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Montauk est le dernier village de Long Island, à l'extrémité est de l'État de New York, là où l'Atlantique arrête la route. C'est là que Vaughan Cutillo, Eric Moss et Joe Sullivan ont grandi. Les trois amis se sont connus au lycée d'East Hampton, puis retrouvés sur les plages, où ils travaillaient comme maîtres-nageurs. Rien ne les destinait au métier de brasseur : c'est Eric Moss qui a rapporté le brassage de ses années d'études au Colorado, un État où les brasseries artisanales font partie du paysage quotidien. De retour au pays, les trois garçons ont eu la même idée au même moment, ouvrir une brasserie dans leur village. La bière Montauk est née de cette amitié, pas d'un plan d'affaires.
Avant d'être une marque de bière connue dans tout l'État de New York, Montauk a été un brassin amateur dans une cave. Dès 2010, les trois associés brassent dans le sous-sol de Vaughan Cutillo, avec le matériel réduit d'un brasseur amateur : quelques cuves, du malt d'orge, des houblons achetés au détail et beaucoup d'essais ratés. La brasserie ouvre officiellement ses portes le 30 juin 2012. Les premiers fûts sont remplis à la main, puis livrés à vélo dans les bars du village, faute de camion. Cette image dit tout du projet : une micro brasserie qui apprend son métier en le pratiquant, une bière brassée pour les voisins avant d'être vendue ailleurs.
La salle de dégustation occupe l'ancien atelier de menuiserie du père de Vaughan Cutillo, en plein centre de Montauk. Le lieu a gardé son allure de maison de village, entre galerie d'art et comptoir : on y sert des planches de dégustation de six bières ou des pintes des références de la maison, et la brasserie reste ouverte toute l'année, même quand les plages se vident en hiver. Pour les amateurs de bière qui font le déplacement, c'est le seul endroit où goûter certaines bières éphémères, brassées en petit volume et jamais mises en canette. Beaucoup de brasseries artisanales américaines fonctionnent ainsi : le brassin de démonstration reste au comptoir, la gamme régulière part en distribution.
En une dizaine d'années, la production de bière est passée du sous-sol à une tout autre échelle. En 2021, Montauk a vendu 47 000 barils, ce qui place la brasserie parmi les cinquante plus gros brasseurs artisanaux des États-Unis, et les relevés Nielsen en font la marque craft qui progresse le plus vite du marché new-yorkais. On trouve ses bières dans environ 3 500 points de vente, ainsi qu'au Citi Field, au Madison Square Garden et à l'UBS Arena. Ce changement d'échelle explique qu'une bière américaine née dans un village de pêcheurs arrive aujourd'hui jusqu'aux cavistes européens, sans que la maison ait renoncé à sa devise, « Come as You Are ».
Le houblon Citra est un houblon américain devenu la signature des IPA modernes. Il donne des arômes d'agrumes très nets, pamplemousse et zeste d'orange en tête, doublés de fruits tropicaux. C'est lui qui porte le nez de la bière Montauk sans alcool : la brasserie annonce un parfum frais d'orange et de pamplemousse rose, obtenu par un houblonnage généreux plutôt que par un ajout d'arôme. La différence compte pour un amateur de bière : une bière aromatisée reçoit son goût après coup, une bière houblonnée le tire de la fleur de houblon elle-même, ajoutée au moût ou après fermentation. Le résultat est fruité sans être sucré.
Le second houblon de la recette, Mosaic, travaille sur un autre registre : baies, mangue, et un fond herbacé qui empêche le fruité de tourner à la confiserie. Associé au Citra, il élargit la palette aromatique au lieu de la répéter, ce qui explique que ces deux houblons voyagent si souvent ensemble dans les bières américaines. La brasserie complète l'assemblage par des houblons Cryo, une forme concentrée de la fleur qui apporte davantage d'arômes à quantité égale. Sur une bière sans alcool, ce détail pèse lourd : l'alcool porte habituellement les composés aromatiques, et il faut donc compenser son absence par le houblon.
