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RECETTE

Coquille de veau en paupiette

Fines tranches de coquille de veau roulées sur une farce d'aromates, ficelées puis mijotées au bouillon. La cuisine bourgeoise dans toute sa délicatesse.

Par Matys Hoffman, cavistePublié le 22 juillet 20267 min de lectureRecette testée en cuisine
Coquille de veau en paupiette
Préparation
20 min
Cuisson
45 min
Pour
6 personnes
Difficulté
Difficile
Coût
≈ 18 € / pers.

Coquille de veau en paupiette

La coquille de veau, ou noix de veau, est l'un des morceaux les plus nobles de l'animal, situé sur la cuisse arrière. C'est une chair maigre, tendre, à grain fin, recherchée pour les rôtis prestigieux et les escalopes de qualité. Notre recette en paupiette transforme cette pièce de choix en un plat d'apparat : l'escalope est garnie d'une farce fine au veau, lard, champignons, foie gras et noix, roulée serrée, ficelée, puis braisée doucement dans un fond au vin du Jura. Le résultat : une roulade fondante, généreuse, à la découpe spectaculaire qui révèle le motif concentrique de la farce et de l'escalope.

Cette paupiette puise son inspiration dans la cuisine bourgeoise française du dix-neuvième siècle, où la moindre pièce de viande noble était sublimée par une farce maison et une cuisson lente sous couvercle. La technique du braisage, cuisson en milieu humide à couvert, est l'ennemie du dessèchement et l'amie des chairs maigres : en deux heures à feu très doux, la coquille de veau s'imprègne des sucs sans jamais perdre son moelleux. La sauce, montée en finale au beurre frais et à la crème, devient un accompagnement à part entière. Pour les amateurs de Jura, le millésime ancien d'un grand domaine apporte la complexité oxydative qui répond aux notes de noix et de cèpe : parcourez notre sélection de vins du Jura pour trouver la bouteille idéale.

Ingrédients pour 6 personnes

Les escalopes

  • 6 escalopes fines de coquille de veau de 150 g chacune, aplaties à 5 mm par votre boucher
  • 30 g de beurre clarifié pour la coloration
  • 2 cuillères à soupe d'huile neutre
  • Sel fin, poivre blanc du moulin
  • Ficelle de cuisine

La farce fine

  • 200 g de veau haché à la main au couteau (jamais au mixeur, qui défibrerait)
  • 100 g de lard fumé haché grossièrement
  • 200 g de champignons de Paris bruns hachés finement
  • 50 g de foie gras frais en petits dés (facultatif mais magnifique)
  • 40 g de cerneaux de noix concassés
  • 1 échalote ciselée finement
  • 2 gousses d'ail hachées
  • 2 cuillères à soupe de persil plat ciselé
  • 1 jaune d'œuf pour lier
  • 2 cuillères à soupe de chapelure fine
  • 2 cuillères à soupe de cognac
  • 1 pincée de quatre-épices
  • Sel fin, poivre blanc

Le braisage

  • 2 carottes en mirepoix
  • 1 oignon en mirepoix
  • 1 branche de céleri en mirepoix
  • 4 gousses d'ail en chemise
  • 1 bouquet garni
  • 30 cl de vin du Jura blanc (savagnin ouillé ou chardonnay)
  • 30 cl de fond brun de veau
  • 1 cuillère à soupe de concentré de tomate

La sauce de finition

  • 15 cl de crème fraîche entière épaisse
  • 40 g de beurre froid en parcelles
  • 1 cuillère à café de jus de citron
  • 1 cuillère à soupe de cerneaux de noix concassés pour la finition
Château Chalon Domaine Bourdy 2000

Le vin de la recette

Domaine Bourdy · 2000

AOC Château-Chalon · 100% Savagnin · 13,7 %

Véritable trésor du Jura, ce Château-Chalon du Domaine Bourdy est une icône façonnée par le temps. Issu du seul cépage Savagnin et d'un savoir-faire ancestra...

