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Un gin tonic ne se joue pas qu'à la bouteille de gin. Le tonic représente les deux tiers du verre : c'est lui qui porte l'amertume, qui allonge, qui décide si les botaniques du gin ressortent ou se noient dans le sucre. Nos tonics et sodas sont choisis pour cette raison précise, comme des ingrédients de cocktail et non comme des boissons d'appoint.
Le rayon réunit deux maisons qui abordent la question par deux chemins différents : Plus Eight, une gamme de tonics premium entièrement italienne élaborée en bio, et Erasmus Bond, une marque belge dont le nom rend hommage à l'inventeur du tonic water. D'un côté huit recettes pour couvrir la diversité des gins actuels, de l'autre un mixer au gingembre pensé pour les spiritueux bruns.
Dans un long drink classique, le spiritueux occupe 4 à 5 cl et la boisson gazeuse le reste. Autant dire que le tonic n'accompagne pas le gin : il le compose. Un tonic trop sucré arrondit tout et efface les botaniques les plus fines, genièvre en tête. Un tonic trop neutre laisse un verre plat, sans le mordant qui fait tenir l'ensemble. Entre les deux, un bon tonic apporte une amertume franche, une acidité d'agrumes et une charge de gaz suffisante pour que le cocktail reste vif jusqu'à la dernière gorgée. C'est aussi ce qui explique qu'on ne choisisse pas le même tonic pour un London Dry très sec et pour un gin floral ou fruité.
Le tonic water tient son nom et son amertume de la quinine, extraite de l'écorce de quinquina. C'est elle qui distingue un tonic d'une simple limonade ou d'une eau gazeuse aromatisée. Le sucre vient ensuite équilibrer cette amertume : trop peu et le verre devient sévère, trop et le spiritueux disparaît derrière la douceur. Les sodas au gingembre, ginger ale et ginger beer, fonctionnent sur un autre ressort, celui du piquant et des épices, sans quinine. Savoir lequel de ces trois registres on cherche, amer, épicé ou fruité, règle la moitié de la question du cocktail avant même d'ouvrir la bouteille.
Le gaz carbonique n'est pas un détail cosmétique. Des bulles fines et nombreuses portent les arômes vers le nez et prolongent la sensation de fraîcheur ; des bulles grossières s'échappent en quelques minutes et laissent une boisson rafraîchissante devenue molle. C'est aussi pour cela que le format compte : une bouteille de 20 cl correspond à un verre, elle s'ouvre au moment de servir et ne perd pas son pétillant au réfrigérateur entre deux apéritifs. Servir la bouteille très fraîche, autour de 6 à 8 °C, retient également le gaz plus longtemps dans le liquide.
Plus Eight est une gamme de tonics premium entièrement italienne, élaborée en bio à partir de matières premières italiennes et dans le respect des méthodes traditionnelles. Son Tonic Water, la recette de référence, repose sur une quinine naturelle : une amertume nette, sans lourdeur, faite pour recevoir un gin sans lui imposer un profil. C'est le tonic à prendre quand on veut goûter le gin lui-même, en particulier un London Dry classique ou un genièvre bien marqué. Les bouteilles de la maison sont proposées au format 20 cl, à l'unité comme au pack.
La maison décline le gingembre en deux boissons qu'on confond souvent. Le Ginger Ale, élaboré avec du gingembre biologique, joue l'équilibre entre l'amer, l'épicé et le sucré : c'est le plus souple des deux, celui qui allonge un whisky sans le bousculer. La Ginger Beer pousse le curseur plus loin, avec un piquant plus franc et une texture plus dense, taillée pour les cocktails au rhum et pour les recettes qui réclament du caractère. Passer de l'un à l'autre change complètement l'équilibre d'un même long drink, à spiritueux identique.
Le reste de la gamme explore des registres aromatiques plus marqués. Le Lemon Tonic associe la quinine au jus de citron sicilien biologique, pour un verre plus vif et plus solaire. L'Elderflower Tonic mise sur la fleur de sureau : une amertume adoucie, des notes florales, un accord évident avec les gins contemporains chargés en botaniques délicates. Le Pitaya Tonic apporte le fruit du dragon et une couleur qui se voit dans le verre, le Vulcan Tonic une lecture épicée et méditerranéenne, et le Cola ferme la marche du côté des colas, pour un Cuba Libre autrement plus intéressant qu'avec un cola industriel.
La marque doit son nom à Erasmus Bond, qui déposa à Londres, le 28 mai 1858, le brevet d'une boisson tonique gazéifiée. C'est l'ancêtre direct du tonic water : de l'eau gazeuse, du sucre et de la quinine. Le nom a été repris en Belgique par un importateur de spiritueux qui cherchait des mixers à la hauteur des gins qu'il distribuait, et qui a construit autour de cette idée une gamme de quatre références. Nous n'en portons qu'une, le Dry Ginger, choisie pour ce qu'elle apporte aux spiritueux bruns de la cave.