L'IPA, ou India Pale Ale, est le type de bière qui a fait la réputation des brasseurs américains. Son amertume marquée est ce qui la distingue le plus vite d'une bière blonde de soif : elle vient des acides alpha du houblon, libérés pendant l'ébullition du moût, et se mesure en IBU. La bière Montauk assume cette amertume franche, tenue par une base maltée discrète qui laisse toute la place aux houblons. Elle reste pourtant équilibrée, la brasserie parlant d'une amertume propre adoucie d'une pointe de rondeur. Sur les papilles, la finale est amère et persistante, sans l'agressivité résineuse de certaines IPA impériales.
À l'œil, la robe est dorée, limpide et lumineuse, couronnée d'une mousse blanche. Cette teinte vient des malts pâles, des malts d'orge peu touraillés qui donnent des notes de céréales et de pain plutôt que le caramel d'une bière ambrée ou les notes torréfiées d'une brune. La bière est brassée en fermentation haute, la voie des ales : la levure travaille dans le haut de la cuve, à température plus élevée que pour une pils, et produit au passage des esters fruités qui prolongent le travail du houblon. Fermentation haute et houblonnage américain forment le couple classique de l'IPA, et c'est bien ce couple que l'on retrouve ici.
Montauk a sorti sa première bière sans alcool le 11 avril 2024, sous le nom de N.A. IPA. Ce n'est pas une bière légère déguisée : la brasserie l'a conçue comme une IPA à part entière, houblonnée au Citra, au Mosaic et à l'assemblage Cryo déjà évoqué, pour un taux d'alcool inférieur à 0,5 % vol. Elle est produite en canette et distribuée aux États-Unis en packs de six. L'intention est assumée : offrir la même dégustation aux amateurs qui ne veulent pas d'alcool ce soir-là, plutôt qu'un ersatz. C'est aujourd'hui la référence que nous proposons.
Notre cave à bières ne compte qu'une seule bière Montauk, et autant le dire franchement : cette page n'est pas un assortiment, c'est une référence unique, la Montauk IPA sans alcool. Elle est disponible en quantité confortable et part sous quarante-huit heures. Nous l'avons retenue parce qu'elle répond à une demande que peu de brasseries artisanales traitent sérieusement, celle d'une bière sans alcool qui a vraiment le goût d'une IPA. Si la gamme s'étoffe un jour avec d'autres bières de la maison, cette page les accueillera ; en attendant, elle présente honnêtement ce que nous avons en stock.
Servez cette bière artisanale entre 6 et 8 °C. Plus froide, elle perdrait ses arômes d'agrumes ; plus chaude, l'amertume paraîtrait lourde. Le verre tulipe est le contenant idéal : sa panse concentre le nez, sa lèvre resserrée tient la mousse et les bulles bien plus longtemps qu'une chope droite. Versez en inclinant le verre, puis redressez en fin de service pour former un col de deux doigts. C'est une bière d'apéritif et de table, à partager entre amis, et sa fraîcheur désaltérante la rend particulièrement à propos l'été ou après le sport, moments où l'on renonce volontiers à une bière alcoolisée.
La brasserie produit bien d'autres bières que nous ne référençons pas. Sa gamme régulière comprend la Wave Chaser IPA à 6,4 %, la Juicy IPA à 6,8 %, la Tropical IPA à 7,3 %, une golden ale légère baptisée The Surf Beer à 4,5 %, une pilsner d'inspiration allemande à 5,4 %, une Belgian White de blé parfumée à la coriandre et à l'écorce d'orange, et la Guardsman Stout à 5,8 %. S'y ajoutent des bières saisonnières, dont la Driftwood Ale, une pale ale anglaise cuivrée qui fut la toute première bière de la maison en 2012. Aucune d'elles ne figure à notre catalogue à ce jour.