154,29€
Expédié sous 24 h

Préparation

Préparer la farce (idéalement la veille)

Faites fondre une noix de beurre dans une poêle, faites suer l'échalote et l'ail trois minutes sans coloration. Ajoutez les champignons hachés, le sel, et faites cuire dix minutes à feu vif jusqu'à évaporation complète de leur eau. Ils doivent devenir foncés et concentrés. Réservez et laissez tiédir.

Dans un grand cul-de-poule, mélangez le veau haché, le lard, les champignons refroidis, les noix, le persil, le jaune d'œuf, la chapelure, le cognac, le quatre-épices, sel et poivre. Mélangez sans excès à la spatule pour obtenir une masse homogène mais aérée. Si vous utilisez le foie gras, incorporez-le tout à la fin pour préserver les morceaux. Couvrez et réfrigérez au moins deux heures, idéalement une nuit : la farce gagne en saveur, le sel pénètre les protéines, la texture se raffermit.

Garnir et rouler les paupiettes

Étalez chaque escalope sur une planche, salez et poivrez légèrement les deux faces. Déposez au centre quatre cuillères à soupe de farce, étalez en laissant deux centimètres de bordure libre tout autour. Rabattez les côtés latéraux sur la farce, puis roulez fermement de bas en haut, en serrant à chaque tour pour évacuer l'air.

Ficelez chaque paupiette en quatre points : deux ficelles transversales et deux longitudinales formant un cadre. Cette double ficelure empêche la paupiette de s'ouvrir à la cuisson et garde la forme cylindrique régulière qui donnera de belles tranches au service.

Saisir les paupiettes

Faites chauffer le beurre clarifié et l'huile dans une grande cocotte en fonte à feu moyen-vif. Saisissez les paupiettes quatre minutes par face, sur les quatre faces principales (donc seize minutes au total), pour obtenir une coloration brun-doré régulière. Réservez sur une assiette.

Bâtir le fond de braisage

Dans la même cocotte, ajoutez la mirepoix de carottes, oignon, céleri et les gousses d'ail. Faites suer dix minutes à feu doux jusqu'à coloration légère. Ajoutez le concentré de tomate, faites torréfier deux minutes pour casser l'acidité.

Versez le vin du Jura, déglacez en grattant les sucs, faites réduire de moitié à feu vif. Ajoutez le fond brun de veau et le bouquet garni, portez à frémissement.

Braiser deux heures

Replongez les paupiettes dans la cocotte, le liquide doit arriver à mi-hauteur (sans les noyer : c'est un braisage, pas un bouillon). Couvrez et faites braiser à feu très doux pendant deux heures, ou enfournez à cent quarante degrés. Retournez les paupiettes une fois à mi-cuisson pour assurer une imprégnation homogène. Au sortir du four, la viande doit être tendre, le jus nappant et brillant.

Monter la sauce

Sortez délicatement les paupiettes, déposez-les sur un plat préchauffé sous un papier aluminium. Filtrez le jus de braisage au chinois fin dans une casserole en pressant les légumes. Faites réduire cinq minutes à feu vif pour concentrer.

Baissez le feu, ajoutez la crème, faites frémir trois minutes. Hors du feu, montez la sauce au beurre froid en parcelles, en fouettant doucement : la sauce devient lustrée et nappante. Terminez par le jus de citron qui apporte la pointe de fraîcheur.

Dresser et servir

Coupez délicatement les ficelles. Tranchez chaque paupiette en trois rouelles épaisses qui révèlent le motif de la farce. Disposez sur des assiettes chaudes, nappez généreusement de sauce, parsemez de noix concassées. Accompagnez d'une purée de pommes de terre à la noix, d'un gratin dauphinois, ou de petits légumes glacés (carottes fanes, navets, oignons grelots).