Le Dry Ginger ouvre sur un gingembre épicé, du sucre demerara et un léger zeste de citron vert en arrière-plan. La bouche déroule des épices chaleureuses, poivre cubèbe noir et cannelle, sur un gingembre fraîchement coupé, avec une acidité citrique tenue par une juste dose de sucre. La finale revient sur le gingembre confit et le citron frais. C'est un mixer volontairement moins sucré que les boissons au gingembre comparables, précisément pour que le spiritueux reste au premier plan au lieu d'être recouvert.
La maison le présente comme le compagnon des mixed drinks au gingembre, et la liste des spiritueux qu'elle recommande est large : whisky, rhum, bourbon, cognac, calvados, tequila, mezcal et gin. Le raisonnement se tient à la dégustation. Le piquant sec du gingembre relève un whisky sans le sucrer ; il prolonge le côté végétal de la canne sur un rhum ; ses épices chaudes répondent aux notes de fruits secs d'une eau-de-vie de vin. Autrement dit, une seule bouteille de 20 cl ouvre plusieurs rayons de la cave.
Le principe est simple : plus le gin est sec et centré sur le genièvre, plus il supporte un tonic franchement amer, type Tonic Water à la quinine naturelle. Plus le gin est floral, fruité ou chargé en agrumes, plus il gagne à être allongé d'un tonic qui lui répond, sureau ou citron. Nos gins couvrent ces deux extrêmes et tout ce qu'il y a entre les deux, des distillats classiques aux recettes contemporaines : associer la bouteille de gin et le tonic dans le même panier évite d'avoir un excellent spiritueux et le mauvais mixer pour l'accompagner.
Du côté des rhums, deux long drinks font l'essentiel du travail. Le Dark and Stormy demande une ginger beer, dont le piquant tient tête à un rhum ambré ou brun. Le Cuba Libre appelle un cola et un trait de citron vert, et gagne beaucoup à troquer le cola industriel contre celui de la maison. Un rhum agricole blanc, plus végétal, se marie pour sa part très bien avec une boisson au gingembre et une belle rondelle de citron vert. Nos rhums, blancs comme vieillis, se prêtent à ces trois lectures.
Un long drink réussi se joue aussi sur la mécanique du service. Verre bien rempli de glaçons plutôt qu'à moitié, car ils fondent alors moins vite et diluent moins ; boisson gazeuse sortie du réfrigérateur à 6 à 8 °C ; versement le long de la paroi ou d'une cuillère pour préserver les bulles ; zeste ou rondelle d'agrume pressé au-dessus du verre pour libérer les huiles essentielles. Ces quatre gestes changent davantage le résultat que la plupart des recettes compliquées.
Le tonic water contient de la quinine, qui lui donne son amertume caractéristique : c'est la boisson gazeuse historique du gin tonic. Le ginger ale ne contient pas de quinine mais du gingembre, et joue sur le piquant et les épices plutôt que sur l'amer. La ginger beer, elle, pousse ce même gingembre plus loin, avec une intensité et une matière supérieures. Les trois s'utilisent en long drink, mais sur des spiritueux et des équilibres différents.
Partez du gin. Un London Dry sec et droit s'accommode d'un tonic à la quinine naturelle, qui laisse parler le genièvre. Un gin floral ou aux agrumes préfère un Lemon Tonic ou un Elderflower Tonic, qui prolongent ses arômes au lieu de les contredire. En pratique, un tonic neutre et un tonic aromatique dans le réfrigérateur suffisent à couvrir presque toutes les bouteilles de gin d'une cave.
Non. Tonics, ginger ale, ginger beer et colas de ce rayon sont des boissons sans alcool. Ils se boivent tels quels, bien frais, en apéritif ou au long de la journée, et servent de mixer dès qu'on y ajoute un spiritueux. C'est d'ailleurs le seul rayon de la cave qu'on peut mettre entre toutes les mains, y compris celles qui ne boivent pas d'alcool ce soir-là.
Sur Trinquay. Nous sélectionnons ces tonics et sodas comme nous sélectionnons les spiritueux qu'ils accompagnent, en tenant compte de ce qu'ils apportent réellement au verre. Les bouteilles se commandent à l'unité ou par pack, et se glissent naturellement dans un panier aux côtés d'un gin, d'un rhum ou d'un whisky. Livraison partout en France, et conseil personnalisé si vous cherchez le mixer qui correspond à une bouteille précise.