblon, la racine d'angélique et la lavande. Plus intense et plus aromatique que son aîné, ce gin offre des notes de malt doux, de fleurs, de genièvre sec, d'épices terreuses et un souvenir de bière houblonnée belge. C'est une pièce de collectionneur autant qu'un grand gin de dégustation.
Le gin n'est qu'une facette de la Distillerie Filliers. La maison produit aussi des genièvres de grain et de fruits, une vodka, et même du whisky belge, élevé en fûts de chêne. Cette polyvalence n'est pas anodine : elle prouve que les distillateurs maîtrisent l'ensemble de la chaîne, de la céréale brute au distillat vieilli. Le gin profite directement de cette culture spiritueuse complète, où le sens du grain hérité du genièvre et du whisky nourrit l'équilibre des botaniques. Chez Filliers, chaque spiritueux dialogue avec les autres au sein d'une même tradition familiale.
Le savoir-faire de la Distillerie Filliers repose sur des alambics en cuivre traditionnels, ces pot stills hérités de l'art ancien de la distillation flamande. Plutôt que de tout distiller ensemble, la maison procède à une distillation séparée des botaniques, réparties en groupes de fruits et d'herbes dans deux alambics distincts. Cette méthode minutieuse permet de maîtriser l'extraction de chaque arôme, sans qu'une plante n'écrase l'autre. Le maître distillateur assemble ensuite les distillats pour atteindre l'équilibre recherché. C'est un travail d'orfèvre, où la lenteur du cuivre prime sur le rendement.
La signature du gin Filliers tient à ses vingt-huit botaniques, un assemblage rare qui place la maison parmi les distilleries les plus généreuses en plantes. Le genièvre, baie de référence, structure l'ensemble et rappelle l'héritage du jenever. Autour de lui s'épanouissent l'angélique, la lavande, le piment de la Jamaïque, les agrumes et, touche typiquement belge, le houblon, qui apporte une amertume noble et une note de céréale brassicole. Ce champ aromatique large fait du gin de la maison un distillat complexe, à la fois floral, épicé, herbacé et délicatement malté.
Avant la chauffe, les botaniques macèrent dans la base d'alcool de grain afin de libérer leurs huiles essentielles. Les fruits et les herbes, distillés séparément, livrent ainsi des distillats que le maître distillateur marie avec précision. Cette macération suivie d'une distillation maîtrisée permet de ne retenir que le cœur du distillat, écartant les fractions les moins nobles. De la baie de genévrier à la fleur de lavande, chaque arôme trouve sa juste place dans l'assemblage final. C'est cette patience, de la macération au flacon, qui donne au gin Filliers sa profondeur et son équilibre si caractéristiques.
Le gin et la vodka partent souvent d'une base d'alcool de grain, mais leur intention diffère radicalement. La vodka, qu'elle soit nature ou aromatisée, recherche la pureté : un alcool blanc lisse, distillé pour effacer les saveurs. Le gin Filliers prend le chemin inverse. Sur sa base de céréales, la macération et la distillation de vingt-huit botaniques impriment le genièvre, les agrumes, le houblon et les herbes. Là où la vodka vise la neutralité, ce gin affirme une identité aromatique foisonnante. Comparer ces deux eaux-de-vie blanches, c'est mesurer l'écart entre l'alcool neutre épuré et un distillat richement infusé de plantes.
Le voisinage avec le whisky est ici concret, puisque Filliers distille aussi du whisky. Le whisky, ou whiskey selon les pays, naît d'un moût de céréales fermenté, souvent à base d'orge maltée, parfois de seigle pour le bourbon ou de maïs, puis distillé et longuement vieilli en fûts de chêne. De ce vieillissement naissent les notes de malt, de vanille, de caramel et de chêne du single malt écossais, du scotch whisky ou du whisky japonais. Le gin, lui, ne connaît pas de vieillissement prolongé en barrique : son caractère vient des botaniques infusées et de la baie de genévrier. Sous le même toit flamand, le malt longuement élevé et le genièvre floral incarnent deux philosophies de l'eau-de-vie, l'une bâtie sur le grain et le fût, l'autre sur la fraîcheur des plantes.
Au-delà de la vodka et du whisky, le gin dialogue avec tout l'univers des spiritueux, des eaux-de-vie et des liqueurs. Le rhum et la cachaça naissent de la canne et du sucre, l'armagnac et le cognac du raisin et de la vigne, la grappa et le marc du marc de raisin, tandis que les eaux-de-vie de fruits déclinent la mirabelle, la poire williams, le kirsch ou la framboise. À côté, les liqueurs jouent le sucre et le parfum : triple sec et curaçao sur l'agrume, crème de cassis, génépi, chartreuse ou bénédictine sur les plantes, sans oublier le vermouth, riche de gentiane et d'aromates. Le gin Filliers, lui, appartient à la famille des alcools blancs aromatiques, non vieillis, dont le genièvre signe l'appartenance. Connaître ces grandes familles de spiritueux aide à situer ce gin belge et à mesurer la singularité de ses vingt-huit botaniques.
Le gin tonic reste la façon la plus simple de révéler les gins Filliers à l'apéritif. Sur de larges glaçons, le distillat se marie au tonic, dont l'amertume et les bulles soutiennent le genièvre, les agrumes et la touche houblonnée de la maison. Un zeste d'orange ou de citron, voire une feuille de basilic, prolonge la fraîcheur aromatique du gin. Servi bien frais, ce gin tonic devient un apéritif profond et nuancé, loin des versions fades. C'est sans doute la meilleure introduction au caractère botanique de la Distillerie Filliers.
Au verre à mélange comme au shaker, les gins Filliers déploient tout leur potentiel en cocktails. Leur densité aromatique en fait une base idéale pour un dry martini ciselé, où un trait de vermouth laisse parler le genièvre, ou pour un negroni équilibré entre amertume et rondeur. Le gin fizz, le tom collins ou un cocktail aux agrumes mettent eux aussi en valeur les vingt-huit botaniques de la maison. Quelques baies, une rondelle d'agrume et un sirop léger suffisent à composer des cocktails fins. Pour la mixologie, ce gin belge est une palette de parfums d'une rare richesse.
Au-delà du verre, les gins de la Distillerie Filliers savent accompagner les occasions. En apéritif, un gin tonic ou un spritz au gin ouvre le repas sur une note vive et aromatique. En long drink, le Dry Gin 28 se prête aux soirées entre amis, tandis que le Filliers Tribute, plus rare et plus intense, se savoure volontiers pur, en petite quantité, à la manière d'un connaisseur face à un grand spiritueux. Chez Trinquay, vous pouvez acheter le coffret Filliers Dry Gin 28 et le Filliers Tribute en ligne et les faire livrer à domicile. Que vous les réserviez à vos gin tonics, à vos cocktails ou à la dégustation, ces gins belges vous font découvrir tout le savoir-faire d'une distillerie familiale et la magie de ses vingt-huit botaniques.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.