- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Le marc est l'une des plus anciennes eaux-de-vie de la tradition viticole française. Il naît non pas du jus mais de ce que le vigneron a longtemps considéré comme un résidu : le marc de raisin, c'est-à-dire tout ce qui reste dans le pressoir une fois le vin tiré. Distillé avec soin, ce marc devient un spiritueux profond, marqué par le terroir et le cépage d'origine, à mi-chemin entre le monde du vin et celui des grands alcools de dégustation. Nos marcs prolongent ainsi l'histoire d'un vignoble, du Jura à la Vallée du Rhône, jusque dans le verre à digestif.
Après le pressurage, le raisin laisse un gâteau solide fait de pellicules, de pépins et parfois de rafles : c'est le marc. Sur un vin rouge, cette matière est récupérée après la fermentation, une fois que les levures ont transformé les sucres et que la macération a extrait couleur et arômes. Sur un vin blanc, le raisin est au contraire pressé avant fermentation, et le marc conserve alors une matière plus fraîche. Dans les deux cas, ces résidus riches en sucres et en composés aromatiques sont conservés rapidement, à l'abri de l'air, avant de rejoindre l'alambic. Beaucoup de nos domaines pratiquent l'égrappage, qui retire les rafles pour écarter l'amertume et livrer un distillat plus fin.
La distillation concentre l'alcool et les arômes contenus dans le marc fermenté. Chaque région a son alambic : la colonne à anneaux Raschig dans le Jura, l'alambic à vapeur de type bourguignon, le bain-marie alsacien ou l'alambic charentais à repasse, riche et fin. Le distillateur ne garde que le cœur de chauffe, autour de cinquante degrés, en écartant les têtes et les queues qui portent les défauts. C'est ce geste de coupe qui sépare un marc grossier d'une eau-de-vie de raisin élégante. Selon la conduite de l'alambic, le distillat sort plus ou moins puissant, avant d'être ramené à son degré de commercialisation.
On confond souvent trois eaux-de-vie proches. La fine est distillée à partir du vin lui-même, ou de ses lies : c'est une eau-de-vie de vin, généralement plus souple et ronde. Le marc, lui, est distillé à partir du marc de raisin, cette matière solide restée dans le pressoir : il en garde un caractère plus tannique, plus racé. La grappa est l'équivalent italien du marc, souvent embouteillée jeune et incolore. Nos flacons couvrent tout l'éventail, du vieux marc ambré patiné en fût jusqu'au marc blanc de style grappa, élevé sans bois.
Le marc reste souvent une affaire de négoce, où de grandes distilleries achètent la matière de dizaines de caves pour produire une eau-de-vie standardisée d'entrée de gamme. Notre sélection prend le parti inverse. Chaque marc de notre cave a été distillé par le domaine qui avait d'abord fait le vin, à partir de ses propres cépages et de son propre terroir. C'est cette signature qui justifie l'écart de prix, du flacon accessible à la bouteille rare de collection.
Chez Trinquay, nous avons choisi de ne réunir que des marcs de vignerons. Le raisin, la vinification, l'alambic et le vieillissement relèvent d'une seule et même main : celle du domaine. Cette continuité change tout dans le verre. Un marc de Savagnin porte la marque du Jura, un marc de Grenache celle du plateau rhodanien, exactement comme le ferait la cuvée de vin issue des mêmes vignes. Le prix d'un marc suit d'ailleurs surtout le domaine et l'âge de l'eau-de-vie, bien plus que la région, tant la main du distillateur pèse dans le résultat final.
Le Jura et la Bourgogne forment le cœur historique du marc de vigneron. Nos marcs du Jura naissent du Savagnin, du Chardonnay, du Poulsard ou du Pinot noir, souvent égrappés puis passés à l'alambic à anneaux Raschig qui concentre le caractère du cru. Nos marcs de Bourgogne reposent quant à eux sur le Chardonnay et un long vieillissement en fût de chêne, jusqu'à des flacons distillés il y a plusieurs décennies. Ces deux terroirs offrent des vieux marcs profonds, aux arômes de fruits secs, de café et d'épices, taillés pour le digestif de tradition.
L'Alsace apporte un tout autre registre. Nos marcs d'Alsace sont distillés à partir du Gewurztraminer et restés blancs : une eau-de-vie incolore, très aromatique, au nez de fleurs et de fruits exotiques, servie fraîche. La Vallée du Rhône complète la gamme avec des marcs issus de vieux Grenaches et de Syrah, parfois de Mourvèdre, marqués par la garrigue et le fruit mûr du Sud. D'un extrême à l'autre, ces quatre régions dessinent une véritable palette d'eaux-de-vie de raisin, du plus vif au plus opulent.
Comme pour un grand alcool brun, l'âge et l'appellation orientent la lecture d'un marc. Encore faut-il connaître le vocabulaire, car les mentions d'âge répondent à une échelle précise et les appellations obéissent à des règles strictes qui varient d'une région à l'autre.
Le vieillissement en fût de chêne transforme un marc blanc et vif en une eau-de-vie ambrée et complexe. En Bourgogne, trois mentions balisent ce séjour sous bois : Vieux à partir de trois ans, Très vieux à partir de six ans, Hors d'âge à partir de dix ans. Au fil des années, le fût cède ses tanins et sa couleur, tandis qu'une lente oxydation développe le rancio, ce bouquet de noix, de pruneau et de torréfaction très recherché sur les marcs anciens. Certains de nos flacons dépassent largement ces seuils, avec des élevages de quinze, vingt, voire plus de trente ans.