Accord mets et vin

Sur cette paupiette de veau braisée au vin du Jura, le choix le plus juste est de revenir à la même région avec un vin plus mature et plus complexe. Notre Domaine Bourdy 2000 tient parfaitement le rôle : vingt-cinq ans d'âge, élevage typique du Jura, palette aromatique de noix vieillie, fruits secs, miel, cèpe et tabac blond qui répond exactement aux notes de noix et de champignon de la farce. Cette maturité du vin équilibre la richesse de la sauce sans jamais paraître écrasée. Servez-le à quatorze degrés, après une heure de carafage en carafe à goulot étroit. Pour explorer plus largement la diversité jurassienne, parcourez notre sélection de vins du Jura : l'extraordinaire variété des cépages (savagnin, chardonnay, poulsard, trousseau) et des modes d'élevage (ouillé ou sous voile) en fait l'une des régions les plus riches de France pour qui sait chercher.

Conseils du chef et variations

  • Sans foie gras : remplacez par 50 g de cèpes séchés réhydratés et hachés. Profondeur garantie.
  • Variante normande : remplacez le vin du Jura par du cidre brut, ajoutez deux pommes pelées en quartiers à mi-cuisson, finissez à la crème d'Isigny.
  • Variante italienne : farce au prosciutto, parmesan, sauge et chapelure de pain rassis. Braisé au vermentino. Sauce au beurre noisette et zeste de citron.
  • Sans coquille : escalopes de veau dans la noix pâtissière ou le quasi, plus économiques. Demandez au boucher de les aplatir à cinq millimètres.
  • À l'avance : cuisez la veille jusqu'à fin de braisage. Réchauffez doucement dans la sauce le lendemain, montez au beurre juste avant le service.
  • Pour le coup d'œil : au moment du service, glacez les rouelles d'un peu de sauce réduite : la lustre supplémentaire fait toute la différence.

Le mot du sommelier

Le veau est l'une des viandes les plus polyvalentes en accord vin : sa neutralité aromatique laisse parler la sauce et la garniture. Ici, c'est la sauce au vin du Jura, aux noix et aux champignons qui dicte le choix. Les vins blancs jurassiens matures (savagnin sous voile, vins jaunes plus jeunes, chardonnay élevé) sont les premiers concernés. Hors région, un Hermitage blanc, un Meursault Premier Cru, un Saint-Aubin Premier Cru de dix ans d'âge tiendraient également l'accord. Évitez les rouges : les tanins, même légers, heurteraient la crème de la sauce. Si vous insistez sur un rouge, optez pour un poulsard du Jura très jeune et léger, presque rosé : c'est l'exception qui confirme la règle. Servez votre blanc aérien à treize-quatorze degrés, jamais en dessous : à cette température le bouquet s'épanouit, à dix degrés il se referme.

Domaine Bourdy · 2000 154,29€

Trois bouteilles pour cette recette

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QUESTIONS

Questions fréquentes

Faut-il un bon vin pour cuisiner ?

Un vin buvable, oui, un grand vin non : la cuisson efface la finesse et concentre le reste, donc une bouteille fatiguée se retrouve telle quelle dans l'assiette. Une bouteille de 8 à 12 € que vous boiriez volontiers fait exactement le travail.

Peut-on remplacer le vin de la recette par un autre ?

Oui, en gardant la couleur et le profil : un blanc sec se remplace par un autre blanc sec, jamais par un moelleux qui sucrerait la sauce. Le rosé passe partout où un blanc est prévu. Sans alcool, un bouillon relevé d'un trait de vinaigre approche le résultat sans le tenir tout à fait.

Que faire du reste de la bouteille ?

Rebouchée et au frais, elle tient trois jours en blanc, quatre à cinq en rouge. Au-delà, elle passe en cuisine plutôt qu'au verre. Elle se congèle aussi en bac à glaçons pour les déglaçages : c'est la seule façon de ne rien jeter.

Quel vin boire avec ce plat ?

Celui qui est en carte dans l'article : on met une bouteille en stock qui va au plat, pas une référence choisie au hasard du catalogue. Si elle ne vous convient pas, le lien de collection ouvre les autres bouteilles du même rayon.