DISTILLERIE
Cap sur Aubagne et le Château des Creissauds, où Guillaume Ferroni distille Juillet : un gin de Provence né d'une recette ancienne, façonné dans un petit alambic du XIXe siècle et parfumé aux agrumes du Var. Histoire, savoir-faire et dégustation d'une maison méridionale singulière.
Juillet est le gin de Provence imaginé par Guillaume Ferroni, distillé au cœur d'Aubagne à partir d'une recette inspirée d'un vieux manuscrit. Trinquay vous fait entrer dans cette maison méridionale où l'histoire des spiritueux, les agrumes du Var et un alambic du XIXe siècle composent un gin lumineux et singulier.
Derrière le gin Juillet se trouve Guillaume Ferroni, figure marseillaise à la fois barman, distillateur et historien des alcools. Depuis 2012, il développe et produit toute une gamme de spiritueux haut de gamme, animé par une passion rare : retrouver et faire revivre des recettes oubliées. Collectionneur d'ouvrages anciens et de manuscrits uniques, il puise dans sa bibliothèque les formules de boissons disparues pour les réinterpréter aujourd'hui. Cette approche d'historien, mêlée à un goût marqué pour l'innovation, donne à chacune de ses créations une profondeur que peu de distilleries revendiquent.
Le gin Juillet voit le jour au Château des Creissauds, à Aubagne, à quelques kilomètres de Marseille, en plein cœur de la Provence. Depuis 2011, ce domaine a été transformé en lieu de création et de production d'une gamme de spiritueux français mêlant histoire, patrimoine culturel et ressources naturelles du terroir. Entre garrigue, oliviers et bar perché dans les arbres, le site incarne l'esprit méditerranéen qui irrigue la maison. C'est ce terroir provençal, lumineux et parfumé, que l'on retrouve dans le verre : un gin qui sent le Sud, les agrumes et le soleil de juillet.
Le nom Juillet n'a rien d'anodin. Ce gin est inspiré et adapté d'une ancienne recette tirée de la collection d'ouvrages anciens de Guillaume Ferroni, et sa distillation se déroule traditionnellement durant les mois de juillet et août. À l'alambic, le bouquet d'aromates classiques s'accompagne d'un panier de fruits frais de Provence cueillis en plein été. De cette saison estivale, le gin tire son nom, sa fraîcheur et son caractère solaire. Loin des gins industriels, Juillet se présente comme une eau-de-vie de saison, ancrée dans un moment de l'année et dans un terroir précis.
Au cœur de la gamme proposée par Trinquay figure le gin Juillet, élaboré à partir d'un alcool de blé bio français. C'est un gin de Provence de style London, où les botaniques macèrent directement dans l'alambic avant la chauffe. À la dégustation, la vivacité des baies de genièvre laisse la place à la bergamote et aux abricots mûrs, dans une fraîcheur évoquant une forêt de conifères et un jardin méditerranéen planté de citronniers. C'est un gin de caractère, aromatique et fruité, qui exprime à merveille la signature de la maison.
La cuvée Juillet Main de Bouddha pousse plus loin l'obsession des agrumes. Embouteillée à 44°, elle met à l'honneur la main de Bouddha, variété asiatique de cédrat aussi spectaculaire qu'aromatique. Son caractère se définit par trois autres agrumes frais : cédrat, citron et orange douce, cultivés au Domaine du Jasson dans le Var, face aux îles d'Hyères. En bouche, les baies de genièvre rehaussent la fraîcheur des agrumes, avant une finale délicate, légèrement anisée, longue et soyeuse. Cette expression contemporaine illustre la créativité d'une maison qui ne cesse de réinventer le genièvre.
Juillet n'est qu'une facette d'un univers bien plus large. Maison Ferroni produit aussi du rhum, un whisky de seigle, des pastis millésimés et des liqueurs anciennes comme le ratafia de Marseille, très en vogue vers 1830. Cette diversité raconte une démarche cohérente : redonner vie à des spiritueux oubliés en s'appuyant sur des sources historiques. Du rhum des Antilles teinté de Provence aux liqueurs d'antan, chaque création mêle recherche documentaire et savoir-faire de distillateur. Le gin Juillet s'inscrit dans cette famille de boissons où l'érudition et le goût avancent main dans la main.
La signature de Juillet tient en partie à son outil de distillation : un alambic de très petite taille, datant des années 1800. Ce petit alambic du XIXe siècle impose une production artisanale, par lots restreints, à mille lieues des colonnes industrielles. Cette dimension modeste permet une attention de chaque instant, où le distillateur surveille la chauffe et la sélection des coupes. De cette lenteur naît un distillat précis et délicat, dont la finesse aromatique serait impossible à l'échelle de masse. L'alambic ancien devient ainsi le gardien d'un savoir-faire de maison.
Le genièvre demeure la baie de référence, le pivot autour duquel s'organise tout gin digne de ce nom. Chez Juillet, il dialogue avec un bouquet d'aromates classiques et, pour la Main de Bouddha, avec quatre agrumes frais issus du terroir provençal. Cédrat, citron, orange douce et main de Bouddha apportent zeste, vivacité et rondeur. Sur la version estivale d'origine, ce sont des fruits frais de saison, abricot et pêche blanche, qui rejoignent l'alambic. Ces botaniques de Provence donnent au gin son identité solaire et sa fraîcheur immédiatement reconnaissable.