Une IPA américaine et une bière belge ne poursuivent pas le même but. Les bières d'abbaye et les bières trappistes, brassées ou supervisées par des moines, cherchent la puissance maltée, la rondeur sucrée et des notes épicées venues de la levure ; une triple ou une quadruple belge dépasse souvent les 8 % et se boit lentement. L'IPA, elle, met le houblon au premier plan et l'amertume au centre. Les bières belges de fermentation spontanée, gueuze, lambic, kriek à la cerise ou lambic à la framboise, poussent encore ailleurs, du côté de l'acidité. Notre bière Montauk n'appartient à aucune de ces familles : elle est américaine, houblonnée, et sans alcool.
Les grandes familles brassicoles se répartissent d'abord selon la levure. La fermentation basse, celle des pils tchèques et des bières allemandes de Munich, travaille au froid et donne des bières nettes, sèches, très désaltérantes. La fermentation haute, celle des bières anglaises, des bières bretonnes et de notre IPA, autorise plus d'esters et plus de relief aromatique. Entre les deux, la bière de garde du nord de la France et de Flandre a bâti sa réputation sur un long repos en cave. Aucune de ces voies n'est supérieure : elles répondent à des climats, des céréales et des habitudes différentes, du seigle et de l'avoine des recettes modernes au froment des bières blanches.
La robe se lit dans la malterie, pas dans le houblon. Une bière rousse ou une bière ambrée doit sa couleur à des malts caramélisés ; une bière brune, une bière noire ou une stout irlandaise tirent leur teinte et leurs notes de café, de chocolat et de réglisse de malts torréfiés, parfois d'orge crue torréfiée. Ces bières brunes offrent souvent une texture crémeuse et une amertume plus douce. Face à elles, une blonde houblonnée comme la nôtre joue la lisibilité : robe blonde et dorée, nez d'agrumes, amertume franche. Comparer les deux revient à comparer un vin blanc vif et un rouge de garde, ce sont deux plaisirs, pas une hiérarchie.
La bière sans alcool a longtemps été la mauvaise élève des rayons, cantonnée à des blondes plates. Les brasseries artisanales s'en sont emparées récemment, avec des méthodes qui préservent les arômes : fermentation limitée, levures peu productrices d'alcool, désalcoolisation à froid. Le résultat se compare désormais sans rougir aux bières du monde qui l'entourent, bières anglaises, allemandes, tchèques, irlandaises ou américaines. Une bière sans alcool reste une vraie bière : même orge, même houblon, même brassin, même fabrication. Seul le taux d'alcool change, et avec lui les occasions de la boire, ce qui est précisément l'intérêt.
La brasserie est installée à Montauk, dernier village de Long Island, dans l'État de New York, à l'extrémité est de l'île. Sa salle de dégustation occupe un ancien atelier de menuiserie du centre du village et reste ouverte toute l'année. Les trois fondateurs, Vaughan Cutillo, Eric Moss et Joe Sullivan, y ont grandi et y ont brassé leurs premiers essais dès 2010, avant l'ouverture officielle en juin 2012.
C'est une IPA dorée à l'amertume marquée. Le nez est dominé par les agrumes, orange et pamplemousse rose, avec des fruits tropicaux et un fond herbacé apportés par les houblons Citra et Mosaic. La bouche reste sèche, portée par une base maltée discrète, et la finale est amère et persistante. Elle titre moins de 0,5 % vol., ce qui en fait une bière sans alcool au sens réglementaire.
Son amertume et ses notes d'agrumes en font une bière d'apéritif efficace, y compris sur des produits fumés ou salés. À table, elle accompagne les plats relevés et épicés, les burgers et les grillades, ainsi que les fritures de poisson et les fruits de mer, ce qui tombe bien quand on sait d'où elle vient. Côté fromages, préférez une pâte pressée jeune ou un chèvre frais plutôt qu'une pâte persillée, que l'amertume durcirait.
Sur Trinquay. Nous expédions la Montauk IPA sans alcool partout en France, aux côtés du reste de notre cave à bières et de notre sélection de vins et de spiritueux. La livraison est offerte dès 100 € d'achat en point relais, hors Corse, et chaque commande est calée à la main pour que les bouteilles et les canettes arrivent intactes. Une question sur cette bière ou sur un accord ? Écrivez-nous, nous répondons nous-mêmes.