Tous les marcs ne passent pas par le bois. Le marc blanc est conservé en verre ou en inox, ce qui préserve sa transparence et son fruit. C'est le style du marc d'Alsace au Gewurztraminer, mais aussi de certains marcs jurassiens élevés en dame-jeanne, proches de la grappa. Sans l'influence du chêne, l'eau-de-vie garde toute la finesse florale et fruitée du cépage d'origine, avec une bouche parfumée et une finale sèche. Ces marcs se prêtent particulièrement à un service frais et, pour les palais curieux, à quelques cocktails d'auteur encore rares.
Trois marcs français bénéficient d'une AOC : le Marc de Bourgogne, le Marc du Jura et le Marc d'Alsace Gewurztraminer, chacun encadré par un cahier des charges sur les cépages, le degré et le vieillissement. Les autres marcs relèvent d'une indication géographique, comme le Marc des Côtes du Rhône, qui peut préciser son cru en complément, par exemple pour un marc de Châteauneuf-du-Pape. Enfin, certaines eaux-de-vie portent un nom traditionnel non protégé, tel « Marc de Franche-Comté », qui n'est ni une AOC ni une IG mais un usage régional. Pour les spiritueux, l'AOC reste le signe national le plus élevé, l'indication géographique prenant le relais pour les autres marcs.
Un marc se déguste lentement, comme un alcool de méditation. Le bon service dépend d'abord du style de l'eau-de-vie, puis des accords qui la mettent en valeur. Bien conservée, une bouteille ouverte vous accompagnera longtemps.
Deux écoles se partagent le service. Un marc vieilli, du Jura ou de Bourgogne, se sert à température ambiante, dans un verre tulipe, afin que la chaleur libère les notes de fruits secs, d'épices et de rancio ; les amateurs le versent parfois dans une tasse à café encore chaude, sur un sucre à peine fondu. Un marc blanc et aromatique, comme le marc d'Alsace, se sert au contraire frappé, autour de huit à dix degrés, ce qui affine son nez floral. Dans tous les cas, une à deux centilitres suffisent, que l'on hume sans excès avant la première gorgée.
L'accord le plus juste reste celui des fromages à croûte lavée, souvent affinés au marc lui-même : Époisses, Langres, Ami du Chambertin ou tomme au marc trouvent dans l'eau-de-vie un prolongement naturel. Un marc vieilli s'entend aussi merveilleusement avec un chocolat noir intense, au-delà de quatre-vingts pour cent de cacao, ou avec un café serré en fin de repas. Les marcs les plus âgés accompagnent volontiers un cigare, tandis que les marcs blancs s'associent aux desserts fruités et aux sorbets. Autant d'accords qui font du marc un compagnon idéal de la fin de table.
Le marc a inspiré un rituel bien connu : le trou bourguignon, un sorbet, souvent pomme-citron ou cassis, arrosé d'eau-de-vie au milieu du repas pour relancer l'appétit. Le Jura en propose une variante, plus souvent servie au macvin, et l'Alsace décline le sien avec un sorbet citron et un marc de Gewurztraminer. Côté conservation, retenez qu'un marc ne vieillit plus une fois en bouteille : son âge est celui du fût. Stockez le flacon debout, à l'abri de la lumière, pour préserver le bouchon. Une bouteille ouverte se garde sans peine plus d'un an sans rien perdre de ses arômes.
La fine est une eau-de-vie de vin, distillée à partir du vin ou de ses lies, tandis que le marc est distillé à partir du marc de raisin, c'est-à-dire des pellicules, pépins et rafles restés dans le pressoir. La fine se montre souvent plus ronde et souple, le marc plus racé et tannique. Un même domaine peut d'ailleurs produire les deux à partir de la même vendange.
Ce sont deux cousins proches. La grappa est le nom italien de l'eau-de-vie de marc de raisin, le plus souvent embouteillée jeune et incolore. Le marc français partage le même principe de distillation, mais couvre un éventail plus large, du marc blanc de style grappa jusqu'aux vieux marcs longuement élevés en fût de chêne, qui n'ont pas vraiment d'équivalent en Italie.
Tout dépend du style. Un marc vieilli en fût se sert à température ambiante, dans un verre tulipe, en digestif : la chaleur révèle ses arômes de fruits secs et d'épices. Un marc blanc et aromatique, comme un marc d'Alsace, gagne au contraire à être servi frais, autour de huit à dix degrés. On sert de petites quantités, une à deux centilitres, à déguster lentement.
Ce sont des mentions d'âge issues de la tradition bourguignonne, qui indiquent la durée minimale de vieillissement en fût. Un marc Vieux a séjourné au moins trois ans sous bois, un Très vieux au moins six ans, un Hors d'âge au moins dix ans. Plus le marc vieillit, plus sa robe fonce et plus son bouquet gagne en complexité, avec l'apparition du rancio sur les eaux-de-vie les plus anciennes.
Oui, sans difficulté. Comme tous les spiritueux à fort degré, un marc ouvert se conserve facilement plus d'un an sans altération notable. Il ne continue pas de vieillir en bouteille : son caractère est fixé. Il suffit de le stocker debout, à l'abri de la lumière et des variations de température, afin de protéger le bouchon du contact prolongé avec l'alcool.