Juillet est un gin de style London, ce qui signifie que les arômes proviennent uniquement de la distillation, sans ajout après coup. Les botaniques sont mises à macérer directement dans l'alcool de blé bio au sein de l'alambic, livrant leurs huiles essentielles avant la chauffe. Lors de la distillation, le distillateur sélectionne le cœur de chauffe, écartant les premières et dernières fractions pour ne conserver que la part la plus pure et la plus parfumée. De la macération au distillat, ce travail patient garantit un gin équilibré, où chaque botanique trouve sa juste place.
Le gin et la vodka partent souvent d'une base d'alcool neutre comparable, mais s'opposent dans leur ambition. La vodka, qu'elle soit nature ou aromatisée, recherche la pureté : un alcool blanc lisse, obtenu par distillation pour effacer les saveurs. Juillet emprunte le chemin inverse. Sur son alcool de blé bio, la macération et la distillation du genièvre et des agrumes impriment un caractère aromatique foisonnant. Là où la vodka vise la neutralité, ce gin de Provence affirme une identité fruitée et fraîche. Comparer ces deux spiritueux, c'est mesurer l'écart entre un alcool épuré et un distillat richement infusé de botaniques.
Le rapprochement avec le whisky est ici naturel, puisque Maison Ferroni distille aussi un whisky de seigle. Le whisky, ou whiskey selon les pays, naît d'un moût de céréales fermenté, souvent à base d'orge maltée, parfois de seigle pour le whisky de seigle ou de maïs pour le bourbon, avant une distillation puis un long vieillissement en fûts de chêne. De cette maturation en barriques naissent les notes de malt, de vanille, de caramel et de chêne du scotch, du single malt écossais, du whisky irlandais ou japonais. Juillet, lui, ne connaît ni fermentation prolongée ni passage en fût : son caractère provient des botaniques infusées et d'une distillation soignée. Au sein de la même maison, le seigle vieilli et le genièvre frais incarnent deux philosophies de l'eau-de-vie, l'une bâtie sur le grain et le bois, l'autre sur l'agrume et la fraîcheur.
Au-delà du whisky et de la vodka, le gin Juillet dialogue avec tout le monde des spiritueux et des liqueurs. Le rhum et la cachaça naissent de la canne et de la mélasse, du rhum blanc au rhum agricole vieilli ; l'armagnac, le cognac et le marc viennent du raisin et de la vigne, comme la grappa ou le marc de gewurztraminer ; les eaux-de-vie de fruits déclinent la mirabelle, la poire williams, le kirsch, la framboise ou l'abricot. À côté, les liqueurs jouent le sucre et le parfum : triple sec et curaçao sur l'agrume, crème de cassis sur le fruit rouge, génépi, chartreuse, verveine ou bénédictine sur les plantes, sans oublier la gentiane, l'absinthe, le pastis et le vermouth, riches d'anis et d'aromates. Juillet appartient à la famille des alcools blancs aromatiques : un gin sec, non vieilli, dont le genièvre et les agrumes signent l'appartenance. Connaître ces grandes familles d'alcools et de spiritueux aide à situer ce gin de Provence et à goûter, à sa juste mesure, la singularité d'une recette estivale.
Le gin tonic reste la manière la plus directe de révéler Juillet à l'apéritif. Sur de larges glaçons, le distillat se marie au tonic, dont l'amertume et les bulles soutiennent le genièvre, les agrumes et la fraîcheur provençale. Un zeste de citron, une rondelle d'orange douce ou de pamplemousse prolongent la vivacité du gin. Servi très frais, ce gin tonic devient un apéritif lumineux et parfumé, idéal pour les soirées d'été. C'est sans doute la plus belle introduction au caractère méditerranéen de la maison de Guillaume Ferroni.
Au shaker comme au verre à mélange, Juillet déploie tout son potentiel en cocktails. Sa densité aromatique en fait une base de choix pour un dry martini ciselé, où un trait de vermouth laisse parler le genièvre, ou pour un negroni équilibré entre amertume et rondeur. Un gin fizz, un mojito revisité aux agrumes ou un simple cocktail au citron vert mettent également en valeur ses arômes frais. Quelques zestes, un sirop léger, des feuilles de menthe suffisent à composer des cocktails fins. Pour la mixologie, ce gin fruité offre une palette de parfums idéale pour le barman comme pour l'amateur.
Pour apprécier Juillet, le service compte autant que le verre. Servi très frais, sur de beaux glaçons, le gin révèle ses agrumes et sa vivacité ; tempéré, il dévoile ses notes de genièvre et son fond délicatement anisé. Les amateurs le dégustent volontiers pur, en petite quantité, pour saisir la finesse de cette eau-de-vie provençale, à la manière d'un connaisseur face à un grand spiritueux. Chez Trinquay, vous pouvez acheter le gin Juillet en ligne et le faire livrer à domicile. Que vous le réserviez à vos gin tonics, à vos cocktails ou à la dégustation, ce gin de Provence vous fait découvrir tout le savoir-faire de Guillaume Ferroni et la magie des agrumes du Var.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.